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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 19:51

Le café est en pause jusqu’au 23 février 2009 et comme Françoise Guérin sur Mot Compte Double fait de même, la participation à l’élection pour Les Inattendus 2008 est prolongée jusqu’à la fin du mois. Pour l’heure un texte se détache nettement. Derrière, on peut dire que c’est plus serré… Pour qui les lecteurs de la dernière heure feront-ils pencher la balance… ?

Bon retour sur le passé et à bientôt.

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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 18:10


Après l’épisode 10 des aventures maritimes de Suzanne Alvarez à bord du Pythagore et de ses 114 commentaires reçus à ce jour, voici une nouvelle virée qui devrait en susciter bien d’autres…

 

Des nouvelles fraîches

 

Il libéra la chose de son plastique protecteur, l’ouvrit avec lenteur, ce qui eut le don de nous exaspérer au plus haut point, enfin la déplia, et sa voix s’éleva comme celle de Dieu le Père sur le Sinaï. 

 

Sur l’île de Sâo Vicente au Cap-Vert . La baie de Mindelo est agitée par un roulis dansant. Les voiliers, une bonne vingtaine, ont la danse de Saint-Guy et sont ballotés dans tous les sens par une méchante houle et un vent à décorner les bœufs d’au moins 35 nœuds, et chargé de boue. C’est encore pire que sur l’ïle de Sal que nous avions délaissée au bout d’une semaine. Il est près de 10 heures du matin, mais dans le mouillage, le silence est total. Il est vrai que même les estomacs les plus amarinés ont du mal à résister à un tel régime. Heureusement que notre bateau est un quillard*. Certains sont sûrement encore sous leur couette. La nuit a été rude. J’imagine ce pauvre Michel de " Plaisir d’Amour ", en ce moment, tellement secoué sur son dériveur, et qui se terre avec un mal de mer carabiné dans son sarcophage de plume. A propos de Michel, justement, il attend, comme nous, " Nautilus " et " Il était une fois " avec lesquels nous nous étions donné rendez-vous, ici, pour la traversée de l’Atlantique. Et comme nous, il commence à s’inquiéter car nous n’avons plus de nouvelles de nos amis depuis Madère. Et pas question, aujourd’hui, d’aller à terre. Aller jusqu’au quai en annexe relèverait de l’acrobatie. La houle déferlante aurait tôt fait de nous transformer en serpillères, remplir le canot et noyer le moteur de surcroît. Marc est assis, adossé au mât. De temps en temps, il repose son gobelet de café qu’il coince entre ses genoux et qu’il boit à petites gorgées, pour prendre ses jumelles. A l’intérieur, le chat somnole sur la table à cartes. La moussaillonne qui a délaissé aujourd’hui livres et cahiers pour se transformer en boulangère, malaxe une boule de pâte. Assise en face d’elle, je la regarde faire, qui prépare le pain pour plusieurs jours. Elle en a déjà enfourné un. Je le vois qui commence à dorer, à travers la vitre du four. J’ai la tête comme une pastèque. Toute la nuit, Pythagore a gémi et j’ai à peine fermé l’œil. A plusieurs reprises, j’ai entendu Marc s’affairer sur le pont, pour remonter l’annexe qui cognait contre la coque et aussi pour vérifier si l’ancre ne dérapait pas.

- Bon Dieu ! Quelqu’un est en train de se noyer !

Des appels au loin. Un groupe sur le quai. Des mains qui s’agitaient dans la direction du mouillage. Un corps qui a basculé dans l’eau. Voilà ce que le capitaine de Pythagore a entendu et vu de son poste d’observation.

Je me suis emparée de l’autre paire de jumelles en dérangeant le chat qui m’a regardée d’un sale œil, et je suis montée sur le pont, dare dare, suivie de ma progéniture qui a les mains encore pleines de farine.

- Et l’annexe qui est remontée…Il va falloir la remettre à l’eau… Il est trop loin… je n’arriverai jamais à temps ! a fait Marc, complètement désespéré.

- Mais au lieu de gueuler comme ça… non, mais tu crois pas… il n’y en a pas un qui se serait porté à son secours… puisqu’ils étaient à côté ? déplora Carole en désignant le groupe de curieux qui s’était formé sur le quai d’en face.

J’ai pu enfin régler ces maudites jumelles :

- Une minute ! Il n’est pas en train de se noyer, il vient dans notre direction !

Nageant à la force d’un seul bras, l’homme -puisque c’en était un- avançait dans une espèce de brasse lente, disparaissant par moment sous des rouleaux de vagues. L’un de ses bras était visible pourtant, qu’il tenait en l’air inlassablement, un bras dont la main qu’on voyait très nettement à présent tenait obstinément quelque chose… comme un rectangle blanc.

 

Alors, le capitaine de Pythagore commença à décrypter la lettre écrite par Guy du voilier Nautilus : " Arriverons à Mindelo dans la semaine du 16 au 21. Sommes enfin prêts pour le grand saut. Jojo a cassé son safran et il a fallu sortir " Il était une fois " de l’eau pour réparer. La tuile, quoi !............. " 

 

Puis il continua en pensée, pour lui seul, et, l’esprit complètement emporté par sa lecture, planant à cent coudées de là, il en oublia notre présence et celle du " facteur " qui, toujours agrippé à la coque, attendait tranquillement, comme si l’exploit qu’il venait d’accomplir se fût agi de la chose la plus naturelle du monde.

Quand Marc eut achevé son monologue intérieur, il revint sur terre. Enfin si on peut dire :

- Nom de Dieu ! Mais qu’est-ce que tu fous encore dans l’eau, toi ! Monte ! Monte ! Vite les filles ! Aidez-moi à le hisser !

- Ça sent bon chez toi ! fit l’homme en souriant, tandis qu’il s’affalait sur l’un des bancs du cockpit.

Une bonne odeur de levain flottait dans l’air. On n’allait pas tarder à passer à table…

 

*Ce singulier facteur - qui n’était en fait qu’un petit pêcheur qui traînait sur les quais dans la journée- avait été sollicité par un des employés des services maritimes de l’île de Sâo Vicente par lequel notre courrier transitait, pour nous remettre cette lettre, et était parti à notre recherche. Ayant réussi à nous localiser, il espérait, avec l’aide de ses amis pêcheurs, nous faire venir jusqu’au quai pour nous la remettre, en hurlant des " PYTHAGORE " à n’en plus finir. Voyant que personne ne se manifestait, il n’a pas calculé le risque qu’il encourait et s’est jeté à l’eau pour venir à nous. Et le vent étant vif ce jour-là, Marc s’est mépris sur le sens des gestes et des cris de ces hommes, qu’il a pris pour des appels au secours.

* Safran  : partie immergée et pivotante du gouvernail qui oriente le bateau.

*Quillard  : voilier possédant un lest placé très bas, au bout d’un plan de dérive appelé quille et permettant un couple de redressement assez important pour une bonne stabilité du bateau. L’opposé du quillard est le dériveur.

* Grand saut : traversée de l’Atlantique

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7 février 2009 6 07 /02 /février /2009 12:21


Ana Surret revient au café avec quelques brefs instants de joies, d’émotions et de craintes déposés dans l’écriture…

 

 

Elle est triste à pleurer.

Dans un sanglot elle lâche "  je suis partie "

Grande fille fragile, des pleurs secouent son corps, des larmes roulent sur ses joues accentuant ses tâches de rousseur.

En silence, je la serre dans mes bras.

 

Elle reprend son stylo, renifle en relisant ses notes, mais son cœur est ailleurs.

 

Elle a quitté son ami, son compagnon.

Elle n’en pouvait plus de ses exigences, de sa jalousie qui lui faisait regarder d’un air soupçonneux l’énergie consacrée à cette deuxième vie, alors que la première, celle de son vrai travail, dont une feuille de paie attestait de son existence chaque fin de mois, ne la passionnait pas outre mesure.

 

Il est loin le temps où il l’appelait sur son portable pour lui susurrer des mots d’amoureux à l’oreille.

C’est vrai que deux vies à gérer, c’est compliqué. Alors une troisième !

 

Comment choisir, alors même que, si cette seconde vie est faite de contraintes, elle comporte aussi de bons moments.

La chaleur de l’équipe, ces fous rires sans motifs, ce plaisir d’être venu à bout d’un sujet complexe et cet ineffable sentiment lorsque l’on a réussi à convaincre un interlocuteur rétif.

 

Deux vies qui se chevauchent, s’additionnent, grignotent tout son temps, jusqu’à ne plus laisser place au compagnon de sa troisième vie.

 

Elle a claqué la porte, au nez de ce compagnon, la mort dans l’âme.

Avec un gros doute à l’esprit.

Qui pourra le lui enlever et la rasséréner en lui disant que c’était " La " solution.

Nageant dans l’incertitude, elle éprouve pourtant le sentiment d’une liberté retrouvée.

C’est l’allégresse pendant quelques jours, quelques semaines…

Un chaton est venu combler la solitude des soirées…

Seule, elle est seule.

Plus aussi gaie, plus aussi sûre…

L’absence de l’autre.

Ses mains, son regard, ses mots, ses étreintes, ses caresses ont laissé des traces.

Tout en elle l’appelle.

Elle hésite, elle est lasse.

Elle cède. Elle sacrifie sa deuxième vie.

Elle l’a dit, vite, pour ne pas être tentée de revenir sur cette décision.

Mais elle traîne, c’est dur.

Une dernière fête, une grande tristesse.

 

De l’autre côté de la rue, une voiture l’attend.

Derrière le volant, sa troisième vie, le compagnon avec lequel elle a renoué, heureuse et désespérée.

Elle s’en va, les yeux mouillés, en prononçant une vague promesse de donner de ses nouvelles.

Cette troisième vie ne va pas lui laisser la liberté de revenir, ne serait-ce qu’un instant, dans le livre de sa deuxième vie.

Il n’est plus temps.

Le mot fin est apparu à la dernière page du carnet de cette deuxième vie, le jour où elle a décidé de suivre ce compagnon.

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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 19:34


Le 26 janvier dernier, Françoise Guérin publiait sur Mot Compte Double une " Lettre à un lecteur qui commence les livres par la fin " dont nous vous conseillons vivement la lecture avant d’entamer celle du présent billet.

 

 

Pour poursuivre un débat très fructueux entamé sur Mot Compte Double à propos de la question " Doit-on mettre en prison les lecteurs qui commencent les romans en lisant la fin ? Jean Calbrix veut apporter sa pierre ici sur Calipso.

Puisque c’est un phénomène d’époque de commencer à lire les romans par la fin, monsieur Yaka dit : " commençons à écrire par la fin ". Un peu simpliste ? D’accord, comme la fin veut les moyens, mettons la fin au milieu, quitte à mettre le milieu au début, ce qui, à la fin, ne laisse qu’une place pour le début.

Pas satisfaisant ? Bon, une autre solution : ne pas écrire de fin et annoncer qu’il y aura une suite. Dans la suite - moitié moins longue que le premier tome car vous êtes fatigué, vous réservez vos forces pour l’avenir et vous ne voulez pas lasser le lecteur - ne pas faire de fin et annoncer qu’il y aura une suite (deux fois moins longue évidemment). L’indentation (*) est ainsi enclenchée. Le lecteur va courir après la fin par laquelle - oh désespoir ! - il n’aura jamais pu commencer. Feinté le pressé, le je-veux-savoir-tout-tout-de-suite, le celui-qui-met-toujours-la-charrue-avant-les-boeufs, le léger, le frivole, l’inconscient. Il n’aura la fin qu’à la fin de sa vie. Je vous vois venir, l’indentation se poursuivant théoriquement à l’infini, le lecteur ne verra jamais la fin. C’est compter sans la limitation physique du phénomène d’indentation ; le saucissonnage des phrases et des mots s’arrête forcément à un temps t. La fin sera donc une lettre. Ecrivain, choisis cette lettre la plus belle possible, il en va de la qualité de ton ouvrage, de ta notoriété et de la belle ambition que tu as de ne pas laisser le lecteur sur sa fin.

Si malgré tout, tu as raté ta fin dis-toi bien que tu viens d’inventer, non le feuilleton, c’est déjà connu, mais le feuilleton à terme car même si tu coupes les lettres en quatre, tu finiras toujours par tomber sur le dernier atome d’encre (à condition bien sûr d’avoir encré ton bouquin dans le bon port). A bon entendeur, salut.

 

(*) L’indentation est un processus mathématique repris par les informaticiens dans le but de programmer scientifiquement toutes sortes de choses. Exemple pédagogique : vous pratiquez le casting pour découvrir la femme canon et les candidates recrutée par petites annonces se présentent à vous. Première étape, vous les numérotez. Deuxième étape, vous les mettez en file indienne par ordre de numéro. Troisième étape, vous les faites passer à tour de rôle sur la balance. Si la balance marque plus de quarante-cinq kilos, vous balancez la candidate (mais pas la balance, elle servira encore à n+1). Si la balance marque moins de quarante-cinq kilos, vous retenez la candidate. Après ce premier tri, vous renumérotez les candidates retenues et vous les soumettez au mesurage du tour de poitrine. Si le centimètre indique moins de 90 et plus de 120, vous éjectez la candidate. Si le centimètre indique entre 90 et 120, vous retenez la candidate. Vous procédez ainsi suivant tous les critères de la femme canon. Si au bout de ces processus d’indentation, votre compteur tombe à zéro, vous n’avez plus qu’à repasser votre petite annonce pour obtenir un nouvel échantillon. Ne vous découragez pas, le succès est au bout, la gloire et les feux de la rampe avec. Les mathématiciens ont prouvé qu’après un boudin n, il y a forcément un canon n+100.

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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 18:35


Un petit divertissement ce soir au café. Ysiad nous raconte combien il est difficile pour un ancien haut fonctionnaire de poursuivre son œuvre …

 


Viens voir Papa, mon poulet. Tu sais combien Papa t’aime, lui. Papa te pige au quart de tour, mon mignon, c’est pas comme ta Maman qui te rationne honteusement. Une virago sans pitié. Jamais rien compris aux bêtes. C’est pas comme moi. Poulet poulet poulet ! Comme il est beau le poulet de Papa ! Non. D’accord. Tu n’aimes pas quand Papa t’appelle Poulet. Tu as raison. C’est pas beau, poulet. Papa doit t’appeler Sumo. Oui, mon trésor. J’obéis. Comme il est mignon le trésor de Papa. Oui, mon coco. Pardon, pardon, pardon. Mon Sumo. Viens voir ce que Papa a déniché pour son Sumo sur Wanimo. Heureusement que Papa s’est mis à Internet. Tout le temps branché, Papa. Surf à fond les manettes à l’affût d’une promo. Tous les cadeaux qu’on trouve sur Internet pour son bichon mignon. Un nouvel os en peau de buffle, certifié écologique. Absolument. Et des baballes en hochet. Oui mon chéri. Tout ça pour toi. Et une vraie niniche en plumes d’autruche bien douillette et moelleuse. Ouais. Rien n’est trop beau, tu le sais. C’est bien. Lèche la main de ton grand Papa Jacquot. Comme je t’aime, mon bon bichon. Mords bien ton bon nonos de bubuffle. Ouais. Vas-y à fond, c’est bon pour tes canines, comme lorsque Papa mordait dans de bons poulets gratuits offerts par la Mairie de Paris. La faim, je sais c’ que c’est. Et après le bon nonos, qui c’est qui va avoir sa bonne sousoupe ? C’est Sumo ! Et ouais ! Ha ha ! Jacquot est un grand ami des bêtes et des bichons maltais. Jacquot était aussi un grand ami des Français. Tu sais que maintenant, mon Sumo, la moitié de la France regrette le grand ami des Français qui tapait goulûment su’l cul des vaches durant la foire annuelle aux bestiaux en s’enfilant du sauciflard ? Et ouais. C’est la vie. Maintenant, Jacquot, il a son bichon et il a Wanimo et il compense et voilà. C’est la vie. Viens sur ton grand Papa. Là. Regarde tous les beaux produits sur Wanimo. Sans compter que c’est l’avalanche de prix en ce moment. Regarde-moi ça. Putain, font du rab sur les oreilles de porc. Tout s’écroule comme les cours de bourse. Ha ha. L’orgie. 15 kg de Royal Canin plus 5 kilos gratos. Et des sticks Porks en packs de six à prix sacrifiés. Je te commande 3 kilos de stick Porks. N’empêche que ça a l’air vach’ment bon, ces sticks Porks. J’en goûterai avec toi. Livraison gratuite. On va s’en met’ jusque là. Y a aussi des matelas glamour ouate et des bonbons à la menthe pour rafraîchir l’haleine et des nouveaux cirés. Idéal contre la pluie qui mouille. Trois tailles, existe en écossais. Ah la la. Ecossais ou uni ? Zat is the Kouechtione. Va pour l’écossais. Ouais. Et un sac à roulettes pour quand on partira en voyage avec Maman si elle nous prend pas la tête avec ton régime. Elle fait rien que nous embêter, Maman. T’as pas besoin de faire de régime, toi.

- Jaaaacques !

- Présent, Bernadette.

- Tu n’as pas encore nourri Sumo j’espère ?

- Mais non. Je t’attendais.

- Pas plus de trente grammes.

- OK.

- Je surveille. Attention.

- OK.

- Pèse les avant.

- OK.

- Léger, le poignet.

- Léger. Une plume. Juré craché. Papa ne ment jamais.

Mon pov’ Sumo. 30 grammes. Une misère.

Viens mon coco. On se rattrapera. Attention, je verse….

Aouch ! Mais pourquoi tu mords Papa comme ça mon poulet ? Aouch ! Coco joli ! Aouch ! Ma main est en sang !

 

- Bien fait. Cette bête déteste les vieux gâteux qui le suralimentent. Viens mon Sumo. Vas-y, mange tes croquettes de régime. Ta Maman n’achète pas des cochonneries dégoûtantes sur Internet, elle. Elle les a achetées spécialement chez le vétérinaire.

Cause toujours, virago. Cause toujours.

La photo de Sumo, elle est déjà sur Wanimo. Dans les bras de son Papa.

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1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 13:57


Où l’on revient grâce à Suzanne Alvarez sur le fameux Banc aux goélands de Jean-Paul Lamy. Si vous ne l’avez pas encore lu, voilà donc une raison supplémentaire de passer commande auprès de l’auteur :  janpollamy@wanadoo.fr



Alors que dans ce terrible FACE A FACE, Lili, avait, pour contrer la veulerie ordinaire de l'espèce humaine, "besoin de croire à un petit îlot de sincérité", des larmes montaient aux yeux de Paulo et "coulaient abondamment sur ses joues, tombaient, lavaient le visage impassible du mort de la souillure qu'il lui avait infligée"...

"Il les attendait, immense, droit, les mâchoires contractées, le regard dur. Effrayant. Ça vous glaçait le sang".

"Vu d'ici, le paysage tend vers l'abstraction : trois bandes horizontales. La première est verte, la seconde, celle de la mer, d'un gris verdâtre et sale, la troisième est lourde d'un ciel lourd de menaces".

Dans un luxe de détails, le héros nous entraîne dans la PENTE de sa "pauvre finitude face à cet infini d'eau et de temps"...

Et c'est ainsi que, dans le BOIS DOMPTĖ "devant mes yeux, un Christ et toute la souffrance de l'humanité surgissaient lentement de la masse de bois. La tête penchait d'un côté, le masque était douloureux mais il conservait une grande noblesse, une dignité muette : la victime était plus forte que ses bourreaux" ; Loïc, ciseau à bois en main, croyait pouvoir assurer son bonheur à l'image de tous les Colas Breugnon qui honorent notre littérature. Mais le destin en avait décidé bien autrement...
A l'OUEST-EST
il n'y aurait rien eu de vraiment nouveau dans cette histoire d'hommes, sans la présence de ce "petit homme trapu au poil roux et au regard bleu qui inspirait des sentiments contradictoires à ses compagnons", ceux-là même qui "se moquaient de lui mais n'avaient pas honte de profiter de ses petites combines"...

Grâce à ses RENCONTRES, l'auteur du Banc aux Goélands, instruit, sans doute, par ses riches expériences, nous donne ici une formidable leçon de vie et, dans son immense sagesse, nous incite à profiter de chaque instant de cette "vie palpitante et impatiente, la vie éphémère et scintillante, la vie souriante et fragile, la vie qu'elle avait failli perdre de la manière la plus absurde qui fût, la Vie qu'il fallait écrire avec un grand V parce que la certitude lui était venue qu'il n'en était point qui ne méritât qu'une minuscule"...

Face à ses BOUTEILLES VIDES, Antoine, le vieil ours solitaire, sombrera peu à peu dans un désespoir sans fin. "Des messages étaient venus s'échouer là, il en était sûr, mais quelqu'un était passé avant lui et avait tout raflé" donne une note pathétique à cette histoire. "...c'était comme un ricanement de la mer". "Ce qu'il avait attendu toute sa vie ne s'accomplirait donc jamais". Mais la force de cette oeuvre provient sans doute de la compassion du docteur dans sa manière d'aborder la mort...
Me Quantil mène, quant à lui, UNE VENDUE
tambour battant, émaillant ses propos de piques savoureuses, surtout destinées à faire monter les enchères. "De nos jours, on ne prend plus le temps de faire les choses comme il faut... Ah ! Je vois que les dames me comprennent...". Oncques a-t-il jamais connu commissaire-priseur plus spirituel ? Mais attention, ne vous méprenez pas, car derrière cette histoire vaudevillesque, on sent poindre de "vieilles rancœurs rassises et tenaces" qui peuvent mener au désespoir...

Pendant ce temps-là, prenant l'IF à témoin, Folingue, le philosophe indigent, "le chantre des vents d'exception...reprit son souffle et poursuivit : Oui, mesdames et messieurs, un vent à déboiser les cerfs, à déchanter sous la pluie,...à décaler les forts en thème, à décapoter les pharmaciens..."...
M.Peyrot qui "était vieux comme les pierres" tuait le temps en observant de sa fenêtre les allées et venues de ses voisins. Il faut dire qu'
"il jouissait d'une VUE PLONGEANTE sur les jardins ouvriers et les rives de la Borette"...

Dans l'AMOUR POUR TOUJOURS, c'est avec un humour féroce que l'écrivain brosse sans complaisance le portrait d'un bourgeois de province, victime de sa mesquinerie et de son mépris pour les petites gens, non sans avoir évoqué les fables de La Fontaine : "La Cigale et la Fourmi, le Lièvre et la Tortue, oui, il se souvenait mais le Loup et le Chien, non, vraiment, ça n'évoquait rien pour lui... Sans doute une oeuvre mineure, une morale douteuse..."...

PIERRE PAUL ET CIE "Il avait aussi décidé que frugal repas était beaucoup plus chic que repas frugal"..."Viens, tout cela me fait un peu tartir...". M.Paul, est un ministre qui bouscule le protocole et donne une grande claque à la hiérarchie sociale, pour le plus grand bonheur des gens de petite condition.
Grâce, ou plutôt, à cause d'UNE PIERRE DANS SON JARDIN
, Louis, le sceptique, pensait à juste titre que : "Chacun voit midi à sa porte" ; mais c'était sans compter sur le destin qui...

L'OIE SAUVAGE est une histoire douloureuse. Malgré tout "il partit d'un bon gros rire bien gras qui signifiait que c'était là qu'il fallait s'esclaffer". Dans leur DECONFITURE, la honte, la vraie honte pour eux, ce n'était pas tant de se trouver mesquins, mais d'être reconnus comme tels...

C'est sans doute à cause de ce SALAUD D'HUXLEY qu'Edith avait fait sauter une maille. Bien obligée fut-elle de détricoter tout un rang "puis, de nouveau, ses aiguilles se lancèrent dans une danse alerte et gracieuse"...

J'ai eu un HAGUE A L'AME le jour où j'ai rencontré l'énigmatique Geneviève. Mais je n’avais pas capté tout de suite quand elle avait ajouté "comme en confidence, après une hésitation...J'ai toujours froid"...
DE L'AUTRE COTE DE LA HAIE
, le mort trouvé par Roland et son pote, et le p'tit coup de gnole chez M'sieur l'Maire firent que ce dernier ne se sentit
"plus chez lui nulle part"...

L'auteur met en oeuvre une réflexion critique sur la nature humaine et sur l'appartenance sociale sur le BANC DES GOELANDS. "Chloé aime beaucoup la lecture. Et toi ?... Je répondis : je lis le dictionnaire"...
Et puis, voilà un séducteur, qui, à force de jouer au jeu de la séduction, finira à son tour par se laisser séduire. Mais l'histoire de DESIR
 est bien trop douloureuse pour que nous puissions nous en réjouir.

Le mieux, pour se changer les idées, surtout quand elles sont bien noires, est de faire UNE SORTIE PEDAGOGIQUE RICHE D'ENSEIGNEMENT avec le prof de Géo, Mme Humboldt, pour traquer le méridien de Greenwich. "Hélas ! Hélas ! Hélas ! se lamente notre professeur..."

Mais gare à ROMULUS LE TYRAN ! Remarquez bien, pas si tyran que ça ce St Bernard ! "Et bientôt elle tomba d'accord avec son chien : Julien caressait très bien"...

Et pour finir, à vous, je peux bien le dire : QUI ETAIT M.BUHOT ? Un illustre médecin ? Un grand peintre ? Un héros de la Résistance ? Un séducteur ? Un voyou ?...Ou tout à la fois ? Allez savoir !

NON ! Vous n'irez pas savoir puisque je me suis interdit de vous révéler la moindre petite chute de ce recueil avant que vous ne l'ayez lu en entier. Frustrant n'est-ce pas ? Comme je vous comprends, surtout vous, là-bas, dans le fond...les inconditionnels de la chute !

Quant à vous dire mes préférences ? Face à Face, Une Vendue ? Bouteilles Vides ? De L'Autre Côté de la Haie ? L'Amour Toujours ? Bois Dompté ? Pente ? Quoique Consensus, Romulus le Tyran, l'If, Rencontres...me plaisent tout autant. Alors quoi ? Eh bien, je vous répondrais tout simplement...TOUS, ils me plaisent TOUS...Certains récits m’ont émue et m’ont provoqué un frémissement douloureux, et d’autres m’ont laissé bizarrement, un curieux guili au creux de l’épigastre.

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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 22:13

Grenoble 29 janvier 2009

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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 22:15


Cette histoire n’a ni queue ni tête. Elle n’est qu’un prétexte à évoquer le recueil de nouvelles d’un auteur qui aime accompagner en son beau pays et à sa manière, les promeneurs du cru ou d’ailleurs. Cette fausse histoire contient presque tous les titres de l’ouvrage. Saurez-vous les retrouver et annoncer du même coup le titre manquant à cette fable ?

 

 

Au bahut, on les appelait Pierre, Paul et compagnie. Des gaillards venus tout droit du bocage et qui ne s’en laissaient pas conter. Pour Romulus, le tyran en chef de l’établissement ce n’étaient que des chiens sans laisse qu’ils fallait dompter. Son principal adjoint, Monsieur Désiré, était une pierre dans son jardin des châtiments. L’homme versait dans la littérature et peut-être même écrivait-il lui-même des histoires. Allez savoir pourquoi, les filles de terminale l’avait surnommé prince de l’Hague à l’âme. Son côté sentimental peut-être. En tout cas, pas le genre à rédiger un règlement intérieur cassant et tranchant. Ce n’est pas lui qui risquait de s’entendre traiter de peau de vache comme ce salaud d’Huxley, le conseiller d’éducation. Au contraire, comme il semblait toujours comprendre de quoi il en retournait et qu’il s’efforçait de jouer le consensus, ces demoiselles se disputaient l’honneur de lui offrir une vue plongeante sur ce qu’elles possédaient de plus aimable. Seulement voilà, depuis qu’ils s’étaient aventurés de l’autre côté de la haie pour jouir de celle qui officiait près de l’If sous le pétulant pseudo d’Oie sauvage, ces trois-là étaient manifestement sur une mauvaise pente. A voir la quantité de bouteilles vides qui jonchaient les couloirs de l’établissement, on pouvait imaginer l’état de déconfiture dans lequel ils étaient plongés. Chercher l’amour pour l’amour est le plus sûr moyen de se retrouver face à face avec soi-même, leur avait assuré Monsieur Désiré. La sentence les avait fait sourire mais cette fois encore, elle avait opéré. Forts de cette expérience de rencontres indubitablement particulières, ils ne manifestèrent aucune objection à venir en dire quelque chose lors d’un exposé intitulé " Une sortie pédagogique riche d’enseignements ".

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24 janvier 2009 6 24 /01 /janvier /2009 14:35

Pour ce numéro 13 de "A propos de...", Gilbert Marquès revient sur une question fort débattue ces derniers mois au café et que je résumerai par cette interrogation : quelle lecture de la poésie aujourd’hui ?

 

 


Ce propos reprend les grandes lignes d'une interview réalisée à la suite de la sortie de mon dernier recueil de poèmes paru en 2006, Des - Rives. Je l'ai choisie en réponse à la tournée traditionnelle de vœux effectuée par la présidence et plus particulièrement ceux adressés aux acteurs de la culture. Emis le 9 janvier dernier, ils comportent comme à l'ordinaire, des effets d'annonce dont on se demande ce qu'ils peuvent bien signifier. Ils tournent autour de trois grands axes.

- La sauvegarde du patrimoine avec une enveloppe conséquente qui serait issue du plan de relance. Le projet est louable mais les sommes promises seront-elles véritablement débloquées compte tenu de la crise ? D'autant que pour céder aux sirènes de l'immortalité à l'instar d'un MITTERAND par exemple, l'actuel président compte marquer son mandat par un monument. Le budget alloué sera-t-il englouti dans ce projet ? Feuilleton à suivre…

- L'entrée gratuite pour les jeunes dans les musées nationaux afin qu'il y ait une ouverture vers la culture. Je ne prendrai pas le risque d'écrire qu'il s'agit d'un coup d'épée dans l'eau car je ne sais pas comment les différentes grandes municipalités procèdent. Par contre, pour ma région de résidence, je ne pense pas que cette décision aura un impact très important puisque de telles mesures sont déjà en vigueur depuis fort longtemps, accompagnées d'animation en direction de tous les âges ou de stages de formation à différentes techniques de peintures, de mosaïque ou autres en fonction de la spécialisation du musée. De plus, je rejoins les doutes de certains observateurs pensant que cette mesure n'amènera pas un nouveau public mais profitera plutôt aux habitués. L'expérience vaut néanmoins d'être tentée pour les lieux plus figés s'il en existe.

- Plus inquiétante me paraît la troisième annonce consistant en la mise en place d'un comité d'excellence de la culture dont, bien évidemment, Monsieur le Président veut être le grand patron. Pour l'instant, nul ne sait rien des tenants et aboutissants de ce comité si ce n'est la nomination de quelques personnalités qui y siègeront. Quel sera le contenu de la charte ? Quel sera le rôle de ce comité ? Mystère et loin de moi l'idée de condamner avant de connaître le contenu de ce projet. J'appelle néanmoins à la vigilance afin nous conservions notre indépendance d'artiste et que ce comité ne devienne pas une nouvelle arme coercitive envers la liberté d'expression pour instituer une culture étatique. Il y a déjà tellement d'autres secteurs qui subissent déjà les diktats gouvernementaux qui veut tout régenter en tout que je suis circonspect pour ne pas dire… méfiant.

 

Au travers de ce qui suit, je veux simplement expliquer ma conception de la culture, un espace de liberté où tout doit rester possible.

 

Comment définir la poésie ?

 

"Poète, je le suis devenu par convention, non parce que j'ai décidé de l'être mais parce que le public et mes pairs m'ont qualifié ainsi"

J'ai emprunté cette entrée en matière à l'AVANT-LYRE d'un de mes précédents recueils, 20 ans… déjà ?, édité par la revue "Poétic 7" il y a maintenant plus de vingt ans. J'y écrivais également ceci en guise de définition de la poésie :

" … je pourrai tenter de définir la poésie mais bien d'autres s'y sont essayés avant moi sans y parvenir de façon satisfaisante. Je devrais alors expliciter ma propre poésie et mon rôle de poète… Je ne m'y aventurerai pas. Dans le premier cas, ce serait vouloir définir le sexe des anges. Dans le second, cela relèverait simplement de la pathologie…"

Cette réflexion reste d'actualité et je n'ai pas changé d'idée. Malgré les écoles, les chapelles, les courants, les partisans de telle ou telle forme technique de prosodie, la poésie, pour moi, échappe à toute définition sinon à toutes règles ou, au choix, elle en a autant qu'il existe de poètes.

 

A mon humble avis, pour retomber dans les pathos, la poésie, l'écriture et plus largement toute œuvre d'art sont en vérité le fruit d'un travail artisanal nécessitant patience et persévérance. Le talent ne suffit pas, il se cultive en recherchant la qualité pour le public auquel nous devons tous d'être ce que nous sommes sans pour autant nous prostituer.

Je ne considère donc pas l'œuvre théoriquement achevée comme une fin en soi mais comme une porte ouverte sur l'échange, la communication avec cependant un écueil à éviter : se prendre au sérieux.

 

La poésie m'apparaît par conséquent comme un moyen de participer à l'évolution d'une société, d'une civilisation dont elle doit être témoin et reflet mais pas uniquement dans la nostalgie ou l'intemporalité. Elle doit encore et toujours continuer à évoluer dans ses pensées, dans ses techniques et ne pas rester figée sur son passé, aussi glorieux soit-il, qui doit cependant continuer à servir de socle.

 

Dès lors, la définition de la poésie n'est pas immuable et doit s'affranchir des raccourcis contenus dans les dictionnaires. Elle doit continuer à changer selon les lieux, les époques et les poètes eux-mêmes.

 

Contrairement à ce que voudraient faire croire certains esprits chagrins et malgré les difficultés de diffusion qu'elle rencontre, la poésie n'est ni le symbole d'un passé révolu ni morte. Qu'elle soit qualifiée de ringarde est une hérésie à laquelle participe l'éducation d'aujourd'hui en ignorant superbement les poètes contemporains ! Il est dommage qu'au travers de cette ignorance du public parfaitement orchestrée par les différents pouvoirs notamment médiatiques, les poètes en soient réduits à survivre plutôt qu'à vivre. Il ne faut pas pour autant les enterrer vivants. Ils existent toujours contre vents et marées, au travers de nombreuses revues et de leurs ouvrages, de leurs récitals parfois.

 

D'aucun leur reprochent pourtant de vivre en cercle fermé en se regardant le nombril. Comment pourrait-il en être autrement quand une société axée sur le consumérisme se coupe de ses bases intellectuelles et populaires pour favoriser l'humanitaire au détriment de l'humanisme ? Comment pourrait-il en être autrement lorsque la culture et au travers d'elle l'éducation ou la recherche en sont réduites à un nivellement pas le bas ramenant l'humain à une sorte de clone programmée universellement vers la conformité, la pensée unique et une mondialisation essentiellement économique ? Pour un certain nombre d'industriels de la culture prédigérée, l'art même devrait être limité à l'état de marchandise sauf peut-être justement la poésie puisqu'elle est décrétée non rentable. Elle acquiert ainsi le statut de résistance à une forme d'oppression et devient, par la force de l'inertie, le symbole d'une liberté de créer qu'il faut non seulement sauvegarder mais tenter d'étendre pour que l'homme puisse garder intact son libre arbitre et son indépendance idéologique.

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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 19:27


Ce billet est publié simultanément sur le blog de Magali Duru et sur Mot compte double.

 

Si même après des années, on ne s’étonne pas de se souvenir si bien de certains livres, c’est peut-être parce que les souvenirs qui y sont attachés ne sont pas étrangers à notre propre existence. Lire, c’est accueillir une autre langue, un autre de soi à qui nous prêtons parfois notre voix pour exprimer quelque chose de notre intimité.

Qu’attendons-nous de nos propres écrits une fois ceux-ci publiés ? L’idée de permanence est plaisante mais illusoire ; c’est bien parce qu’il sait que le lecteur lève un jour ou l’autre les yeux de son livre que l’auteur peut renouer avec l’écriture et continuer à interroger le monde, à explorer ce qu’il en est de ses affaires, de ses regrets comme de ses envies.

Avec Internet, l’écrit se disperse aussi vite qu’il a fait irruption. Dans cet immense flux de mots, rares sont les textes qui parviennent à se différencier au point de rester dans nos mémoires. Classés une fois pour toutes, ils n’occupent assurément pas cette place si particulière que possède le livre, cet objet à portée de mains, perpétuellement présent, à la fois témoin du passé et miroir de notre durée.

Une publication sur Internet serait-elle pour autant une chose totalement oubliable ? Tout dépend bien sûr de la capacité de chacun à trouver du plaisir à lire, à se laisser porter par la lecture et à entrer finalement dans la matière même de la littérature.

Avec Internet, le lecteur est abreuvé de textes ; bonne ou mauvaise littérature, là n’est pas la question. Comment faire revenir en première page un poème ou une nouvelle qui aurait en son temps ébloui quelques lecteurs ? A Calipso, chez Magali Duru et sur Mot compte double, nous nous sommes dit qu’il serait peut-être intéressant de mettre ces visiteurs d’un jour à contribution en leur demandant de revenir sur leurs lectures passées, chez l’un et l’autre, et d’y élire le ou les deux textes qui les auront particulièrement titillés.

Les trois auteurs les plus cités auront à nouveau l’honneur d’une première page sur chacun des sites. Ils recevront en sus le titre de " Lauréat des inattendus 2008 ".

Pratiquement : la participation se fait sous forme de mail dans lequel sera précisé :
- le titre du texte,
- le nom de l’auteur
- le blog de publication ;

Elle est à envoyer avant le 15 février 2009 à l’adresse :   laureat.des.inattendus@gmail.com     

 

CALIPSO, le blog de MAGALI DURU et MOT COMPTE DOUBLE

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