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28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 10:39

Voici la 10e et dernière nuit blanche de Corinne Jeanson.

Elle met au ralenti son blog " Histoires d’écrire " et sa collaboration au café pour travailler à un projet d'écriture plus ambitieux qui lui prend du temps. Elle nous offre comme pot de départ cette magnifique ode à l’amour.

On peut également la retrouver sur le site " Bonnes Nouvelles " interprétée par Nicole Amann sur une musique d’Hervé Jeanson ( ici ).

 



Lisa, Lisa. Elle s'appelait Lisa. Blonde, de la tête aux pieds. Avec des duvets inavoués au creux des genoux et des manières de rire qui n'étaient que blondeur. Lisa-Lisa.

La sirène du bateau agitait le départ. Les passagers se pressaient contre la balustrade blanche, luisante des mains engourdies, potelées, grandes, rouges. Et Lisa, Lisa, Lisa dans ma tête. J'avais rejoint la foule que je dépassais d'une tête. Lisa-Lisa. J'avais peint Lisa, toutes ces nuits à Berlin. Lisa en manteau noir, Lisa dansant sous les feux blancs, Lisa dans le bain, Lisa après l'amour. Lisa, là, proche, à demi pliée sur moi, Lisa loin, loin, si loin.

L'air était frais, le vent déjà brisait l'écume et le bateau s'éloignait, lentement, pesamment et si docilement, sans frôlement, sans trace de violence, là sur les flots bleu noir. Avec l'écume tout autour, l'écume aux bords des lèvres de Lisa, que j'avais tant peintes, tant murmurées. Mon dernier crayon je l'avais jeté à Paris, au fond de la Seine verte. Jamais plus, je le jurai, je ne regarderais la vie pour la peindre.

Le bateau pour l'Amérique engloutissait Lisa. Un océan atlantique me séparait de Lisa. Lisa que je pianotais sur la balustrade blanche. Lisa qui m'abandonnait pour chanter et danser dans les nuits de Berlin.

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16 juillet 2008 3 16 /07 /juillet /2008 17:17

Une dernière nuit blanche en compagnie de Corinne Jeanson avant la pause estivale…


Mante cannibale


Même quand tu oublies
Dans tes détours
De me dire je pars
Je prends plaisir
A te deviner ailleurs

J'aime quand tu déposes
Tes secrets sur ma bouche
D'un simple doigt
Les soirées s'allongent
Je déroule nos instants
Je les déplie
Comme des cornets
D'oublies

Absent de toi, je range ton boudoir
Tes bas abandonnés
Ta jupe fendue
Et ton parfum
Traînant
Je pourrais parcourir les rues
Te retrouver
Accoudée nonchalante
Dans les bars d'étuve

Je tourne en rond
Dans le couloir vide
Je déplie une carte
Pour dessiner tes voyages
Impossible de me détacher
De tes fantaisies
Les pinceaux sur la toile
Te grimacent des poses
De mante cannibale
Je croque le baiser
Que tu donnes à des inconnus

Quand tu réapparaîtras
Dans mon antre
Avec ton sourire esquissé
N'oublie pas
Mes morsures de bête
Te saisiront.

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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 20:58

Une huitième Nuit Blanche orchestrée par Corinne Jeanson et un éloge du désir qui ne trompera pas les couche-tard…


J'avoue, j'avoue
Tes mensonges
Nourrissent mes songes
J'écoute tes fables
Tes artifices me font craquer
J'aime les serments que tu sèmes
Judas je consens à tes baisers
Tes boniments me gréent
A ton mat de bateau
Tes mirages dorent mon désert
Ton bourrage enfume mes romans
Tes contes hantent mes sommeils
Ma vie s'illusionne à tes inventions
Je fonds à tes tromperies
Tes non-dits s'accordent à mes imaginaires
Tes trahisons me délivrent du néant
Mystifie-moi
Laisse-moi croire que tu me mens
J'avoue, j'avoue
Je triche bien plus que toi
Tant que tu m'échappes je te désire.


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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 21:44


Corinne Jeanson a fait disparaître la dernière lettre de la série Transit mais ce n’est que pour prendre le train à sa façon…



Je n’ai as pris ce train, ce matin de mars. Pourtant nous avions fixé notre rendez-vous à 11h33 précise en gare de V***. J’ai hésité. Je savais que ma vie serait imprégnée à jamais de ce rendez-vous. L’intranquillité me laissait là sur ce bord de quai, en gare de L***. Impossible de poser mon pied gauche sur la première marche du wagon. Les autres passagers se pressaient vers leur destination. Derniers sourires, derniers baisers avant le départ. Un jeune homme me bouscula. S’excusa. J’ai reculé. J’ai attendu que le train s’éloignât. J’ai entendu les portes se refermer, je restais à regarder le lent échappement du convoi jusqu’aux tampons arrondis du dernier wagon et les voies qui reprenaient leur densité métallique.

Je suis revenu à la gare, j’ai acheté des Pall-Mall et j’ai pris un café dans le premier bar en face du parvis. Je me suis souvenu de notre premier voyage en train. Nous avions quitté la France de nuit, nous nous étions éveillés en Italie : Venise. Le parvis de la gare Santa Lucia de Venise, ses marches qui plongent dans les canaux. Nous étions des enfants, nous découvrions la vie ensemble, à peine vingt ans. La joie nous appartenait. La joie de découvrir à deux la vie, son monde, ses sensations. Je devinais que ce voyage symboliserait à jamais tous mes voyages. Je sentais ta main dans ma main.

Depuis d’autres trains m’ont capturé, depuis d’autres compartiments m’ont accompagné le temps d’un voyage à la découverte de nouveaux continents. Tant d’autres trains, tant d’autres continents. Ces transits passagers, mouvants, absurdes à force de tentations, de tentatives, de nouvelles joies aussi.

Comment au bord des mes cinquante ans, aurais-je pu reprendre le même chemin qui me guide incessamment vers toi jamais oubliée, jamais abandonnée au fond de mes tripes ? Il m’aurait fallu détacher toutes mes peaux cramoisies, tatouées, pour retrouver la chair transie, je ne sentais que mon vieux squelette broyé par mes déambulations, tous ces lieux de passage, tous ces visages, ces corps qui avaient accompagné ma propre vie, ma vie de vagabond. Vagabond depuis ton départ, éloigné de mon âme, de mon identité. Je connaissais à peine mon prénom, mon visage dans les reflets des vitrines comment l’aurais-tu reconnu ? Et dans ces reflets à côté de ma silhouette sombre j’ai perçu ton visage, comme un mirage.

J’ai refait le trajet, depuis le bar jusqu’à la gare, je l’ai traversé, j’étais sur le quai, un second train m’attendait. Les grèves de mars embrouillaient les pistes. Le contrôleur me demanda de me hâter, c’était le dernier train en partance, oui il s’arrêtait à V***. J’étais essoufflé, ce n’était pas ma course, c’était toi que je rejoignais. Je suis descendu sur le quai, tu étais resté à m’attendre. Tu m’as souri. Nous avons pris un café ensemble et nos doigts se sont croisés par-dessus nos tasses fumantes, nous avions retrouvé le chemin, rien n’avait changé, ni nos visages, ni nos cœurs, nous étions en terrain connu et dans le tourbillon de la vie il nous restait un long voyage à poursuivre. En aurais-je la force ?

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3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 11:57

par Corinne Jeanson


Je n'ai pas de souvenir
Ce dernier baiser
L'as-tu réellement déposé ?
J'appartiens à ton monde intérieur
Je suis veuve de toi
Tu es sous terre et tu n'es pas sous terre
Tu me tenais par la main
Dans le froid de janvier
Le ciel était bleu je crois
Le souvenir est resté
Le dernier, l'unique
Je ne me suis pas retournée
Tu n'étais déjà plus là
Les portes du tramway ont grincé
Il m'a éloignée de l'ultime sensation
Ta main chaude dans la mienne
L'enfer s'est dressé
Des pans de murs dans la vie à jamais
Toutes ces murailles érigées
M'exilent de jour en jour de ta trace effacée
Cette femme en robe noire qui me suit
Pourquoi me chuchote-t-elle dans la nuque
Le nom que tu me donnais
Quel nouveau jeu inventes-tu
Pour me rappeler à toi ?

 

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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 17:33

Une nouvelle nuit blanche égayée par Corinne Jeanson, en hommage à William Butler Yeats.

 

Depuis longtemps elle marche
Sur mes rêves

Mes sombres ombres tanguaient
En absence
De mes amours enfuies
Essoufflées
La nuit d'avant hostile
A cessé
S'argentent des clairs de lune
A l'antique

Son regard de lumière
S'est lové
Dans mes livres et déroule
Mes tapis
Elle m'attend et m'approche
Reconnue
Mes doutes usés défaillent
A son âme

Elle ne sait rien de moi
S'abandonne
Pleinement et confiante
Etourdi
J'ôte mon masque fané
Je l'embrasse
Pour m'unir absolument
A son rêve.



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15 mai 2008 4 15 /05 /mai /2008 20:15


Sur la route de la vie, les histoires d'amour n'ont pas de fin

par Corinne Jeanson



Come on baby
Ta main effleura mon coude à l'entrée du bar
" La route m'attend, suis-moi, lâche les amarres
Come on baby tu connaîtras le paradis "
Je n'ai pas fléchi, le cœur abasourdi
Nous avons parcouru le trouble de l'amour
Dans les nuits blanches en absence des jours

Good bye baby
Tu as poursuivi seul tes chemins de traverse
Mes pleurs inassouvis imitaient les averses
Esseulé tu as goûté les baies des buissons
Esseulé tu as roulé dans les sombres limons
Esseulé tu as bu le blanc brouillard des étuves
L'enchantement touche à sa fin la nuit arrive

I love you baby
Aimer, dans quelle langue vive te l'écrire
Chuinter en allemand ou de l'anglais dire
Viens lover ton corps dans ma tanière
Tes nuits fauves se mêleront à mes lumières
Pour te chérir je choisirai l'italien
Je t'attends au seuil de notre rêve aérien

Baby come back
Les routes ont séparé nos sillons d'âme
Détache tes souffles grisés du macadam
Notre jardin d'hiver guette ton vrai retour
Du fond de ma vie je ne crains pas tes détours
Dépêche-toi le soleil a quitté le Sud
Je ne t'attendrai plus longtemps finis ta ronde.

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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 17:16


C’est sur un air de tango que Corinne Jeanson nous invite pour sa prochaine nuit blanche…

 


Quand tu dis : cette nuit sur la colline
Je file pour une grande envolée,
Moi, ton homme à femme, je goûte au spleen.
Quand tu t'évades pour tes chevauchées
Je me damne à toi ma douce sauvage.
Tu te glisses sur les pierres qui roulent
Avec quoi, avec qui ? Dis ! Ça m'enrage,
Pour quoi, avec qui tu tangues, ma poule ?

Quand tu fous le camp rejoindre les loups,
Ca m'obsède, savoir qui te possède,
Y faut que je sache ou je deviens fou.
Quand tu t'éclates, je crie pas à l'aide
Je préfère, mon bel amour, mourir
Ou pourrir là sous tes fenêtres closes.
Au-dessus des lois, au-dessus des rires,
Monte à ma gorge un goût d'apothéose.

Ce n'est pas ma faute quand tu m'oublies
Je me perds au milieu de tes délires.
Je sanglote quand tu ris à la vie.
Sous les mille étoiles de tes désirs,
Mes songes voyagent à la dérive
Pour toi, j'suis prêt à flirter au-delà,
A quitter le droit chemin pour tes rives.
Je garde en moi le parfum de tes pas.



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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 13:53

 

Il arrive que Corinne Jeanson vienne au café passer une partie de la nuit. Elle en profite pour effleurer quelques souvenirs et nous faire partager quelques belles pages avant de nous dire bonsoir…

 


Yvonne,
Pourquoi m'as-tu adressé toutes ces lettres ? Tu as attendu trop longtemps. Depuis ton départ je me suis grisé à tant d'autres vies, à tant de goulots, aux enfers aussi. Le temps a passé. Il fallait bien passer le temps, ce faux guérisseur. Rompre les espaces éternels. Comment pourrais-je aujourd'hui écouter tes lettres ? Entendre le bruit froissé de leur papier entre mes doigts qui tremblent. Ecoute mon cœur, il se brise, il est en verre blanc. Ne me donne plus à lire tes lettres, elles me font trop mal aux yeux, aux joues, à la bouche, aux tripes, aux genoux, mes pieds fuient sur le sol qui se dérobe. Cette dernière rue où nous avons marché main dans la main, ce dernier matin où nous avons perdu notre langage. Oh Yvonne, qu'avons-nous fait de nos vies l'un sans l'autre ? Le jardin est dévasté, tu ne le reconnaîtrais plus. Tes lettres me sont venues trop tard. Et je suppose que tu ne m'en écriras plus maintenant, trop d'étoiles ont cessé de briller depuis ton départ. Dis-moi. Ma voix s'est éteinte. Je t'ai perdue, mon âme est perdue. J'ai peur.
Ton vieil époux, Geoffrey

Ps. Je prie pour que tu reviennes, ne serait-ce qu'un jour...

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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 12:45


Le jour ou la nuit, Corinne Jeanson aime bien passer au café. Elle a maintenant sa table réservée pour lire, écrire et partager poèmes ou courts récits. Pour la retrouver facilement parmi la foule des visiteurs, il vous suffit de cliquer sur le menu " Nuits blanches "

 

Prière des espoirs


J'ai pour vous
Ce que personne ne peut atteindre

Jusqu'à mon dernier souffle
Ce quelque chose qui vous appartient
Me retient à vous
Ce quelque chose que j'ai déposé
A vos pieds
Que je ne sais nommer
Ame ou identité
Je vous l'ai offert
Pour l'éternité

À l'écho de vos pas
Renaissent incessantes
Les traces de cette attraction
Ni amour ni désir
Vivace effarement
Qui monte de vos reins
À vos paumes
Creux dénudés d'oubli
Courbes habitées
De tous mes égarements

À votre dernier regard
Est éclos un souffle au cœur
Ma vie depuis s'est dilatée
De vous
Jour après jour
S'effacent mes contours
Se drapent mes inspirations
Trou noir stellaire
Vous attirez mes mouvements
De corps démembré et d'esprit consumé

A l'ombre de vos lumières
S'allonge ma tête noire
J'ai fait de ma vie un souffle
Au croisement de nos routes
Ni crucifixion, ni abandon.
J'ai pour vous
Ce que personne ne peut atteindre,
Pas même moi.

Corinne Jeanson

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