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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 19:46

Vous aimez la photo ? Vous ne manquez aucune exposition ? Qu’elle soit proche de chez vous ou à l’autre bout du monde ? Alors vous souvenez-vous du lieu où a été prise cette image  ?

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31 août 2008 7 31 /08 /août /2008 18:11

La série " Transit " a inspiré Suzanne Alvarez. Elle nous propose une sorte d’itinéraire bis, une bifurcation au niveau de la fin du Transit 03 … Un voyage plus long que d'habitude, mais nous avons le temps, n’est-ce pas ?

 

 

Novembre 70. Par un jour liquide et froid, Lise s’engouffra dans le hall de la gare de Belfort, descendit le grand escalier, prit à gauche, parcourut un interminable couloir, remonta à droite par un autre escalier qui menait au quai n°5 : un rituel depuis deux ans.

L’omnibus de 4 h 07 pour Besançon l’attendait déjà, crachotant son haleine chaude et humide.

Elle grimpa dans le compartiment désert, surchauffé et éclairé d’une vieille lumière jaune. Avec toujours la même nausée, le même écœurement. Trois heures de train pour 99 kilomètres. Un vrai tortillard.

Comme d’habitude, le train ayant à peine démarré, elle ferma les yeux, indifférente à la poésie du paysage.

– Billet ! S’il vous plaît.

Dans une impossible hésitation du temps, Lise émergea de cet état bienheureux qu’elle avait pris l’habitude de nommer " son coma ", considéra avec étonnement le triple menton déployé sur la cravate au sigle SNCF et enfin, tendit le document exigé.

– Ce train va à Mulhouse ! Vous vous êtes trompée, Mademoiselle ! 

En même temps, alliant le geste à la parole, il sortit un carnet à souches de la poche de sa chemise, défit l’élastique fatigué qui l’enserrait, apposa soigneusement un carbone entre les deux pages, prit son " Bic " bleu et s’appliqua d’une écriture fine et soignée.

Elle l’eût volontiers imaginé tirant péniblement la langue.

Incrédule, frappée de stupeur devant sa méprise, elle finit par articuler en hoquetant :

– On a changé mon train de place ! J’ai l’habitude de le prendre quai n° 5 ! 

Elle tenta pourtant de surmonter son anxiété. Mais en vain. Son front s’était recouvert d’une fine couche de sueur.

Sans se départir de sa terrifiante bonhomie, et sans d’autre explication, il lui dit :

– Ce n’est pas bon, les habitudes, Mademoiselle !

Lise regarda le contrôleur avec des yeux d’épagneul dont elle savait, inconsciemment, tirer parti. Elle réussit à s’émouvoir elle-même et ne put retenir ses larmes.

Sensible à ce désarroi de jeune fille, il eut pour elle une mine condescendante, biffa la page qu’il venait de noircir avec tant d’efforts. Puis, non sans avoir, au préalable, inscrit une petite annotation dans la marge, remit son calepin dans sa poche :

– C’est bon pour cette fois ! Mais à l’avenir, renseignez-vous, Mademoiselle ! 

Quand il se fut éloigné enfin, elle relâcha sa tension, et s’abandonna avec lassitude sur la moleskine usée de la banquette. Puis elle se perdit dans la contemplation du paysage à travers la vitre sale.

Le train entrait en gare de Mulhouse, fendant dans un sifflement lugubre un brouillard laiteux et froid. Il stoppa comme dans un râle.

Le retour à la surface  dans l’aube crasseuse du petit matin, lui fit songer avec amertume qu’il lui fallait s’offrir un billet pour repartir en sens inverse. Elle imagina le regard dur et gris de son père quand elle devrait lui raconter tout ça.

Un début d’angoisse la fit frissonner.

" Ça ", c’était aussi son examen qu’elle allait rater pour la seconde fois.

A la dernière session, c’était parce qu’elle ne l’avait pas bien préparé. Et à présent qu’elle se sentait au top, elle allait le manquer parce qu’elle n’arriverait jamais à l’heure. C’était foutu ! Raté ! C’était pire que de la malchance ! Son père l’avait bien prévenue :

il ne pouvait pas passer sa vie à l’entretenir ! Elle devrait dire adieu à ses chères études et chercher du travail. N’importe quoi, pourvu qu’elle bosse !

Ça, elle n’avait pas fini de l’entendre !

Assise sur un banc du quai, ressassant sa détresse et indifférente à tout ce qui l’entourait, Lise ne vit pas arriver le curieux équipage : deux des trois hommes étaient menottés l’un à l’autre. Comme ils passaient devant elle, celui qui restait libre de ses mouvements dit à l’intention de son collègue :

– J’appelle le service et on y va. Si on se magne avec le giro, on pourra être à Besançon avant dix heures.

" Besançon ". Ce nom lui fit lever la tête brusquement…et c’est alors qu’elle les vit, comme ils s’engouffraient dans l’un des bureaux de la gare. C’était donc deux flics en civil convoyant un malfrat !

Stimulée par ce qu’elle venait d’entendre, elle se leva d’un bond et les suivit…

Elle hésita devant la porte vitrée, consciente de son audace. Mais l’enjeu était trop important pour elle et, sans plus réfléchir, elle toqua contre le verre dépoli et entra sans attendre la réponse.

D’un coup d’œil, elle embrassa la pièce. Trois grandes tables étaient disposées contre les murs. Derrière l’une d’elles, un cheminot examinait des papiers. Les deux hommes enchaînés ensemble se tenaient debout, au milieu de la salle.

Elle reconnut aussitôt le plus petit. Il était vêtu d’un blouson de cuir beige. Ainsi, c’était donc lui le dangereux Simon Trois Yeux, l’auteur de certains hold–up de bijouteries. Elle se souvint de son visage à la " une " des journaux quand il avait tué un bijoutier de Mâcon, et aussi de son étrange surnom qu’il devait à un œil tatoué sur le cou, juste sous l’oreille droite. Comme il se tenait de profil, elle put voir le fameux tatouage.

Le policier jumelé à lui et vêtu d’un ensemble blue-jean, se caractérisait par un nez énorme.

Elle pensa que, chez lui, l’expression avoir du nez ne se réduisait pas à une simple image et elle imagina sans peine les moqueries que son flair devaient susciter chez ses collègues.

Le second policier était assis à une autre table et tenait un combiné à la main. Apparemment, il semblait attendre une communication. Il la regarda à peine.

Enfin, dans un coin de la pièce, un homme à la stature imposante était assis lui aussi et lisait un journal. A l’entrée de Lise, il abandonna sa lecture pour s’intéresser à elle, en restant toutefois silencieux.

Affreusement intimidée, Lise affronta le regard courroucé de Gros Nez qui s’était retourné au bruit de la porte.

– Qu’est-ce que vous voulez ! aboya–t–il.

– Excusez-moi…je…heu…je me suis trompée de train à Belfort…je vais à Besançon en fait mais…il faut que j’y sois avant onze heures. Je dois passer un examen…et heu…c’est très important pour moi…et il n’y a pas de train avant 10 h 30. Je n’arriverai jamais à temps…

– Et alors ? rétorqua le flic, qui semblait s’amuser à la laisser patauger.

– Eh bien…heu…j’ai entendu que vous y alliez aussi et…

Le tarin l’interrompit brutalement :

– Vous n’imaginez pas qu’on va vous emmener, non ?

- Ben…heu…je me disais que puisque vous y alliez…je me

disais que moi aussi…

- Non, mais t’entends ça Louis ? Vous croyez qu’on n’a que ça à faire ? Allez, jeune fille, retournez jouer dehors et foutez–nous la paix !

– Mais…je vous ai dit que c’était impor…

– J’ai dit dehors ! Avant qu’on se fâche.

Elle se dirigea vers la sortie…et se retourna dans un ultime espoir, le cœur au bord des larmes, quand…

– Un instant, Messieurs !

Elle se figea. L’homme au journal se leva posément et s’approcha d’elle. Négligemment, il examina l’étiquette pendue à la mallette qu’elle tenait à présent serrée entre ses bras et lui dit en souriant :

– C’est bien ce que j’avais vu. Bonjour, Mademoiselle Lise ! Je suis content de faire enfin votre connaissance. Je suis un ami de votre papa. Commissaire Principal Lorenzo. Votre père me parle souvent de vous, et toujours avec beaucoup de fierté, vous savez !

Complètement abasourdie, elle attendit la suite, les mains moites, avec une lueur touchante et presque tragique au fond des yeux, n’osant encore espérer, et prévoyant même un refus, dont l’idée seule lui était insupportable.

C’est alors qu’il se tourna vers les deux inspecteurs et se figea dans une expression de gravité sentencieuse :

– Messieurs, je vous présente Lise, la fille de mon ami Delaz. Alors, soyez gentils avec elle, et avant de passer au service, déposez–la sur les lieux de son examen !

– Mais patron…commença Gros Nez.

– Millau, vous ne voudriez pas compromettre l’avenir de cette jeune fille, n’est–ce pas ? l’interrompit le Commissaire sur un ton de reproche.

Et devant le mutisme de l’inspecteur, il ajouta :

– Et ne vous inquiétez pas, je prends ça sur moi et je me charge du Parquet également.

Millau bredouilla une vague dénégation, tandis que son collègue raccrochait le combiné et se levait. Simon Trois Yeux qui n’avait pas perdu une miette de la conversation émit un ricanement prolongé, aussitôt sanctionné par un virulent " Toi, ta gueule !" proféré par Gros Nase, trop content de pouvoir extérioriser à bon compte son mécontentement.

Eperdue de bonheur, Lise, escortée par le serviable ami de son père, suivit les trois hommes jusqu’à leur voiture. Elle ne savait que répéter :

- Merci, merci bien, vraiment…je vous remercie…

Les deux menottés montèrent à l’arrière de l’Alfa Roméo et elle prit place à côté du chauffeur qui planta son gyrophare. Elle serra une dernière fois la main du Commissaire Lorenzo et la voiture bondit, sirène hurlante.

Dans le rétroviseur, elle vit le visage grimaçant de Trois Yeux, tassé sur la banquette et elle pensa qu’elle avait eu de la chance de croiser son chemin.

Quinze jours plus tard, elle appelait le Commissaire Lorenzo pour lui annoncer la bonne nouvelle. " Ça ", il le lui avait fait promettre.

– C’est Papa qui va être content ! ajouta-t-elle, euphorique, avant de reposer le combiné.

Puis elle revint, le cœur battant, consulter de nouveau le panneau d’affichage des résultats pour s’assurer qu’elle n’avait pas rêvé : pas de doute, c’était bien son nom qui était écrit là entre " Delaunay " et " Deleuze ".

Elle huma l’air. Il sentait l’humidité et le bois brûlé. Elle songea tout à coup que la vie était belle et que c’était bon de vivre.

Alors, elle prit le chemin de la gare de Besançon…

Elle traversa le hall déjà tout éclairé. Puis se dirigea tranquillement vers le quai n° 1. L’omnibus de 17 h 01 pour Belfort n’était pas encore là.

Elle consulta sa montre : elle avait le temps de retourner dans le hall pour acheter un magazine qu’elle lirait dans le train.

Elle fit demi-tour et s’arrêta devant l’étalage pléthorique de journaux et de revues que proposait le kiosque. Là, en première page de tous les quotidiens, elle reconnut un visage. La photo devait être la même. Seul, le cadrage changeait.

Les titres disaient : " Simon Binet dit Simon Trois yeux, s’est donné la mort dans sa cellule ", " Suicide du braqueur de bijouteries "… Elle revit le visage grimaçant d’un homme dont les poignets et les espoirs étaient lourdement entravés, un homme dont la cavale venait de prendre fin sur le quai d’une gare. Elle se souvint que, ce jour-là, elle se sentait elle-même prisonnière d’un horaire, d’un avenir que, par manque de vigilance, elle pouvait avoir compromis. Et aussi, elle se souvenait du regard intransigeant de son père. Elle sourit tristement en pensant que, en comparaison…

Elle détacha son regard du visage de cet homme qui semblait ne fixer qu’elle, et se rendit à la caisse. Non, elle n’achèterait pas le journal, elle n’avait pas besoin d’en savoir davantage, elle n’était pas avide de détails morbides…

– Auriez-vous une revue consacrée aux voyages lointains ? demanda-t-elle à la vendeuse.

– Oui ! J’ai celle-ci qu’on me demande souvent. Tenez ! " E V A S I O N S "

                                                                                                        Suzanne Alvarez

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28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 18:37

Tout le monde a toujours tellement de bonnes raisons d’être impatient et il est si difficile de se faire entendre… mais hélas le temps, même raccourci, n’est jamais plus court et quand l’attente ne nous tient plus en place, il nous faut encore et sans cesse réinventer les mots pour dire l’absence et interroger le désordre des sens…

L’époque est la morosité. Avec quatre vingt trois contributions au concours, les rebelles sont restés sages. Même si quelques auteurs ont pris plaisir à tancer l’ordre et les convenances, on sent bien que la lassitude et l’accablement en ont laissés plus d’un sur le carreau, un peu comme si, embarrassés par l’ampleur du sujet, on ne souhaitait pas trop raviver d’anciennes blessures.

Le jury est au travail. De ses réflexions et appréciations émergeront (le jeudi 4 septembre) les dix nouvelles qui participeront à la lutte finale. Concrètement, les membres du jury sont appelés à sélectionner dix nouvelles sans les classer. Cinquante textes sont donc potentiellement sur la table en première instance. Une telle configuration ne s’est jamais produite. L’an passé, dix sept nouvelles sur cent douze, avaient été retenues au premier tour. Il y a bien sûr discussion mais d’une manière générale sont ensuite distingués les dix textes les plus cités. Dans un second temps et après relectures, le jury est convié à établir le palmarès définitif. Celui-ci devrait être annoncé aux alentours du 12 septembre.

La soirée de remise des prix est d’ores et déjà fixée au samedi 18 octobre. Le jury, les comédiens et musiciens espèrent avoir l’occasion d’y rencontrer de nombreux auteurs.

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25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 17:08


Le 30 juillet dernier, Cuné rendait hommage à Wajdi Mouawad après avoir été éblouie par la lecture d’" Incendies ". A la fois auteur, metteur en scène et acteur, Wajdi Mouawad, a recueilli cet été une formidable ovation au festival d’Avignon pour son spectacle " Seuls ". Une solitude conjuguée au pluriel pour dire hier et aujourd’hui, pour sonder l’enfance et éprouver l’âge adulte, pour explorer cette question de l’identité, ce je est un autre. L’homme est seul sur scène mais au milieu d’une multitude d’êtres sortis du brouillard, seul pour donner forme aux tourments qui l’habitent ; seul, mais accompagné des voix de ses ancêtres, soutenu par la proximité de ses proches, seul pour étreindre tous ces témoins d’une enfance frappée par la guerre et écorchée par l’exil ; seul pour naviguer dans les méandres de l’inconscient et ramener à la surface les trésors de la vie. " Seuls ", est une grande histoire de partage, une traversée époustouflante des mondes intérieurs, un théâtre haut en couleurs fêté par le public longtemps après son dernier acte.


Il y a vingt ans, à l’entrée de l’âge d’homme, Wajdi Mouawad écrivait la trame de ce spectacle.

Quand on est petit,

On est bien mal renseigné.

Alors on imagine.

Plus tard,

Imaginer, ça devient plutôt compliqué

Alors on se renseigne

Alors on devient grand.

C’est dans l’ordre des choses.

Et les choses sont bien faites

Puisqu’elles nous empêchent de revenir en arrière

Ce qui est très bien

Car si un homme, par le plus grand des hasards,

Croisait un jour, par exemple au sortir d’un épais brouillard,

L’enfant qu’il avait été,

Et si tous les deux se reconnaissaient comme tel,

Et bien ils s’écrouleraient aussitôt la tête contre le sol,

L’homme de désespoir,

L’enfant de frayeur.

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22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 16:37

Numéro 8 de " A propos de… ", une chronique signée Gilbert MARQUÈS

 

Quatorze juillet / Quinze août

Deux fêtes rallongeant les congés ; l'une symbole de la laïcité et l'autre religieuse mais passons sur la contradiction donc…

Période morte durant laquelle rien d'extraordinaire n'est censé se produire !Rien = mot merveilleux synonyme de vide, d'absence ou, pour les optimistes, voulant dire que tout va bien dans le meilleur des mondes.

En cet été mirifique illuminé par les feux d'artifice du 14 juillet et ceux moins sympathiques des Jeux Olympiques accueillis par une Chine prompte à jeter de la poudre aux yeux, il ne se passe presque rien sauf que :

- Le peuple tibétain est toujours victime des violences du totalitarisme chinois mais qui s'en soucie ?

Exemple de conversation dans un couple ordinaire de notre univers franchouillard :

- Chérie, qu'est-ce qu'on mange ce soir ?

Peu après, la bouche pleine, juste quelques commentaires, admiratifs ou ironiques ?, à propos des images déversées par la télé sans avoir de nausée :

- Tu te rends compte, après avoir réquisitionné des travailleurs dans tout le pays et les avoir fait bosser comme des forçats

(sous-entendu des nègres parce qu'on a gardé un fond de racisme dans la mémoire inconsciente), le gouvernement les renvoie dans leur lointaine province. Décidément, les Chinois ont l'art de faire place nette ! (Dans un lointain passé, ce fut avec les chars mais la place Tian' anmen de sinistre souvenir a-t-elle conservé gravé dans l'asphalte l'empreinte des chenilles ?)

Et en même temps, de compatir avec le désespoir de nos athlètes auxquels la médaille d'or était promise parce qu'ils avaient tout fait durant des lustres pour l'obtenir alors qu'ils n'ont en fin de compte qu'une médaille en chocolat fondant sous leurs larmes d'excuses. On ne peut pas gagner à tous les coups…

- Mais Monsieur, c'était important, non ?

Les Français cependant qui n'en sont pas à un paradoxe près, se lamentent sur leur pouvoir d'achat en berne mais partent tout de même en vacances. Faut bien oublier, la morosité ambiante ne pouvant pas décemment rimer avec été.

Il sera toujours temps de voir à la rentrée pour rouspéter.

Les Russes, toujours bien intentionnés mais éprouvant encore une secrète rancune d'avoir vu le bloc soviétique éclater, essaient de sauver les miettes de l'empire déchu. Rien de tel qu'un petit envahissement militaire pour ramener les velléitaires à plus de raison et la Géorgie à rentrer dans le rang.

- Quelle idée de faire les yeux doux à l'Europe, hein ? Les parlementaires de l'ONU peuvent toujours causer, on va pas se laisser dépouiller de nos anciennes colonies et tant pis pour les dégâts collatéraux. Qui sait faire une omelette sans casser des œufs ? Faute d'avoir la suprématie au J.O, faut continuer à faire parler de nous !

Voyez, il ne se passe presque rien, enfin rien d'important puisque personne ne parle plus du conflit israélo-palestinien, des otages détenus un peu partout comme si depuis la libération d'Ingrid BETANCOURT, il n'y en avait plus. Même les catastrophes naturelles semblent avoir pris des vacances !

Les Jeux Olympiques marquent une trêve internationale durant laquelle il est convenable de ne pas aborder les sujets qui fâchent. Faut donner une image irréprochable de ce qu'est l'Occident. Rien d'autre ne doit importer puisque selon certains, ce serait l'opportunité rêvée pour permettre à la Chine de s'ouvrir aux autres nations sauf que les Chinois s'en fichent pas mal et sont sûrs de leur fait. Ils ont moins besoin de nous que nous d'eux pour maintenir le précaire équilibre du capitalisme narquois dont ils sont capables d'user pour nous étouffer.

Dans notre immense naïveté et notre inconsidérée suffisance, beaucoup d'entre nous continuent à les considérer comme un peuple en voie de développement. C'est oublier qu'il s'agit d'une civilisation millénaire qui malgré les soubresauts de la Révolution Culturelle, a su garder intactes culture et traditions parmi lesquelles le confucianisme. Malgré les conditionnements idéologiques dont ce peuple a pu être l'objet, les sévices de toutes sortes infligés par une classe dominante, les gens… ordinaires ont conservé une liberté d'esprit qui s'est forgée au fil des siècles et qui contrairement à beaucoup d'autres mieux connues comme l'Egypte antique, a su traverser le temps et l'histoire.

Alors, cessons de regarder les Chinois avec une condescendance hypocrite et apprenons d'abord à balayer devant notre propre porte avant d'essayer de leur donner des leçons de savoir-vivre.

Certes, les Droits de l'Homme sont bafoués en Chine et nous devons effectivement le dénoncer. A remarquer d'ailleurs que toutes les tentatives initiées par les athlètes eux-mêmes ont été désavouées par les instances sportives ou politiques. Les deux ne feraient pas bon ménage, paraît-il…

Toutefois, ces droits ne sont-ils pas également souvent ignorés à quelques pas de nous avec les centres de rétention, les quotas de sans papier à renvoyer chez eux et de manière plus insidieuse, au moyen de toutes les attaques portées en direction du Code du Travail, de toutes les atteintes aux libertés fondamentales vilipendées par une batterie de nouvelles lois prises sous des prétextes sécuritaires et de salubrité publique : défense de fumer, de dépasser ceci, d'oser faire cela et même de pisser dans la nature sous peine d'amende… Sans parler de la honte qu'est la survivance des Restos du Cœur, du provisoire qui dure parce qu'il y a de plus en plus de pauvres même parmi ceux qui auraient la chance d'avoir du travail ! Pouvons-nous nous permettre de donner des leçons en nous prenant en exemple ?

A quand les caméras branchées dans les déjà semi-prisons que sont nos maisons ou nos appartements que nous transformerons bientôt en bunker ? Et quelles différences au fond avec le régime chinois ?

Non, décidément, il ne se passe rien, enfin… rien ou presque de nouveau sous le soleil larmoyant de ce mois d'août.

                                                                                         Aussonne, le 12 Août 2008

 

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19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 18:36

Il n’y avait personne pour indiquer son chemin au voyageur. Personne au guichet, personne en salle d’attente et pas davantage sur les quais. Pas de bruit non plus et presque pas de lumière. Seul sur la plate-forme, il affectait cet air un peu stupide des gens qui languissent et qui ne savent que faire sinon regarder leur montre toutes les minutes. Par bonheur, la sienne s’était enrayée lors d’un accident d’aiguillage. Depuis, son corps le laissait en paix et son esprit vaquait, libre de toute inquiétude. La gare n’était plus qu’un lieu d’attente et il savait à quoi s’en tenir au sujet des trains qui n’arrivaient pas.

Il n’imaginait pas que la vie puisse ressembler aux images exotiques et promesses d’aventures placardées un peu partout. Pour lui, les vraies histoires étaient liées au besoin d’être bouleversé et pour tout dire elles ne tenaient jamais réellement debout. Elles se passaient fatalement dans des endroits improbables, peut-être même dans des lieux fictifs. Des instants de vie qui s'échauffaient au gré des clins d’œil et du tremblement des corps. Il n’aimait pas être comblé d’avance. Seule lui importait l’intensité du temps qui passe. Surtout le temps de la nuit, celui qui venait du ciel. La pénombre lui permettait de revenir en arrière, de fendre les murailles de l’oubli et de retrouver quelques unes des voies secrètes enfouies dans l’enfance. Parfois, il lui arrivait de se réveiller sur une toute petite île perdue dans l’océan de l’humanité. Ou bien dans une gare au beau milieu d’une salle des pas perdus.

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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 16:36

Pas de trêve estivale pour notre collaboratrice Ysiad ! Fidèle à ses engagements, elle vient au secours d’un nouvel internaute pris dans le stress de la vie moderne. Aujourd’hui, elle apporte une série de conseils pratiques en réponse à la question posée dans le numéro 20 de Blogcity, revue d’étoiles :

Dans quelles conditions un chat peut-il faire une crise cardiaque ?



Je profite d’une absurde interruption dans le long fleuve tranquille de mes vacances pour répondre à cette question cruciale qui concerne en France dix millions de sujets miaulants, pardi, rien que pour les chats, ça fait un max de crises cardiaques à prévenir, allons-y.

Primo – Sur la route des vacances, ne jamais laisser grimper votre chat à un arbre, à moins de l’avoir entraîné à redescendre tout seul. Le chat peut faire une crise cardiaque, lorsque, à dix/quinze mètres du sol, il regarde soudain sous lui. Panique. Il est monté vachement haut. Il sait pas redescendre. Il a le vertige. Ça tourne. Ça tangue. Il pousse des miaulements affolés, de plus en plus rauques, de plus en plus déchirants. Que faire ? Pas grand-chose. Evitez de lui chanter des chansons de Carli Branu, flattez-le de la voix en attendant les pompiers. Rassurez-le par des mots doux, et dites aux pompiers de mettre en veilleuse le son de la sirène ; comme pour les chansons sponsorisées par l’Elysée, ça risquerait de le faire monter plus haut, ou de provoquer la crise cardiaque.

2 – Le chat peut faire une crise cardiaque lorsqu’il s’aperçoit que vous l’avez passé au régime " light ". Il renifle, hume, flaire, tournicote autour de sa gamelle, pousse un mieuurk de dégoût, et parfois, de dépit, son cœur s’arrête. Crac. Il tombe dans sa pâtée les moustaches en avant. Gît pattes roides sur le carrelage. Absolument. Vous ne me croyez pas ? Qu’est ce que vous diriez si on vous faisait passer du dindonneau sauce allégée Weight Watchers pour du saumon fin d’Ecosse Monoprix gourmet ? Donc si vous tenez vraiment à lui faire perdre sa poche ventrale, faites-le courir (ce qui suppose que vous leviez vos fesses du hamac, que vous attachiez un pompon de laine au bout d’une ficelle et adieu votre sieste), ou mélangez quelques croquettes de régime à son saumon riz dont il est friand. Progressivement. Tout est dans la progression, foi de cat woman, et vous éviterez ainsi la crise cardiaque façon Garfield face à son maître qui lui refuse odieusement une bouchée de son king size beef onion stuffed hamburger sous le prétexte d’un léger embonpoint.

3 – Les crises cardiaques liées à la vie domestique sont très fréquentes. Le chat aimant les endroits chauds, vérifiez le tambour de la machine avant de la faire repartir en position séchage. De même, les pantoufles géantes en forme de souris, les balles de fourrure à lunettes, les bols léopard, les mobiles à tête d’autruche et en général tout gadget de couleur violente sont à éviter absolument. Le chat est un esthète, ne l’oublions pas.

4 – Quand vous partez en vacances, ne le laissez pas dans un hôtel pour chat avec d’autres chats qu’il ne connaît pas. Il y a des siamois partout. De même, ne le laissez pas non plus trop longtemps tout seul devant l’effigie de Sarkozy à l’écran. Comme pour le soleil, subir plus de trois minutes le faciès gaillard du président est néfaste pour la santé. C’est statistiquement prouvé. Ça commence par une chute de tension et après je vous dis pas le coup que prennent les coronaires. Agissez préventivement avec votre chat. Passez-lui Les Oiseaux d’Hitchcock, un film qui fait monter l’adrénaline, pas la pression artérielle.

Et que les vacances continuent, dans la joie et la crème solaire.

Ysiad


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15 août 2008 5 15 /08 /août /2008 18:58


Avec la pluie et le froid dans la plaine, la neige sur les hauteurs, le soleil s’est éclipsé avant même la rentrée. Les " Soifs d’été " qui devaient agrémenter la carte du café sont restées confinées dans les esprits ou peut-être englouties par les éléments déchaînés. Seule Régine Garcia s’est souvenue à temps de ces étés d’avant et comme elle a eu la bonne idée de poster sa carte avant le déluge, c’est en sa compagnie que nous réouvrons le bar.

 



En guise de rayons de soleil et de saison chaude, moi je pense plutôt lune et nuit d’été. Je me souviens quand j’étais adolescente et que je partais en camps d’adolescents quinze jours par an. Quinze jours que j’attendais patiemment ! Quinze jours durant lesquels, je vivais des expériences nouvelles ! J’apprenais à monter à cheval, à faire de la spéléologie, de l’escalade. Je rencontrais des gens passionnés et sincères. Ou alors, je me retrouvais, après une journée de marche, dans des gîtes perdus dans la montagne.

Je me souviens surtout d’une nuit d’été dans le Vercors qui avait suivi une exposition sur les maquisards. Cette région dégageait une atmosphère particulière avec les trous d’obus dans les vallons et la sirène qui hurlait dans la journée pour ne pas oublier les morts…

Le soir, les animateurs, guitare à la main se relayaient. Chacun à leur tour, ils entonnaient une chanson et nous reprenions le refrain ou la chanson entière si on la connaissait. Allongée face à la voûte céleste, je comptais les étoiles filantes. Une odeur singulière d’herbe fraîche et d’éternité flottait dans l’air. Déjà, je pressentais l’absurdité de la vie.

J’avais froid, les étoiles brillaient dans le ciel noir. Le feu de camp se consumait. L’un après l’autre, ils se couchaient. Moi, je restais jusqu’à la fin, jusqu’à ce qu’on m’oblige à rejoindre ma tente. Je voulais savourer cette belle soirée qui s’éternisait rien que pour moi…

Ces nuits d’été garderont toujours un goût de guitare, de chansons et de nuits étoilées…

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18 juillet 2008 5 18 /07 /juillet /2008 17:37

Que vous soyez nomade ou sédentaire, voilà une chronique de Gilbert Marquès qui vient fort à propos pour accompagner l’été et ses multiples rendez-vous avec l’imaginaire.

Le café et ses collaborateurs prennent trois à quatre semaines de vacances. Pendant ce temps, ce texte sera en haut de l’affiche. Bien sûr, les autres pages du menu resteront disponibles à la lecture et aux commentaires. Nous vous souhaitons de trouver inspiration et plaisir d’écrire du côté des appels à textes " Soifs d’été" et " Le regard " à propos de la dépêche expéditive du numéro 20 de Blogcity, revue d'étoiles.
A bientôt.

 

  * * *

 

L'angoisse de la page blanche, de la toile vierge ou de la partition…

Selon les disciplines, tout créateur a au moins une fois éprouvé dans sa vie ce vide gigantesque.

Il a envie mais ne peut pas ! L'inspiration s'est mise en vacances. Dehors, le soleil parade et n'aide guère alors…

Alors, prendre son courage à deux mains et forcer le destin ou la flemmardise, sacrifier la sieste, saisir par surprise une idée volatile pour l'incruster sur le papier, la toile ou la partition et tenter d'en faire quelque chose, peut-être une œuvre inoubliable.

Que sommes-nous finalement sinon des artisans besogneux qu'un rien suffit à distraire ? Le moindre prétexte sert de mauvaise raison pour éviter de se pencher sur le papier, la toile ou la partition puis…

Puis survient un événement, souvent dramatique, et alors, comme par miracle, l'inspiration revient parce qu'il devient urgent de figer des sensations, des émotions, des souvenirs puis de les disséquer pour les assimiler, les expliquer.

Les vacances sont oubliées et durant une période plus ou moins longue, le créateur ne vit plus qu'au travers de ce ressenti. Plus rien n'existe autour de lui que ces choses diffuses et indéfinissables qui hantent son esprit et qu'il doit impérativement immortaliser. Il ne peut se consacrer à rien d'autre et le temps même s'est enfui comme la notion abstraite qu'il est. Le créateur jette des notes, trace des esquisses, expulse des mélodies qui nourriront dans les semaines et les mois futurs sa passion créatrice.

Certes, toute création ne suit nécessairement ce processus mais quel créateur peut prétendre n'avoir pas cédé au moins une fois à cette forme d'inspiration née d'un événement le touchant intimement ? L'œuvre qui en jaillit, si elle n'est pas la meilleure parmi toutes celles produites, s'avère néanmoins souvent la plus touchante pour le public parce qu'elle est empreinte de sincérité, de franchise, dénuée de tout artifice. L'artiste se dénude sans penser à rien d'autre qu'à son sujet. Les mots, les couleurs, les notes viennent spontanément du cœur vers l'esprit.

Voilà finalement qui différencie le créateur du commun des mortels. Plus que sa capacité à traduire des émotions et à les transmettre, l'hypersensibilité qui le caractérise lui permet de ressentir l'impalpable et l'improbable pour toucher l'autre dans ce qu'il possède de plus secrètement humain.

L'apaisement vient avec le partage. Une manière de faire le deuil ou bien de se soigner, d'éviter la folie ou le suicide, de pouvoir aussi continuer à vivre dans une société où tout lui est à la fois contraire et contraintes.

Le créateur demeure un inadapté sans quoi il n'aurait rien à dire et ne pourrait pas non plus exercer son esprit critique ni son libre arbitre. Il ne serait ni râleur ni colérique. Il ne serait pas égocentrique. Il serait simplement soumis.

Hors, il aiguise sa plume, son pinceau ou son crayon en armes redoutables de revendications pour affirmer ses différences, son individualité indivisible, son intégrité, ses libertés de penser et de dire.

Le créateur reste un être unique, à part, en marge, solitaire par définition et sociétaire par obligation. Il observe le monde, le palpe, le déguste puis le recrache transformé en idéal utopique que les hommes interprètent jusqu'à en édulcorer l'essence à leur profit.

Dès lors, le créateur peut parfois se sentir incompris et en vérité, il l'est toujours parce que ceux avec lesquels il communique n'ont pas sa pureté de pensée. Ils ne savent ni comment ni pourquoi l'œuvre est née. Ils cherchent alors à comprendre mais comment y parviendraient-ils quand le créateur lui-même souvent ne sait pas répondre à ces questions ?

C'est aussi à cause de cette incapacité à résoudre ces problèmes que les autorités de toutes obédiences craignent les créateurs étiquetés dans une élite dangereuse. Ils sont incontrôlables et parfois incompréhensibles et c'est bien connu, on a toujours peur de ce que l'on ne comprend pas et plus encore de ce que l'on ne connaît pas. Alors, la censure fut inventée pour tenter de maîtriser ce qui est par définition indéfinissable. D'autres, plus catégoriques, ont créé le lavage de cerveau et les prisons mais parvient-on véritablement à encager le rêve ? De plus malins ont essayé d'acheter les idées pour museler l'opposition mais qui est assez fortuné pour pouvoir se les offrir toutes en croyant les rendre muettes ? Les derniers enfin, les plus catégoriques, ont décidé de fusiller l'être afin de n'avoir plus que des moutons à leurs bottes mais est-il possible d'assassiner la pensée même si on peut parfois la juguler par la peur ?

Tous ces potentats ont cependant oublié un détail important : l'inspiration n'a pas d'étiquette. Elle ne se soigne pas comme un vulgaire rhume. Elle ne s'enferme pas. Elle ne se laisse ni soudoyer ni commander et elle ne craint rien ni personne.

Et ses serviteurs, les créateurs, sont des hydres immortelles renaissant sans cesse de leurs cendres pour essaimer la liberté malgré les coups qui leur sont portés depuis les temps plus reculés où l'homme a tenté d'asservir ses semblables. C'est le rôle qui leur incombe, parfois malgré eux, et c'est en cela que leur existence n'a pas de prix. Ils ne connaissent ni loi ni morale sinon la leur devenant quelques fois celles des autres. Alors…

Alors toutes les sirènes de nos marchands actuels pourront déployer leurs charmes pour tenter de les séduire, ils ne se laisseront pas circonvenir et resteront maître de leur destin, y compris dans l'adversité dont ils ont l'expérience. Ils sont au service de l'inspiration et des autres hommes mais en toute indépendance. Ils sont maîtres de leurs idées et n'obéissent pas à celles des autres.

L'inspiration ne s'embarrasse pas des conventions sociétaires même si certains veulent la transformer en produit manufacturé de grande consommation à leur seul et unique profit. Ainsi prétendent-ils vouloir instaurer une pensée unique dans un monde aseptisé.

Rassurez-moi, ce n'est pas possible ?

Aussonne, le 18 Juillet 2008

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16 juillet 2008 3 16 /07 /juillet /2008 17:17

Une dernière nuit blanche en compagnie de Corinne Jeanson avant la pause estivale…


Mante cannibale


Même quand tu oublies
Dans tes détours
De me dire je pars
Je prends plaisir
A te deviner ailleurs

J'aime quand tu déposes
Tes secrets sur ma bouche
D'un simple doigt
Les soirées s'allongent
Je déroule nos instants
Je les déplie
Comme des cornets
D'oublies

Absent de toi, je range ton boudoir
Tes bas abandonnés
Ta jupe fendue
Et ton parfum
Traînant
Je pourrais parcourir les rues
Te retrouver
Accoudée nonchalante
Dans les bars d'étuve

Je tourne en rond
Dans le couloir vide
Je déplie une carte
Pour dessiner tes voyages
Impossible de me détacher
De tes fantaisies
Les pinceaux sur la toile
Te grimacent des poses
De mante cannibale
Je croque le baiser
Que tu donnes à des inconnus

Quand tu réapparaîtras
Dans mon antre
Avec ton sourire esquissé
N'oublie pas
Mes morsures de bête
Te saisiront.

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