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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 08:00

Huitieme-9275.JPG

 

Le poète

Anestis Evangelou

 

 

Il est monté jusqu’au plus haut sommet

Comme sa voix, oiseau blanc dans le ciel

Au pied des monts la foule immense qui fourmille

Elle écoute la voix qui s’élève toujours

Le cercle se resserre Ils tiennent des bâtons

Brandissent des couteaux des pierres, se rapprochent

On entend des clameurs Tuez-le

Commencent à tomber dru les premières pierres

Au soleil luisent les couteaux

Il le sait c’est sa fin

 

Mais sa voix,

Oiseau blanc, volait haut dessus leurs têtes

Hors d’atteinte des cris de haine et des couteaux.

 

 

Traduction Magali Duru,

d’après l’original grec et la traduction anglaise de M. Byron Raizis 

 

Evangelou.jpg Anestis Evangelou (1937-1994), was born in Thessaloniki. He made his literary debut in 1960 with a collection of poems, Description of Eviction. He subsequently published another seven volumes of verse: Breathing Method (1966), Bloodletting ’66-70 (1971), Poems 1956-70 (1974), Interval (1976), Hai Kai (1978), Denuding (1979) The Visit and Other Poems (1987), and The Snow and Devastation. In 1988 he published his collected poetry in The Poems: 1956-1986. He also published a work of fiction, The Hotel and the House (1981, revised and enlarged in 1985), a collection of literary reviews, Reading and Writing (1981), and an essay, Nine Interpretations of Poetry and Poetics (1990). His work has been translated into many languages.

 

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 08:00

Petrole.jpg

Comme une sorte de suite au Saoûl contrôle de Castor Tillon 

 

Pétrole

Jean Calbrix

 

 

Tourne, tourne la Terre autour du grand Soleil

Tes bienfaits ont mûri dans cette rôtissoire.

Ton ventre s'est gonflé, comme un grand saint ciboire,

De pétrole aux lueurs de moire et de vermeil.

 

Et toi, génie humain, à l'esprit en éveil,

Tu sus capter le feu de la richesse noire,

Reléguant le cheval au fin fond de l'Histoire,

En créant le moteur, fabuleux appareil.

 

Et depuis, c'est la chasse aux nappes souterraines,

Malheur à toi petit vivant près des fontaines

Où l'or tant convoité coule à flot pour les grands.

 

Tu ne pèses par lourd, t'en périras sans doute !

Auprès d'un parapet, je vois les estivants

En un long défilé sur la grande autoroute !

 

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 17:30

vo2012-copie-1.jpg 

 

Nous ne saurions prendre congé de 2011 sans lever un verre en l'honneur des poètes, nouvellistes, et chroniqueurs qui ont contribué chaleureusement à l'animation du café tout au long de l'année :   

 

Ysiad, Claude Bachelier, Jean Calbrix, Suzanne Alvarez, Dominique Guérin, Gilbert Marquès, Jean-Claude Touray, Jordy Grosborne, Cédric Mesas, Corinne Jeanson, Sylvie Dubin, Yvonne Oter, Danielle Akakpo, Ana Suret, Castor Tillon, Claude Romashov, Maryse Legrand, Françoise Bouchet, Sophie Etienbled, Martine Férachou, Agatha Costes, Pierre Thomas, Lambdum Kagibi, Emmanuelle Cart-Tanneur, Katia Boutchoueva.

 

Cadavre exquis

 

Merci de choisir votre dernier verre de l'année et, si l'envie de jouer vous vient, de l'inclure dans une phrase en tenant compte des propositions qui seront déjà formulées.

 

Amaretto Stinger

Vacances Romaines

Grasshopper

Bacardi Choco-punch

Double Salto

French Cancan

Printemps du Vercors

Train Bleu

Grand Paradis

Lisbonne Cobbler

Black Mammy

Braccobaldo

Indian Summer

Enfer Vert

Special Litote

Moonlight

Black Velvet

Grace de Monaco

Baby Bellini

Please Love me

Kalhua Toreador

Hot Toddy

Red Bulloska

Devil's Milk

Nuit Gasconne

 

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 11:00

boutchou

Le ballon

 

C'est qui le capitaine

Née à Moscou en 1982, Katia Bouchoueva dite "Boutchou" vit en France depuis 2002. Poète, animatrice de la scène slam grenobloise et membre du collectif slam "Section Lyonnaise des Amasseurs de Mots", elle aime partager ses coups de blues, ses coups de coeur, ses coups de gueule...  Elle a publié en 2009 un recueil de poèmes "C'est qui le capitaine ?" aux éditions l'Harmattan.

C'est notre invitée du jour. 

 

               C'est qui le capitaine ? 

 

 

 

Le fer  

 

Tant qu'on n'a pas avalé le noyau de la Terre

Je dis rien, je dis rien.

Les Corses, les Bretons, les Maliens

Riches en larmes, en fer, en sucre, en sel.

Les Pharisiens, les Égyptiens...

Et je regarde ton magicien

Vider les placards, repeupler le joli carrousel.

A coup de pelle, à coups de poing,

A coups de virgule, de tiré,

Ils ont réussi à tourner comme il faut la Terre,

Ils ont réussi à défaire les lacets

Déserrer les vices.

Et quelque part parmi eux – mon fils,

Mon fils était fier,

Mon fils était fer,

Forgé il était mon fils

Et ferromagnétique des fois aussi.

Sois pas comme astronaute sans galaxie – je lui disais

Petit kangourou sans sa maman,

La robe sans sa mariée.

Ce cycle menstruel tellement irrégulier

Tellement sur le pallier

Fait sombre et humide que plouf -

Et astronaute retombe -

Au fond de l'escalier

Sa touffe

Noircit et disparaît,

Réapparaît, grossit

Et roule – visage-ballon - dans les couloirs

Et pièces communes.

Pleine lune

Un demi-citron pour la mamie

Une grenadine pour la fillette -

Les deux extrémités d'une vie

En tête à tête

Monstrueux monstrueux -

Niami, Niamey, Milan -

Dent pour dent,

œil pour œil.

C'est la fête dans ton clan -

Dans mon clan – jour de deuil.

Et plus de mémoire – mais vous êtes où ?

Et plus de mémoire – où il est mon mari ?

Ma femme? Mes cousins?

Ma tante? Mon oncle?

Buvez un coup, buvez un coup – tchin-tchin

Diamant de Chine,

Pétrole de Sibérie.

Esprit confus, lunettes de vue

Rouillées et plus de connexion wifi.

J'ai dit : "Salut, mon pharaon, ma vie

Touche à sa fin. Je n'en peux plus."

Et tout tombait – heureux et courageux –

Dans la marmite, dans l'huile d'olive,

Dans la salive, dans la lave, dans le cire -

Et ce dont je

Me souvenais,

Et ce dont je

Ne voulais plus

Me souvenir.

 

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 09:30

poeme-Romashov-copie-1.jpg

Pour que dans l'euphorie des fêtes, on ne les oublie pas...

 

L’épave

par Claude Romashov

 

 

Elle tangue roulée dans son paletot trempé de pluie.

Le temps a la nausée et vomit sa bile.

Elle se tient aux murs, arrache des débris de plâtre.

Et va s’échouer durement sur le trottoir.

A la vue des passants scandalisés.

Elle n’est plus qu’un déchet, un rebut.

On peut l’écraser, lui marcher dessus.

La mer a trop charrié d’écume et de douleur.

La mer lui a rongé la peau.

L’indifférence tue plus que la lame mortelle des vagues.

Dans un dernier sursaut, elle lève un bras pétrifié

Vers le ciel soufflé d’étoiles.

L’épave disloquée gît sur le sable.

Des insectes de bois se délectent de ses chairs

Cassantes comme du pain de sel.

 

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 08:00

Reproduction-copie-1.jpg

Depuis toujours la poésie est source de vie, Lambdum Kagibi  nous le rappelle sans ambages...

 

La Reproduction

(Hommage à Pierre Bourdieu)

 

 

Après long temps, lorsqu’enfin,

dans la chambre d’hôtel,

parvenant à mes fins,

j’immolai sur l’autel

d’un lit à sommier un peu grinçant

la pudeur de Lili, une riche héritière,

je me vis déjà consort puissant.

Nous ahanions jusqu’alors de concert,

quand un blanc râle à elle plus sourd,

à contretemps, gorgé, (si lourd,)

la meute a capella me fit trop tôt lâcher,

impromptue, sans que je puisse vraiment l’en empêcher.

Et l’hallali fût si hâté

que la meilleure part du morceau

elle n’eût point l’heur de tâter.

Lors je m’abandonnai, brie de Meaux

trop fait, sur elle frustrée,

la laissant toute transie,

en état de choc, claquant des

dents et fort marrie,

impatiente, désespérée,

de rebomber ce soufflé

qui n’était que trop retombé.

Belle, en colère, sans retenue,

elle s’est dépêtrée, folle, de moi,

et s’est dressée tout- à- fait nue

pour me faire part de son émoi.

Elle aboie, elle larmoie.

« Et moi! Et moi! Et moi! »

Crise d’hystérie

véritable sortie

sur cette injuste noce

cet abandon précoce...

Je, aveugle sot-l’y-laisse,

l’entendais soliloquer.

Des détails je vous fais grâce.

Adieu la dot hélas!

 

Puisqu’il n’est pas permis vraiment de rater son péché

- si près du but avoué c’est péché plus mortel -

sans m’excuser jamais d’avoir été si empêché,

elle en épousa un autre, plus héritier qu’elle.

Elle lui a dit oui sans essai. Témoin je me suis tu.

Ainsi va le beau Monde, qui peu ou prou se perpétue.

 

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 14:00

Chanson-JC.jpg

A la mémoire de Monsieur Yves Berger

 

Chanson de Jean Calbrix, auteur d' Un automne en août

Pilonné par les bons soins de Monsieur Manuel Carcassonne

 

 

                                   Connais-tu la chanson Coquine et désuète ?

                                   AA coule à l'envers, A Saint-Omer pardi.

                                   RaRement un cours d'eau Remonte le lundi,

                                   CarCassonne en est coi Comme carpe muette.

 

                                   Au diAble, se dit-il, A la voir si fluette

                                   Sur leS blancs nénuphars. Soudain, un beau mardi,

                                   S'en va Sens opposé, Sûr jusqu'au samedi.

                                   Où sitôt On inverse, Oh la belle bluette !

 

                                   N'est-il Nul truc ainsi, Nul machin sans pareil ?

                                   Nier tout uN bon sens, Niera-t-on le soleil ?

                                   Entonnons cE refrain, Et laissons l'Aa faire :

 

                                   Harpe chère à Horace, Honore ce sonnet,

                                   Etonne l'éditEur En cette grande affaire,

                                   Puisqu'il faut Parler franc, Près de son gros bonnet.

 

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 11:30

oeillet.jpg

Il aime la musique, la peinture, la philosophie et la littérature bien sûr. C'est un auteur encore jeune et déjà quelques succès dans les concours de nouvelles. Comme il en pince aussi pour la poésie, le slam, il est tout naturellement notre invité... 
 

Oeillet rouge à la boutonnière

par Lambdum Kagibi.

 

 

(Deux ou trois pincées de « Solitude », de Duke Ellington)

Hommage à P.S. (Philippe Solllers)

Ou à J. d’O. (Jean d’Ormesson)

    Ou à… V. Z. (Victor Zarka)

 

 

Vieux beau, moi ?!

qui ai tant vécu

tant vu de faux-culs

mis dans tous leurs émois!?

 

Après tout, pourquoi pas?

 

Moi qui vais à trépas

que tout plus sûrement,

pourquoi n’y irais-je pas

le plus élégamment

qu’il se doit ici-bas ?

 

Refrain :

Vieux concombre qui bavasse sans graine

Au gin-tonic ma vieille carcasse je draine

 

Mon coeur a trop battu

la campagne perdue,

le chemin des dames

où la mort brame.

 

J’ai le coeur un peu bas,

du côté de mon ventre.

J’ai le coeur un peu las

il faut que je le rentre

tel un karatéka

centré sur son hara.

 

Refrain :

Vieux concombre sans graine qui bavasse

A la veuve Clicqot je draine ma vieille carcasse …

 

A ma dernière invitée

pucelle du couvent retraitée

lui consacrant tout un rosaire

sur Victor faisant d’la surenchère

énamouré

j’ai psalmodié

« ma congénaire

tu es bonne,

ô ma nonne, nonne…

Nonagénaire »

 

Refrain :

Vieux concombre qui bavasse sans graine

Aux infusions d’pissenlits ma vielle carcasse je draine.

 

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 20:00

peripheriques-image.jpg21 juin. De la musique bien sûr mais accompagnée d'une histoire écrite et dite par Abd Al Malik "Château Rouge" 

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 08:00

barbe-grise2.jpg

 

La barbe forme un tapis gris
Autour de la bouche
Entrouverte sur le silence

En quel siècle
Les mots ont-ils disparu ?

La lumière nimbe une forme rabougris
Isolée dans son éternel

Pas plus juillet que
Mai ou septembre
Ne dévoileront son secret

Le silence enferme
Le mensonge nauséabond

Plus rien ne fera sursauter
L’homme assoupi
Dont la barbe grise ne sera plus rasée

Ana Surret

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