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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 12:03

Delivrance.jpg

 

Celui qui plante les épines récolte les blessures  

Regarde là-bas où tu as moissonné

Les fleurs de l'espoir

Le torrent du sang va t'arracher

Et l'orage brûlant va te dévorer.

Abou El Kacem Chebbi, Poète Tunisien (1909-1934)

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Published by Patrick L'ECOLIER - dans calipso expression
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commentaires

Patrick 15/01/2011 19:22



J'ajouterai ces quelques mots de Assia Skhiri


Bribes où fleurit le néant
Moi, je descends de la cité des chutes
Et du volcan endormi sous mes pieds
Dont le feu nourrit les désirs d’offrandes sacrées
Morte, je le suis
C’est pourquoi je ne me vois pas me pavaner dans sa blancheur



ysiad 15/01/2011 18:07



Merci, Magali, pour ce magnifique poème plein de révolte et de talent.



M agali 15/01/2011 17:16



Il y en a quand même, Ysiad!


" Me voici à nouveau devant la mer
à fracasser des portes entières contre le roc
à mêler dans le même roulement d'amertume
le sable et la perle
dans les mêmes vagues brûlantes et métalliques
le jasmin de mon enfance et le hibou de l'enfer.
Me voici à nouveau devant la mer, courbée
sous un butin annuel de rancunes
de fatigues
de coqs égorgés pour rien
pour la prospérité d'un turban
qui depuis longtemps n'est
qu'un amas de poussière
ricanant sous la dalle
pendant qu'à l'ombre d'un figuier
femmes et bougies flambent
pour conjurer l'œil
la malchance
et le corbeau du désespoir
 
Pour une amulette moi aussi
j'ai triqué ma dent en or
le henné de mes paumes
et dégrafé mes paupières,
j'ai moi aussi regardé la lune
dans les yeux
en buvant des bols
du verbe liquide, silencieux et noir ?
J'ai suivi moi aussi du regard
les bateaux et les cigognes
qui partaient
mais nous avons toutes attendu
en vain
et en larmes
le père, le bien-aimé
le fils et le frère.
 
Mais la ville ouvre la gueule
de ses prisons
les avale avec son thé
et s'évente.
Mais la ville tire ses couteaux
nous taille un corps sans membres
un visage sans voix
mais la ville…
J'ai mal jusqu'à mon ombre projetée
sur l'autre trottoir
où mes derniers vers s'éparpillent
en petits morceaux de sels opaques
comme des larmes de glace.
Ma tête me retombe sur la poitrine
comme un obus
vu de près, mon cœur est un lac ".
 
Rachida Madani, " Femme je suis ", Inéditions Barbares,1981



ysiad 15/01/2011 13:47



Belle imprécation ce poème. On aimerait bien aussi que s'élèvent des voix tunisiennes de femme, il n'y en a pas, ou pas assez.



Jean 15/01/2011 12:55



Magnifique ! Autant le poème que la Photo.


Bel hommage au peuple tunisien.