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Saura-t-on jamais si les anges sont immatriculés ? Ou même si un signe ostentatoire les désigne comme tels et sous quels cieux ? Toujours est-il que la revue littéraire " Le matricule des anges " vient à s’immiscer dans les affaires terriennes en créant ici-bas un espace d’ébats propre à donner des ailes aux hommes et femmes de lettres souhaitant battre la campagne.
Le message des anges est simple : si la politique doit avoir un sens, il y a des chances que vous le trouviez alors sur le blog " Écrivains en campagne ". Pour preuve de bonne foi voici un extrait de l’article du jour signé Jérôme Delclos, écrivain et traducteur : " Si l’écrivain se prononce sur la campagne présidentielle, le fait-il en tant qu’écrivain ou en tant que citoyen ? Si l’on propose aux écrivains de s’exprimer sur et autour de la campagne présidentielle, si l’on se demande ce qu’ils en attendent , ce qu’ils voient du grand cirque médiatique, et quelle société ils voudraient, c’est bien qu’on leur suppose une sorte de clairvoyance qui excèderait leur seul état de citoyen. Il y aurait alors, dans la condition littéraire, une prédisposition à la critique politique. L’idée vient peut-être au fond du cirque médiatique lui-même, et d’une certaine starisation des écrivains. Écrivains poseurs, ceux qui font la couverture des Inrockuptibles. Et là, je ne vois pas, en général, ce que le discours de ces écrivains peut apporter à la politique et à sa compréhension, et encore moins ce que leur opinion peut apporter à la littérature. Dans le meilleur des cas, ces auteurs prennent une posture journalistique, très au-dessous en fait de ce que de véritables journalistes ont à dire de la chose politique. On attend l’écrivain qui saura, qui saurait, faire d’une campagne présidentielle un véritable objet de littérature, qui serait assez grand, comme écrivain, pour hisser le tableau des mœurs politiques, ou la chronique d’une campagne, ou le portrait d’un candidat, ou le suspense entre les deux tours, au niveau de l’art. Pour l’instant il n’existe pas, et l’on peut se demander si une campagne électorale n’est pas un morceau de réel qui résisterait beaucoup au traitement littéraire. Sans quoi les romans de la campagne seraient nombreux, alors qu’il n’y en a pas. Il faudrait se demander pourquoi."…