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Regard d’un Belge sur les municipales françaises.
par Patrick LEDENT
Dans un récent article sur ce même blog, Claude Bachelier évoquait la république en danger. Je partage, hélas, son point de vue.
Je n’en veux pour preuve que les résultats de Fréjus et Béziers (entre autres), aux dernières municipales. Fréjus passe au FN parce que les deux candidats UMP (ou assimilés) se maintiennent ; Béziers parce que le candidat socialiste refuse de se retirer, bravant les injonctions de son parti. Donc, oui, comme l’écrivait Claude Bachelier, il faut du courage pour lutter contre les extrémismes : en l’occurrence, pour faire front dans le premier cas, et pour renvoyer son orgueil au vestiaire dans le second.
Bien sûr, les abstentionnistes ont aussi leur part de responsabilité. Car l'abstention est bien moins la déclaration d'un ras-le-bol à l'encontre des dirigeants traditionnels – comme se plaisent à le clamer les médias – qu'une lâcheté coupable qui porte au pouvoir les minorités extrémistes, très mobilisées (les taux d'abstention sont moindres à Fréjus (28%) et à Béziers (32%), que la moyenne nationale (36%)).
Je me suis livré à un petit calcul d'arithmétique élémentaire. M. Rachline, à Fréjus, est élu avec 45,5% des suffrages exprimés, ce qui représente 17,5% de la population (100% - 54,5% (opposants) -28% (abstentionnistes)). Quant M. Ménard, à Béziers, il est élu avec 47% des suffrages exprimés, ce qui représente 15% de la population (100% -53% (opposants)-32% (abstentionnistes)). Voilà deux maires qui auront à dos, ipso facto, près de la 85% de leurs administrés! Et voilà où conduit l’abstention !
J’admets que pour ces petits calculs, je pars du principe que tous les partisans du FN se sont mobilisés. Je n'en ai pas la preuve, mais qui en doute? La haine ne s’essouffle jamais car là où l’amour comble, la haine creuse. Or, on le sait, les gouffres sont sans fond.
En Belgique, le vote est obligatoire. Une idée à suivre ?