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J’ai fini par trouver une place près de toi. Il a fallu que je m’affuble du masque de l’enfance et que je franchisse une petite porte couverte d’une végétation duveteuse. Depuis que j’ai achevé ma métamorphose, je ne ressens plus les privilèges de la chair et un profond silence s’est installé. Je n’entends rien, aucun murmure, aucun souffle, aucune pulsation, tout juste perçois-je une légère oscillation quand arrive la rosée du matin. Je ne me souviens plus des couleurs du jour et de la nuit. Seuls me reviennent en mémoire les reflets de cuivre qui t’enveloppaient quand tu regardais la mer au couchant. Des mains caressantes ont laissé quelques pointes de nacre sur ton corps et je me demande parfois si tu n’es pas le rêve d’un autre. Mais je ne veux pas me plaindre. Après tout, je ne suis pas si effacé que ça. Il me semble même que mon esprit ne se soit pas vraiment dissous dans la pierre et qu’il ait gardé suffisamment de vigueur pour venir t’effeuiller au fond du bois. Au fond, j’aime assez l’idée de ne plus jamais avoir sommeil.