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Pour son entrée en scène, Suzanne Alvarez, notre maîtresse de cérémonie, nous propose une escapade singulière : rien moins qu’une petite promenade du côté des cimetières de Nice à la rencontre d’hommes et de femmes illustres…
L’endroit de toutes les égalités.
Bien sûr, il y a celui du " Château " qui domine toute la ville, au-dessus de la Promenade des Anglais et dont on dit qu’il est l’un des plus beaux de France (au Monde disent les gens d’ici), et où j’aime flâner après avoir traversé le Vieux-Nice. Le grand portail à peine franchi, je vais toujours saluer en premier le romancier et père de Rouletabille, Gaston Leroux. Au détour d’une allée, je m’incline devant Léon Gambetta, homme politique français sous la Troisième République. Et puis, plus loin, beaucoup plus loin, je vais à la rencontre de René Goscinny que je trouve souvent en grande conversation avec Astérix et le Petit Nicolas.
J’aime bien aussi me balader dans celui de " Cimiez ", tout aussi illustre et monumental, où séjournent le peintre Henri Matisse et puis aussi Roger-Martin-du-Gard : Les Thibault vous connaissez, n’est-ce pas ?
Mais celui que je préfère se trouve à quelques rues de chez moi, et après une envolée de marches qui mène à la colline. J’ai découvert, un peu en retrait des agitations de la ville, cet endroit paisible, serré entre une église et un couvent, il y a un an de cela. Ce lieu, plein de charme et de sérénité, abrite quelques familles niçoises prestigieuses, comme le peintre Cyrille Besset ou Charles Delmas, le célèbre architecte. C’est un petit cimetière de campagne, le plus vieux de Nice : " Le cimetière Saint-Barthélemy ".
Dans la partie ancienne, au-dessus d’un petit escalier, j’étais tombée en arrêt, un jour, devant une modeste tombe sans entourage et quasiment abandonnée. C’était en octobre 2008, il me semble bien. Pas de socle, rien que des gravillons la recouvrent. Et sur la stèle de pierre, surmontée d’une simple croix, en pierre elle aussi, voici ce que j’ai lu : " Marie-Geneviève Laure La Poittevin de Maupassant- née à Rouen Seine Inférieure- le 28 septembre 1821-morte à Nice le 8 décembre 1903 ". Jugez de mon étonnement ! Moi qui ignorais que la mère à Guy de Maupassant était Niçoise. Cette passionnée de belles lettres parlant couramment l’anglais, et l’italien surtout, recevait souvent la visite de Gustave Flaubert. Juste à côté d’elle, Jean Behra, champion automobile des années 50 lui tient compagnie. Plus loin, en contrebas, se trouve la chapelle funéraire de la Comtesse Emmanuelle Potocka, une de ses maîtresses, la seule femme, après sa mère bien sûre, qui ait vraiment compté pour Guy de Maupassant, qu’il avait surnommée " Sa gamine " et à qui il écrivait : " Je t’aime, je te cherche. Je tiens encore ton ombre chaude dans mes bras. ".
Voilà, vous savez tout ou presque. Je suis retournée tout dernièrement dans ce petit cimetière de Saint-Barthélemy pour prendre cette photo, pour vous, amis nouvellistes, dont Maupassant est souvent la référence, mais également pour vous, amis poètes, puisque poète, il l’était aussi. C’était le 2 octobre. C’était la St Léger. Et il faisait si beau.