Café littéraire, philosophique et sociologique. Association culturelle dédiée à l'écriture dans tous ses arrangements et engagements : littérature, musique, théâtre, danse, peinture, photo, cinéma...
la poésie se donne à lire dans toutes ses différences. Elle est ce sixième sens qui nous habite tous et dont le souffle se porte à la rencontre de l'autre. Nous recevons aujourd'hui Cédric Mesas dont l'écriture poétique superpose une multitude d'images et de points de vue…
La main
De ma main s’ouvre les 5 doigts
Sans quoi, elle se referme à l’approche d’un sale coup, vas-y, installe-toi !
Le tracé se confond avec celui du zénith
Une minute dans la peau d’un zéphire balayant comme Zénon
Ma main, maître de ces moments
Le mimétisme la met à terre, du mental dans un métacarpe.
Travail à mon compte alors que j’ la dompte
Sa volupté m’incarcère, la volonté d’un incapable en fin d’compte.
Un quart d’heure pour se perdre dans ce carnet,
Marrez-vous de son air carré avec un ongle incarné !
Je dois faire jouer ma main, seule face à ce dernier soupir.
Si peu apeuré de ce surin, sûr d’un signe d’la part d’la nuit.
Je ne possède pas tout, à vrai dire je n’ai rien
sauf le rêve d’un jour meilleur bâti entre mes mains.
Seules à soutenir quand les migraines frappent
Est-ce pour cette excuse que j’ai décidé d’en faire un paragraphe ?
Reine de ma feuille, m’en fout de fuir ma faim
M’enferme dans une forme sans fond, c’est ce qui me rend plus fort,
Proche
De ton visage, elles te rassurent
Froide quand tu les quittes, imagine une ligne sans cassure.
Histoire d'une fille
Cette fille a croisé ma vie comme on traverse une pluie
Sous averse, le bruit qu’elle peut sabrer à la perse.
Visage marqué par ces étapes franchies
La ligne éternelle du ciel, pourra-t-elle la trancher ?
Long trajet vers sa trachée à mâcher des dragées
S’arrange-t-elle pour sortir de ce quotidien drastique ?
Pleure car se tient la santé à la boisson et noyé autant qu’un poisson
Le poison de ces missives que voici :
Une jeune femme laissée pour mémoire, à d’mi morte
Enlaçant ses enfants, articulant à demi mot :
"Vous êtes l’unique grand bonheur que j’ai connu
Nu sans homme au domicile, de nobles valeurs, j’ai promu.
Mais promet moi de ne pas te lasser, de passer
Ton chemin, quand tous mon foyer à construire j’ai pensé"
Dépensé à la lumière des sombres passages,
Un pas plus deux messages, il l’invite à des massages
Sa progéniture s’dénature, trouve un sens au mot mature
avant d’esquisser leurs premières ratures
S’inocule n’importe quelle fibre, elle recule et laisse le présent décidé de son livre
Son existence prend son sens à-travers ces doux cieux
Au désir, rien de judicieux pour garder la justice loin de ses yeux !
Pierre et bois habite cette poitrine
Un poids d’lettrine, une vitrine de sentiments moites, ma médecine
Je ne peux l’admettre, tu es seule face à ce grand rien !
Essaye de voir plus loin, même si tu penses te battre pour rien.
Cédric Mesas