Café littéraire, philosophique et sociologique. Association culturelle dédiée à l'écriture dans tous ses arrangements et engagements : littérature, musique, théâtre, danse, peinture, photo, cinéma...
Meï est exténuée.
Des nuits qu'elle ne sent pas le sommeil venir
Qu'elle se promène libre sous sa robe dans les jardins de l'Eden
Meï aime l’idée d’y retrouver un homme qui pourrait être son amant
Elle aime se sentir regardée par lui
Elle aime qu’on la voie être celle qu’un homme regarde
L’homme se mire dans une autre
Il la prend par la taille
Danse avec elle
Mange le rouge pourpré de ses lèvres
Et rit de cette chose en or qui éclaire son corps
Il lui plait de croire qu'il peut se marier partout
Meï pleure de voir cet air de bonheur qui ne tient dans rien
De ces baisers qui se perdent dans la terre mouillée
Elle pleure de ne pas savoir que faire de ça
de n'être avertie pour rien
de rester dans la somnolence du désir
Incapable de faire grandir le rêve qui donne la jouissance
L'homme s'en va sans voir
sans rien emporter d'elle
Pas même un instant de curiosité
Meï n'est que la forme invisible du ravissement
Une fiancée rappelée à la nuit
Avec un cœur inachevé