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Elle regarde droit devant. Son attention est fixée. La scène emplit son regard. Le cadre est simple, dégagé des enduits de lumières. L'ensemble est malgré tout trop impressif et la laisse perplexe. Elle cache en partie l'appareil qui doit surprendre la chose ou la personne vue. Elle s'interroge sur ce qu'elle voit comme s'il lui fallait en savoir plus avant d'opérer. Il y a probablement trop d'éléments parlants ou trop de détails qui lui font de l'effet. Peut-être se rend-elle compte qu'elle est elle-même observée, qu'elle est objet du regard de l'autre, si bien qu'elle finit par se demander pourquoi elle se trouve là postée dans l'encoignure d'un mur d'une rue passante.
Il se peut aussi que dans le déferlement des passages, elle ne représente rien d'autre que ce que tout le monde voit, une sorte de cliché qui n'interroge rien, ne provoque aucun émoi et ne renvoie qu'une sorte de zébrure un peu amère de la misère du monde. Elle ne sait rien dire de ce qu'elle découvre ou de ce qu'elle espère, et, à force de n'avoir dans le regard que le contour des choses, ce qu'elle entrevoit devient illusion. Une découpure supplétive de la réalité.