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Café littéraire, philosophique et sociologique. Association culturelle dédiée à l'écriture dans tous ses arrangements et engagements : littérature, musique, théâtre, danse, peinture, photo, cinéma...

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Circuit fermé

 

La solitude peut se décliner de multiples façons. On peut s’en plaindre, la redouter, la fuir, s’y abandonner, y aspirer ou même la revendiquer et en faire l’éloge.

Dans La grande vie, (nouvelle publiée dans la revue Subjectif en 1979 et rééditée à part entière cet automne) Jean-Pierre Martinet, aborde la question sous l’angle de l’exclusion et du retrait, et s’avance du côté d’une dérive fantasmatique comme mode de temporisation au repli définitif. Le narrateur de cette histoire se présente comme un homme diminué, un nabot égaré dans la multitude de l’espèce humaine, un être étriqué menant une vie étroitement ordonnée autour de son dérisoire pré carré dans le seul espoir de se faire oublier du monde. Ce rétrécissement proclamé de l’optique n’est pas sans effet sur un espace imaginaire en effervescence et ce petit homme, qui ne se sent pas à la hauteur pour rencontrer l’autre, en vient à entretenir une relation foncièrement libidinale avec le social, représenté ici par une concierge aux allures d’ogresse et en prise avec un trop-plein d’amour. Rendu à l’état d’homme-phallus, il tente de s’extraire de l’emprise du réel sexuel en proposant, entre deux engloutissements, la lecture de livres qui évoquent son mal à être. Vous verrez, c’est très beau. C’est l’histoire d’un homme seul. C’est notre histoire à tous. On pleure. Il en résultera une épouvantable humiliation ouvrant la voie à un délire que plus rien ni personne ne pourra contenir.

Jean-Pierre Martinet s’était résolu à vivre le moins possible pour souffrir le moins possible. Sombre pirouette qui le soustraira prématurément à la vie en 1993 à 49 ans. Il lèguera néanmoins à ses contemporains une poignée de livres d’une rare intensité.

La grande vie de Jean-Pierre Martinet aux Editions L’arbre vengeur, 58 pages, 9€

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D
A propos de solitude, un extrait du dernier recueil de nouvelles de Jean Vautrin :<br /> "La solitude est un drôle d'équipage. Un oubli de soi et du temps. Il faut savoir tenir bon."<br />  <br />  
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