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Café littéraire, philosophique et sociologique. Association culturelle dédiée à l'écriture dans tous ses arrangements et engagements : littérature, musique, théâtre, danse, peinture, photo, cinéma...

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Le clan des ogres


Alain Emery nouvelliste de talent, est en train de s'affirmer comme auteur de polars bien implanté dans le terroir (en l'occurrence les Côtes d'Armor). Jean-Claude Touray qui navigue à ses heures dans le 22, nous présente son dernier opus.


 Emery : Polar breton n°3, moteur…Non, pas encore, j’anticipe un peu, le film n’est pas pour tout de suite…L’actualité, c’est la publication du troisième polar " costarmoricain " d’Alain Emery : " Le clan des ogres " aux éditions " Astoure ". " Erquy sous les cendres ", le tout premier, était un " isolé ", les deux suivants sont les premiers éléments d’une série : " Les secrets d’Erquy " qui révèle d’abominables assassinats perpétrés peu après la fin de la seconde guerre mondiale dans la tranquille capitale de la noix de Saint-Jacques et les enquêtes menées, à l’époque, par la gendarmerie

Ces deux romans, rapportent des évènements qui se sont déroulés fin 1950 et début 1951. Ils font référence au même contexte socio-politique, aux mêmes paysages, et aux mêmes gendarmes, dirigés par le capitaine Henri Fabre (à propos, pourquoi ce nom d’entomologiste ?) mais sont totalement indépendants : dans " Le bourreau des landes ", c’est Monnier, l’ordonnance du pitaine, qui joue le " je ", tandis que dans " Le clan des ogres ", c’est le brigadier Craspin, un Cévenol à la souplesse de sauvagine, l’homme à la moto, (une Magnat-Debon s’il vous plait) qui est à la fois le " Sancho Pança " du chevaleresque héros et son " Froissart " ou son " Joinville ".

L’histoire racontée dans " Le Clan… " est à multiples rebonds, sous le triple effet du hasard, de la nécessité et de l’intuition de Fabre qui ne s’en laisse pas conter, même par un juge d’instruction. On arrive cependant, de cadavre en révélation, à suivre sans trop de peine le scénario jusqu’à un final très enlevé où des politicards locaux en prennent pour leur grade.

Le héros, gendarme et cavalier, très " cadre noir ", tout en restant l’inflexible référence morale du roman, a un comportement nuancé : il fréquente, pour les besoins de l’histoire une franche canaille, interdit de séjour à Paris et replié sur Saint-Malo, mais c’est un ancien camarade de la Résistance.

La description des personnages est toujours une réussite. Exemple : " Il avait cet air sournois qu’ont les chiens maigres " puis une phrase pour les cheveux, trois lignes pour les yeux et le taulier d’un hôtel borgne est campé, avec sa tête d’assassin, derrière son comptoir. Quant à " La Grive ", avec son teint d’aubergine et son haleine de roussette, il avait de quoi en écœurer plus d’une. Le capitaine Bataille, lui, " avec son museau en pointe, ses dents en avant et ses petits yeux noirs, avait tout du ragondin "

Roman d’aventures plus que polar psychologique, " Le clan des ogres ", 192 pages, 8€, est un livre plaisant, aussi agréable à lire que les précédents " policiers bretons " d’Alain Emery.

Pour commander l’ouvrage, s’adresser à l’éditeur : http://www.astoure.fr/Emery.html

Ou à l’auteur si l’on souhaite une dédicace : alain.emery@tele2.fr 

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A
Je ne sais pas si je me fais un nom dans le polar mais je me fais surtout plaisir. Et s'il est partagé, tant mieux. Un grand merci à Jean-Claude pour cet article pour le moins élogieux et à tous pour votre soutien quotidien...Que dire de plus? J'essaierai de faire mieux la prochaine fois...Merci et bonne lecture.
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F
Je ne peux qu'adhérer: un pur délice breton ; à mettre au rang du kouign amann ou des galettes de blé noire, du terroir haut en couleur.
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Y
Je confirme la critique très juste de Jean Claude et j'ajoute (une femme ajoute toujours son grain de sel) que les descriptions de la terre bretonne sont aussi percutantes et savoureuses que celles des personnages qu'Alain décrit. C'est important, aussi, de savoir décrire le "pays" dans lequel on vit et Alain s'y entend pour vous faire vivre le décor. 
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M
Emballée, c'est pesé, je viens d'acheter!
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D
Excellente critique, maître Touray, pour un savoureux polar! Quant à l'art du portrait chez Alain Emery, les bras m'en tombent à chaque lecture! Point besoin de grands discours: une phrase, une métaphore et le bonhomme (ou la femme) est là, devant nous!
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