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Ysiad ouvre une nouvelle discussion sur LA Crise… On peut venir en parler au comptoir, en terrasse, en salle, voire en arrière-salle ou encore dans la rue quand le café sera plein… On peut laisser un commentaire bien sûr mais aussi proposer un texte, une photo, une chanson… Profitez-en, c’est la crise…
Que de chiffres, mes agneaux ! Une invasion ! Il en pleut de partout. Pire qu’un ban de sauterelles ! Commençons par la population mondiale. Il suffit d’interroger Google pour apprendre que le mardi 14 octobre 2008, à 11 heures et 36 secondes, (heure du pôle), nous étions la bagatelle de 6 732 534 193 à vivre sur la planète.
C’est beaucoup.
Ce que le site de la population mondiale ne mentionne pas, c’est le nombre de pauvres. Il faut aller sur celui de la banque mondiale pour apprendre, en cherchant bien, que trois milliards d’individus vivent avec moins de deux dollars par jour, qu’un milliard cinq cents millions vivent avec moins d’un dollar par jour, que deux cents millions vivent dans la famine et cent cinquante millions n’ont jamais eu la chance d’aller à l’école.
J’oubliais les chiffres de la crise. Pas besoin d’aller sur Google pour les attraper. Il en arrive tous les jours tous azimuts.
De plus en plus gros, de plus en plus lourds.
De plus en plus démesurés.
La crise financière est très vorace. Elle en veut toujours plus. Elle étend ses tentacules. Millions, milliards. Les Etats crachent. Le krach est là, énorme et noir, croquant l’Islande toute crue. Ça balise pas mal dans les hautes sphères. 1929 revient au galop. Tout le monde sur le pont, il n’y a pas une minute à perdre. Le G7 se réunit. Il faut du flouze, beaucoup de flouze pour renflouer les banques européennes gangrenées par les créances pourries. Tout ça, la faute à qui ? A la grande dérégulation. Aux spéculateurs pleins aux as. A la titrisation à tour de bras. Aux tours de passe-passe des as de la finance. A tous les abus commis depuis trente ans. Aux dérives du système libéral. Et que je te refile un peu de dette enveloppée dans du papier cadeau avec un gros effet de levier garanti… par qui ?
Par les Etats, pardi.
1 700 milliards d’euros casqués par l’Europe pour boucher les fissures. Boum. Crac. Au final, qui va payer ? Ah non. Rejeté. C’est une question qui pue. On verra ça plus tard.
L’Islande est sur la paille. A qui le tour ? Encore une question qui pue. Enfin. Concentrons-nous sur autre chose. Tiens, les marchés repartent à la hausse. Regardez comme c’est joli, ces cours qui s’envolent comme autant de petites bulles pressées de rejoindre les cieux du profit ! Tout est permis dans un marché dérégulé. Merveilleux. Et devinez à qui profite la crise ? A des hors-la-loi qui s’en mettent plein les fouilles en faisant fi de l’interdiction de vendre à découvert. De gros et gras spéculateurs sauvages qui se foutent de tout et continuent de parier sur la baisse des cours devant leurs écrans en pensant au caviar qu’ils vont s’enfiler à la louche en ricanant sur la misère humaine.
Un certain Simon Cawkwell raconte dans la presse du 14 octobre qu’il a empoché mercredi dernier 250 000 livres non imposables en moins d’une heure. Cawkwell en quelques chiffres ? 61 ans. 150 kilos de cupidité. 3,3 millions de livres engrangés en 2002.
Et il s’en flatte.
Ysiad