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Photo Ernest J. Brooms
Pourquoi ne pas prolonger la nuit blanche de Corinne Jeanson avec un nouvel hommage au tango ? Ernest J. Brooms entre en scène.
La tristesse danse
Ton tango tangue mes mots chagrin, cambre leurs reins. Mes sons tragiques gainés de soie tremblent ta musique. Et la tristesse danse.
C'est Buenos Aires, le Rio de la Plata, quand sur tes airs, ondule la fille de joie ; costume rayé, cheveux noirs et gomina. Regard de velours, l'homme joue la femme, front contre front, jambe entre jambes... et le corps chante le désir, le respire, s'unit à l'autre, au grand écart du bandonéon. Au grand désespoir des dévots et des faux pudiques. Danse la tristesse, danse !
Tu quittes Medellin, retour au pays, ton avion explose ! Une larme dans la gorge, tu chantais hier encore l’impossible retour !
Mais chaque jour et toutes les nuits, tu chantes mieux. Tu vis ici, hantes nos espoirs et nos amours. Au cimetière de Chacarita, tu fais sourire la douleur des femmes. Elles fleurissent ta boutonnière, fredonnent " Silencio " et, entre tes doigts de bronze, glissent une cigarette allumée qui fumera toujours entre mes mots, Gardel, Carlos Gardel.