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Un début en chanson pour cette semaine anniversaire avec Jean-Paul Lamy comme parolier.
Note de l’auteur : ce texte a été écrit pour être mis en musique (il l’a été), et pour lequel je n’ai pas hésité à élider (et à remplacer par des apostrophes) des " e " normalement muets mais auxquels la poésie rend la parole.
Où sont-ils donc partis ?…
Où sont-ils donc partis, les héros d’autrefois
Qui tous savaient si bien me fair’ rêver, enfant ?
J’ai beau tourner les pages, ils ne sont jamais là,
N’ont-ils pas eu le temps de crier : " Gare au temps " ?
Petit Prince a grandi, ses cheveux sont moins blonds,
Il demande à sa femme : " Cuisin’-moi un mouton ".
Meaulnes, dans le Berry, agent immobilier,
Emmène ses clients sur des parcours fléchés.
La bretell’ d’autorout’ mène au château de rêve
Où, tous les soirs d’été, il y a " son et lumière ",
Au rayon " souvenirs ", on trouve de faux glaives,
La boutique est tenue par les Trois Mousquetaires.
A la cour de Madrid, un vieux sournois intrigue,
Il eut son heur’ de gloire, autrefois, ce Rodrigue.
Après bien des grossess’s, sa Chimène trop mûre
S’empiffre de loukoums et fait des confitures.
Blanche-Neige, aujourd’hui, ressemble à la sorcière,
Barbe-Bleue, au régim’, craint le cholestérol,
Les vieux loups édentés n’aval’nt plus les grands-mères,
Les carrosses des princ’s fonctionnent au gazole.
Croc-Blanc est dans sa niche et mange des croquettes.
CNN retransmet le choc de Waterloo,
Et, devant sa télé, couché sous une couette,
Un vieil homme regard’, c’est Fabric’ del Dongo.
Vendredi, le sauvage, Robinson Crusoë
Publient un nouveau livr’, passent à la télé,
D’une crème solair’, font la publicité,
Et disent leur bonheur de s’être enfin pacsés.
Ont-ils tous déserté la " Bibliothèqu’ Verte " ?
Ont-ils, au fil des ans, tous couru à leur perte ?
Rien qu’une fois, rien qu’un’, je veux les retrouver,
Je voudrais tant pouvoir encor m’émerveiller.
Où sont-ils donc partis, les héros d’autrefois
Qui tous savaient si bien me fair’ rêver, enfant ?
J’ai beau tourner les pages, ils ne sont jamais là,
Ils n’ont pas eu le temps de crier : " Gare au temps ! "