Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Café littéraire, philosophique et sociologique. Association culturelle dédiée à l'écriture dans tous ses arrangements et engagements : littérature, musique, théâtre, danse, peinture, photo, cinéma...

Publicité

A vrai dire


vrai-dire-image.jpg









Ce matin, en lisant le Libé d’hier, je nous ai imaginés, nous coutumiers des journaux et des livres, pris dans une sorte de boîte noire, réduits à l’état de lilliputiens cherchant indéfiniment à nous souvenir de ce que nous avions été, à nous demander si nous avions eu un jour la capacité à percevoir ce qui nous différenciait les uns et les autres, s’il nous était arrivé de nous parler chacun à notre façon, de dire et d’écrire des mots dont nous en comprenions le sens, ou si définitivement diminués nous n’étions plus qu’une communauté d’êtres uniformes sans histoire et sans raison.

Et puis tout bien pesé il m’a semblé qu’il n’y avait là rien de conséquent, rien de mystérieux non plus, tout juste un soupçon de conscience qui nous effleure au décours d’une lecture…de Libé par exemple... 

 

" Ce pourrait être un acte d’héroïsme minuscule, invisible, inutile sans doute. Passer devant un kiosque à journaux empli, débordant de lui. Sa photo souriante ou songeuse, son système, ses amis, ses enfants, l’insondable mystère de son épouse, ses secrets, ses bassesses, sa vulgarité, ses élans, ses bonbons, ses bourrelets retouchés au Photoshop, ses états d’âme, sa recueilleuse d’états d’âme, les états d’âme de sa recueilleuse d’états d’âme. Se planter là, devant le kiosque à journaux. Tendre la main. Et décider, simplement, pour soi tout seul, au nom du peuple souverain dont on est une parcelle indivisible, d’exercer son droit de rétractation. Pouce ! Chercher dans l’océan de la tentation unique, le seul journal, le seul hebdo, la seule feuille garantis sans Sarkozy. Se diriger vers la caisse, le front haut. Et, ayant décidé qu’il ne passerait pas par soi, ne lire, toute l’année, contre vents et marées, que ce journal-là. Ce serait un combat insensé et sublime. Et totalement inutile. Car c’est ainsi. … "

Daniel Schneidermann dans les Rebonds de Libération du 24 août 2007.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
Réflexion d'une Corse après le passage de Sarkozy en hélico : il nous dit de travailler plus mais quand il arrive il nous empêche de travailler avec tous ces embouteillages et ces rues barrées.La vérité ne sort pas seulement de la bouche des enfants.EBN. Eh ben non.
Répondre
D
Il est aussi permis de faire un geste bien senti devant le kiosque à journaux, ça fait du bien parfois, ça soulage, on prend le métro d'un pas plus gaillard ensuite, essayez, vous verrez. 4SE. Et pan dans le pif.
Répondre
D
Il est toujours permis de rêver de ce journal-là, c'est si bon de rêver!
Répondre
F
Un journal qui ne parlerait pas de lui ? Mouais, c'est pas gagné...
Répondre