Il a traversé la ville à trop vive allure. Il n'a pas prêté suffisamment attention au passage des portes et il se retrouve perdu au beau milieu d'un champ de miroirs calcifiés. Des ombres tressées par le soleil lui font lever la tête mais il ne veut pas vraiment regarder. Ses yeux se sont trop souvent fourvoyés depuis l'explosion et il préfère les laisser courrir d'un carré à l'autre en essayant de repérer des signes d'une réalité tangible. Quelques contours lui semblent familiers mais il craint que les lignes ne se déplacent en même temps que son regard. Il se dit qu'il y a pourtant toujours un ordre des choses et que rien ne peut rester indéfiniment hors d'une géométrie constituée. Seulement voilà, il ne se sent pas de taille à donner un air vraisemblable à ce qu'il voit. La solution serait peut-être qu'il descende tout simplement de la voiture et qu'il aille au hasard en fermant les yeux. Après tout, c'est comme cela, à tâtons, qu'on se déplaçait avant...