Café littéraire, philosophique et sociologique. Association culturelle dédiée à l'écriture dans tous ses arrangements et engagements : littérature, musique, théâtre, danse, peinture, photo, cinéma...
Sylvie Dubin vient de recevoir le prix de la Nouvelle d'Angers pour son premier recueil publié aux éditions Siloë. Au café, on la connaît un petit peu Sylvie, pour avoir été primée deux années de suite au concours Calipso ; du coup, elle a traversé deux fois le pays pour simplement venir parler de deux ou trois choses qui lui tiennent à cœur et profiter de l'événement pour se retrouver, le temps d'une soirée, dans un petit coin de lumière au pied de la belle Chartreuse.
C'est qu'elle est prête à tout Sylvie (enfin presque) pour sortir des sentiers battus, se laisser dérouter, attraper ça et là un mot, une expression, éprouver l'inclinaison d'un regard, prêter l'oreille à un chuchotis, effleurer une anguille sous roche… bref, entretenir une poignante affection pour les multiples bruits qui font la vie…
En écrivant, il est possible de rectifier les destins, dit-elle, et c'est bien parce qu'avant tout elle écoute qu'elle peut voir au-delà des apparences. Les mots parfois, c'est quand ils manquent qu'ils font mal, dit-elle encore, et c'est sans doute pour cela qu'elle offre à ses personnages - des femmes apparemment sans histoires - autant de mots difficiles à convoquer. L'absence, la violence, le rejet sont tapis derrière la lourde toile où sont brodées les armes de la famille. alors bien sûr on comprend qu'elle se familiarise avec les questions de filiation, les affaires de couples, les douleurs rentrées, ces froissements surpris à la tombée du jour et qui reviennent inopinément dans la blanche intimité de la nuit.
Les histoires reconstruites par Sylvie Dubin sont marquées par la rupture. Elle ne dissout pas ses héroïnes dans les sombres évènements de la vie, elle leur prête une voix qui réveille des désirs, met en mouvement les corps, brise le miroir de la résignation. La nouvelle intitulée "Marie-Louise F." en est certainement le plus beau témoignage.Selon elles, de Sylvie Dubin aux édtions Silooë, 78 pages, 10€