Café littéraire, philosophique et sociologique. Association culturelle dédiée à l'écriture dans tous ses arrangements et engagements : littérature, musique, théâtre, danse, peinture, photo, cinéma...
Le mot de Désirée Boillot
Entre chien et loup, mon cœur balance
Je passe au café pour tirer mon chapeau à tous les valeureux auteurs qui se sont risqués à écrire entre chien et loup. Voici que pour la première fois, je me retrouvais de l’autre côté de la barrière, et je me faisais l’effet d’une bergère qui aurait à choisir les meilleurs moutons du troupeau. Il n’y a de meilleur mouton que pour soi. Il faut le savoir. L’autre berger trouvera à ce mouton-là plus de chair, à cet autre plus de tendreté, à cet autre encore une meilleure laine. Regarde mon mouton, comme il est docile et doux ! – Et le mien ! Regarde moi cette charpente et comme il est planté !…
Il y aurait autant d’avis différents que de variétés de style, si les réunions d’harmonisation n’étaient là pour rassembler les bergers et les bergères. Encore faut-il que ces réunions soient organisées avec souplesse et qu’elles permettent de "lâcher du lest": l’expression n’est pas de moi mais de Patrick L’Ecolier, le maître d’œuvre du concours. Je voudrais le remercier.
Je remercie également tous les participants pour ces moments de lecture.
Le mot de Françoise Bouchet
Lancée comme une bouteille à la mer
Ouverte à la lecture
Une nouvelle nue
Parmi tant d’autres
Concourt intimidée,
Hésite entre chien et loup
Insiste, s’insinue,
Envoûte cinq jurés de ses atours
Nouvelle primée,
Mais laquelle ? Suspens…
Le mot de Laurence Marconi
Cet été, nous avons beaucoup lu. Entre chien et loup, dans la clarté timide de l’aube ou peu avant la débâcle du jour, aux heures gorgées de lumière ou dans la quiétude de la nuit, il s’agissait de frontières, de personnages funambules en équilibre entre deux mondes. Vous nous avez parlé de ces hommes et de ces femmes qui vivent dans la marge, de l’autre côté de la ligne rouge, si fragiles, si démunis que le souffle de l’indifférence suffit à les gommer de la page; de ces êtres plus tout à fait humains mais pas encore tout à fait bêtes, de ces loups-garous pour qui la lune est pleine chaque nuit; de ces destins qui se brisent dès la première morsure des ténèbres, de ces proies trop faciles et tendres sous la dent, de ces courants de vie qui nous portent et nous chahutent, de ces instants où tout bascule.
Pour ces larmes et ces sourires, ces virgules et ces soupirs qui ont ponctué notre été, soyez tous remerciés.
Le mot de Patrick Denys
Juillet-août entre chiens et loups ... Le va et vient des incertitudes à la lecture des 115 propositions. L'ombre et la lumière!
Des surprises parfois ou de l'étonnement ; de l'émotion aussi, souvent à fleur de peau, entre les lignes ; et de la colère pour les justes causes, de la poésie ou de l'humour...
Difficile de partager tout cela avec le même regard, mais c'était la richesse - et pour moi la découverte - de cette expérience "plurielle". Merci aux auteurs et merci à Calipso pour toutes ces ouvertures.
Le palmarès
1 Théa des Coulmes, Jean-Paul Coutelier (Belgique)
2 Les anonymes, Jacqueline Dewerdt-Ogil (Pas de Calais)
3 Eurydice sur le quai, Sylvie Dubin (Maine et Loire)
4 Aux aguets, Isabelle Guilloteau (Côte d'Armor) et Christophe Esmault (Eure et Loire)
5 Un loup pour l'homme, Sophie Etienbled (Seine Maritime)
6 Un chien pour l'homme, Sylvette Heurtel (Ille et Vilaine)
6 La course aux étoiles, Maryse Vannier (Hauts de Seine)
8 Balade entre chien et loup, Carole Exbrayat (Isère)
8 Loup, y es-tu ? André Fanet, (Côte d'Or)
10 La chute lente du jour, Jean-Paul Vialard (Lot et garonne)
11 Canons à louer, Christian Jacques (Hauts de Seine)
12 Moi, S, tête de serpent, Benoit Camus (Hauts de Seine)