Café littéraire, philosophique et sociologique. Association culturelle dédiée à l'écriture dans tous ses arrangements et engagements : littérature, musique, théâtre, danse, peinture, photo, cinéma...

Si lire c’est être poussé par le désir d’une connaissance des êtres et des choses, écrire pourrait être l’art de contempler ces choses et ces êtres qui sont en nous, à la fois effacés et vivaces, éparpillés, morcelés, transfigurés, bref à s’illusionner sur ce que nous sommes. Quelle sorte de mémoire est attachée à l’écriture ? Qu’est-ce que les écrits viennent débusquer, expulser, glorifier, éliminer de nous-mêmes ? Que viennent confier en définitive ces mots arrachés au passé ? Quelle sorte d’espace occupent-ils ? Celui de l’autre possible ou de l’autre hostile ? Est-ce l’annonce d’un changement ou d’un enfermement ? D’une relation au monde devenue hasardeuse ? Pourquoi ce bouleversement subit dans le regard des proches ?
Ecrire, est-ce chercher à attraper au vol l’imprévu qui se montre pour créer un objet sentimental ou est-ce vouloir réinventer sa vie pour en faire quelque chose d’aussi intéressant qu’un roman ?
Qu’attend donc le narrateur si ce n’est d’être, sous le masque, quelqu’un de désirable ?
A quoi penses-tu, mon chéri ? vient dire une petite voix dans l’ombre de l’intimité. La question fait penser à l’absence et à une demande d’amour mais également, en dissipant le rêve et l’inexplicable battement du cœur, à l’opportunité d’entrer dans la fiction. Que dit l’écrivain de ce qui lui est venu à l’esprit à ce moment là ? Restera-t-il confiné dans la solitude de l’écrit ou se saisira-t-il de ses pérégrinations intérieures pour s’enhardir du côté de la parole ?
Qu’écrirez-vous donc ce soir ? Une page de journal intime, d’autobiographie ou d’autofiction ?
Les écritures du Moi, hors série du Magasine Littéraire
mars-avril 2007, 6,40€