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Café littéraire, philosophique et sociologique. Association culturelle dédiée à l'écriture dans tous ses arrangements et engagements : littérature, musique, théâtre, danse, peinture, photo, cinéma...

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Pénitences

 

Un polar à lire en cinquante deux minutes formaté comme une série américaine mais avec ce supplément d’impertinence qui fait " la french touch " : voilà le produit livré par le chef de file de la collection Suite Noire. Tout le folklore y est ou presque. Le titre d’abord, détourné comme il se doit d’un succès du genre (le petit bleu de la côte ouest) ; le héros, un journaleux amateur de rock, modelé dans la variété dur au cœur tendre qui ne s’en laisse pas conter (côté Manchette) ; des seconds couteaux puisés dans un panel de marginaux en déliquescence ; une femme pourvue de tous les apparats de la fatalité ; des accessoires brocantés dans un vide grenier ; des pandores qui forcément ne finassent pas ; un prélat victime de sa libido ; un décor brossé aux couleurs vieille France ; des dialogues estampillés guignols ; de la violence menée tambour battant (se dire qu’il n’y a que le premier coup qui fait mal) ; du sexe honoré sous la douche (elle lui prend le cadum des mains et, en l’embrassant, se met à le laver) ; des questions existentielles dégrossies au kärcher (il comprenait tout à coup qu’il était quelqu’un qui devait rester à sa place) et enfin un scénario planplan emballé vite fait dans une langue polardeuse plus tape-à-l’œil que tapageuse avec au bout du compte l’idée que le genre populaire se doit de flatter les atavismes. Résultat : un petit bouquin tout en bluff, sans épaisseur et sans souffle. Mais il est vrai que l’auteur se revendique du côté railleur tendance émancipé et veut être considéré comme un " styliste pusillanime ". Ceci dit, on sourit à l’occasion et on ressent quelques picotements dans les jambes à l’évocation d'un bon vieux rock des années fastes. Bref, un polar à la petite semaine à gratter un jour de coup de pompe.

Le petit bluff de l’alcootest de Jean-Bernard Pouy aux Editions La Branche, 93 pages, 10€

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A
Et si le polar n'était que distraction de toute manière? Et si c'étaient les critiques, qui voudraient bien en faire autre chose, parce que c'est tout de même un monde d'hommes, le polar, peu importe que les femmes l'écrivent de mieux en mieux, c'est un monde viril, donc une lecture d'hommes, avouable par des hommes, mais attention, à l'expresse condition de bien se dédouaner de cette distraction un peu féminisée qu'est la lecture sous de grands prétextes de politique, d'anarchisme, d'engagement, d'actualité et de dénonciation?A pessimiste, pessimiste et demie, on le voit, je suis pascalienne, ce matin et convaincue que tout, et même la littérature, tous genres confondus, n'est que divertissement... Si ce Pouy est décevant, n'est-ce pas plutôt qu'en matière de littérature, sous-genre polar, il n'inventerait rien, mais utilise des recettes, en tout cas, c'est l'impression qu'en a eu Patrick, à en croire son excellent article, et ce ne serait peut-être pas l'impression qu'en aurait un autre lecteur, moins chevronné et assidu dans la lecture des polars? ...
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D
j'aurais pu avoir l'occasion de rencontrer ce fameux bernard pouy lors d'une remise des prix mais elle m'est passée sous le nez tout comme le prix, j'ai lu pour l'instant de lui une nouvelle dans un recueil noir, à côté d'une autre de Daenincks, que j'avais fort apprécié. En tout cas à lire Patrick on a envie d'acheter le bouquin, c'est sûr.
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F
Quelle critique, Patrick ! Ca fait envie ! :-)
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P
D'accord avec toi Stéphane. Le label noir (versus anar) ne sert bien souvent qu'à faire croire que l'on a quelque chose à dire.
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S
Le polar français se voudrait majeur, mais il n'y a guère que Manchette ou Villard pour pouvoir prétendre l'être vraiment. Et de vieux briscards comme José Giovanni ou Jean Amila. Le reste, et particulièrement ce néo-polar insupportable de bien pensance sous ses faux airs anar, n'est rien. Et il est encore moins que cela lorsqu'on le compare aux américains ou aux italiens - pour ne citer qu'eux...
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