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A l’automne dernier, Falaises, d’Olivier Adam, rayonnait en librairie. La critique s’en était mêlée ; enthousiastes, septiques ou blasés, les articles en faisait un des romans incontournables de la rentrée littéraire, figurant même dans la liste des nominations pour le Goncourt.
C’est le printemps aujourd’hui, et depuis longtemps déjà le livre est oublié, enseveli sous des centaines - des milliers – d’ouvrages que le marché insatiable de l’édition nous donne à dévorer.
Et pourtant, comme pour beaucoup d’œuvres conçues dans la douleur, il est nécessaire de s’y replonger encore et encore, de le proposer à la lecture, de l’offrir un jour de mai ou un soir d’hiver, histoire de se dire que le passé dure autant que l’avenir. Car Falaises pose la question de la survivance à la perte brutale du lien à l’autre et du nécessaire travail de reconquête du désir. L’auteur navigue dans les dédales d’un passé fait de souffrances et de renoncements pour mieux recouvrer un présent qui lui échappe. Il déborde d’une envie farouche de comprendre ce qu’il en est de sa tragédie tout en invitant le lecteur à partager avec lui cette impérieuse nécessité pour l’homme d’appartenir au monde, totalement.
" Ici la nuit est profonde et noire comme le monde. De l’autre côté des baies vitrées, séparée du dehors et des falaises, protégée du bruit de la mer et de la compagnie des oiseaux, Claire dort et qui sait où nous allons. "
Falaises, roman d’Olivier ADAM, aux éditions de l’Olivier, septembre 2005