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Aujourd’hui, pour le spécial 400 du café, Jean Calbrix nous propose un poème qui dénonce les horreurs de la guerre. Son héros, Tarak, fait partie de ces victimes taxées de terroriste, sacrifiées au nom d’intérêts capitalistes.
Tarak
Tarak est pendu là, sans bras, tripes à l'air,
Sur le tronc du grand cèdre est écrit "terroriste",
Sa ferme n'est pas loin tout au bout de la piste,
Il cultivait le mil et tissait le mohair.
Par un soir de printemps, il vit dans le ciel clair,
Bondir des fleurs de feu, cadeau capitaliste,
Dessinant dans l'azur des voiles de batiste
Et tuant sur le sol trois enfants de sa chair.
Plus tard, sur les hauteurs, surgit la soldatesque
Traquant les résistants, déploiement titanesque.
Sous les tirs sont tombés sa femme et son cousin.
Alors l'esprit perdu, le cœur en cale sèche,
Le corps ceint d'explosifs, dans un hameau voisin
Près d'une garnison, il alluma la mèche.