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La nouvelle est écrite depuis belle lurette. La grande enveloppe traîne sur le bureau. Pas encore cachetée. En souffrance pour ainsi dire. Il ne se résout pas à l’expédier. Parfois, il ressort un feuillet, le parcourt avec précaution. Il a presque l’impression de deviner les mots, de respirer ses pensées, d’entendre ce qu’il n’a pas osé. Il pense à tous ces instants où il triturait ses méninges à la recherche du meilleur angle d’attaque. Il pense à toutes ces choses diffuses qu’il aurait aimé rassembler en deux ou trois paragraphes. Il pense à ces idées bizarres venues de l’intérieur et qui lui assombrissent le visage, à ces visions qui lui font tourner la tête, à ces élans d’amour qui l’ont laissé exténué. Il pense au bruit que ses tournures feront si jamais il était distingué et lu. Il pense aussi à ce personnage qui ne tient pas tout à fait la route et à cette dernière phrase qui le fera peut-être chuter. Il pense à l’inquiétude qui le prendra chaque matin en ouvrant sa boîte aux lettres. La tentation est grande de tout reprendre à zéro. C’est toujours comme ça. Reprendre dans l’idée d’aller jusqu’au bout des choses. Au risque de la douleur. De toutes façons, le soir est arrivé. Il a toute la nuit devant lui pour se refaire. Aux premières lueurs du jour, il en aura terminé. A moins qu’il ne se dise une nouvelle fois ce n’est pas encore ça…
En fait, il dispose d’encore quarante quatre jours. Quarante quatre ! C’est le 16 juillet 2007 que le concours de nouvelles Calipso 2007 " Sens dessus dessous " sera clos.