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13 mai 2006 6 13 /05 /mai /2006 17:14

 

La retraite … ça marche !

par Marie-Thérèse JACQUET

 

" En 1999, Bernard Ollivier – 62 ans sonnés – est parti d’Istanbul, sac au dos, avec la ferme intention de gagner à pied, Xi Ang en Chine : 12000 kilomètres au long de la légendaire Route de la Soie ".

Ainsi est présenté en quatrième de couverture l’exploit de ce Normand, journaliste à la retraite. Homme pudique, (allusion très brève à un récent veuvage, Bernard Ollivier nous fait partager avec un humour d’une impudeur bien contrôlée, les réactions de son organisme lorsqu’il affronte les rigueurs climatiques, les conditions extrêmes des déserts ou des tunnels routiers, véritables chambres à gaz pour le piéton contraint de les emprunter. La turista le jette dans les fossés, les amibes mettent fin au premier tronçon de sa randonnée à la frontière de l’Iran.

Il brave les serpents, les scorpions, la vodka que certains de ses hôtes avalent par bouteilles entières dans les régions autrefois sous gouverne de l’URSS. La soif (il boit douze litres d’eau par jour sans pisser par cinquante cinq degrés dans l’affreux désert du Karakum), les voleurs (de faux ou de vrais policiers), des mollahs proxénètes, la crasse de certaines gargotes, le gaspillage de l’eau dans les régions où elle est si précieuse mais où les plombiers ne connaissent rien à la plomberie. Il s’en indigne parfois et puis il en rit : il s’adapte. Sueur amalgamée en croûte avec le sable et la poussière lui confectionne une carapace qui le rend méconnaissable. Alors bonheur de la douche ou du bain dans une rivière limoneuse !

Et puis quand la peur tombe, quand les amitiés se nouent sous une treille, dans un modeste logis, quand la communication s’établit avec les jeunes, les paysans, les chauffeurs de poids lourds, les artisans, quand se lève le soleil sur la désolation des sables, Bernard Ollivier nous conte le bonheur d’être homme parmi ses semblables sur ce continent qui connaît depuis toujours la violence des hommes et de la nature mais aussi la beauté des femmes et des roses.

Ce grand marcheur déchiffre pas à pas l’histoire de pays que le temps n’a pas ménagés. Et sincèrement affirme les valeurs de que l’Occident mais bafoue trop souvent. L’hypocrisie de certains responsables qu’ils soient religieux, politiques ou policiers est un travers de tous les temps, de tous les pays, la terreur, un mode de gouvernement particulièrement sensible en Iran où les boîtes de dénonciation sont plus grosses que celles destinées au courrier.

Une lecture qui donne du nerf aux jambes.

 

Aux éditions Phébus : " La longue marche "

 :

de Bernard Ollivier en trois volumes :

" Anatolie ", " vers Samarcande ", " Le vent des steppes "

 

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26 avril 2006 3 26 /04 /avril /2006 15:56

 

 

" Court, noir, sans sucre "

rassemble treize nouvelles d’Emmanuelle URIEN.

 

Euthanasie, couperets, disparitions, enfermements, mutilations, absences, impasses, sont au menu de ces histoires de révoltes et de renoncements écrites sur le fil du rasoir.

Treize nouvelles à la fois simples et brutales. Treize nouvelles qui ont le goût de l’amertume, de la colère et du défi. Treize nouvelles qui laissent le lecteur pantelant : bouleversé, subjugué, assombri, on ne sait plus trop à la fin. On aurait parfois besoin d’un petit sucre pour accompagner le noir mais ce ne serait qu’espérer rejeter loin de soi cette cruauté, ce désespoir ou ces égarements qui animent les personnages. Hommes, femmes ou enfants sont tous de fieffés obstinés, captifs de la vie et défiant la mort sans répit. Une mort toujours présente, tapie dans l’intimité de notre être, à l’affût d’une âme à prendre. On est tenu en haleine jusqu’à la chute finale qui finalement ne nous surprend guère tant l’auteure sait parfaitement ajuster ses engrenages et nous préparer ainsi au renoncement de toute illusion.

A lire sous un rayon de soleil.

 

Publié en décembre 2005 par les éditions L’être minuscule, 118 pages, 11 €.

 

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24 avril 2006 1 24 /04 /avril /2006 18:40

 

Dans le cadre d'un programme de sensibilisation à la nouvelle, les bibliothèques des villes de Bray-Dunes, de Dunkerque, de Grand-Fort-Philippe, de Gravelines, de Leffrinckouque et la Bibliothèque de l'Université du Littoral Côte d'Opale, organisent un concours de nouvelles.

Ce concours est gratuit et ouvert à tous jusqu'au 31 août 2006. Les moins de quinze ans concourront au sein d'un groupe encadré par un adulte. Le thème de cette édition est " Escale(s) en ville(s) " Les nouvelles comprendront obligatoirement un jeu de mots dans le titre et compteront 5000 mots au maximum. Chargé de sélectionner les nouvelles primées dans chaque catégorie, le jury est placé sous la présidence de l'écrivain Philippe Delepierre.

Pour obtenir le règlement complet et pour tout renseignement, vous pouvez contacter Andrzej Bilecki, à la Médiathèque de Bray-Dunes ( tél: 03 28 28 94 99)

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