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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 09:31

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Même en l'absence du barman il y a toujours de quoi déguster un petit noir sur le zinc. Et puis il y a toujours quelqu'un de sympathique pour faire un brin de causette. Aujourd'hui Claude Romashov vous présente ...

 

ANGELIQUE

 

Elle a les mains rouges, de grandes mains rustiques, faites pour le travail manuel. Ces mains terminent des bras ronds et forts. Elles s’activent dès l’aube, rapides, nerveuses, efficaces. Leur propriétaire est efficace. Besogne vite expédiée, grain de poussière traqué avec rage. Le chat la regarde, ébahi et craintif. Doit-il rester, tétanisé par son regard ou prendre la fuite ?

Son frigo est toujours plein, la viande soigneusement emballée, les œufs à la bonne place et les fromages odorants, proscrits, bannis, même enfermés. Hors de chez elle, tout ce qui sent fort, tout ce qui dérange la bienséance, tout ce qui contrarie sa vie bien réglée. Elle aime trop la discipline, les idées bien rangées. D’ailleurs on se demande si elle en a des idées. Le front buté, recouvert d’une épaisse frange brune, les yeux en mouvement, toujours zébrés d’éclairs de colère, la bouche fière et serrée, qui ne s’ouvre que pour sortir des vacheries ou, au mieux des lieux communs. Je ne l’ai jamais vue calme, apaisée. C’est une adepte du mouvement, toujours à bousculer les objets et les gens. Gare à celui qui se trouve sur son passage. Il sera copieusement insulté.

Je la suis parfois quand elle retrouve ses amies, elle n’a que des amies, les hommes la fuient. Chacun ses failles. Elle ne comprend pas pourquoi. Un jour, je lui expliquerai peut-être, et puis non ! Qu’elle se débrouille ! Elle qui a réponse à tout, qui fait toujours mieux que le reste du monde.

Donc je la suis quand elle retrouve ses amies, au supermarché ou au square. Une assemblée de bigotes, bien pensantes, mal fagotées, le cheveu et le talon plat. Elles papotent sur la vie chère qui les étranglent, sur la voisine pas sérieuse qui aguiche tous les hommes et sur, oh bonheur ! Le dernier sermon du curé (l’amateur d’enfants de chœur !… Je tente une percée…) Je crois que je vais me faire assassiner. On me foudroie du regard, lippe en avant et elle, elle me sort qu’elle a honte de moi, que je prends un malin plaisir à la ridiculiser devant ses amies. Je sais, j’aime provoquer, surtout ces épouvantails qui en savent long comme un jour sans pain sur les aléas de la vie chère, sur la bonne conduite à adopter.

Elle s’appelle Angélique, prénom doux et sucré pour une décervelée. Elle a une allure déliée, bon ! Des mollets trop ronds mais parfois je la trouve assez jolie (quand elle se tait). Un visage long et osseux mais surtout deux yeux inoubliables. Très mobiles, verts aux pupilles larges. Certains disent qu’ils sont beaux moi, je ne les aime pas : trop fouilleurs ! Elle a une bouche aux dents pointues et carnassières et des bras en tenaille qui blessent quand elle vous agrippe. Si j’étais caricaturiste, je la croquerais en homard. Oh le vilain teint rouge et piqueté ! Oh les yeux fureteurs et les pinces prédatrices !

Elle a un métier qu’elle exerce aussi avec efficacité. Elle s’occupe de personnes âgées. Ménage nickel, repas servis à l’heure, toilette… Aïe, les petites vieilles, pas trop mal le gant de toilette passé par des pinces de homard ! Elle peut discuter à l’infini du temps d’avant où tout était plus facile, où les hommes n’étaient pas inconstants (ah bon !) Où toutes les voitures ne polluaient pas les poumons, là, elle a raison. Mais elle a toujours raison car c’est une personne qui ne doute jamais. Jamais d’elle-même, jamais de ceux à qui elle accorde sa confiance. Ils existent mais ils sont rares car elle estime qui la flatte, qui courbe l’échine pour la mériter.

 

MARTINE

 

Le silence se fait dans la pièce enfumée et les têtes se dévissent. Elle le sait, elle le sent. Elle entre majestueuse telle une actrice de péplum. Ils se précipitent l’un pour tenir son sac, l’autre avec un cintre pour son manteau. Royale car elle en a l’habitude, elle dépose le vêtement dans les bras du garçon dont le visage cramoisi disparaît derrière les poils du vison. Martine gentille, le remercie d’un sourire éclatant. Un sourire nacré de petites dents très incisives. Le malheureux garçon se liquéfie. Il est vrai que belle, brune et spectaculaire, elle ne laisse jamais indifférent. On l’aime ou on la déteste, moi j’aime l’observer en retrait.

Martine a beaucoup d’allure, je dirais même du charisme. Le seul inconvénient, si c’en est un, c’est qu’une jolie fille a toute la population mâle à ses pieds. Ils ne l’intéressent pas vraiment, non ce qu’elle cherche c’est une proie à déguster jusqu’à la lie. C’est une prédatrice qui traque inlassablement ses victimes. En voilà une de premier choix ! Un pigeonneau, policé, très beau volatile, ramage et plumage à l’avenant. Il avance en aveugle, m’écrase les pieds, s’excuse à peine : (C’est quoi la blonde rondouillarde, ta copine !) L’imbécile, il va y passer, il a mis la patte dans l’engrenage et au mieux, il en ressortira vidé de ses illusions et le portefeuille bien sec. Un moindre mal ! Je ne sais pas comment elle se débrouille mais, elle a beau les malmener, en tirer le maximum de dévouement et d’espèces sonnantes, ils pleurent et gémissent lamentablement quand elle les jette. Car elle les jette toujours, en bonne prédatrice quand la victime est exsangue.

Moi, j’alimente la conversation, ils veulent tout savoir d’elle. Martine est secrète, elle ne raconte pas ses fêlures, les blessures de l’enfance et je sais qu’elle en a beaucoup endurées, que son comportement est une sorte de revanche contre un destin qui n’était ni pavé d’or, ni pavé de bonnes intentions à son égard. Elle a reçu la séduction en arme absolue et je pense qu’elle a bien raison de s’en servir. Les hommes sont à la fois trop cruels et trop naïfs.

Donc ce soir, je l’observe. La mèche ondulée au ras du beau regard noir en amande, la peau de pêche, les lèvres rouges et ourlées et surtout les gestes d’une suprême élégance, les longs doigts aux ongles vrais et démesurés qui s’accrochent subrepticement au revers de la veste du beau jeune homme, et c’est reparti… Demain, elle me racontera qu’elle est amoureuse, qu’il est merveilleux jusqu’à ce que la belle idylle se gâte rapidement. Dès qu’elle se sent prisonnière, elle s’évade Don Juane et parfois je me demande ce qu’elle cherche et si cette course éperdue après l’amour, après l’argent n’est pas l’expression d’un profond malaise.

Lui : son caniche péteux, le chien de sa vie, compisse allègrement tous les poteaux et montre les dents quand des petits merdeux lorgnent de trop près sa jolie maman.

 

 

La secrétaire de mairie

 

La secrétaire de mairie a rejoint son bureau. Elle trône triomphante derrière son ordinateur. Elle est efficace, presque affable avec un sens inné du contact. Il est vrai, qu’à l’abri de ses verres correcteurs, monstrueusement épais, elle remarque tout. Très organisée, elle sait mieux que personne, remplir un planning. L’endroit où elle travaille lui convient parfaitement. Elle se pique de culture, et dans cette mairie de secteur, elle peut à loisir, prévoir des sorties, des lotos pour ses chers papys et mamies.

Il est une chose qu’elle adore par-dessus tout : c’est danser. Formidable les adhérents de son club du troisième âge ne sont pas en reste.

La secrétaire de mairie, boudinée dans ses beaux atours bariolés, danse et danse encore au bras de son mari rabougri. Elle tourne, virevolte, froufroute et coasse, au son de l’accordéon d’Aimable.

Perchée sur des pattes grêles, le visage à la peau granuleuse, l’œil exorbité derrière les hublots qui lui mangent la figure, elle ressemble, la pauvre à un crapaud buffle.

Codicille : elle possède un chien, lui aussi gras, perché sur des pattes torses. Un chien très laid. Un bouledogue français répondant au joli nom corse de Napoléon.
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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 19:00

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 Du levant ...

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au couchant ...

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sous le soleil exactement...

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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 18:50

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En fait juste le temps qu'il faut pour remettre de l'ordre dans la machine, de nettoyer puces et carte mère et après cela  de prendre quelques jours de vacances...

A bientôt...

 

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 21:49

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Comment se débrouiller d’une demande d’autoportrait ? Quelles portes secrètes ouvrir ? Quelles hypothèses proposer au regard de l’autre ? Quelles propositions vont provoquer un clin d’œil complice, un sourire en coin, un éclat de rire, un coup de sang ? Qu’est-ce qui au bout du compte sera entendu, retenu, répété et escamoté ? Soucieuse d’y voir un peu plus clair, Ysiad s’est penchée sur la question…

  

Portrait de soi

 

Ces temps-ci, je suis à cran. Mon fils prépare ses dossiers de candidature post-bac et parmi ceux-ci, il y en a un qui demande au candidat de dresser en une page un portrait de lui-même. En toute objectivité. Avec ses qualités, et ses défauts. Il s’agit de faire une lettre la mieux tournée possible, toute l’habileté consistant à faire sentir au destinataire que les points faibles sont loin d’être rédhibitoires, et qu’ils peuvent être largement compensés par les points forts. Cet exercice ô combien délicat me renvoie à l’époque où je passais des tests de recrutement pour décrocher un poste stable. Questionnaire à choix multiples, problèmes de logique, analyses graphologiques et de personnalité ; j’ai eu droit à tout, même à l’épreuve orale, ma bête noire. Que dire ? Comment éviter les écueils ? Au moment d’aborder le versant des défauts, je bafouillais avec le sentiment de battre ma coulpe comme à confesse, et je ne sais toujours pas pour quelle raison bizarre j’avouai un jour, dans un élan de folle sincérité, que j’avais tendance à m’empiffrer de chocolat pour repousser le stress auquel j’étais sujette. Si l’époque a changé, les symptômes sont restés les mêmes : je me goinfre discrètement alors que Léo sèche sur sa feuille. Il a écrit son premier paragraphe, mettant en valeur ses points forts, mais pour ce qui est des points faibles, il cale. Panne sèche. Rien ne lui vient à l’esprit. Comme s’il ne savait comment orienter sa lettre vers les zones sombres de sa personnalité. Je tournicote autour de lui, le torchon sur le bras, range les tasses à café dans le buffet, marmonne toute seule, la bouche pleine de Ritter Sport. Chalop’rie de dochier…exerchiche chtupide… Léo soupire. Fais moins d’bruit, M’man. Je travaille. Je m’éloigne avec mon anxiété, quand Julie entre dans la pièce, enveloppée de son peignoir. Léo lève le nez. Ah, Julie, tu tombes bien. Tu pourrais pas m’trouver un ou deux défauts ? Faut qu’je remplisse mon dossier… Intriguée, elle s’approche de son frère et se penche pour lire par-dessus son épaule : " … Mes principaux points forts résident dans la diversité de mes centres d’intérêt et dans une grande curiosité intellectuelle quant à la littérature, la poésie, la musique, l’art en général…blablabla… Cependant, comme tout un chacun, plusieurs atouts me font défaut… " Julie a soudain un gros sourire. Bon, dit-elle. C’est simple. Commençons par le commencement. Voyons… T’es méchant, très méchant… intolérant… hypocrite… avare… machiste… jaloux…Léo s’agite sur sa chaise. Ok, Julie. Stop. On arrête. Va jouer ailleurs, tu m’aides pas. – Ah non. Tu me demandes un service, j’ai pas fini ! Bruyant, surtout quand tu rentres d’une fête et que t’as trop bu; voleur, tu me piques tout le temps mon effaceur, mes feutres, ma crème anti-boutons, ma raquette de ping-pong ; salaud, tu m’aides pas pour mes exercices de maths ; cruel, tu ne nourris jamais Patou et tu lui dis : ta gueule quand il miaule ; paresseux, tu fous rien, tu vides jamais le lave-vaisselle, tu fais jamais les courses ; chiant, têtu, orgueilleux, faux-cul, irrespectueux, indélicat, menteur, grossier, bête…J’oubliais : Tu pues des pieds…Voilà pour une première fournée. Si t’as besoin d’autres idées, t’as qu’à me demander !

Sa sœur étant partie, pris d’une soudaine inspiration, Léo a repris la plume. " … plusieurs atouts me font défaut, comme la patience… Je suis parfois trop exigeant à l’égard de moi-même et des autres, ce qui m’amène à être trop critique, constituant ainsi un défaut non négligeable. "

On ne le dira jamais assez : en matière de portrait de soi, tout est une question de dosage.

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 14:44

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Le texte qui suit est un avertissement aux auteurs participant aux concours de nouvelles en général et aux concouristes du Calipso 2010 plus particulièrement. Lisez-le attentivement, riez si cela vous chante, pas trop quand même car " Entre chien et loup " se termine dans six semaines. On vous aura prévenu.

 

 

A la poste

par Ysiad  

 

La poste le voulait, la poste l’a fait ! Tout est neuf. C’est ce qui s’appelle des gros travaux ! Adieu néons, vieux présentoirs, peinture écaillée, sol crasseux… Un peu tape-à-l’œil, le décor, avec ces spots au plafond et ces carrés de faux marbre. A leur place, j’aurais fait plus sobre… Il y a même des écrans plats, avec des chiffres qui clignotent en jaune et bleu… Au fait, pourquoi deux couleurs ? Etrange. Il y a même un préposé aux tickets... Un peu débraillé, le préposé. Pour inaugurer des locaux, y a mieux. Et d’abord, qu’est ce qu’il fiche, ce type, à glander comme ça ? L’usager est assez grand pour appuyer lui-même sur le bouton de la machine à ticket… Avec le monde devant moi, je suis condamnée à patienter. Ce pli doit partir ce soir, c’est impératif, le cachet de la poste doit faire foi. Il a férocement intérêt à faire foi, le cachet de la poste, je n’ai jamais rien écrit de mieux que ce texte ! Je la sens bien, la victoire, avec une nouvelle pareille. Presque un chef-d’œuvre ! L’incipit va les scotcher. Un seul mot : Boum ! Au moins, je leur aurai épargné des trucs du type : Alors qu’un grand soleil dardait ses rayons brûlants sur la plaine encore humide de rosée et qu’un petit vent frais faisait onduler les blés bien blonds comme des chevelures de soie sur la terre alanguie, Mathilda, mon intrépide chèvre angora, piétinait gaiement de ses sabots fringants un tapis de pâquerettes à peine écloses…Je ne sais pas pourquoi, mais ce genre de phrases me donne envie de pousser une hennissante d’enfer… Hhhhhhiiiii. Flûte. Voilà Glandu qui ramène sa fraise. Mon Dieu, ça sent le chacal à cinq mètres. Franchement, on pourrait se passer d’un type qui répand partout ses particules pestilentielles pour vous fourguer d’office un numéro en transpirant… Misère de misère… Pas le choix.

 

- Bonjour. C’est pour quel genre d’opération ?

- Un affranchissement.

- Vous voyez les écrans ?

- Encore assez bien, ma foi.

- Les chiffres en bleu, c’est pour les opérations courantes. Les jaunes, pour les opérations complexes.

- Epatant.

- Vous, c’est bleu. Votre ticket.

- Merci.

 

Vade retro, le sconse ! 601. C’est quoi, ce gag ? Je ne comprends rien. L’écran bleu indique 896. Y a comme un couac... Bon. Patience. Vingt-deux personnes avant moi, sans compter le pépé assis sur son pliant, et seulement trois caisses. A raison de cinq minutes par tête de pipe, à supposer que les caisses restent ouvertes et que la plupart se ruent sur les opérations complexes, ça me fait dix minutes maxi à poireauter stoïquement, entre la boutique à gadgets et le glandouilleur qui cocote en traînant la savate. C’est jouable. Voilà qu’il me mate, à présent. Il pue, ce type. Ils devraient fournir des masques à gaz ou des sprays qui font pchit pchit à la boutique gadgets… Flûte. Il rapplique.

 

- Vous l’avez toujours, vot’ ticket ?

- Mais oui.

- Parce que si vous l’aviez perdu, je vous en aurais donné un autre.

- Trop aimable.

- C’est combien, vot’ numéro ?

- 601.

- Vous êtes après le 600.

- Bien vu.

- Au numéro 899, le compteur repart justement à 600, pour faciliter le décompte.

- Ah. C’est moderne.

- Y en a certains qui comprennent pas. C’est pour ça que j’explique.

- …

- Le p’tit problème, c’est que vous pourrez pas passer aujourd’hui.

- Quoi ? Comment ça ?

- On ferme dans trois minutes.

- C’est une blague ?

- Ah non. Ce sont les nouveaux horaires.

- Mais…

- Nous ouvrons demain à partir de 8h 30.

 

Ils sont nuls. NULS ! Des nuls pareils, ça ne s’invente pas ! Mais quel besoin avait-on de rénover la poste ! Elle était très bien autrefois ! Où il va, notre service public ? Droit dans le mur, oui ! Il ne me reste plus qu’à aller à la poste du Louvre avec mon chef-d’œuvre. Et bien sûr, il flotte à mort et je n’ai pas pris de parapluie. Quelle galère… Ils ont intérêt à l’apprécier, mon incipit…

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 13:53

chantons-sous-la-pluie.jpg

 

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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 16:30

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A la santé de tous les visiteurs. Retour au café demain avec une nouvelle de Claude Romashov...

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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 13:21

Domes.jpg

Mais non ! mais non ! Ce n'était point les Seychelles ni la Galilée, ni même la mystérieuse vallée de la Hop, disons que c'était plus au nord et plus frais. Et tenez, juste avant de repasser le nuage voilà quelques dômes qui se sont reflétés dans mon objectif...

 

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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 12:42

vol-oiseau.jpgMais où est donc passé le barman ?

 

 

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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 09:51
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Couic

par Ysiad

 


Nous sommes en 1999, quelques mois avant ce que l’on avait coutume d’appeler le " bug de l’an 2000 ".

 

J’ai onze ans de moins qu’aujourd’hui, toutes mes dents, et seulement quelques cheveux blancs. Ma fille a trois ans, mon fils six. Ils vont à l’école élémentaire de la rue Vauvenargues, Paris 18ème, ils ont cours le samedi matin et tous les samedis, je tremble. Je vais les chercher à midi à l’école et pour cela, il me faut affronter les insultes d’une bande de jeunes qui a pris l’habitude de stagner dans le quartier et d’emmerder les passants. A l’époque, il y a des bancs devant l’immeuble entre trois platanes, qui sont occupés par les cloches du quartier, selon les saisons et les jours de la semaine. Les jeunes et eux ont établi un modus vivendi, personne ne se parle, les clodos cuvent sur les bancs, les jeunes discutent entre eux, surtout le vendredi soir où ça deale sec sous les fenêtres. En ouvrant la fenêtre, j’entends le prix des transactions, et j’ai la trouille. Aux beaux jours, les jeunes sont de plus en plus nombreux.

 

Printemps 99. Nous sommes samedi, et il est midi moins dix. Je sors de l’immeuble comme une fusée, sachant que le chef de bande, un grand type au faciès de Mike Tyson va me faire le geste de me couper la gorge. C’est un jeu réglé au millimètre, il sait que j’ai la trouille, et il s’amuse de ma peur. A peine suis-je dans la rue que le voilà qui s’avance vers moi, cherchant à me barrer le passage. Alors la poule, on va chercher les mômes ? J’ai horreur de me faire traiter de poule mais j’ai une trouille bleue de son mètre quatre-vingt-dix, donc je pique du nez sur mes chaussures et je marche sans répondre. Je dois avoir des oreilles toutes rouges car il continue à m’asticoter. Hé ! La poule ! Grouille-toi, tu vas être en retard ! Je voudrais bien lui casser la gueule mais quand on fait un mètre cinquante-sept et qu’on ne sait pas boxer, on remballe sa fierté et on reste à sa place.

 

La sonnerie a retenti, les mères se pressent aux portes qui s’ouvrent sur une armée de cartables. Un enfant à chaque main, je prends le chemin du retour, anticipant déjà le sourire plein de morgue de celui que j’ai surnommé Mike Tyson. Sur le chemin, Léo et Julie se montrent leurs cartes Pokemon – c’est la mode à l’époque – Pikachu se mêle à nos pas, et Bulbizar et Dracofeu et Sacdeneu et Grotadmorv et toutes les cartes rares.

 

A cinquante mètres de l’immeuble, j’aperçois Mike Tyson avec sa casquette à la retourne et ses grosses baskets qui lui font des pieds de cosmonaute. Mon cœur bat à cent à l’heure. Il se retourne et nous voit. Un drôle de sourire à la bouche, il s’avance vers Léo et quand il est tout près, il fait le geste de lui couper la gorge. Je ne sais plus pourquoi Julie m’échappe ; peut-être, sous le coup de la colère, ai-je relâché mon étreinte ; toujours est-il que la voilà qui se plante devant Mike Tyson, lève bien haut son minois et se passe l’index sur la gorge en regardant le malabar droit dans les yeux. Silence. Stupeur. Horreur. Un gros ange lourd passe au-dessus de nos têtes. Et Mike Tyson de rire. Le voilà qui se marre. J’attrape Julie par la main et nous nous engouffrons dans l’immeuble. Ne refais jamais ce geste, lui dis-je dans l’ascenseur. Elle me regarde d’un air de reproche. Il a fait " couic " à Léo alors je lui ai fait " couic ".

 

Le samedi suivant, Mike Tyson est là, avec ses potes qui glandent. Il ne me fait aucune remarque, aucun geste déplacé, il ne me traite pas de poule ; il me lance un petit sourire de connivence, comme pour me dire que j’ai une bath de môme.

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