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19 octobre 2006 4 19 /10 /octobre /2006 23:10

 

Bien au-delà d’une référence scrabblesque, Mot compte double - du nom du blog crée ces derniers jours par Françoise Guérin - nous renvoie à ce qu'il en est des mots (du côté de l’emballage) et de leur singulière capacité à faire émerger un sens autre que celui voulu par son locuteur dès lors bien sûr que l’on considère le signifiant comme étant à la fois ce qui parle et ce qui échappe. Ici, on parlera des mots. Et on en parlera avec des mots, annonce Françoise Guérin, et d’ajouter qu’elle est accompagnée d’une bande de chroniqueurs littéraires déjantés pour, précise-t-elle, ne pas désespérer le visiteur lambda.

Les débuts sont savoureux avec un méli-mélo autour de l’appellation syndicat et la cohorte de maux qui lui sont délégués, et un faire-part de naissance abracadabradantesque (pour user d’une formule qui en dit long) signé " Valérie Allam, marraine et chroniqueuse " laquelle signale au passage s’attaquer à un nouveau genre, puisque jusqu’ici, je n’étais qu’une simple faiseuse d’histoires !

Mot compte double, blog de Françoise Guérin et ses chroniqueurs http://motcomptedouble.blog.lemonde.fr/motcomptedouble/

 

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13 octobre 2006 5 13 /10 /octobre /2006 16:31

 

Or donc, Jean-Claude Touray, nouvelliste chevronné, chroniqueur alerte, pasticheur à l’occasion et grand amateur de petites cuistreries nous propose, le temps d’une page de blog, de laisser courir nos humeurs pour le suivre dans les méandres de la grammaire moderne. Il va de soi qu’il s’agit là d’une vue de l’esprit d’un auteur qui n’hésite pas à tordre le cou aux certitudes pour que s’éclaircisse notre champ de vision et que se délie l’imagination.

 

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Tout bouge, on perd ses repères. Même la grammaire évolue. Moins vite certes que le vocabulaire et les tournures de phrase. Mais elle évolue la grammaire, dans ses règles et les exceptions qui les confirment.

L’autre jour il tombait des cordes. Je feuilletais dans une librairie où je m’étais réfugié une grammaire du lecteur joliment sous-titrée " Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le texte et que vous n’avez jamais osé demander ". Exactement le genre d’ouvrage à feuilleter un jour de giboulées martiennes pour ré-humecter et faire revivre des connaissances un peu desséchées. Pour les remettre au goût du jour. Nostalgie brève du Cours Moyen ; souvenir de ces petites phrases pittoresques, béquilles de la mémoire. La plus célèbre était celle des conjonctions de coordination : " Mais où est donc Ornicar ! " ou Nicaror. Référence était faite à deux mystérieux personnages. Le premier me semblait être un général carthaginois, cornac en chef des éléphants d’Hannibal. Quant au second, il avait pour moi un nom d’empereur byzantin.

La grammaire que je feuillette m’apprend que " donc " a disparu de la liste des conjonctions de coordination qui juxtapose maintenant : Mais, ou, et, or, ni, car. Donc a été classé " adverbe de discours, ayant fonction d’articulation logique " et il manque à la petite phrase devenue : " Mais où est Ornicar ? ". Donc apportait une nuance d’insistance, imposait le point d’exclamation et donnait tout son caractère à la formule mnémotechnique. C’est un peu comme si on avait dit : " Mais vraiment où c’est-y qu’il a bien pu passer cet animal d’Ornicar ! ". Donc mettait de l’humain dans le grammatical.

Je ne voudrais pas faire l’esprit fort mais j’ai peur pour car. En effet, si Descartes avait eu des opinions inverses, au lieu du " cogito ergo sum " le fameux " je pense donc je suis " il aurait écrit, faisant de la pensée une sécrétion du cerveau, " je pense car je suis ". Car, apparaissant dans cet exemple comme l’opposé de donc, devrait en toute logique être rangé dans la même catégorie : celle des adverbes de discours. La conséquence fâcheuse d’un tel classement serait le remplacement du célèbre Ornicar par un italien totalement inconnu nommé Orni.

Il y a pire, en toute rigueur, il n’y a que Et, ou, ni à être entièrement consacrés à la coordination. Ce qui ramène la phrase mnémotechnique au cri d’une mère touareg appelant sa fille dans le désert : " Éouni ! ".

Jean-Claude TOURAY

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3 octobre 2006 2 03 /10 /octobre /2006 19:35

 

Ce n’est pas un anniversaire (pas encore !) mais juste l’envie de faire un petit clin d’œil poétique aux abonnés de ce blog, à ceux de la première heure comme aux derniers inscrits. Ce sont ces visiteurs, ces lecteurs, ces commentateurs directs ou privés (les plus nombreux) qui chaque jour me donnent la volonté de prolonger l’aventure et le plaisir de partager idées et sentiments sur ce qu’il en est aujourd’hui de l’humanité et de ses affaires.

Cette photo leur est dédiée.

 

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19 août 2006 6 19 /08 /août /2006 17:57

 

Omar KOUSSIH est un jeune homme né à Rabat en décembre 1988. Il est atteint d’une forme sévère d’amyotrophie spinale, maladie génétique neuromusculaire évolutive. Depuis la fin de l’école primaire, son état ne lui permet plus un enseignement présentiel et il poursuit donc ses études par le Cned.

" Je passe mes journées dans ma chambre devant mon pc. Mon index droit est encore valide, je peux donc manipuler une souris spéciale (easy-cat de Cirque) et je saisis mes textes par le biais du clavier à l’écran."

Passionné de musique et de poésie, il nous a fait parvenir quelques uns de ses poèmes.

 

Je ne suis pas ce que tu penses

 

Je ne suis pas ce que tu penses

Ni chien errant, ni loup-garou

Il y a peut-être une différence

Moi, je ne la ressens pas du tout.

Je ne suis pas ce que tu penses

Un peu débile un petit peu fou

Il y a peut-être une différence

Moi, je ne la ressens pas du tout.

Je suis Amour et Innocence

Je ne peux, seul, faire rien du tout

Je ne peux aller dans tous les sens

A tout moment j’ai besoin de vous.

Je réfléchis, j’écris, je pense

Je peux aimer, j’ai des atouts

Handicapé dès la naissance

Je ne vois pas de différence du tout

 

 Parle-moi

 

Parle-moi d’amour, j’en ai besoin,

Crie le partout, dans tous les coins

L’amour est bon et meilleur soin

Dis-moi où il est, je le rejoins

Parle-moi d’amour à chaque départ

Pour ton retour, tes au revoir

A chaque sourire, à chaque regard

J’en ai besoin pour mon espoir

Parle-moi d’amour quand il fait noir

Pour le matin qui nous sépare

Quand tu reviens, quand tu repars

D’amour parle moi, quand j’en ai marre

 

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15 août 2006 2 15 /08 /août /2006 22:50

Au loin s’en sont allés les jours sans fin, les pistes pleines d’éclats, les fêlures sur la ligne de Crête, les couleurs suspendues à la lune, le bruit des vagues du premier soir. Resteront encore quelques jours des images éparses, ballottées, ébranlées et bousculées par le simple éblouissement des matins à venir.

Le blog calipso est réactivé.

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30 juillet 2006 7 30 /07 /juillet /2006 23:15

à très bientôt,

 

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28 mai 2006 7 28 /05 /mai /2006 23:25

 

Luna aimait perdre le nord

et elle sortait toujours à cette heure tardive et tout le monde pouvait la voir marcher dans les rues jusqu’aux premières clartés de l’aube et parfois elle se cachait derrière un arbre ou un réverbère et elle demandait aux ombres de danser pour elle et alors elle criait son plaisir ou son irritation et sa voix portait bien au-delà d’une centaine de mètres et rares étaient les passants qui repartaient à l’envers et jamais personne ne l’empêchait de rien et elle avait ce regard immense et doux et cette coiffure éperdument bleutée et cette bouche aux douceurs à peine retenues et cette gorge enrichie de perles noires et partout des jeunes gens à la beauté jaillissante s’échauffaient et se grisaient de sa franche générosité et il arrivait que dans l'ivresse des envies secrètes certains soient pris au beau milieu de son bel embroussaillement et les embarras s’estompaient aussitôt après et elle emplissait l’air de flocons de violettes et elle étreignait les creux et les arêtes avec une rare délicatesse et elle encourageait les plus interminables éclaboussements et elle voyait le plein et le vide se juxtaposer et les avidités se conjuguer sous les mêmes feux et tous les appétits respirer dans la seule force du sang et rien ne la retenait en arrière et rien ne l’obligeait à aller de l’avant et jamais elle ne se souciait de scruter les saisons et jamais le ciel ne lui paraissait contrefait et elle aimait frissonner sous les rayons du soleil et ses mains étaient chaudes durant l’hiver et elle savait se jouer de tous les mauvais courants d’air et courir de manège en manège et se défaire des caprices du ciel et la vie allait ainsi possédée de ces seuls ravissements et les jours s’arrondissaient sans faire de bruit et la lumière s’abandonnait doucement à quelques minces épaisseurs de jaune et pourtant il arrivait qu’elle ne puisse s’empêcher de se regarder dans le tournoiement du temps et d’écouter pendant des heures et des heures les drôles de bruits de son cœur et de cette succession de durées rondes émergeaient parfois des rêves et des souvenirs alambiqués la traversaient et elle entendait voltiger des histoires enfouies depuis longtemps et parfois les jambes n’y tenaient plus et elle s’en allait marcher loin, très loin, jusqu’à disparaître des yeux du monde et cela l’épatait toujours de se retrouver parmi les invisibles et d’éprouver toutes les soifs inassouvies des disparus et quand elle revenait elle ne se reconnaissait jamais tout à fait et elle se demandait de quel vœu clandestin lui venait ses nouveaux contours et elle soupirait d’aise à l’idée d’être encore une inconnue parmi les hommes et ses yeux bondissaient de regard en regard et elle attrapait ici et là une étincelle ou un soupir et elle avait une envie folle qu’un amant somptueux surgisse et qu’il languisse des jours et des jours contre sa poitrine et que l’un et l’autre dise des mots jamais dits et fasse des choses jamais faites et que le temps s’arrête à cet instant-là entre leurs mains serrées et que persiste quand même des fredaines et des floraisons et que s’ensuivent aussi d’autres soifs et d’autres faims et que viennent encore et encore la tentation de l’offrande et que s’inscrivent en plein cœur les feux venus du commencement et personne n’a jamais pu dire d’où lui était venu cette peur subite et si cet effroi était ou non mortel et les curieux se gardaient bien d’un avis et les complices d’antan passaient leur chemin vêtu d’un costume sombre et elle, s’était couchée sur ce lit de fortune et elle n’écoutait rien d’autre que l’absence de bruit de l’homme et sa tête s’emplissait peu à peu de grelots obscurs et ses yeux ne lui obéissaient plus qu’à la nuit tombée et ses lèvres étaient prises en tenaille et des mots écailleux lui rongeait les sens et ses nerfs déchirés s’en allaient à tous les diables et un matin il n’y eut plus rien à voir et plus rien à se figurer et personne pour dire si quelque chose avait été avant et personne pour savoir si tout allait irrémédiablement s’effacer dans la transparence et si ne subsisterait que cette molle pesanteur figée entre les ombres et loin de toute chose et de tout être ce corps défait zébré de larmes vertes.

 

Patrick ESSEL

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18 mai 2006 4 18 /05 /mai /2006 19:28

 

Le blog calipso a maintenant 50 jours d’existence sur le net. 38 articles et photos y ont été insérés et à quelques unités près, 5000 pages ont été vues par 1000 visiteurs. Novice en la matière, j’aurais envie de dire " Pas mal quand même ! " Mais comment savoir si ces visiteurs ne jettent qu’un œil ou s’ils prennent le temps de lire et pourquoi pas d’explorer plus avant une chose ou l’autre  ? Les commentaires ont semble-t-il, cette fonction. Seulement voilà, comme ceux-ci se comptent sur les doigts d’une main, c’est à se demander ! (Merci tout de même à Augusta Lucia, à Stéphane Laurent, à Dominique, Nathalie et Jim. )

Une pause de quelques jours - avec ce commentaire interne - permettra peut-être d’éclaircir la question.

A bientôt.

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1 mai 2006 1 01 /05 /mai /2006 09:17

 

 

R e l â c h e

 

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24 avril 2006 1 24 /04 /avril /2006 13:10

 

 

A calipso, nous aimons bien Hubert Mingarelli et son écriture limpide, épurée, poétique, ses histoires d’hommes, de femmes et d’enfants qui apprennent la vie. Et puis Hubert Mingarelli est un voisin, nous l’avons invité dernièrement à une soirée de mise en voix de quelques uns de ses livres.

Le temps d’une introduction, nous nous sommes mis dans la peau de l’écrivain.

Et comme nous aimons bien partager les plaisirs de la lecture, nous invitons les lecteurs de cette rubrique à découvrir les titres de romans évoqués dans cette présentation ; un recueil de nouvelles édité par calipso sera offert à la première personne à les avoir repérés.

 

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Je viens d’un petit coin perdu quelque part en Alsace. Je ne sais plus trop ce que j’y ai fait pendant mes premières années. Ce que je sais, c’est qu’à dix sept ans j’ai pris le large et bourlingué sous toutes les latitudes. J’ai tant écumé les mers que je pourrai en décrire les moindres tréfonds. Seul maître à bord de mon fabuleux vaisseau, un jour j’ai jeté l’ancre au pied d’une montagne aussi verte que les rivières de mon enfance. J’en ai exploré les sentiers, les goulets et les gués avant d’en affronter les crêtes et les pics. Et c’est pénétré d’un étrange sentiment de sérénité que, parvenu au fait de l’inexorable, j’ai installé ma maison tout près des étoiles.

 

 

Mais voilà, souvent je me suis réveillé de bonne heure avec en tête une pensée vague et la sensation d’avoir à ranimer des choses depuis longtemps enfouies dans ma mémoire. De mon nouveau fronton j’ai longtemps observé un horizon incertain et c’est de ce fugitif lointain, de ce passé devenu pénombre, que resurgissent toutes ces histoires de vies qu’aujourd’hui je colporte ici et là.

Je me souviens …

Je me souviens de ce diable de Gad rencontré dans le cimetière du ghetto de Varsovie et de son désir fou de nous arrimer au monde aux bras d’ensorcelantes jeunes filles

Je me souviens de cet épouvantable hiver dans la campagne russe, des exploits de notre groupe de va-nu-pieds pour survivre dans le lit de la forêt et je me souviens aussi de tous ces sacrés bons moments passés au bord d’un étang une fois le printemps revenu

Je me souviens de cette virée au café avec mon père et de cette femme qui chantait des chansons grivoises en échange d’un verre de cervoise

Je me souviens d’avoir traversé des tunnels, exploré des souterrains et creusé des milliers de galeries dans les hautes herbes pour mettre à jour quelques frémissantes brindilles de vie

Je me souviens de cette chasse au milan qui dura trois saisons et de mon père confiné dans sa chambre… et qui aimait tant écouter le récit de sa capture.

Je me souviens de ce vieux camion chargé de moutons et de cette longue route anéantie par les glaces, de ce voyage émaillée de tant de frayeurs et de tant de complications que je me demande encore aujourd’hui si j’en suis vraiment revenu.

Je me souviens de toutes ces graines de rosiers grimpants plantées dans des pots de fortune et des promesses de prospérité qu’elles alimentaient

Je me souviens de toutes ces vies naissantes sacrifiées sur l’autel des impératifs économiques

Je me souviens de cette vieille chienne haletante dans la neige bleutée

Je me souviens de ce coup de feu qui failli couvrir d’un voile ma bonne étoile

Je me souviens de tant de choses encore

Je ne sais pas tout ce que cela signifie, je sais seulement que je respire au souvenir de tous ces regards croisés sur les chemins du monde et que je tiens le cap.

 

 

calipso (café littéraire, philosophique et sociologique)

contact : assocalipso@free.fr

 

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