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19 janvier 2007 5 19 /01 /janvier /2007 19:45

 

Une nouvelle petite facétie de Jean-Claude Touray

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Il faut supprimer les " Zones 30 " et laisser se réguler d’elle-même la circulation en voiture sur les chaussées encombrées par les piétons. Aucun automobiliste ne respecte la limitation à 30 km/h... Et que fait la police municipale ? Elle regarde, impuissante. On assiste à la banalisation d’un délit. Maintenir ces zones c’est continuer de donner du grain à moudre à l’anticivisme.

Il faut supprimer les " Zones 30 ". Mais ce ne sera pas facile. La manie de régenter la vitesse des déplacements au cœur des cités n'est pas une lubie récente des urbanistes. Elle remonte au seizième siècle.

Les électrices et les électeurs doivent savoir que ce TOC, ce trouble obsessionnel compulsif, est d’origine religieuse. Fait que comme ses prédécesseurs, le maire a toujours soigneusement caché. La suppression des " Zones Trente " aurait dû être faite en 1905 quand on a séparé l’Eglise de l’Etat…La municipalité de l’époque s’est contentée de remplacer Trente en toutes lettres par le chiffre trente. Manque de courage politique ou singulière ignorance de l’Histoire?

C'est en effet le concile de Trente (avec un T majuscule) qui a introduit dès 1546 l'idée de zones, sous l'autorité d'un pape qui ne s'appelait même pas Urbain.

De concile en conciliabules puis sous forme de bulles se précisa bientôt la doctrine de l’Eglise. Tout bon catholique était tenu de limiter la vitesse de son cheval ou de son carrosse à trente toises à la minute dans les "Zones Trente" avec un grand T.

Ces zones étaient dans les villes les quartiers centraux, abandonnés à la piétaille pour qu'elle puisse s'y esbaudir, sans craindre de se faire molester les arpions par les sabots des chevaux ou les roues des voitures.

La maréchaussée, à qui le radar faisait cruellement défaut, détectait à l'estime et à la gueule du client les excès de vitesse. Les contrevenants étaient grondés, et devaient acheter trois cent jours d'indulgences vendus dans toutes les bonnes sacristies.

Sauf le passage de la toise à la minute au kilomètre à l'heure, presque rien n'a changé depuis que le cheval-vapeur a remplacé le cheval-crottin. C'est toujours la même mauvaise volonté des citadins à cheval ou en voiture à bien vouloir ralentir l’allure en Centre-ville et partout où nos urbanistes municipaux ont voulu faire l’économie d’une piste cyclable, au motif que dans les " Zones 30 " voitures et vélos sont supposés faire copain-copain.

Maintenir les " Zones 30 " ? Au risque d'affaiblir la notion d'autorité municipale, a-t-on le droit de conserver une réglementation que personne ne respecte? Et dont l'origine religieuse est un pied de nez à la laïcité républicaine qui doit régner dans nos villes !

Je me répète, il faut supprimer les " Zones 30 ".

Jean-Claude Touray

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12 janvier 2007 5 12 /01 /janvier /2007 18:47

Pour l’heure Calipso est éliminé au concours du Festival de Romans de la Création sur Internet (catégorie littérature). Plus qu’une semaine pour voter et avec à ce jour 21 clics au compteur on est assez loin du compte pour rester en course et participer à la finale début février à Romans. Il en faudrait au moins cinq fois plus, ce qui, au vu du nombre de visites quotidienne sur ce blog ne semble pas insurmontable. L’opération n’est pas douloureuse et prend moins d’une minute. Reste à faire le pas et à demander à vos amis, parents, collègues et voisins d’en faire autant. Enfin seulement si vous en avez envie…

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10 janvier 2007 3 10 /01 /janvier /2007 21:05

 

Une petite facétie de Jean-Claude Touray

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Il y a des villes où la municipalité ne peut s’empêcher d’organiser une fois l’an sa "Journée sans voitures ", soit disant parce que les autos nuisent à la qualité de l’air ambiant. Il y a même des villes où l’on en profite pour supprimer aussi l’autobus qui, vue la taille de la bête, est encore plus polluant que la bagnole.

Nos édiles seraient beaucoup mieux inspirés s’ils visaient les véritables trublions de la circulation urbaine et créaient des "Journées sans vélos" pour protester contre les incivilités des cyclistes.
Ils circulent sur les trottoirs où ils bousculent les chiens occupés à satisfaire des besoins bien naturels et s’attaquent aux piétons, sans épargner vieillards, femmes enceintes et enfants en bas âge.
Ils circulent aussi sur la chaussée en gênant les voitures qui hésitent à les doubler. Par contre, il est exceptionnel qu’ils empruntent ces luxueuses pistes cyclables tracées à leur usage et si chères au cœur des écolos et au portefeuille des contribuables.

Une " Journée sans vélos " qui s’en plaindra ? Primo les gamins qui vont au collège à bicyclette, mais ils sont loin d’avoir l’âge de voter. Secundo les quelques obsédés qui enfourchent leur " petite reine " plusieurs fois par jour ; une poignée de voix à côté des milliers de suffrages de tous ces automobilistes qui seront enchantés, pendant cette journée, de pouvoir jouir en toute sérénité des "bandes cyclables " aujourd’hui par les vélos volées.

Soyons logiques jusqu’au bout : l’année d’après celle de la "Journée sans vélos" devrait être celle de la " Semaine sans bécanes " puis la suivante, celle du " Mois sans bicyclettes ". Viendrait enfin le "Trimestre sans deux roues "

Avec cette progression les habitants auraient quatre ans pour s’habituer à la suppression totale du vélo en ville et au remplacement des pistes cyclables par des "Parcours de pétanque sportive " pour la plus grande joie des retraités.

Ensuite il faudrait penser à une " Journée sans piétons ", je trouve qu’il y en a beaucoup trop. En Centre-ville ils gênent vraiment la circulation automobile.

 

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24 décembre 2006 7 24 /12 /décembre /2006 17:27

Après s'être copieusement enguirlandés pendant les fêtes, ils se retrouvèrent fort heureusement tout émoustillés à l'aube de la nouvelle année...

à très bientôt

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18 décembre 2006 1 18 /12 /décembre /2006 17:14

 

Vive le vent, vive le vent, vive le vent d'hiver… la ritournelle est de saison et Jean-Claude Touray en profite pour nous bercer d’une petite brise poétique.

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Chanterais-tu Ronsard les belles éoliennes, moulins de fer qui broient du rien et dont le grain est l’ouragan ?

Géantes fleurs avec sépales et sans corolle ? Palmiers de métal au bon vouloir d’Eole ?

Elégante au long cou, l’éolienne est amante. Nymphe du temps présent épousant les souffles de l’air pour enfanter des courants électriques.

Sans dérobade elle se donne au vent... Au vent qui la bouscule en lui tournant la tête.

Vivantes épures les belles éoliennes vibrent de l’énergie des respirations de Zéphyr, des bises de Borée ou de l’haleine en feu du sirocco. Ventôse est leur mois préféré.

Le bon fermier dans son troupeau connaît chacune par son nom. Il aime flatter longuement leurs pâles encolures. Graisser les articulations qui grincent et resserrer quelques boulons.

Statuaire de plein champ, l’immobile troupeau regarde passer les autos.

Jean-Claude Touray

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15 décembre 2006 5 15 /12 /décembre /2006 16:01

Pour rebondir une fois encore sur la question de l’écriture et de la lecture débattue ici même et chez Stéphane Laurent, il est tout autant essentiel de s’interroger sur la distribution et la circulation du livre dans un contexte de concentration de l’édition, de normalisation de l’écrit et de développement à la fois du commerce Internet et de la numérisation des ouvrages. Il n’y a pas de livres sans libraires : c’est le sens du débat que tentent d’amorcer trois libraires dans un article du Monde Daté du 15 décembre 2006 et dédié à tous ces lecteurs qui aiment la vue, le toucher, l’odeur, le goût et le son des livres…

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7 décembre 2006 4 07 /12 /décembre /2006 19:50

 

Ainsi donc Stéphane Laurent * (se) pose une nouvelle fois la question de l’écriture. Question insoluble affirme-t-il dans son titre. Insoluble parce qu’insensée ? chimérique ? impensable ? ou parce qu’elle viendrait exposer quelque chose de l’intériorité, quelque chose qui dirait la panique de la vie ? L’écriture est ce qui nous transporte du plus intime au plus étranger de soi, quelque chose qui met en mouvement la mémoire et l’imaginaire, quelque chose qui insuffle de la joie comme de l’effroi, qui avive la réflexion et fait surgir l’inattendu, quelque chose qui en appelle à l’altérité et qui donne à désirer.

Mais un écrivain peut-il être pris dans la seule question de l’écriture ? Il semblerait que l’on oublie bien souvent d’ouvrir les yeux et de lâcher la plume pour se poser la question de la lecture et de la rencontre avec le lecteur. Car à moins de ne considérer l’écriture que du côté de l’exercice purement intellectuel, circonscrite au seul champ neuronal ou de ne l’entendre que dans une position narcissique inébranlable, ce qui s’écrit se doit d’être adresser. C’est dans ce temps de l’adresse que l’écrivain devient auteur, qu’il participe à l’aventure de la création et qu’il peut converser avec l’autre, l’étranger, si présent dans ses pensées.

En écrivant, l’auteur est poussé par le désir d’une connaissance de cet autre, réel ou fantasmé, interrogeant par là sa propre incomplétude. Le lecteur vient témoigner de la recevabilité de ces histoires singulières qui le traversent, de ce qu’il en est pour lui du bruit et de la fureur de ces vies proches, dispersées, transfigurées, du silence étourdissant qui adviendra au moment de la disparition. Il nous rappelle, au-delà de la permanence des choses, l’exigence de mémoire et la nécessité d’apprendre, d’entreprendre et de rêver. Les traces laissées par les uns et les autres nous y incitent, fort heureusement. Je serais tenté de dire que le lecteur est le garant d’une perpétuation de notre intelligence, de notre sensibilité, de notre volonté de vivre. Si rien n’est inoubliable tout est susceptible d’être transmis et réinventé. Alors oui, il est bon de laisser traîner des mots, ce sont ceux que nous avons attrapés ça et là qui nous ont encouragés à prendre notre envol.

 

* voir l’article publié sur son blog mercredi 6 décembre 2006 (lien ci-contre)

 

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7 novembre 2006 2 07 /11 /novembre /2006 22:45

 

Cela pourrait être à l’heure du journal télévisé, cette fiction de fin de journée mêlant les vivants et les morts, le réel et le virtuel, l’insolite et le sordide. Le regard est appliqué, l’oreille aux aguets. Des mots s’attrapent au vol, des images se fixent sur la rétine. Les bavures virevoltent entre deux volutes de nuit grave. Quelquefois l’effroi, les larmes, le dégoût. Faire le mort. Prendre le fou rire. Une saignée en direct, une amputation droit dans les yeux. Encore et encore. Combattre, mourir, porter la médaille. On appelle ça les sentiers de la gloire.

 

Le centième post est signé Magali Duru.

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Et tous les parfums de l’Arabie heureuse…

 

Le séquoia bien ciré de l’immense table ovale brille. Une cafetière en argent s’incline sur les tasses, l’une après l’autre. Dans une corbeille de porcelaine garnie d’un napperon amidonné circule un assortiment de viennoiseries toutes chaudes. La réunion commence à peine. Des sacoches en cuir fin sortent liasse après liasse fax et photocopies fraîchement imprimés. A l’odeur stimulante du café se mêlent les riches effluves des bagels et les fragrances des eaux de toilette. Luxueuses mais discrètes, comme il sied à des généraux cinq étoiles.

Le présentateur a la cravate bleue et le regard assorti des grands jours. Derrière lui, les puits de pétrole en torchère qui servent de fond d’écran depuis quelques semaines. Ensuite des hommes en kaki. Sous les casques, alternativement, des bruns frisés et moustachus, puis des crânes presque rasés aux traits nordiques. Un défilé de bombardiers fend le ciel. La Bourse, à présent, hoche la tête devant la lente décrue des valeurs. Quelqu’un zappe. Sur une autre chaîne surgissent les mêmes cartes d’un orient jaune sable et bleu Oman, zébrées des mêmes flèches rouges. De la cuisine arrivent des chuchotements de soupape, puis l’affolement d’une cocotte-minute. Elle couvre les commentaires du spécialiste des relations internationales, en exhalant le fumet de plus en plus reconnaissable d’un bœuf bourguignon relevé de laurier et de paprika.

Il va l’avoir. Les doigts du tireur se crispent, s’agitent. Il respire plus vite. Au coin de sa bouche, la bulle d’une mousse rose, qu’il aspire par à-coups. Le type caché va forcément se montrer. Tout sera dans l’anticipation, née de l’expérience. Tout sera dans la rapidité de ses mains agiles, l’acuité de sa conscience aiguë, prémonitoire du danger. Une silhouette surgit, enfin. La déflagration apparaît sur l’écran. L’homme se contorsionne, semble s’envoler, retombe, se remet à courir, escalade un mur. Il faut recommencer à le traquer. Les doigts du gamin s’affolent sur les manettes du jeu vidéo. Il psalmodie un chapelet rageur et jouissif de gros mots interdits. Une bulle éclate, dans un léger relent de fraise chimique : d’un claquement de langue, il remballe son Malabar. Derrière lui, sur la table du salon, un bol de chocolat chaud refroidit, dans une petite vapeur blanche aux senteurs familières de lait et de cacao.

Quand il sort de la salle de bains, elle est déjà couchée. Il se penche vers elle, l’attire à lui par le menton, goûte ses lèvres comme un vin. Framboise et épices. Elle se serre contre lui, s’agrippe à lui. Il ferme les yeux, hume ses cheveux, plonge dans leur nuit flamboyante traversée de musc et de vanille, goûte ce salé-sucré-crissant capiteux qu’il reconnaîtrait au bout du monde et qu’il va essayer d’emporter avec lui. Sur le dossier de la chaise, à côté du lit, attend une chemise bien repassée qui fleure l’assouplissant à la lavande. A la poignée de la fenêtre entrouverte se balancent sur un cintre la veste et le pantalon d’uniforme, juste au dessus du paquetage réglementaire. La brise fait palpiter l’odeur rêche du tissu neuf.

Une marmite de riz bouillonne. Autour et au-dessus, les mouches tournoient, par centaines. Au-delà d’un petit mur de pierres sèches, dans quelque chose d’indéfini qui n’est ni champ, ni friche, ni désert, un tank, immobilisé, tourelle pointée vers le ciel.

Au pied du petit mur, deux hommes étendus. L’un, en uniforme, pratiquement décapité. Une mare noire englue le cou, la veste, la terre devant lui. L’autre, en tunique rayée, est à plat ventre, le nez dans une bouse. Les mouches montent et descendent du trou brun dans son dos.

Quelques Marines s’approchent à bonne distance des corps, regardent en silence puis font demi-tour, se penchent sur la marmite.

Le riz n’est pas cuit. Ils attendent.

Ici, ça pue la mort.

Magali Duru

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2 novembre 2006 4 02 /11 /novembre /2006 19:43

 

Le centième post du blog calipso est pour très très bientôt. Pour fêter l’événement, la page du centième sera offerte à l’un des abonnés (ancien, récent, voire très récent pour celui qui saisirait l’occasion de s’inscrire avant le terme). Thème, forme et style sont libres à condition toutefois d’être assez court (une à deux pages d’écran). Le sujet retenu sera bien évidemment le résultat d’un choix qui ne pourra être que subjectif.

Merci d’envoyer vos propositions sur assocalipso@free.fr

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26 octobre 2006 4 26 /10 /octobre /2006 22:14

Lauréat(e)s, comédiennes et musicien(ne)s au cours de la soirée de remise des prix du concours " Enquêtes et filatures ". C’était le 21 octobre 2006.

A très bientôt...

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