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20 mars 2008 4 20 /03 /mars /2008 11:33

Printemps-image-copie-1.jpg

Une chronique à la petite semaine de quelques judicieuses fabriques de littérature.

A cliquer dans les Aiguillages :

 

Sur Mot Compte Double

Du 11 au 15 mars : Jean-Paul Lamy est en direct du paradis. Certains finissent toujours par y trouver leurs contes…

16 mars : Monsieur Georges Flipo s’expose " au Salon ". Au passage, il nous explique quand y aller, comment s’y tenir et surtout comment en revenir… Nous autres, au Café " on a ri… "

Chez Stéphane Laurent

Stéphane est journaliste, pigiste, rewriter, nègre, correcteur et … poète, il ne faudrait pas l’oublier !

Sur Lenonsens, revue littéraire quinzomadaire

Hector Plasma n’écrit pas pour des prunes, les prunes il les envoie… mais bien sûr chacun les reçoit comme il peut…

Sur Histoires d’écrire

Les " Nouvelles d’hier " de Corinne Jeanson sont à lire aujourd’hui et demain. Entre temps rien ne vous empêche d’aller chanter avec elle…

Sur Pour le plaisir d’écrire

7 mars : Ernest J. Brooms monte " L’escalier ", un slam qui nous enflamme …

Sur Pr’Ose

19 mars : Le numéro 11 est sorti ! Tout propre, tout neuf, en noir et blanc avec une belle couverture qui brille comme une boule à facettes ! Et avec plein d’auteurs dedans :

Danielle Akakpo, Jean-Claude Touray, Marie-José Madera-Besse, Christine Kilis, Anne Deniau, Gaëlle Pingault, F. Trigodet, Nadia Le-Roux, Maneki Neko, Dakota Mylanès…

Chez Magali Duru

13 mars : Le blog est tout nouveau. Comme c’est le premier jour, on y parle abondamment des " Beaux dimanches ", normal, c’est le beau recueil de nouvelles de Madame Duru.

 

La dépêche expéditive de chez Reuters

David H., 73 ans, était sur écoute. On le soupçonnait d'avoir battu à mort sa compagne dont il était à moitié séparé. Perspicaces, les fonctionnaires de la police l’auraient entendu avouer les faits aux deux chats de la dame et de ce fait interpellé. Au procès, les jurés n’ont pas été convaincus par l’enregistrement de l’aveu, de mauvaise qualité, et ont préféré écouter en clair les avocats de l'accusé qui prétendaient entendre bien d’autres choses sur la bande.

Pour parfaire sa défense, David H. aurait affirmé que les deux chats connaissaient bien l'identité du tueur de son amie. "Pour moi, le cœur de Joyce bat encore dans ces chats. Eux seuls pourraient dire ce qui s'est passé cette nuit-là. Je l'ai déjà dit. Si seulement ces chats pouvaient parler".

Le jury ne s’y est pas trompé : il a fait le dos rond.

 

Ces drôles de requêtes enregistrées sur la route Google / Calipso

Est-on amoureux quand on caresse seulement la nuque d’une personne ?

Est-ce mal de fouiller dans l’ordinateur de son mari ?


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17 mars 2008 1 17 /03 /mars /2008 17:15

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Numéro 3 de " A propos de… ", une chronique signée Gilbert MARQUÈS

   

Il existe en langue française, des mots qui cohabitent mais dont les sens sont tellement divergents qu'ils s'ignorent. Ainsi en est-il depuis 2007, nouvelle ère gouvernementale, de la politique et de la culture.

Selon les dictionnaires, la politique est définie comme étant la direction d'un état qui détermine ses activités. A cette formule lapidaire s'ajoutent des nuances et notamment celle, ironique actuellement, qui précise :

"Manière prudente, fine, avisée d'agir"

Selon les mêmes références, la culture serait l'enrichissement de l'esprit par des connaissances variées et étendues, définition première assortie d'autres significations complémentaires.

Questions !

La culture peut-elle ou doit-elle être une des activités de la politique ? Appartient-elle à la politique ou bien le contraire ?

Pendant longtemps, les différents gouvernements qui se sont succédés, se sont préoccupés aussi de culture. De Gaulle avec Malraux, Mitterand avec Lang mais depuis, le désert…

Aucun souvenir durant la campagne présidentielle de la moindre allusion à la culture. La mode était lancée. Nous sommes en effet en pleine période électorale avec les municipales et les cantonales et, bizarrement, la culture est également absente des professions de foi, qu'elles proviennent d'un bord politique ou de l'autre. Rien ! Pas une toute petite ligne !

Certes, il peut être compréhensible qu'en période réputée de crise, la culture ne soit pas le souci majeur des politiques mais dans ce cas, pourquoi faire appel au devoir de mémoire en obligeant les écoliers à apprendre la lettre de Guy Moquet ou bien d'assimiler chacun d'eux à un petit martyr en évoquant la Shoah ? Pourquoi ne pas leur demander aussi de parrainer un enfant Serbe, Hutu ou de n'importe quelle autre nationalité victime des nombreux génocides qui ont jalonné l'histoire ? Cette mesure a été désavouée et a fait long feu notamment, en dehors de toutes les bonnes ou mauvaises raisons invoquées, parce que la France n'est pas seulement juive, arabe, asiatique ni même européenne mais tout cela à la fois et plus encore.

La France répond en ce sens parfaitement à la définition de la culture. Carrefour depuis l'antiquité entre toutes les nations, elle s'est enrichie de l'expérience non seulement des autochtones mais aussi du savoir de tous ceux qui ont décidé un jour de s'établir dans ce pays.

Les artistes de toutes les disciplines se sont emparés de cette pluralité pour la magnifier, la développer et la colporter dans le monde entier, faisant ainsi de la culture française une entité plus durable que les différents régimes politiques qui ont conduit la nation au fil des siècles.

Culture sous-entend échange et donc communication entre les gens, les peuples mais en sommes-nous encore là à l'heure présente ? Doute !

Doute quand il est question d'immigration choisie !

Doute quand il y a des reconduites aveugles aux frontières répondant à des exigences statistiques et non à des préoccupations même pas humanitaires mais simplement humanistes !

Doute quand le Quai d'Orsay se mêle de trier sur le volet les auteurs israéliens qui sont invités au Salon du Livre, entraînant ainsi la défection des auteurs des pays arabes dont on peut d'ailleurs douter du bien fondé quand ce pouvait être un moyen de débattre en terrain neutre (?) entre intellectuels et non politiques, de la fondation d'un état palestinien !

Doute encore que la politique veuille sincèrement développer la culture au moment où la censure économique se double de nouveau d'une censure idéologique ne supportant pas l'opposition et encore moins la contradiction !

Doute enfin sur l'avenir de la vraie culture sacrifiée sur l'autel économique qui la tire vers le bas en faisant la une des journaux en scandale par des comportements ou des propos vulgaires, injurieux voire irresponsables !

Le divorce entre la culture et la politique serait-il consommé ?

Il semblerait à moins que la culture ne devienne un élément de pouvoir dont la politique pourrait se saisir à l'instar des pays totalitaires, pour asseoir son autorité comme le tente la mondialisation en favorisant la pensée unique.

Nous n'en sommes pas encore là et finalement, l'ignorance de la politique envers la culture lui rend service en lui permettant d'acquérir sa véritable indépendance même si, en corollaire, lui sont dressées de nouvelles embûches rendant plus difficile sa propagation.

La culture, à la différence de la politique, ne connaît pas de frontière. A nous, les acteurs possédant cette force placée au-dessus de tout clivage, de la développer toujours davantage. Nous possédons pour ce faire un outil pour l'instant difficilement contrôlable, Internet. Profitons-en et sachons ou apprenons à l'utiliser pour déborder la politique en continuant à créer et, peut-être, pallier ainsi à ses carences en nous mêlant de ce qui est censé ne pas nous concerner.

Aussonne, le 15 Mars 2008


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14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 18:04

num-ro-300-image-copie-1.jpg

Un grand merci à tous les auteur(e)s qui ont contribué cette année encore à faire de ce café un espace de création, d’échanges et de rencontres.

Danielle Akakpo

Désirée Boillot

Ernest J. Brooms

Jean Calbrix

Monique Coudert

Magali Duru

Pascale Fayolle

Régine Garcia

Françoise Guérin

Roland Goeller

Sylvette Heurtel
Corinne Jeanson

Jean-Paul Lamy

Philippe Laperousse

Stéphane Laurent

Yvonne Le Meur-Rollet

Philippe Leroyer

Gilbert Marquès

Dominique Mitton

Salvatore Sanfilippo

Marielle Taillandier

Jean-Claude Touray

Ysiad   


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12 mars 2008 3 12 /03 /mars /2008 18:42

histoire-belge-image.jpg

Ysiad s’est emparée de la rubrique " Au cœur de… ", et c’est à une visite mémorable dans les arcanes de l’édition qu’elle nous convie. 

Histoire belge

 

Des mois que vous tergiversez, ruminez en vous rongeant les ongles, sans parvenir à vous décider. Vous avez très peur. Vous avez si peur qu’au moment de rassembler vos textes, vous attrapez le premier prétexte pour remettre à plus tard ce que vous rêvez de faire sans oser passer à l’acte. Tout en remplissant la gamelle du chat, vous vous reprochez vos velléités. Vous pensez : à quoi bon ? Ma prose changera-t-elle la face du monde ? Non seulement elle ne changera rien, mais elle ne laissera aucune trace dans la mémoire collective. Que suis-je, à côté du prix Pulitzer. Laissons la littérature à ceux qui ont du souffle, aux vrais grands écrivains.

Vous prêtez une oreille attentive aux déboires de ceux qui écrivent autour de vous, et qui ont eu le courage, une fois dans leur vie, de rassembler leurs textes pour les glisser dans la boîte aux lettres. Que s’est-il passé ensuite ? Pas grand-chose. Aucun n’est mort en traversant la rue. La plupart ont reçu le même type de réponse : Bien que présentant des qualités stylistiques indéniables, votre manuscrit ne correspond pas à notre ligne éditoriale.

La messe est dite. La ligne éditoriale est pire que la Ligne Maginot, sans failles, sans la moindre brèche. Vous savez d’avance que vous ne pourrez la franchir, que c’est impossible. Qui êtes-vous pour croire que vous passerez la barre, alors que des milliers d’autres se sont heurtés avant vous à un mur de béton ? Vous cherchez des exemples parmi les grands, pensez à Proust refusé par Gide. Vous vous persuadez que c’est inutile. Vous vous rabattez sur les concours de nouvelles.

Et vous croisez les doigts pour décrocher un prix.

Ce prix arrive. Il tombe du ciel de Belgique. Cadeau inespéré, manne providentielle. La ligne Maginot s’estompe. Vous vous réjouissez en silence, goûtez votre victoire en relisant votre nouvelle, satisfaite d’y trouver quelques qualités. Vous vous prenez à espérer en faisant tomber une double ration de croquettes dans la gamelle du chat. Votre texte va paraître dans un recueil, un vrai, bien relié, imprimé pour le compte des éditions Brodequin. Brodequin, ça rime avec Franquin, et vous y voyez un bon présage. Vous réfléchissez en caressant le dos du félin. Si votre texte est digne de figurer dans le recueil collectif des éditions Brodequin, pourquoi ne pas leur soumettre un manuscrit ? C’est envisageable. Vous rassemblez sept nouvelles sur une même thématique et décidez de vous rendre en Belgique pour la remise des prix.

Un soleil pâle d’octobre vous accueille de l’autre côté de la ligne Maginot. Votre texte est lu dans un auditorium. Vous êtes émue en entendant la comédienne lire des mots que vous avez écrits sans trop y croire. Vous écrivez toujours sans trop y croire, pour le plaisir de faire couler un peu d’encre vive sur le papier. A la réception, vous rencontrez l’éditeur. Vous avez bu plusieurs verres de vin, pour tuer l’inhibition qui vous empoisse la langue. Vous l’abordez. Bonjour, je suis l’auteur d’un des textes du recueil collectif, il se trouve que j’ai sur moi un manuscrit, quel heureux hasard.

L’éditeur a l’air intéressé. Alors vous tirez ledit manuscrit du sac en plastique et le lui remettez, le cœur battant.

Rentrée en France, vous attendez, la tête pleine de souvenirs bruxellois, avec l’éditeur au centre, souriant comme un bouddha.

Vous recevez un premier mail informel, vous mettant en garde en quelques mots.

Brodequin reçoit plus de mille manuscrits par an. Si, dans un délai de trois mois, vous n’avez pas reçu de réponse de notre part, veuillez considérer que nous ne pouvons pas vous éditer

Alors vous attendez, à cheval sur la saison glaciale et l’espoir brûlant. Une maille à l’endroit, un pouce à l’envers. Un mois. Deux mois. Les températures baissent, décembre s’étale aux vitrines de la ville. Janvier… 20 janvier.

Vous n’en pouvez plus d’attendre. Vous envoyez balader la ligne Maginot et téléphonez. On vous apprend qu’en Belgique, il fait beaucoup plus froid qu’en France. Tous les éditeurs de Brodequin ont attrapé la grippe, il faut encore patienter.

Dix jours. Quinze jours. Vingt neuf jours. A force de le lorgner, le téléphone se dédouble. Un matin, vous attrapez le combiné.

On vous répond : Patience. Les lecteurs reviennent petit à petit, enroulés dans leurs écharpes belges. On va vous lire, quoi qu’il advienne.

Vous relisez Flaubert, plantez des bulbes le week-end, mangez des frites, sautez sur un trampoline pour faire baisser l’adrénaline. Les jours passent dans la même torpeur inquiète.

Un beau matin, ça fait dzoing dans la boîte à mails.

Vous avez un message, qui a franchi la ligne Maginot sur des pieds d’argile.

Vous l’ouvrez, le cœur dans la gorge.

Madame,

Votre recueil de nouvelles n'a pas été retenu pour publication par notre comité de lecture, et nous le déplorons.

On ne peut pas vous éditer.

Vous n’avez pas de style.

Vos situations sont banales.

Vos histoires n’ont accroché personne, de ce côté-ci de la frontière.

On a préféré défendre des auteurs à forte personnalité, comme Duchmol, qui écrit sans verbes et sans les mains, ou Chmoldu, qui se passe des articles comme des pronoms. Des auteurs modernes.

En outre et néanmoins, nous vous souhaitons de trouver un autre éditeur moins sévère que nous, qui saura promouvoir vos nouvelles, une fois.

Editions Brodequin (Belgique)

64 rue du Chmol – 6412 Quinquin

Tel/fax 0032 43 54 76 98

www.brodequin.be

Le chat saute sur vos genoux. Vous caressez son pelage, dans des visions de bunker.

                                                                      Ysiad 

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10 mars 2008 1 10 /03 /mars /2008 17:19


Tourn-e.jpg






Avant la fin du mois, deux joyeuses nouvelles marqueront la vie du café : son 300ème numéro et sa seconde bougie. Pour célébrer cette presque simultanéité des évènements, nous vous invitons, amis lecteurs et auteurs, à composer vous-mêmes le menu pendant la semaine du 25 au 31 mars. Une semaine que nous imaginons fantaisiste et entreprenante, à la fois un temps de récréation, de réflexion, et d’invention… Une semaine pleine de nouvelles, de poèmes, récits, reportages, dessins, photos, collages… bref, de toutes ces choses précieuses qui font la vie…



Boîte aux lettres
 : 
assocalipso@free.fr


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8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 00:03
Taslima-image.jpg

Le moi souffrant

Je garde un marteau secret au fond de mon cœur !

Il me sert à morceler tes rêves, à les démonter,

En espérant y accéder, je les transforme en eau,

Puis je les bois. Boire les rêves, j’adore ça.

Les rêves sont de lourdes pierres,

Avec, je ne peux pas jongler, je ne peux ni les caresser,

Ni les jeter au loin dans la jungle,

De ces pierres je ne peux rien faire, et pourtant

Tes rêves m’enthousiasment tant et tant que

Ma peau se couvre de la lèpre du bonheur,

Je meurs dans la souffrance de ce bonheur.

Il y a un récipient vide au fond de mon cœur.

Dedans, il n’y a absolument rien,

La nuit, j’entends cliqueter tout ce rien.

Ce bruit qui m’endort me réveille aussi.

Dedans, il n’y a rien.

Mais mieux vaut pour moi qu’il n’y ait rien !  


Extrait de "Poèmes d’amour et de combat" de Taslima Nasreen, aux Editions Librio

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6 mars 2008 4 06 /03 /mars /2008 22:11

Musique-image.jpg

Ce serait comme une chanson populaire mais le disque serait peut-être rayé nous dit Corinne Jeanson

A vous cher lecteur d’imaginer la musique… 

"Qu'est-ce que t'as ?"

- Qu'est-ce que t'as à chialer comme un gosse dans le noir ?
- Notre amour n'a jamais cessé, qu'elle m'a dit ce matin au bord du canal.
- Votre amour ? La bonne blague, il a jamais commencé avec ta brune, qui te court après et qui te lâche au premier courant d'air. Allez, viens, on va chez Jo bouffer...

- Qu'est-ce que t'as encore à soupirer devant ton plat chaud, là dans notre bistrot de tous les jours ?
- Tu es mon unique, qu'elle m'a chuchoté à l'oreille.
- Unique, ça c'est vrai t'es unique avec ta gueule de mac et tes mains de chaudronnier...

- Qu'est-ce que t'as encore à revoir ce film d'amour, autant quoi déjà... ?
- Tu seras mon mari, je serai ta femme.
- Ouais, t'en fais un beau de mari ! Même pas capable d'enfiler deux verres sans être saoul...

- Qu'est-ce que t'as encore à brailler son nom dans la rue, c'est pas ça qui te la fera revenir. Viens on va rater le tramway.
- Elle m'a dit que mes baisers sentaient le miel.
- L'anis, oui, l'anis. Tes sucettes ont le goût de l'anis, mon pauv'gone...
Qu'est-ce que t'as à pas vouloir marcher ? Allez viens on sera bien chez la Véro. Au moins, y fera chaud et t'y verras des filles.

- Je pense à toi qu'elle me dit mais elle se retourne jamais quand elle part. Je peux pas dormir, je peux pas manger, je peux pas baiser, elle est là dans ma tête, elle est là dans mon assiette, elle est là dans les yeux des hommes. J'ai plus qu'à crever comme un veau. Laisse-moi mon Pierrot. Je ferai la vie ou je ferai le mort.

Corinne Jeanson

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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 18:20


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On le pressentait depuis quelques semaines : le poil est en passe de devenir une valeur de référence universelle. Après de nombreuses chroniques consacrées à l’événement, Calipso vous présente sa " Spéciale dépêche expéditive de chez Reuters "

 

Selon une enquête menée par une firme de cosmétiques japonaise et cité par un grand quotidien économique nippon, les Japonaises auraient tendance à garder les cheveux longs lorsque l’économie se porterait bien et à adopter des coupes courtes en période de crise économique.

Cette enquête a été conduite durant 20 ans sur plusieurs " échantillons " de 1000 femmes de Tokyo et d’Osaka. Le constat est clair : jusqu’à la fin des années 1980 l’économie japonaise était florissante, les jeunes femmes portaient alors des cheveux longs. Pendant les années 1990, marquées par l’effondrement de l’économie nipponne, les coupes courtes (définies dans ce sondage comme une longueur n’allant pas au-delà de la clavicule) sont devenues les plus répandues. Passé l’an 2000, alors que l’économie se redressait, les cheveux longs ont largement fait leur retour…

Se fondant sur ce postulat, le journal ne se montre pas optimiste pour la persistance de cette envolée du cheveu car une tendance aux coupes courtes se dessine actuellement dans le pays. Une opinion partagée par plusieurs analystes pour lesquels le cycle de croissance toucherait à sa fin et l’économie s’orienterait vers une récession.

La validité de cette théorie économique d’essence capillaire est cependant affectée par un nouveau facteur : la popularité croissante du chignon.

 

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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 10:54

coiffeur-image4-copie-1.jpg

Où les tifs sont de retour et où Jean Calbrix retrousse sa moustache et convie la gendarmerie à coiffer quelques grincheux…

   

Monsieur Belorgane avait une voix magnifique et son voisinage en profitait bien. Dès l'aurore aux doigts de rose, juste après le chant du coq, il ouvrait largement sa fenêtre, et après avoir inspiré une bonne poumonée d'air frais, il expulsait un tonitruant Rigoletto propre à réveiller les plus endormis. Un chapelet de notes hautes et claires roulait dans la rue, heurtait les façades des maisons, escaladait les toits et allait se perdre loin dans la campagne.

Si les exploits du stentor ravissaient le coeur et l'âme des riverains, il n'en allait pas de même pour Jean le chauve et Matthieu l'édenté, un couple de vieux grincheux vivant pratiquement reclus à l'extrémité du village en bordure de falaise et affublés par la gouaille populaire du sobriquet de tantines. Les seules occasions de les voir étaient lorsque, chacun à tour de rôle, ils sortaient leur chien Boby dans le jardin pour les crottes et les ébats. Dans cette deuxième activité, ils lançaient une baballe en moumousse que le familier quadrupède ne manquait jamais de leur rapporter.

Un matin, le chant du coq ne fut pas suivi de l'air d'opéra tant attendu et la fenêtre de Belorgane resta obstinément fermée. Trois témoins racontèrent à qui voulait les entendre qu'ils avaient vu dès potron-minet, deux individus louches rôder autour de la maison du maestro. L'un avait une tignasse brune, épaisse et bouclée, l'autre un sourire démoniaque découvrant 32 dents blanches et acérées. La nouvelle se répandit au sein de la population à la vitesse des maladies honteuses dans la cour de Napoléon IV. Vers 10 heures, madame Pinchon, la femme de ménage de monsieur Belorgane, découvrit, horrifiée, son employeur sur le dos, les yeux irrémédiablement fixés sur l'au-delà. Au milieu de la foule stupéfaite amassée devant la demeure de Belorgane, la gendarmerie déboula tous gyrophares dehors. L'adjudant Dupuis fit les constatations d'usage et, fin limier, à l'instar d'un Sherlock Holmes, décela un trou dans le cou de la victime et un long cheveu blond dans les ongles de ses doigts crispés. Il eut beau passer les lieux au peigne fin, il ne trouva pas d'autre cheveu, ni d'arme du crime, n'était un vieux chicot perdu sous un fauteuil.

Les trois témoins qui avaient vu rôder les deux hommes louches firent leur déposition. Ils déclarèrent que l'homme au sourire démoniaque était apparemment chauve mais qu'entre chien et loup, de fins cheveux blonds pouvaient donner l'impression de calvitie. Dupuis se convainquit alors que le chauve n'était certainement pas chauve, qu'il avait ceinturé monsieur Belorgane pendant que le brun lui enfonçait un stylet dans la gorge. Le maestro s'était défendu bec et ongle et avait récupéré entre ses doigts un cheveu blond de l'homme au sourire démoniaque.

Par la suite, les villageois furent interrogés. Tous furent unanimes pour dire que Matthieu et Jean vouaient une haine farouche à "ce braillard" - selon leur propre expression - qui les empêchait de faire la grâce matinée. Hélas ! ils ne correspondaient pas au profil des deux hommes louches. De plus, quand Dupuis alla toquer à leur huis, ceux-ci apparurent les yeux embrumés de sommeil et déclarèrent qu'ils n'avaient jamais si bien dormi.

L'affaire s'enlisa et l'adjudant s'arrachait les cheveux, d'autant que sa hiérarchie attendait des résultats pour faire mentir les statistiques. Dès lors, Dupuis retourna régulièrement sur les lieux, refaisant les mêmes constatations, récoltant les mêmes témoignages, replongeant dans le même brouillard. Et puis un jour, il croisa un gamin qui chantait :

Y a pu d'chweu sur la tête à Matthieu,

Y a pu d'dent, y a pu d'dent,

Y a pu d'chweu sur la tête à Matthieu,

Y a pu d'dent dans la mâchoire à Jean.

- Tu te trompes, petit, lui fit Dupuis. C'est "y a qu'un chweu" et "y a qu'une dent".

- J'sais c'que j'dis, répondit le gamin qui le fixa, goguenard.

La chose fit trois fois le tour des circonvolutions cérébrales de l'adjudant qui, pris d'une illumination soudaine, se dirigea d'un pas alerte vers la demeure des deux "tantines" qui, lorgnant derrière leurs rideaux, le virent venir de loin et se mirent à s'agiter en tous sens. Jean s'engouffra dans la salle de bain pour mettre son dentier dans l'eau trouble d'un gobelet - dentier dans lequel il y avait un trou à la place d'une canine - tandis que Matthieu, couvert d'une moumoute brune et suivi de Boby, se précipitait dehors par la porte de la buanderie à l'arrière de la maison, jetait cette moumoute du haut de la falaise et réintégrait la maison.

Lorsque l'adjudant toqua à leur porte, les deux chauves édentés apparurent avec des bouilles de communiants.

- Qu'avez-vous fait de votre cheveu ? demanda Dupuis à Matthieu.

- Hélas ! je l'ai perdu en automne. Comme la plume au vent, il s'est envolé sous la bourrasque.

- Ne serait-ce pas lui ? fit le gendarme en sortant de sa poche le poil blond extrait des griffes du mort.

- Oh, non ! j'étais un beau brun du temps de ma jeunesse folle.

Jean, pendant ce temps, souriait, ouvrant une bouche laissant apparaître des gencives orphelines de leurs dents.

- Et vous, qu'avez-vous fait de votre dent ? lui fit l'adjudant.

- Ne m'en parlez pas. Je l'ai laissée dans un croûton de pain.

- Ne serait-ce pas elle ? fit le gendarme en sortant de son autre poche la canine découverte sous le fauteuil.

- Oh, non ! répondit-il tout en désignant un croûton sur un buffet avec un magnifique croc planté dedans.

L'espoir de tenir les deux coupables s'envolait et Dupuis s'apprêtait à repartir gros Jean comme devant.

Tout à coup surgissant du bord de la falaise, Boby apparut, frétillant de la queue, la moumoute brune et bouclée dans la gueule...

La suite fut aisée. Une perquisition permit de découvrir le dentier de Jean. On lui en chaussa les mâchoires ; il lui allait à merveille. Ensuite, on couvrit le chef de Matthieu avec la moumoute. Les trois témoins, appelés d'urgence sur les lieux, les reconnurent comme les individus louches rôdant avant l'heure du crime autour de la maison du maestro, à un détail près : il manquait une canine dans le sourire du démoniaque. Ce détail fut éclairci par la reconstitution des faits : les tantines avaient pénétré en catimini dans la demeure du maestro. Jean avait enlevé son dentier, car allez mordre avec un appareil dentaire ! Il avait ainsi rendu fonctionnelle l'arme du crime : sa canine, seule survivante d'un désastre dentaire. Matthieu, ceinturant le ténor, avait, au plus fort du pugilat, perdu sa moumoute et la victime lui avait arraché son unique cheveu avant d'être mordu par l'unique dent de Jean, cette dent qui s'avéra s'adapter parfaitement dans le trou du cou du ténor et qui, sous le choc de cette attaque pleine de rage, s'était déchaussée et avait roulé sous le fauteuil. Les deux gredins, confondus, finirent par avouer qu'ils avaient tué leur réveille-matin.

Cette histoire lamentable montre que la musique n'adoucit pas toujours les moeurs, sûr !, et conduit à une mort sûre.

Jean Calbrix

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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 16:55

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