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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 12:45


Le jour ou la nuit, Corinne Jeanson aime bien passer au café. Elle a maintenant sa table réservée pour lire, écrire et partager poèmes ou courts récits. Pour la retrouver facilement parmi la foule des visiteurs, il vous suffit de cliquer sur le menu " Nuits blanches "

 

Prière des espoirs


J'ai pour vous
Ce que personne ne peut atteindre

Jusqu'à mon dernier souffle
Ce quelque chose qui vous appartient
Me retient à vous
Ce quelque chose que j'ai déposé
A vos pieds
Que je ne sais nommer
Ame ou identité
Je vous l'ai offert
Pour l'éternité

À l'écho de vos pas
Renaissent incessantes
Les traces de cette attraction
Ni amour ni désir
Vivace effarement
Qui monte de vos reins
À vos paumes
Creux dénudés d'oubli
Courbes habitées
De tous mes égarements

À votre dernier regard
Est éclos un souffle au cœur
Ma vie depuis s'est dilatée
De vous
Jour après jour
S'effacent mes contours
Se drapent mes inspirations
Trou noir stellaire
Vous attirez mes mouvements
De corps démembré et d'esprit consumé

A l'ombre de vos lumières
S'allonge ma tête noire
J'ai fait de ma vie un souffle
Au croisement de nos routes
Ni crucifixion, ni abandon.
J'ai pour vous
Ce que personne ne peut atteindre,
Pas même moi.

Corinne Jeanson

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4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 18:26
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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 11:57
 
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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 14:18



Les premières nouvelles du concours 2008 nous sont parvenues.

Les commentaires et les questions continuent leur petit bonhomme de chemin. Cette année, le règlement occupe moins les esprits que le thème retenu. On tient à en vérifier l’intitulé. Original, curieux, inattendu, surprenant, nous dit-on. Quelques concouristes potentiels sont perplexes et nous demandent des éclaircissements. A vrai dire, le sujet est vaste et il existe bien des manières de l’aborder. Pour simplifier, nous dirons qu’il est surtout question de passages. Vous savez, ces moments dans la vie où l’on passe d’un état à un autre, ces étapes labyrinthiques où certains se trouvent et où d’autres se perdent, ces chambardements dans l’affairement quotidien, ces soubresauts qui font vivre chez tout un chacun l’aventure de la rencontre, le deuil et l’exil. "Passages rebelles " peut être une échappée dans un autre temps et un autre lieu, un cri d’émerveillement ou un hurlement de douleur, une mutation chargée de poésie comme une possible absence au monde. Le rebelle veut bouleverser ce qui lui est connu soit ! Cela ne l’empêche pas de marcher sur terre et avoir, au-delà de la prolifération des signes, la tête perdue dans les étoiles…

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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 17:33
 


Ysiad aime assez répondre aux questions des internautes égarés sur la route Google / Calipso. Pour "Le printemps de Calipso ", elle nous offre un sujet hautement sensible et qui devrait en interpeller plus d’un(e) : est-ce mal de fouiller dans l’ordinateur de son mari ?

 



Chère internaute,

La question relevée dans les filets de Google mérite d’être abordée, même si vous l’avez posée sous un angle délicat. Peut-on fouiller dans l’ordinateur de son mari ?, permet d’éviter cet écueil moral capable de faire sombrer bien des raisonnements. Permettez-moi toutefois de penser que si cette question s’est posée en ces termes, c’est parce que vous n’avez pas la conscience tranquille. Au fil des jours, l’idée de fouiller dans l’ordinateur de votre mari vous a tentée et tourmentée. Vous avez succombé à la tentation simplement parce que votre époux a mis le feu aux poudres du soupçon en laissant tomber un soir d’hiver, à peine la dernière bouchée avalée : Chérie, j’ai du travail, je te laisse devant Mister Bean.

Vous eût-il abandonnée devant James Bond contre le Docteur No, les choses auraient pris une tout autre tournure. Vous vous seriez concentrée sur la silhouette de Sean Connery courant sur une plage de la Jamaïque dans un pantalon de toile légère à la rencontre d’une ramasseuse de coquillages tout à fait quelconque, et vous n’auriez jamais perçu derrière la porte les rires de privauté qu’accompagnait le cliquetis infernal des touches du clavier, alors qu’à l’écran, ce soir-là, Atkinson paumait sa montre dans le croupion d’une dinde trop grasse.

Malheureusement, ce fameux soir d’hiver, les cliquètements du clavier ont pris une ampleur anormale. Ni les vibrations de l’essoreuse déchaînée, ni les gesticulations de Mister Bean ne sont parvenus à les atténuer. Le cancrelat du doute rongeait votre cerveau en glissant dans chacun de vos hémisphères des prénoms comme Pénélope ou Natacha, cependant que de longues silhouettes botticelliennes posaient leurs bras graciles sur les épaules de votre mari. A bout de nerfs, vous avez éteint la télé d’un pouce rageur, jeté un Je vais me coucher sec à travers la porte et gagné la chambre, flanquée du compagnon fourré toujours prêt à jouer les ventouses au pied du lit.

Et puis les jours ont passé. Forcément. Les jours passent mais pas le soupçon, c’est ainsi, la vie est mal fichue. Le soupçon se nourrit de n’importe quel embryon d’indice derrière la porte. Un dimanche, en voulant le nettoyer avec un coton imbibé d’alcool, l’écran de l’ordinateur est devenu un lac de tourbe peuplé de créatures trop blondes pour être honnêtes, et c’est pour cette raison précise que vous avez tapé sur la pointe des doigts un mot de passe, suivi d’un code secret.

Vous avez pratiqué la fouille informatique avec une volupté sans égale aux alentours de minuit, lorsque la pluie tambourinait sur les tuiles du toit et que toute la chambre retentissait des vibrations régulières de l’époux ronflant. Vous avez progressé à tâtons vers le bouton de porte en écartant des voiles de pénombre, toute la difficulté consistant à correctement viser ce bouton sans risquer de trébucher sur le miauleur qui a une fâcheuse tendance à s’entremettre, dès qu’il devine votre présence en mouvement. Au début, il vous arrivait de lui marcher sur la queue avant d’accéder à la pièce où vous attendait l’ordinateur replié dans sa housse. C’était embêtant. La lampe s’allumait, une tête de hibou émergeait des oreillers ; terré sous le lit, le chat feulait et crachait. C’est pourquoi vous avez pris des mesures et acheté au matou un collier phosphorescent, pour les nuits où vous meniez votre petite enquête.

Qui n’a rien donné. Vous avez accédé à une foule de liens utiles. Les horaires de livraison du supermarché ne laissant dans leur sillage aucun parfum d’érotisme extraconjugal, vous avez estimé que vos soupçons étaient ridicules. Au fil des jours, Natacha et Pénélope se sont éloignées, jusqu’à ce soir de pleine lune où, à force de recoupements, une certaine Calipso a surgi des fréquentations informatiques de votre mari. Calipso dans sa robe tissée de perles dansant à son bras, Calipso capable de le retenir de la même façon que son homonyme avait autrefois retenu Ulysse avant que Zeus n’intervienne pour permettre au captif de cingler vers Ithaque où l’attendait Pénélope.

Alors d’un doigt vengeur, vous avez demandé au dieu Google de vous conduire jusqu’à elle.

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28 mars 2008 5 28 /03 /mars /2008 16:38
crevecoeur.jpg

Au café, les menus sont variés. Vous y découvrez des fables, des lettres, des dépêches, des reportages, des débats, des chroniques, des nouvelles et peut-être plus lors d’un prochain " Printemps de Calipso "… Sait-on jamais avec Gilbert Marquès ?

 

 


Je me présente : je m’appelle " Nouvelle… brève "

Faute de temps et de place, il m’est formellement interdit de m’étendre sur mon sujet. Du reste, je ne raconte pas plus d’histoire que je ne développe d’information. Je me dois donc d’exister par moi-même.

- Soyez claire et concise, ai-je reçu pour instructions.

Donc, tressée comme une chevelure abondante réduite à sa plus simple expression pour rentrer sous un béret, je me fais violence pour extraire la quintessence de mon univers afin d’en relater l’évolution. Je ne me permets aucune critique, encore moins la moindre digression qui agrémenterait pourtant mon propos. Je m’en tiens au fait brut sans aucun commentaire.

Pour parvenir à remplir cette mission ingrate, je me casse le stylo à rechercher le mot le plus explicite, celui qui traduira le mieux ce que j’essaie de transmettre. Ainsi, je me perds parfois dans le dédale d’un vocabulaire abscons, voire pompeux.

Rendue avare par nécessité, et non par nature puisque je serai plutôt prolixe, je muselle mes épanchements verbaux pour rester un modeste moyen d’expression aux apparences froides et distantes.

Toutefois, mon irrévérencieux désir d’être lue prime sur toute autre considération. Véritable caméléon, je me plie à toutes les exigences, même les plus saugrenues, tant et si bien que je finis toujours par me satisfaire de cette intransigeance qui me torture.

" A quelque chose malheur est bon " proclame un proverbe. Il ne saurait être mieux adapté à mon cas.

L’exercice de style auquel je dois me soumettre comme à une loi inique me satisfait par l’assurance d’être caressée, parfois, par des yeux attentifs.

- Pourvu que le lecteur comprenne, me dis-je pour me rassurer.

Je suis conçue, en principe, pour cette fonction même si je ne représente sans doute qu’un modeste " faire valoir " probablement parcouru par des regards distraits, le plus souvent. Ma taille limitée ne me permet pas d’espérer davantage. Ainsi dois-je m’estimer heureuse de pouvoir me glisser presque subrepticement entre deux pages, bien au chaud, sans pour autant me bercer d’illusions. Jamais, sans doute, je ne m’imprimerai dans les esprits savants ou érudits. Je n’en demande pas tant même si être remarquée, parfois, m’aiderait à mieux circonvenir la postérité.

Mais… je ne désespère pas qu’il me soit un jour permis d’être plus loquace. D’ailleurs, je nourris depuis bien longtemps un rêve dispendieux et probablement trop ambitieux. Je m’y accroche comme à une bouée de sauvetage me permettant de continuer ma tâche avec une ardeur décuplée. Il consiste à me transformer en… ROMAN !


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27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 18:25

R-gine-G.jpg

C’est une lettre que Régine Garcia nous offre pour " Le printemps de Calipso ". Une de ces lettres que nous aimerions certainement tous recevoir un jour au cours de notre vie…


                                                                                                Vitrolles, le 25 janvier 2008


Mon amour,

Depuis dix-sept ans, jour après jour, nous construisons l’édifice de notre amour avec nos accès de fous rires, mais aussi nos accès de colère. Au fil des ans, il ne s’est pas émoussé : bien au contraire, il a grandi, mûri. Nous avons combattu et terrassé nos doutes, nos peurs, par un respect tacite l’un envers l’autre. Pacte silencieux, sans signatures ni fioritures. Jamais de promesses inutiles, seulement des actes qui sont nos mots, sans autres maux.

Tu es ce père que je n’ai pas connu, tu es cette mère aimante que je n’ai pas eue, le grand frère protecteur, le mari attentionné. Tu es ce gouvernail qui guide mes pas hésitants, ce mât solide sur lequel je m’appuie lors de tempêtes démoniaques. Tu es le Tout.

Je te livre ces quelques lignes avant qu’elle ne nous éloigne irrémédiablement l’un de l’autre. Hier soir, nous avons fait l’amour, mais nous n’étions déjà plus deux amants furieux, avides l’un de l’autre. Nous n’avons pas joui à l’unisson, mêlés par le plaisir ultime, infini. Insensiblement, tu te détaches de ce corps qui ne t’appartient plus. Pourtant tu l’as tant aimé, caressé…

Bientôt, je ne serai plus celle que tu as désirée, que tu as aimé, que tu as transcendé entre tes bras. Nos lèvres ne se frôleront plus, notre désir de peau, de langues, de toi, de moi, n’existera plus. Aveugle et sourde, ELLE éloignera nos corps différents… Éloignera nos cris dissonants…Éloignera… nous…

Verdict incontestable, les analyses sont formelles. ELLE, son nom barbare : maladie d’Alzheimer familiale autosomique dominante… maladie génétique dont ma mère souffrait : pertes de mémoire fréquentes, errance puis crises de démence, absence d’hygiène et de dignité. JAMAIS ! JAMAIS ! Tu m’entends. JAMAIS ! Tu ne me verras en dégénérée, enveloppe charnelle sans consistance.

Quand tu liras cette lettre, je serais sur le pont de Roquefavour. Tu te souviens de ce pont où nous nous sommes embrassés la première fois et jurés un amour éternel ? J’accomplirais notre promesse et nos pensées emmêlées se confondront en un seul et dernier acte. N’oublie jamais les étreintes chaudes de nos nuits enflammées et l’amante passionnée ! N’oublie jamais ces moments intenses !

Adieu,

Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai toujours…

Ta petite femme d’amour

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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 17:50


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C’est à Danielle Akakpo qu’il revient aujourd’hui de présider le bar pour "Le printemps de Calipso". Elle nous propose un poème bien connu, juste un peu réécrit…

 

 

Réfléchis, ma beauté, ça déboule à toute allure le temps des quatre-vingt berges et plus, des rhumatismes, de la canne, du sonotone. Ce temps où tu trembloteras, effondrée dans ton fauteuil, une couverture de laine sur les genoux, un châle à carreaux sur les épaules. Je sais de quoi je cause, à force de rendre visite à ma grand-mère. Un calvaire d’ailleurs, ces visites ! Elle n’arrête pas de parler de ses vingt ans, mémé, elle n’arrête pas de se plaindre, de regretter ses boucles blondes, ses joues lisses, sa taille de guêpe, et le bel étranger qui voulait lui faire connaître le monde. Toi aussi, tu veux finir comme elle, avec des regrets, de l’amertume plein le cœur ?

Tu es mon soleil, mon étoile, je suis fou de toi, je t’idolâtre à en crever. Je te le serine chaque jour, je le claironne à la cantonade ! Ta mère, ta sœur, tes copines, tes collègues, tout le monde te répète que je suis celui qu’il te faut, que tu auras du mal à en trouver un qui t’aime à ce point, qui te couvre de fleurs, de compliments, de cadeaux !

Et toi, tu tergiverses, tu me fais languir, tu m’accordes un baiser, tu m’autorises une caresse. Tu le sais bien que je veux plus, que je te veux toute à moi, que je te désire, là, le mot est dit ! Alors, qu’est-ce que tu attends ? Le bonheur, ça ne t’intéresse pas ? Décide-toi, bon sang ! Parce qu’en dépit de l’adoration que je te porte, je sens que je vais finir par me lasser. Ce n’est pas une vie que tu me fais mener… et je ne suis pas de bois !

Allez, ma beauté, colle tes hésitations dans ta poche avec ton mouchoir dessus, et précipite-toi dans mes bras, dans mon lit ! Les draps t’espèrent, eux aussi, tout aussi impatiemment que moi. Mais ma foi, si tu préfères finir racornie, desséchée, ton bol de tisane à portée de main, à compter tes derniers cheveux blancs, tes dernières dents, à chevroter, blottie contre ton radiateur électrique : " Si j’avais su, si j’avais su ", c’est ton problème, ma chérie !

 




 

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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 17:05


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Un début en chanson pour cette semaine anniversaire avec Jean-Paul Lamy comme parolier.

Note de l’auteur : ce texte a été écrit pour être mis en musique (il l’a été), et pour lequel je n’ai pas hésité à élider (et à remplacer par des apostrophes) des " e " normalement muets mais auxquels la poésie rend la parole.



                                                Où sont-ils donc partis ?…



Où sont-ils donc partis, les héros d’autrefois

Qui tous savaient si bien me fair’ rêver, enfant ?

J’ai beau tourner les pages, ils ne sont jamais là,

N’ont-ils pas eu le temps de crier : " Gare au temps " ?

Petit Prince a grandi, ses cheveux sont moins blonds,

Il demande à sa femme : " Cuisin’-moi un mouton ".

Meaulnes, dans le Berry, agent immobilier,

Emmène ses clients sur des parcours fléchés.

La bretell’ d’autorout’ mène au château de rêve

Où, tous les soirs d’été, il y a " son et lumière ",

Au rayon " souvenirs ", on trouve de faux glaives,

La boutique est tenue par les Trois Mousquetaires.

A la cour de Madrid, un vieux sournois intrigue,

Il eut son heur’ de gloire, autrefois, ce Rodrigue.

Après bien des grossess’s, sa Chimène trop mûre

S’empiffre de loukoums et fait des confitures.

Blanche-Neige, aujourd’hui, ressemble à la sorcière,

Barbe-Bleue, au régim’, craint le cholestérol,

Les vieux loups édentés n’aval’nt plus les grands-mères,

Les carrosses des princ’s fonctionnent au gazole.

Croc-Blanc est dans sa niche et mange des croquettes.

CNN retransmet le choc de Waterloo,

Et, devant sa télé, couché sous une couette,

Un vieil homme regard’, c’est Fabric’ del Dongo.

Vendredi, le sauvage, Robinson Crusoë

Publient un nouveau livr’, passent à la télé,

D’une crème solair’, font la publicité,

Et disent leur bonheur de s’être enfin pacsés.

Ont-ils tous déserté la " Bibliothèqu’ Verte " ?

Ont-ils, au fil des ans, tous couru à leur perte ?

Rien qu’une fois, rien qu’un’, je veux les retrouver,

Je voudrais tant pouvoir encor m’émerveiller.

Où sont-ils donc partis, les héros d’autrefois

Qui tous savaient si bien me fair’ rêver, enfant ?

J’ai beau tourner les pages, ils ne sont jamais là,

Ils n’ont pas eu le temps de crier : " Gare au temps ! "

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22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 18:12


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C’est juste un petit dialogue de rien du tout, dans le style série policière à la française ; Corinne Jeanson nous le propose comme un petit amusement. A vous chers lecteurs de dire si vous souhaitez une suite…  



Paul Agostino

 


- Mon Renard, tu m'as manqué. C'était comment New York ?

- Noir et blanc.

- Et ici ?

- Rien. Nothing. Degré zéro sur Paul Agostini. Qu'as-tu trouvé là bas pour notre enquête ?

- Il est bien arrivé par bateau. J'ai remué toutes les archives du port pour flairer sa trace. Une semaine de boulot avec les flics new-yorkais. L'adjudant Garett a été mon guide. Intéressant leurs méthodes. Whisky sur la 42e rue, bière à Broadway, vin rouge à Manhattan. Le best, cognac d'Angoulême à Big Apple. Que du bon. De la glace aussi et du salpêtre.

- Et le Ground Zero ?

- La place des tours perdues, pas eu le temps d'aller visiter un trou.

- Vraiment ?

- Putain, on a dit, on parle pas de vie privée au bureau.

- On est entre nous.

- Bon, d'accord, j'ai fait quelques virées. Les Américaines, enfin, surtout celles qui viennent du Mexique, sont abordables. Bon, je te parle de ma queue ou de mon enquête ?

- Commençons par ton enquête. Ca dit quoi sa trace ?

- Facile, le 1er mars 1999, arrivée au port de New York, paquebot Independance. Tu sais que Paul déteste l'avion. Donc inutile de relire les archives de JFK. Là où ça se complique, c'est la suite de son séjour.

- Salut les blaireaux, alors Guy t'as retrouvé ton renard ?

- Hello, la Rose, bon week end ?

- Rosa, je t'ai déjà dit de m'appeler Rosa.

- Rose, Rosa, quelle différence ? Pour une lettre !

- Rosa, mes parents étaient communistes, n'oublie pas cette différence, pas comme tes bof à deux balles du quartier Est.

- Pas d'insultes pendant le service, ma Rose, heu Rosa.

- Tiens, c'est pour vous.

- C'est quoi ?

- Des madeleines.

- Rosa, tu es géniale, tu as passé ton week-end à faire des madeleines.

- Regarde-moi bien Guy, est-ce que j'ai une tête à préparer des madeleines. Non, c'est ma mère, Yolande, qui les a préparées. Moi je suis sympa, je pense aux collègues, je vous ai amené des madeleines.

- Ca m'rappelle une chanson.

- Non, dans la chanson c'est des bonbons.

- Non pas celle-là : Madeleine elle aimera ça.

- Moi ça me rappelle les odeurs. L'odeur des madeleines de mon enfance. Mon souvenir d'enfance c'est la bouse de vache, celle des pâturages de l'Hirmentaz, avec les grosses vaches et leurs cloches au cou.

- Ca y est le voilà à faire son couplet sur la Savoie.

- La Haute-Savoie, la Haute, ne défigure pas tout s'te plait.

- Moi, ça me rappelle Magdalena, Marie-Madeleine, la pécheresse aimée de Jésus. Renard, ça a donné quoi les States ?

- J'ai bien démarré, il est arrivé au port de New York, comme on l'avait deviné. Après, visite-éclair chez le mac de Riverdale, à Brooklyn.

- Tout finit à Brooklyn.

- Tout commence. Là, on sait qu'il a séjourné trois mois, après partance.

- Où ça ?

- Nouveau paquebot destination Brésil.

- Qui va au Brésil ? Moi je suis partante ! C'est bientôt Carnaval.

- J'ai mailé à ceux d'Interpol, j'attends une réponse pour connaître escale et jour d'arrivée. Après on avisera.

- Il va se mettre au vert au Brésil, c'est quoi son ticket cette fois-ci ?

- Salut Rosa, bien ton week-end ?

- Salut Carlotta.

- Vous n'en avez pas marre de tous vos noms en A.

- Quoi ? Carlotta, c'est plus court que Marie-Charlotte. J'ai passé un week-end à garder mes neveux, 5 et 7 ans. La petite a passé en boucle la belle au bois dormant, version Disney.

- Bon, les filles c'est pas que vous gênez mais nous on bosse, donc allez pintader ailleurs.

- Sale macho, moi aussi je bosse, sur l'enquête de la tarentaise, c'est pas du gâteau. Salut, Rosa.

- Ouais, je me souviens bien de ce Disney. Drôle. L'histoire de la fée carabosse qui envoie ses sbires chercher la princesse. Quels cons, pendant quinze ans ils cherchent un bébé, ils ont oublié que la princesse a grandi, qu'elle est devenue une belle jeune fille à marier... Putain, les mecs, j'ai trouvé.

- Quoi, t'as trouvé quoi ?

- Je résume. Ca fait trois ans qu'on cherche partout notre Paul Agostini. C'est pas Paul qui faut chercher. Ajoutez un A et vous aurez la clé de votre énigme.

- Quoi, Rosa, tu vas nous faire croire que tu es sur une piste ?

- Evidemment, votre enquête, je vous l'ai résolue avec un simple " A " de trop.

- Tu peux être plus claire.

- Que va faire au Brésil un trafiquant dans le genre de Paul Agostini qui a Interpol à ses trousses ? Se refaire une identité. Et Paul Agostini, c'est connu, a des tendances, disons homo. Déjà repéré déambulant avec de la coke plein les poches de sa robe à froufrou les nuits de pleine lune dans l'île verte. Quoi de plus tentant que prendre une identité féminine pour rentrer au pays incognito ? Tout est dans la finale : rose, rosa, Marie-Charlotte, Carlotta, Madeleine, Magdalena. Je rajoute un "A " à mon passeport et illusion d'artistes, je suis en France. Cherchez une femme, vous trouverez l'homme.

- Redis-moi, coéquipière, c'est qui tes mentors ?

- Ca va mes blaireaux, ça fait deux ans que je fais équipe avec vous. Je vous dois tout, même mon cul de poulet.

- Renard, tu m'appelles le Fredo, je le veux dans le poulailler demain à la première heure. Notre indic est aux premières loges pour avoir entendu parler de Paula Gostini. Fixe-lui rendez-vous sans tarder.

à suivre … peut-être

 

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