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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 19:33

Solidarite-Roms.jpg

Vous êtes nombreux à souhaiter que le parfum de la poésie illumine vos soirées passées au café. Dans cette société qui devient chaque jour de plus en plus ténébreuse, je propose aux poètes de préparer un concert au café à diffuser pendant la dernière semaine de l'année ; l'occasion de croiser des vers et des verres à propos d'évènements, rencontres, découvertes, aventures... au cours de l'année 2010 et qui les auront amusés, fâchés, réjouis ou révoltés. Alors que l'on se passe le mot et 2010 ne se terminera pas sans lumières !  

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 18:09

Cuisine.jpg

Aujourd’hui, en nous référant à l’adage selon lequel "foirer, c’est bien, mais bien foirer, c’est mieux", nous mettons gaillardement les voiles vers les rivages de la cuisine hautement improvisée, car oui, il faut faire preuve d’ambition, que diable, surtout lorsqu’il s’agit de faire une surprise à sa belle-mère.

 

Comment bien foirer un plat grandiose pour sa belle-mère

 par Ysiad

 

Cela fait des mois que votre belle-mère vous met cent longueurs aux fourneaux, allons, mille, dix mille longueurs, ne faites pas cette tête, reconnaissez qu’elle est vachement douée. Elle cuisine dans la "divinité", toute la famille le dit et chante ses louanges, elle fait des soufflés époustouflants qui se tiennent sur le plat comme des chapeaux de chef, des bananes flambées caramélisées à se rouler par terre, des mousses au chocolat à se convertir au dieu Nestlé et des sautés de veau si savoureux que votre mari se les repasse la nuit. Môman, ton veau était diviiiin…chuchote-t-il dans ses rêves les plus torrides. Normal. C’est sa mère. Bref. Il est temps de prendre une petite revanche de derrière les fagots, ouais, boum crac, et c’est dans cet état d’esprit que vous projetez un matin de prendre d’assaut sa cuisine et d’en faire sortir un truc de ouf. Dont elle se souviendra. Dont tout le monde se souviendra. Dont votre mari rêvera encore longtemps durant les glaciales soirées d’hiver. Dont même Dieu se souviendra, tout là-haut, après avoir humé à pleines narines le fumet exquis de votre production. Paf. Na. Et toc !

Profitez d’un jour où vos beaux-parents prennent leur quartier pour vous emparer de la cuisine et de tous les ustensiles que votre belle-mère range avec un soin méticuleux au fond de ses tiroirs. Ouh la jolie cuisine, les jolis appareils ménagers, et comme il est bon, soudain, de s’en croire la maîtresse ! Après avoir longuement cogité sur le truc de ouf que vous alliez préparer, vous avez choisi un gazpacho. Pourquoi un gazpacho ? Ben on sait pas trop. Pour des tas de raisons. Parce que c’est l’été et qu’il y a de belles tomates, de beaux poivrons, de beaux piments, de beaux oignons, de beaux concombres et de belles échalotes dans le jardin. Parce que le poulet au miel et aux vingt-quatre épices, c’est franchement trop tape-à-l’œil. Il fallait quelque chose qui ferait son petit effet et laisserait un goût impérissable sur le palais. Et vous l’avez trouvé. Un gazpacho. Très andalou. C’est une grande première, vos beaux-parents en mangent rarement, c’est la première fois que vous en faites un.

En rentrant du marché, disposez les légumes frais devant vous, le bol à mixer, les couteaux, les appareils, tout ce qu’il vous faut, et sortez la recette que vous avez découpée dans un magazine. D’emblée, comme ça, elle ne vous plaît pas trop, cette recette, vous avez toujours eu horreur de suivre comme un bon cheval de labour les chemins tracés au cordeau, mais bon, pour l’instant, on va faire avec. On verra plus tard. On n’est pas aux pièces. Il sera toujours temps d’improviser.

Commencez par peler les petits légumes d’un geste souple avec le bon couteau, là, c’est bien, attention aux doigts, on se concentre, on s’applique, un œil sur la recette tout de même, ils disent d’employer du vieux pain. Pourquoi : vieux ? C’est nul cette recette, pourquoi pas du pain pourri, non mais, votre belle-mère mérite mieux que du vieux pain, et puis vous n’en avez pas, du vieux pain, vous n’avez que du pain frais. Pas de pain, voilà, c’est réglé. Ou alors un peu de râpé de biscotte, à l’extrême rigueur, y en a-t-il ? Extraordinaire, y’en a, votre belle-mère a tout ce qu’il faut. Et prétentieuse avec ça, cette recette de gazpacho "inspirée d’un voyage en Andalousie" ! Inspirée de rien du tout, oui ! Pour balancer du vieux pain dans un potage estival, faut pas être bien inspiré, faut juste vouloir recycler des rogatons de baguette dans la tambouille. Enfin. Ne vous laissez pas abattre pour si peu, et continuez de peler l’oignon derrière une paire de lunettes noires. Là. Impec. Maintenant c’est délicat, on mélange le râpé de biscotte à l’huile d’olive, une rasade de vinaigre fin, une rasade de sucre dans le mixeur, parfait, et en avant pour les légumes en suivant la recette tout de même, tomates pelées coupées en huit, morceaux de concombre, morceaux de poivrons, morceaux d’oignons, morceaux d’échalotes qui dégringolent dans le bol, sans oublier l’ail. Il faut de l’ail, c’est excellent pour la circulation sanguine, vous avez toujours carburé à l’ail, vous n’êtes pas du Midi pour rien. Bien. Maintenant c’est au tour des piments, et ça tombe on ne peut mieux, le marchand est allé vous chercher des petits piments péruviens comme dans Tintin, qui ont du goût, du corps, une saveur particulière, vous m’en direz des nouvelles ! vous a-t-il lancé sur un petit ton joyeux en les glissant dans le sac. Super. Cette imbécile de recette stipule : un demi-piment ou du piment en poudre, incroyable comme les gens sont timorés, pourquoi pas un ersatz de piment, tant qu’on y est ! Ce sera deux beaux piments du Pérou, faut c’ qui faut, allez, on mixe. Et pas grossièrement, comme le dit la recette. Mettez les petits morceaux de légumes que vous avez gardés dans des coupelles, pour la décoration, vous ferez les croûtons ensuite. Sortez la soupière, versez le gazpacho dedans, et hop ! Au frigo ! Ah, la belle réussite que vous tenez là !

Vos beaux-parents sont rentrés ravis de leur escapade. Ils ont faim et vous aussi. Ça creuse, de tout remettre en ordre. Sortez le champagne, ce n’est pas tous les jours que vous faites la cuisine pour eux !

Première cuillerée de gazpacho. Sluuuurp. Deuxième, slurp. Houuu. Haaaa. Ouaaah. La troisième arrache la gueule. De la fumée sort des oreilles de l’époux. Votre beau-père s’arrête d’avaler. Il a la langue bloquée. Un grand silence de consternation s’installe. Pour le rompre, votre belle-mère, tout en se tamponnant vigoureusement les tempes avec sa serviette, laisse tomber un lapidaire : C’est vraiment très spécial.

Pour ne pas être en reste, la main figée sur le manche de la cuillère et les joues en feu, votre beau-père articule à son tour, dans un valeureux effort de stoïcisme : Il faut connaître de tout.

Bingo. En plein dans le mille. C’est foiré.

Et si par miracle, l’époux se réveille vingt ans plus tard au milieu de la nuit en hurlant : Non ! Pitié ! Pas de gazpacho !, alors seulement, votre petite aventure du plat grandiose sera bien foirée.

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 13:24

Pour-Christelle.jpg 

Maintenant que Lastrega a fait le travail de remise en forme du poème de Christelle, il ne reste plus qu'à le présenter au menu du jour et souhaiter qu'en ce dimanche de neige il réchauffe grands et petits...

 

 

À L'aube de la vie

 

Quand vient l'aube nouvelle en gerbes de lumière

Sous la voûte d'azur, à l'entrée du berceau

Dansent les reflets d'or, comme un ballet d'oiseaux

Où viennent se pencher les ombres familières.

 

Dans la splendeur du jour, s'entend un premier cri

A l'heure où l'enfant-né dévoile sa présence

Pour offrir au matin la fleur de l'innocence

Dont un élan d'amour vient récolter le fruit.

 

Sur des notes d'espoir, comme une mélodie

L'écho du temps qui passe est plaisir enchanteur

Et l'horizon frémit, sortant de sa torpeur  

Quand l'aile de l'instant s'envole vers la vie.

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 13:29

petits-enfants-YO.jpg

La poésie comme trait d'union entre les générations, c'est l'attachante proposition d'Yvonne Oter pour entamer le début de la fin 2010. On en redemande.

 

Petits-enfants

 

Au commencement est venu le mot

tout seul, tout rond, tout rose

amour d’enfant dormant d’un sommeil confiant

souriant aux étoiles

qui veillaient sur ses songes.

On l’appela Baptiste.

 

 

Deux ans plus tard est née la phrase

poupée fragile aux longs cils délicats

ouvrant très grand les yeux sur son monde à venir

curieuse

avide de conquérir l’univers.

On l’appela Juliette.

 

 

Huit petits mois plus tard est arrivée la grammaire

poupon glouton au visage d’ange

espièglerie pétillant déjà sur son petit minois

à peine chiffonné par son dur passage

d’un "j’étais" à un "je serai".

On l’appela Colleen.

 

Il a fallu attendre six ans pour voir apparaître le texte

petit mâle émouvant dans sa fragilité

de bébé innocent encore du péché

quel péché ?

un enfant est si tendre dans son humanité.

On l’appela Gautier.

 

 

Petits-enfants papillons

qui venez jeter des notes de couleur

dans le gris de mes cheveux

Petits-enfants zéphyrs

dont le vol caressant vient défriper les plis

que les ans ont déposés sur mes joues

Petits-enfants cassettes

où les joyaux rares des sentiments

font briller mes yeux un peu éteints par le temps

Petits-enfants fruits

dont le jus est la vie qui me coule à plein gosier

jusqu’au centre de mon cœur blasé

Petits-enfants poissons

qui frétillent et qui dansent

dans le courant paresseux de mon lit desséché

Petits-enfants lumières

des cieux des dieux des vieux

rendant vie au noir le plus obscur

Petits-enfants, mes petits-enfants,

mes trésors espérés

qui m’avez donné ce texte

avec des mots

composant des phrases

en respectant la grammaire.

Merci.  

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 09:20

foirer-shampoing.jpg

Aujourd’hui, nous abordons avec le vent en poupe le problème épineux du shampouinage du chat. Pour cela, il faut un chat, et du shampoing pour chat. Vous êtes prêts ? C’est parti pour une super partie de shampouinage, en avant, miaoum !

 

                                                 Comment bien foirer le shampouinage du chat

                                                                           par Ysiad 

 

Ce chat pue, vous l’avez constaté. C’est une infection. Il y a des relents, même avec la fenêtre ouverte. Il ronronne à côté de vous en pensant vous faire plaisir, mais en réalité, il vous indispose. Il est encore allé se rouler dans la poussière et tous les pots de terre dans lesquels vous essayez de faire pousser des trucs exotiques. Pas possible. Y en a marre. Il est grand temps de faire quelque chose.

Levez-vous du canapé, farfouillez sous l’évier et sortez une grande bassine, ou un grand bac, enfin un machin suffisamment grand pour contenir un gros matou, que vous disposerez bien au milieu dans la baignoire. Là. Bon départ. Faites ensuite couler de l’eau à température ambiante, puis versez quelques gouttes de shampoing pour chat et faites mousser l’ensemble avec la main. De belles bulles se forment à la surface, elles sont même assez grosses et de toutes les couleurs, c’est parfait, y a plus qu’à attraper le chat. La méthode dite infaillible consiste à faire tinter dans la gamelle quelques croquettes, pour l’appâter. Le voilà qui rapplique. Parfait. Bon chat. Approchez-vous, lentement, l’air de rien, mains en avant, et hop !

Flûte. Il s’est barré sous le fauteuil. Sale bête. Recommencez à faire dégringoler des croquettes, diling diling diling, et attendez. Patience. Il va sortir. C’est juste une question de quart d’heure. Si ça tarde trop, prenez un bouquin, brossez-vous les dents, faites vos vitres, frottez le parquet, astiquez les poignées de porte, plantez des clous, lavez la hotte, occupez-vous à l’ignorer. Qu’est ce qu’on disait ! Il rapplique. Plisse les yeux. Hume ses croquettes. Attendez un peu, histoire de brouiller les pistes, puis prenez un air innocent, susurrez lui des mots doux, faites des bruits de bouche, grattez-lui le menton et refermez vos bras autour de lui. Vous croyez que c’est plié ? Pas du tout ! D’une rapide torsion du bassin, il jaillit de l’étreinte en vous griffant et se carapate le plus loin possible, hors de votre vue. Pas grave. Même pas mal. Gardez votre calme. Recommencez depuis le début. Diling diling diling, bross bross bross, scratch scratch scratch, prenez tout de même l’épuisette qui traîne dans la chambre de votre fille, on ne sait jamais, ça peut toujours dépanner.

Plus tard, le félin revient rôder autour de sa gamelle. Cachez l’épuisette dans votre dos et avancez-vous à pas de velours. Non, pas comme ça. Discrétos, la langue entre les dents, sur la pointe des pieds. Léger. Aérien, le pas. Façon ballerine. Puis levez le bras et visez avec la tête de l’épuisette celle de l’animal. Qui esquive d’un bond souple, détale à toutes pattes et va s’aplatir sous le canapé, à l’endroit où le sommier défoncé forme une cuvette. Pas commode pour le choper. Très difficile. Comme dirait votre ami nippon, y a un gros sushi. Allez. Du nerf. On déplace le bazar. Un coup à droite, un coup à gauche, c’est lourd mais ça vient, des nuages de poussière s’envolent, kof kof, c’est pour la bonne cause, sors de là, encore un effort, on touche au but. A l’instant où vous voyez apparaître ses moustaches, voilà que le chat démarre au quart de tour et traverse la pièce à la vitesse d’une Formule 1 pour se garer dans le pouf à billes de votre fils. Les phares de ses yeux vous narguent comme pour vous dire : Freine. Si tu fais encore un pas, je plante mes griffes dans ce machin mou, et j’en fous partout. Faites fi de cette tentative d’intimidation. Qu’il les fasse, ses griffes, et allez-y, sans l’épuisette, sans rien, affrontez l’adversaire à mains nues, c’est entre lui et vous maintenant, l’eau refroidit, plus une minute à perdre ! Et une et deux et hop ! Sautez dans le pouf !

Très bien. Belle prise. L’affaire est dans le sac. Maintenant, courez entre les billes en maîtrisant le prisonnier qui se débat et se tortille, miaule, griffe, mord, gronde, plus qu’un pas vers la baignoire, oui, vous y êtes… Mais voilà que l’animal donne une si forte et si soudaine poussée contre votre torse, que vous perdez l’équilibre et basculez dans le bac, à l’instant où il bondit sur la tablette du lavabo, pour contempler de haut maman qui prend son bain.

Bravo. Dans le mille. C’est foiré.

 

Et si par miracle, le produit que vous avez versé dans la bassine n’est pas du shampoing pour chat mais un engrais pour plantes exotiques violemment enrichi au purin de consoude, alors seulement la tentative de shampouinage sera bien foirée.

 

Pour le plus grand bonheur de votre félin préféré.

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 14:36

Transit-29-image.jpg

La bonne mine du guide s'abîmait à l'entrée du site ferroviaire. Il ôtait sa casquette à visière et se passait longuement la langue sur les lèvres avant de laisser aller sa mémoire.

Autrefois, il y avait une gare de triage ici. Une station d'épuration diraient quelques bonnes âmes. Les quais grouillaient de monde. Les trains de marchandises s'y gonflaient de personnes mal en point et repartaient vers l'est sifflets en bataille. Chaque jour qui passait voyait les convois s'intensifier et les wagons rougeoyer de fureur sous les coups de griffes des passagers. Avant que les portes ne se referment, on pouvait entendre les toux déchirer les poitrines et des gorges gémissantes réclamer de l'eau. Bon nombre d'employés passaient leur chemin en haussant les épaules, ou les rentraient, quand les chiens montraient les crocs. On reconnaissait les cheminots à leur visage cousu de cicatrices et on devinait les missions inavouables au fait que la plupart montaient à bord des locomotives avec la gueule de bois. Chez beaucoup d'entre eux, la peur et la culpabilité finissaient par s'infiltrer dans le ventre de la machine pour ressortir en un gigantesque crachat noir visible au plus profond des campagnes...

Quand la visite touchait à sa fin et qu'il sentait les cœurs battre sourdement, le guide sortait une photo de son père, alors lampiste, et racontait...

C’était un jour de bruine orageuse. Une de ces pluies qui poissait les cheveux et barbouillait le sang. Alors qu’il remontait la voie principale jusqu’au premier aiguillage, il avait surpris sur un quai auxiliaire une femme seule, grelottante, incapable d’arracher son regard d'une horloge sur laquelle sommeillait un pigeon. Aucun train de voyageurs ne s'y arrêtait plus depuis longtemps et l'horloge, privée de sa trotteuse, n'affichait qu'un triste épuisement. Il avait sifflé, agité son chiffon rouge, fait clignoter sa torche et brandi sa casquette à visière avant de se mettre à crier davaï ! davaï ! A ces mots elle avait tourné la tête vers lui, ses lèvres tremblaient : s'il vous plaît, il ne va plus tarder, s'il vous plaît... Elle semblait fiévreuse et des filets de larmes lui assombrissaient le visage. Alors qu'il traversait les voies pour la presser de quitter la zone, des soldats étaient entrés au pas de course dans la gare et avaient pris possession des lieux. Tandis que les officiers paradaient au poste de contrôle, un train manœuvrait pour gagner le réseau secondaire. La femme s'était précipitée au bout du quai les bras hauts levés en direction du mécano. Elle semblait engloutie par l'espoir, tout peut encore arriver, c'est la vie qui veut ça, il n'y a pas d'explications... Il avait hurlé vous ne savez pas ce que c'est, nom d'une pipe, vous ne savez pas ce que c'est. Un coup de feu avait claqué. Surpris dans sa quiétude, l'oiseau avait pris maladroitement son envol, tournoyant sur lui-même, ne sachant trop où se poser pour se faire oublier. Un soldat s'était esclaffé, celle-là n'aura plus besoin d'écrire à son mari pour qu'il vienne la chercher...


Lastrega aimerait bien que Jean Ferrat accompagne ce Transit avec Nuit et brouillard. Alors voilà :

 
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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 08:00

foirer-bricolage.jpg

Comment bien foirer sa petite séance de bricolage

par Ysiad 

 

Nous poursuivons avec un enthousiasme non feint notre série selon laquelle " foirer, c’est bien, mais bien foirer, c’est mieux ", avec aujourd’hui une expérience que beaucoup de gens ont faite sans jamais oser s’en ouvrir à leur entourage, allons, ne niez pas, vous n’allez pas me faire croire que vous n’avez jamais essayé de vous prouver, à l’occasion des soldes, que vous n’étiez pas si mauvais bricoleur que ça !

 

 

 

Cette chronique s’adresse à toutes celles et ceux qui ne savent résister au chant suave du rayon soldé du bricolage d’un grand magasin. Tout commence donc par des soldes, un samedi de janvier, au Bazar de l’Hôtel de Ville (que nous appellerons plus simplement : BHV, pour pas avoir à tout retaper). Ah ! La prodigieuse attirance qu’exercent sur vous ces rayons où les perceuses ont perdu comme par magie 50% de leur prix en vingt-quatre heures, tout comme les scies sauteuses et les tournevis électriques dernier cri ! Et c’est pas fini, encolleuses à 80% de rabais, tondeuses trois vitesses à 70%, fers à souder, gratuits ou presque, et ça continue sur des kilomètres, y a qu’à suivre les belles étiquettes rouges le long des rayonnages, tout est en solde ! (vendeurs exceptés). Au fait, de quoi avez-vous besoin, au juste ? De trois fois rien. De cadres, pour y glisser des posters de Marilyn Monroe récemment acquis pour la chambre de votre fille, et de crochets X pour les fixer au mur. C’est tout. Restons-en là, d’autant que le vendeur du BH(V), vous voyant venir, vous a fourgué les cadres les moins chers, aux mesures qu’il vous faut et à prix estourbis, en vous prévenant tout de même que la glace était très mince. D’où leur décote. Pour les accrocher, vous avez acquis un lot de crochets X dorés de toutes tailles, c’est parfait, retour à la maison pour une inspection en règle de la boîte à outils. Le marteau est là qui vous attend, et là aussi la colle, et les allumettes si ça veut pas tenir du premier coup, vous bricolez souvent avec le secours des allumettes, ça peut s’avérer utile pour fixer l’objet récalcitrant.

Commencez par déballer la marchandise en découpant avec la lame d’un couteau les gros rubans de scotch brun que le vendeur du B(HV) a ficelés dans un excès de zèle autour du paquet. Le bazar résiste, c’est agaçant. Très. Vraiment. Il vous faut indéniablement une bonne paire de ciseaux pour venir à bout de l’empaquetage, et non un couteau nul qui ne coupe pas. Ouvrez les tiroirs de la cuisine, rien. Mais où sont passés les ciseaaaaux ? Personne n’a vu les ciseaux dans cette baraque, ça fait un moment qu’ils ont disparu, tout disparaît chez vous, c’est une manie. Au bout d’un quart d’heure de recherche frénétique, tirez d’un geste sec le petit meuble où votre conjoint planque son foutoir, derrière lequel ont glissé douze paires de ciseaux de cuisine. C’était donc ça ! Tous les ciseaux que vous avez cherchés durant des jours sont là, nichés dans la poussière ! On ne dira jamais assez les bienfaits d’une bonne recherche. Prenez la première paire qui vous tend ses lames, soufflez dessus, coupez net ce gros scotch ridicule et superfétatoire, puis dégagez les cadres l’un après l’autre de leur gangue de scotch, nom d’une pipe en bois, déchirez aussi le film qui les emballe, déchirez tout, jusqu’à ce que vous en teniez un. Enfin. Raaaah. Jouissif. C’est beau, un cadre, le jour (la nuit, moins). Choisissez un joli crochet X, et en avant, marteau en main, à l’assaut de ce mur que vous mesurez au préalable avec le mètre, pour bien centrer l’affiche, on n’est pas des amateurs, quoi. Un petit coup de crayon à droite, un autre à gauche, trois bons gros coups dans le mur, pour fixer le crochet X. Là. Parfait. Ça tient, pas besoin d’allumettes. Bon, très bon début. Excellent. Maintenant glissez l’affiche entre le verre et le carton, attention, c’est délicat, disposez la bien droite, nous y sommes, puis replacez le carton dans la rainure du cadre et rabattez les douze bitonios pour faire tenir l’ensemble, vous savez, ces p’tits trucs de fer fixés autour du cadre. Flûte. Y en a un qui s’est cassé net, et un autre. Du p’tit solide. De la p’tite merdouille. D’où l’intérêt d’avoir un bon morceau d’allumette à coincer sous la glace, ça remplace très bien ces imbéciles de bitonios à la con. Maintenant, tenez le cadre à deux mains tout en cherchant à accrocher sa suspension au crochet X la tête à ras du mur, c’est quoi, cette suspension bizarre, on dirait une mâchoire de crocodile, elle n’est pas assez large, elle veut pas s’accrocher, elle sert à rien, c’est naze, ce truc. Il faut recommencer. Recommencer encore. Toujours, recommencer. Au bout du vingtième essai, vous exercez sans vous en rendre compte une pression telle sur la glace que celle-ci se fend sur vingt centimètres, puis s’étoile, puis se brise complètement entre vos mains, il y a du verre partout sur le sol.

 

Vous enragez ? Allons. Vous n’êtes pas au bout de votre foirade, un peu de courage, il reste trois cadres à accrocher.

Prenez un autre cadre et recommencez la manœuvre. Cette fois-ci, le cadre n’est pas de bonne qualité et tous les bitonios se pètent à mesure que vous les rabattez sur le carton. Quant au troisième cadre, après avoir glissé l’affiche entre le verre et le carton et rabattu sans les casser tous les bitonios, vous constatez en le retournant l’absence de suspension. Ah. Y a comme qui dirait un souci. Un gros souci. Un gros souci de chez gros souci, pour être encore plus clair. Saloperie de défaut de fabrication, saloperie de produit made in China, saloperie de saloperie!

Les affiches de Marilyn attendent sur le lit, au milieu du verre brisé. L’après-midi s’est volatilisée, il est presque dix-neuf heures.

Bravo. Dans le mille. C’est foiré.

Mais si par miracle, en plongeant dans la poubelle, vous retrouvez entre les carcasses de crevettes et les yaourts poisseux le ticket de caisse indiquant que le matériel en solde n’est ni repris (tralali) ni échangé (tralalé), alors seulement, votre petite séance de bricolage sera bien foirée.

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 13:37

Indignez-vous.jpg 

hessel-stephane.jpeg  "93 ans. C'est un peu la toute dernière étape. La fin n'est plus bien loin. Quelle chance de pouvoir en profiter pour rappeler ce qui a servi de socle à mon engagement politique: les années de résistance et le programme élaboré il y a soixante-six ans par le Conseil National de la Résistance !"

 

Voilà un petit fascicule de 14 pages. Il n'en faut pas davantage à Stéphane Hessel pour nous faire entendre ce qu'il en était pour certains de l'entrée en résistance et de ce qui aujourd'hui en amène d'autres à faire de même : l'indignation. Car les raisons ne manquent pas : "Regardez autour de vous, vous y trouverez les thèmes qui justifient votre indignation - le traitement fait aux immigrés, aux sans-papiers, aux Roms" dit-il à l'adresse des jeunes générations, "l'écart grandissant entre les très riches et les très pauvres, les droits de l'homme, l'état de la planète, la dictature des marchés financiers..." "Quand quelque chose vous indigne comme j'ai été indigné par le nazisme, alors on devient militant, fort et engagé. On rejoint ce courant de l'histoire et le grand courant de l'histoire doit se poursuivre grâce à chacun."

14 pages pour dire combien il est vital de résister, de refuser l'injustice et le repli sur soi, de ne plus tolérer l'insupportable.

Souhaitons que cet opuscule connaisse le même fabuleux destin que celui de Franck Pavloff avec Matin brun.

Indignez-vous ! de Stéphane Hessel aux éditions Indigène, 3€

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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 16:36

Maille.jpg

Cette nouvelle n'est pas sans nous rappeler les savoureuses "scènes de ménage" d'Yvonne Oter dans la série qu'elle nous avait concoctée l'été dernier avec "La femme popote". Cette reprise de flambeau ne manquera pas de réjouir les amateurs de l'art ménager tout comme celles et ceux qui aiment en découdre avec l'équipement domestique.

 

Complainte de la machine à coudre

par Danielle Akakpo

 

Aïe, aïe, aïe, la voilà qui approche du coin noir où elle m’a remisée, entre un radio cassette CD et un fer à repasser hors d’usage. Vous ne pouvez pas savoir comme je m’ennuie dans ce bureau où elle passe pourtant des heures, hélas sans un regard pour moi. Voilà sa main qui saisit ma poignée : pas de doute, elle va me mettre en route. Cela doit bien faire deux mois… non trois ou peut-être… oui quatre qu’elle ne m’a pas installée en pleine lumière sur la table de la salle à manger. Je la soupçonne d’avoir cousu des ourlets à la main le soir devant la télévision, pire d’avoir eu recours au ruban thermocollant. Qu’a-t-elle l’intention de faire aujourd’hui ? Surprise, surprise ! Des rideaux, peut-être ? A cette idée, le fou-rire me prend : la dernière tentative s’est soldée par une crise de nerfs de madame et les rideaux ont rejoint le sac poubelle vite fait bien fait ! Eh bien non, c’est un ourlet de pantalon pour monsieur qui me vaut de sortir de l’ombre. Parce que monsieur le vaut bien ? Je ferais mieux de garder mes bons mots, parce qu’à moi cet ourlet va valoir une séance de GROS mots, de grincements de dents et d’injures bien que je ne sois pour rien dans les déboires de mon utilisatrice.

Elle commence évidemment par la préparation de la canette. En général, elle ne s’en tire pas trop mal, sauf lorsque le fil s’enroule à côté Aujourd’hui, il ne se passe… rien, absolument rien ! Madame peste : "Ça commence bien, panne de courant ! "Moi je me marre. Et si tu appuyais sur le bouton de mise en marche, étourdie ? Ça y est, elle a trouvé. Et ça s’enroule bien !

Passé le stade de la canette, arrive celui de l’enfilage de l’aiguille. L’exercice s’avère le plus souvent laborieux, s’accompagne d’une gymnastique de la paire de lunettes, avec, sans, avec, sans et de gentillesses du genre : "Saleté d’aiguille, on dirait que le chas se rétrécit à plaisir ! " Miracle ! Aujourd’hui, elle en est déjà au stade du positionnement du tissu. C’est parti. Elle a appuyé sur la pédale ! Pique, pique, pique, ça marche, ça court… jusqu’à ce que le fil casse : "Cochonnerie de machine ! "Attention, ne m’insulte pas. Rappelle-toi que je suis un cadeau de ta chère tante Jeannette, si attentionnée, si généreuse ; alors s’il te plaît, pour les cadeaux de tante Jeannette, manifeste un minimum de respect !

Et pique et pique et pique et… crac ! "Bon sang de bonsoir, elle le fait exprès cette vieille carcasse, à ce rythme-là, j’en ai pour la journée !" Vieille carcasse toi-même – tu n’es plus un perdreau de l’année que je sache – et comme tu ne me ménages pas, j’aurais tort de me gêner ! Ce n’est pas ma faute si le fil casse. Achètes-en de meilleure qualité ou cesse de t’exciter comme un toutou à qui on essaierait de voler son os!

Et pique et pique et pique… "Flûte et zut et" – je vous passe le reste, j’en rougis ! –, "la chameau m’a fait des points de toutes les tailles ; j’avais pourtant réglé sur deux, elle ne vaut plus rien cette diablesse, si ça continue, elle va finir à la déchèterie!"! Chameau, diablesse ? C’est encore moi qui trinque ! Dis, ma belle ; tu ne sais pas qu’il faut appuyer de façon régulière sur la pédale, éviter les à-coups. Heureusement que tu as cessé de conduire parce que massacrer les pédales de frein ou d’embrayage comme tu le fais avec la mienne, c’est la mort assurée pour la bagnole, peut-être pas seulement pour elle d’ailleurs !

Et pourtant, souviens-toi, vingt-cinq ans auparavant, quand je suis arrivée chez toi, comme tu m’as accueillie avec ravissement et soignée aux petits oignons ! Tu avais décidé de travailler à mi-temps, les filles étaient encore petites, ça te plaisait de pouponner la cadette et d’aller à la sortie de l’école récupérer l’aînée. Seulement, il fallait les occuper ces après-midi pendant la sieste de la petitoune. Souviens-toi, les patrons-modèles, la coupe et la confection des petites robes, des jupettes en tissu fleuri, les volants, les fronces, les smocks, les surjets, la broderie. Mais si mais si, j’en suis sûre, nous avions appris à broder. Tu étais devenue une véritable experte. J’étais installée en permanence sur un support spécialement aménagé pour moi, on se faisait une petite fête tous les jours ou presque. J’étais fière de toi, de tes progrès, de tes réalisations. Toi-même, la larme à l’œil, tu disais que ta pauvre maman, couturière de métier, aurait été si heureuse si elle avait pu te voir à l’œuvre. Le temps a passé, tu m’as reléguée au rayon des antiquités, ingrate ! Et tu ne m’en ressors que pour déverser sur moi ta mauvaise humeur.

"Ouf, terminé, pas terribles ces ourlets, mais pas question de recommencer. En marchant vite, comme disait tante Jeannette… Allez, on range. Et on ne m’y reprendra pas de sitôt !"

En matière de remerciements, on fait mieux. Doucement, tu m’as cognée contre le pied de la table. Tu es pressée ? Je le sais, va, où tu cours. Dans le coin bien éclairé du bureau, vers ce truc lumineux qui n’a pas besoin de fil, de canette, devant lequel tu vas t’installer, sourire aux lèvres, et laisser tes doigts s’activer, tac tac tac, tac, tac tac… Tu y passes une partie de la journée, de la nuit parfois, jusqu’à ce que monsieur s’inquiète : "Tu as vu l’heure ?" Ce que tu fais, je me le demande, mais en tout cas, ça m’a l’air de vraiment te passionner.

"Putain, Internet débloque encore! Ou est-ce ce fichu PC qui fait des siennes?"

Tiens, l’autre machine en prend aussi pour son grade, j’en suis bien aise !  

 

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Published by Patrick L'ECOLIER - dans calipso nouvelles
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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 16:00

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Nous continuons imperturbablement notre palpitante série selon laquelle "foirer, c’est bien, mais bien foirer, c’est mieux", avec aujourd’hui une petite virée gratuite au salon de coiffure.

 

Comment bien foirer sa coupe de cheveux

par Ysiad



Pas plus tard que ce matin, en surfant sur le Ouaib, vous avez découvert des coiffeurs gratuits sur un site prodigieux : Coup’free. Bon, le nom laisse un peu à désirer, on vous l’accorde, mais il sous-entend clairement que de nos jours, dépenser de l’argent pour une malheureuse coupe de cheveux, c’est franchement ringard. Quand vous vous êtes regardée ce matin dans la glace, il y avait du boulot. Ces cheveux frisottés et ternes, sans allure, sans mouvement, secs aux pointes, tout blancs à la racine, vous ont mis le moral dans les chaussettes. Vous avez composé d’un doigt fébrile un numéro commençant par 0825, impatiente d’avoir une voix amie à l’autre bout du fil. Au bout de vingt sonneries, on vous a enfin répondu et fixé rendez-vous le jour même. La chance. Le bol ! Vous avez précisé qu’il faudrait aussi teindre l’ensemble. Pas d’souci ! vous a-t-on riposté, comme si tout allait de soi au pays de la coupe gratuite, et que vous n’aviez plus qu’à rappliquer.

 

Le salon de coiffure étant à l’autre bout de Paris, vous avez bien étudié le plan avant de prendre le métro, qui vous a menée dans un quartier chic de la capitale. C’est bon signe, avez-vous pensé. En poussant la porte, vous avez eu la sensation de pénétrer l’univers des gens bien coiffés gratis, une nouvelle espèce d’êtres humains malins, et c’est avec le sourire que vous avez confié votre tête aux apprentis, après avoir laissé votre manteau au vestiaire.

On vous a fait patienter un peu sur une petite chaise, puis un type aux gestes gracieux est venu vous chercher pour remettre votre tête entre les lames des ciseaux d’une apprentie-coiffeuse. On ne me teint pas avant ? avez-vous demandé naïvement. – Ah non, vous a-t-on répondu, chez nous, on teint toujours après la coupe. L’apprentie-coiffeuse a fait claquer les lames des ciseaux, et a commencé à couper au rythme de Beat it ! de Michael Jackson. Chaque fois que le chœur hurlait : Beat it !, elle se trémoussait et coupait un peu plus, entraînée par la musique. Et c’est ainsi qu’après la chanson, vous vous êtes retrouvée avec des cheveux relativement courts, et surtout très dégagés autour des oreilles. Bah, un coup de teinture, et il n’y paraîtra plus ! a lancé le type gracieux en étouffant un petit rire, comme s’il parlait d’une vulgaire façade à reboucher au plâtre. Il vous a confiée aux bons soins de la préposée à la teinture. Munie d’un grand pinceau, celle-ci a tiré vers le ciel ce qui vous restait de mèches, qu’elle a talochées avec une crème dont vous n’êtes pas près d’oublier l’odeur.

Puis on vous a laissée mariner dans un coin du salon.

Au bout d’une heure, en vous voyant qui poireautiez sur votre chaise, on vous a expédiée au bac de rinçage où la shampouineuse a fait couler une eau archi-tropicale sur votre crâne, puis comme vous hurliez, vous avez eu droit ensuite à une bonne douche islandaise, bien revigorante, bien meilleure que l’écossaise. Et ensuite direction la sortie, pas de brushing. Il est trop tard, vous a-t-on dit, le salon ferme.

Bingo. Dans le mille. C’est foiré.

Mais si par miracle, en quittant les lieux, vous constatez que vos cheveux sont non seulement beaucoup trop courts mais d’un beau vert Perrier, alors seulement, la petite virée gratuite sera bien foirée.

Pour le plus grand bonheur de votre coiffeur régulier.

   
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