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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 08:00

Soldats-copie-1.jpg

Une série proposée par Corinne Jeanson

 

Les soldats

 

Ils prennent des lignes blanches
celles qui conduisent derrière les miroirs
leurs yeux se sont brisés aux brèches du temps
y a des raptus qui explosent
dans le camp adverse
ils marchent à l'envers des paysages
ça les repose
les chèvrefeuilles et leur parfum
les étoiles et leur scintillement
ont le goût de pourrissement et de faux serments
à quoi ça sert le néant des grands espaces
ils s'essoufflent dans l'air impur des cimes
les abimes au-dessous flottent à leurs jambes
dans la poussière ils remontent
le lit des rivières asséchées
à la vue de leur file soldatesque
les poissons y poussent des rires acérés
le croassement rauque des corbeaux
emplit le ciel blanc d'ozone
et retombe en écho sur les granits violets
bientôt les balles siffleront
bientôt les bombes claqueront
et leurs dents crisseront
leurs mains trembleront
leur ventre s'étouffera
leur coeur cessera de cogner
la mort prochaine étendra
ses voiles gris sur la plaine
rouge de la vie perdue

 

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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 08:00

Guerre-et-paix-07.jpg

  Une série proposée par Corinne Jeanson

 

Moïra

 

A l'encre de vos veines, elle trempe sa plume
Elle s'abreuve à vos fatals destins
De demi-dieux démembrés
Elle entrouvre vos lèvres de pandore
Au fond de vos chairs ouvertes, elle fouille
l'espoir ténu de vos jours premiers
De vos fils d'inconscient, elle tend ses toiles arachnéennes
Au coeur de vos labyrinthes, les yeux fermés, elle respire
Le souffle du monstre né des amours transgressées

 

Guerriers,
Ne déposez pas vos armures étincelantes
Elle vous emporterait aux enfers transfigurés
Astre lunaire
Elle s'enroule pour enfanter
Vos nuits insensées
Pour le temps de l'éphémère éternité
Elle couperait vos lignes de vie
Guerriers, fuyez la Moïra.


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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 21:00

folie.jpg

 

Syrie, l'armée pilonne le port de Lattaquié, au moins 24 morts

Ile de Jersey, six personnes tuées à coups de couteau

Grande-Bretagne, toérance zéro et double peine pour les familles des émeutiers

Irak, attentats à l'explosif, 38 morts  

Chine, affrontements entre population et policiers autour d'une usine chimique

Israël, la lutte des classes bat son plein

Norvège, Breivik ramené à Utoya pour reconstituer la tuerie

Algérie, 29 blessés dans un attentat à Tizi Ozou 

France, 74ème soldat français tué en Afghanistan

Libye, Zaouïah sous le feu des snipers

Canada, le lobby du gaz se shiste passe à l'offensive

Afghanistan, multiples attaques suicides contre les bureaux d'un gouverneur, 19 morts

Tunisie, heurts en marge d'une manifestation pacifique

USA, les républicains ont déclaré la guerre à Obama

Brésil, une juge qui combattait la mafia assassinée à Rio

 

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 08:00

Guerre-et-paix-6.jpg

Une série proposée par Corinne Jeanson

 

Les trois cents

Ils étaient trois cents dans le défilé
leurs armes étincelaient
Ils étaient trois cents
pas un de plus pas un de moins
La liberté aux seins nus les appellait à l'infini
Ils ont coiffé leur longue chevelure noire
Qu'avaient-ils à redouter dix mille flèches
tous ont tenu leur promesse
retenir les flots, résister
L'idée de sacrifice n'était pas dans leur coeur
Juste mourir et pourrir là dans le défilé
Pour que les peuples ne plient pas à genoux.

 

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 08:00

visite-image.jpg

Une nouvelle noire de Claude Romashov en attendant le ciel bleu... 

La visite

 

Je suis seul chez moi. J’ai ramené la couverture au ras du menton. La télé chauffe et même lui, l’animateur policé commence à m’énerver. D’un coup sec de télécommande, je lui renvoie ses mots doucereux dans la gorge. La cheminée ronfle et pétille de cendres vivaces. Je les ignore. Il gèle depuis des jours et je suis transi. Alors je me réchauffe dans mon antre. Comme je peux.

J’ai préparé un plateau repas avec mes sandwichs préférés mais sans elle, ils n’ont pas le même goût. Rien n’a plus la même saveur depuis son départ. Le temps s’est arrêté et je me suis consumé dans l’attente. L’attente d’un signe de sa part, d’un geste, d’un remord.

L’ampoule du néon vacille. J’ai bien peur qu’il  ne s’éteigne lui aussi. Tout est vieillot dans cette maison, tout est resté en place à la mort de mes parents. Elle me le reprochait souvent.

- Tu ne fais rien pour la rendre agréable, tu ne sais même pas bricoler.

Et pourtant je lui avais aménagé sa pièce. Tapisserie au mur, étagères et moquette de laine épaisse pour ses pauvres pieds qui craignaient le froid. Elle était enchantée au début, la pièce était devenue son bureau puis son refuge quand elle avait décidé de ne plus partager ma couche. Un jour, elle m’avait annoncé.

- Tu sais, j’ai rencontré quelqu’un. Ne sois pas jaloux voyons, ce n’est qu’un ami.

Et puis la voix s’est faite plus aigre.

- Tu ne m’empêcheras pas de voir qui je veux. Estime-toi heureux que je rentre encore à la maison.

Elle rentrait oui, à l’aube.

Je ne posais plus de questions. Devant moi s’ouvrait la béance de mon amour piétiné. Je ne pouvais le croire, pour elle, j’allais tout supporter, ses mensonges, mes silences et mon cœur en morceaux. Elle ne mesurait pas l’immense saccage.

La douleur de la perte s’est inscrite dans mes veines, dans les plis de mon visage. Du jour au lendemain, je n’ai plus supporté les autres, les proches et leur compassion outrée. Je ne voulais plus voir personne…

Le bruit m’a agressé. Je me suis levé d’un bond et discrètement me suis glissé vers la fenêtre. On frappait avec insistance. La voisine ! Qu’est-ce qu’elle me voulait cette fouine. Je n’ai jamais pu l’encadrer.

Ne pas ouvrir, faire le mort. Tu ne vois donc pas idiote, que la maison est figée dans le silence et que le vent ne fait plus claquer les volets. Le chat, à demi sauvage qui venait boire son écuelle de lait au temps du bonheur a disparu, avalé par l’hiver et seuls les démons de la solitude cavalent sous mon crâne. Je n’ai le goût à rien. Je n’ai pas envie de vivre.

Je sais bien qu’un jour, il faudra que je sorte. Après les morsures glacées des frimas, naissent les nouvelles récoltes mais je ne veux pas de soleil tapant sur les vitres, je veux me terrer encore et encore comme un animal blessé.

La voisine est repartie. Ses traces de pas se sont inscrites salement dans la neige. Je suis furieux. Elle a dérangé le tapis isolant de l’hiver.

Je regarde autour de moi, il fait froid malgré le feu crépitant de la cheminée. La vieille table de la cuisine a retrouvé son bois naturel. Elle aussi détestait la toile cirée provençale dont elle la drapait pour lui donner une touche de gaieté. Et ces cadres colorés et ces photos de nous deux affichées. Le mur a souffert quand je les ai arrachées mais la maison a retrouvé son odeur et sa rusticité paysanne. Elle m’est revenue finalement. Comme elle !

Peu de temps après, j’ai encore entendu frapper avec insistance. De nouveau je me suis caché en guettant l’intrus. C’était elle. Mon sang n’a fait qu’un tour et mon cœur s’est mis à danser la sarabande. Il fallait que je garde mon calme. J’y étais résolu mais mes mains tremblaient quand j’ai ouvert.

La prochaine visite sera, j’en suis sûr, moins agréable.

J’ai rangé le désordre puis j’ai regagné mon lit avec elle, tout près à mes côtés. Elle dort profondément, je n’entends pas son souffle. J’ai la télécommande d’une main et l’autre caresse son cou, surtout l’excroissance rouge que la balle à bout portant de mon révolver y a laissée.

 

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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 08:00

Blessure-copie-1.jpg

Une série proposée par Corinne Jeanson  

 

Blessé plusieurs fois

 

Le soldat - Blessé plusieurs fois, H* lui demanda le coup de grâce.
L'auteur - C'est un peu triste ta fin, non ?
Le soldat - Attends, c'est pas fini. Il ne parvint jamais à laisser mourir H*.

L'auteur - Je préfère, et ensuite ?
Le soldat - Eh bien, je ne sais pas. Tu es l'auteur.
Le soldat - Oui mais je manque d'imagination.  Reprenons, on est sur un champ de bataille...
Le soldat - Sur le front d'Orient
L'auteur - Ah bon je croyais que c'était dans les Ardennes. Peu importe. Que se passe-t-il pour un soldat blessé ?
Le soldat - On le porte à l'hôpital militaire.  A* traîne H* jusqu'à l'hôpital de Verria.

L'auteur - Verria ?
Le soldat - Oui ça sonne bien.
L'auteur - Quelles sont les blessures de H* ?
Le soldat - H* a perdu deux doigts, main gauche, par éclats d'obus. Coup de baïonnette à l'aine.
L'auteur - Et le coeur ?
Le soldat - Ça il l'a déjà perdu, plusieurs fois. Aux bordels de la vie.

 

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 15:00

Noces-de-nuit.jpg

 

Voilà des années qu'il s'est réfugié dans les basses terres et qu’il attend un signe. Aujourd’hui le ciel est blanc et la terre va peut-être trembler. Tous les chemins sont couverts de mousse. Le passage devient perméable. Sur les hauteurs, des femmes agitent leurs foulards. L'une d'elles est descendue et s'est arrêtée à quelques pas de son repaire. Elle s'est accroupie, a enlacé ses bras autour des genoux, penché la tête en avant et fixé les ombres sur la roche. Rien n'indique qu'elle soit venue pour lui mais il a vu dans son regard le feu qui rompt les limites du monde. Il a commencé à cligner des yeux comme à chaque fois qu'il sent l'or couler dans ses entrailles. L'horizon s'est élargi d'un coup et les pensées de la belle sont arrivées à portée de ses lèvres. Il a embrassé ses yeux et une multitude de trèfles à quatre fleurs sont apparus le gratifiant d'amoureux frissons.

Comme chaque soir depuis des années, le vieillard s'est allongé sur le bitume, le regard pointé vers les montagnes. Il attend patiemment que la nuit dresse son armature de rêves. 

 

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 08:00

Cotes-Ivoire-copie-1.jpg

Une série proposée par Corinne Jeanson

 

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 13:51

ruban-image.jpg

C'est de refus, de résistance, d'insoumission dont il est question aujourd'hui avec cette nouvelle inédite d'Yvonne Oter. Mais que les belles âmes ne s'offusquent pas, la répression y est à l'oeuvre...

 

Le ruban.

 

 

Jacote est assise près du feu qui crépite dans l’âtre. Loin, dans le coin le plus retiré, elle laisse enfin libre cours au chagrin qu’elle a dû occulter pendant la journée. Jacote est réputée pour être une femme forte, solide, rude à la peine. Elle n’a pas voulu se montrer autre devant les regards sournois des villageois l’observant par en dessous. Aujourd’hui, le malheur est pour elle, il n’est pas question qu’elle accepte de le partager avec les commères et les cancaniers.

Certaines familles n’ont pas eu la même retenue. Les uns pleuraient, d’autres gémissaient, allant même jusqu’à pousser des imprécations envers les bourreaux ou les condamnés qui avaient eu la malchance de se faire prendre. Et pendre.

Sept malheureux ont fini au gibet ce matin. Sept complices de ce que l’on appelait « la bande à Riquet ». Riquet, c’était son homme. Un brave homme, malgré ses agissements répréhensibles aux yeux de la loi. Le métier de détrousseur des grands chemins, il ne l’avait pas choisi, il lui avait été imposé par les circonstances. Quatre hivers consécutifs éprouvants, avec neige, gel, intempéries rigoureuses, qui avaient directement cédé la place à autant d’étés secs et brûlants, sans printemps régénérateurs pour adoucir le climat et préparer la terre à recevoir la semence. On a beau être courageux, ne pas se montrer avare de sa peine, dans de telles circonstances,  le sol reste improductif. Les ventres grondent, crient famine, et on en vient à manger le peu de graines que l’on avait gardées en réserve pour une meilleure année.

Riquet s’était sauvé quand les soldats étaient arrivés pour réclamer l’impôt dû au Roi. Il n’avait plus rien à donner et la honte autant que la révolte l’avaient chassé de chez lui. Alors, Jacote était retournée travailler à l’auberge du village.

C’est là qu’ils s’étaient connus. Employée comme souillon et gâte-sauce, mal payée, elle y bénéficiait de repas certes frugaux, mais réguliers. Elle jouissait de la chaleur de la salle commune, elle profitait de la musique d’un ménestrel ambulant, elle partageait un peu de la gaieté ambiante. Elle entendait des nouvelles des alentours, propagées par les voyageurs peu discrets, et se sentait vivre au travers des aventures de ces gens qui connaissaient d’autres contrées. Elle n’était seule que le soir, bien tard, quand elle regagnait son logis miteux.

Elle vivait seule, Jacote, sans parents, morts depuis longtemps, ni famille, ni mari. Elle avait pris conscience très jeune de son physique ingrat. Pas vraiment laide, mais pas très jolie non plus. Pas du genre en tout cas à attirer les garçons, à se faire épouser même si on n’a pas le sou. Elle ne se plaignait pas car la nature l’avait dotée de deux bras vigoureux qui ne demandaient qu’à s’employer. Aussi, lorsque Riquet, nouvellement arrivé au pays, lui manifesta de l’intérêt, elle se montra d’abord méfiante. Qu’est-ce qu’il lui voulait, celui-là ? Puis le garçon sut se montrer convaincant et ils se mirent en ménage. Ils finirent par officialiser la chose en passant devant le curé. Riquet travailla dans les fermes de la région et Jacote abandonna son ouvrage à l’auberge pour cultiver un petit carré de jardin et élever quelques volailles. Jusqu’aux mauvaises années qui affamèrent le village.

Riquet rencontra quelques autres jeunes aussi mal lotis que lui, ils formèrent une bande et se mirent à détrousser les voyageurs qui avaient le malheur de croiser leur chemin. Ils exerçaient leur métier proprement. Ainsi, ils ne volaient que les riches, repérables au faste dont leur équipage faisait montre. Ils ne tuaient jamais, évitant autant que possible toute violence. Seuls quelques coups de poings étaient parfois assénés pour dissuader ceux qui ne semblaient pas impressionnés par leur nombre et leur détermination. Sans plus, sans jamais faire couler d’autre sang que celui de quelque nez cabossé dans l’échauffourée de l’assaut. Au fond, ils ne faisaient grand mal à personne. Sauf aux escarcelles.

Riquet, un peu plus dégourdi que ses compagnons, s’était vite retrouvé à leur tête. Même s’il n’habitait plus avec Jacote, il venait souvent la retrouver lorsque la nuit était bien noire. Et elle pouvait souvent lui fournir des renseignements précieux sur les voyageurs qui faisaient étape à l’auberge. Elle continuait à y travailler malgré l’argent que son homme lui ramenait discrètement. Un peu pour donner le change, mais surtout par précaution. Dieu seul savait combien de temps la période des vaches grasses allait durer. Jacote avait trop souffert de la pauvreté pour risquer de se retrouver dans une situation de dénuement.

Elle n’osait pas non plus exhiber les quelques cadeaux que Riquet lui ramenait parfois de ses rapines, un colifichet, un bout de dentelle, un bijou léger. Une fille de salle se doit d’être discrète, modestement vêtue et attifée sans ostentation. Sauf un ruban jaune délicatement brodé de bleuets qu’elle n’avait pu résister à utiliser pour nouer ses longs cheveux encore bien noirs. C’était sa seule coquetterie.

Bien sûr, personne n’était dupe au village. Tous les compagnons de Riquet en étaient issus et les familles se taisaient, certes, mais n’en pensaient pas moins. Il faut croire que cette situation en dérangeait certains, car ce fut par dénonciation, par traîtrise, que les gens d’arme les arrêtèrent un matin dans leur repaire perdu au milieu des bois.

On les jugea bien vite, sachant les parentés et les sympathies des villageois pour ces enfants du pays. Et on les exécuta aussi prestement. Tous les sept. Six hommes et une femme, car leur bande comptait une femme parmi ces rudes gaillards.

Mais quelle femme ! Une sorte d’amazone des temps présents, de toutes les attaques, de tous les coups durs, une virago aguerrie au maniement des armes rustiques des brigands, ignorant toute pitié ou sensiblerie. Ce n’était certes pas elle qui serait restée au camp à mitonner la popote pendant que les hommes partaient en expédition. Non, elle participait aux assauts avec une froideur et un courage qui en impressionnaient plus d’un. Ce n’était pas pour rien que Riquet l’avait prise pour second : il savait que s’il lui arrivait malheur, Gervaise saurait le remplacer efficacement à la tête de la bande. Mais voilà, le sort en avait décidé autrement puisqu’ils s’étaient fait cueillir tous ensemble.

Jacote se lève pour attiser machinalement le feu qui décline dans l’âtre et ajoute une bûche pour le ranimer. Elle sait que la nuit sera longue, qu’elle ne pourra pas dormir. Devant ses yeux, les sept corps qui doivent se balancer à la potence, car le vent s’est levé à l’approche du soir et prend de la force au fil des heures, laissant présager la tempête qui balayera demain le plateau. Devant ses yeux, le corps de son homme, démuni, désarmé, tellement familier et déjà étranger. Le dernier regard qu’il lui a jeté avant que la corde ne se tende. Le regret qu’elle y a lu, la tendresse, l’impuissance. L’adieu.

A sa droite, Gervaise, dont l’agonie fut longue et pénible. Ses multiples soubresauts avant de trépasser faisaient voler en tous sens ses longs cheveux blonds, retenus par un ruban bien serré. Jaune, le ruban, délicatement brodé de bleuets, tel celui que triture machinalement Jacote entre ses doigts nerveux. Cela, plus que tout le reste, lui noue la gorge sur un long gémissement étranglé.

 

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 09:00

Tobrouk-image.jpg

Troisième épisode de la série proposée par Corinne Jeanson 

 

Tobrouk

 

He, réveillez-vous
Le taxi est à sec
Les snippers visent juste
Découvrez-vous

Doigt dressé
Votre honneur
Au bout de leurs tirs
Les héros se dressent

Passe-moi ta blonde
Que je la fume
Jusqu'au bout
Cercles de bataille

Tous les guerriers
Des temps modernes
Ont la même gueule
Cassée de la grande guerre

La liberté et la mort
Enrage guerrier
Le colonel est grillé
Alors, que son monde tombe

L'Histoire est à tes côtés
Putain de garce, mon gars
Elle nous a bien oubliés
On revient morts-vivants.

 

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