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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 08:00

Jour--78.jpg

 

100 choses à faire ou à défaire pendant une campagne électorale

Mes résolutions et autres fantaisies du dimanche

par Franck Garot 

 

 

22.       pisser dans un violon

23.       demander à un pote néerlandais s'il voterait pour un candidat qui s'appellerait Frankrijk

24.       tomber d'accord avec lui : la question est débile

25.       garder pour soi la question qu'on prévoyait pour le pote danois concernant un accent français

26.       voir un veau dans son miroir

27.       entendre le Général se marrer

28.       briser les miroirs


 

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 08:00

Jour--79.jpg 

Le pêcheur à la ligne.

Claude Bachelier

 

 

« Un pêcheur au bord de l’eau, abrité par son chapeau, est heureux, il trouve la vie belle ».

 

 

Jacques est un pêcheur. Un pêcheur à la ligne. Un vrai. Il fait partie de ces gens qui aiment la solitude sans être pour autant des solitaires. De ces gens que rien ne saurait détourner du calme d’une journée au bord d’une rivière. C’est avec son ex beau père qu’il avait pris le virus, au point de délaisser sa femme, ce qui avait conduit au divorce, chacun repartant de son côté, sans drames et sans histoires.

Donc, Jacques est un pêcheur. Hors de son travail, toute sa vie tourne autour de cette activité. Il possède une multitude de cannes à pêche et les accessoires qui vont avec. Il y consacre une grande partie de son temps libre et une part non négligeable de ses revenus. Mais son salaire confortable d’ingénieur lui permet d’avoir les meilleurs matériels, quelque soit la pêche pratiquée : à la ligne, au lancer, à la mouche et même au gros. Pour autant, il ne pratique pas la « pêche sportive », qu’il assimile à la compétition. Il a horreur de ces grands-messes bruyantes et vulgaires où les pêcheurs sont transformés en compétiteurs gloutons. Selon lui, la pêche est et doit rester un loisir, un moment de détente et de repos.

Que ce soit au bord d’une rivière paisible ou d’un torrent tumultueux, que ce soit en Ecosse pour le saumon ou le brochet, en Irlande ou au Canada, ou encore en Méditerranée ou sur les côtes de Floride pour la pêche au gros, il a toujours ces exigences de plaisirs simples et de communion avec la nature.

Chacun connaît sa passion. Pour autant, il ne fait pas de prosélytisme. Il en parle, certes, mais sans jamais imposer d’explications interminables à ses interlocuteurs.

Jacques ne vote pas. Sa dernière participation remonte à l’année ou il fallut éviter la honte et le discrédit à la France. Il n’a pas de raisons particulières, sinon qu’il préfère aller à la pêche. S’il n’a pas de mépris particulier pour la classe politique, il a en revanche horreur des débats télévisés, des discours des uns ou des autres, des postures, des illusions répandues ou des promesses aléatoires.

Ses collègues de travail, ses fréquentations s’étonnent parfois de son attitude. Certains l’accusent même de manquer de courage, voire d’être lâche en refusant d’assumer un choix. Même s’il n’en laisse rien paraître, ce genre d’insultes le blesse profondément. Mais il est vrai qu’il n’a pas vraiment d’arguments à leur opposer. Il a bien essayé le genre « les politiques sont tous pourris » ou « bonnet blanc et blanc bonnet », mais sans conviction tant ce genre de raisonnements lui paraissent absurdes. Pareil pour le « de toutes façons je n’y comprends rien ».

Pourtant, il fait des efforts et essaie de se convaincre qu’il doit s’intéresser à la vie politique du pays. Alors, il regarde les débats à la télé, lit des journaux d’opinion, surfe sur internet sur les sites des partis, des syndicats et des associations. Mais au bout de dix minutes, quinze au maximum, il lâche prise, saoulé par les mots, les images, par tous ces gens convaincus de vouloir faire le bonheur des citoyens, même contre leur gré !

Ainsi, il retourne se réfugier auprès de ses chers bouquins qui, eux, ne traitent que de la pêche ou étale avec amour ses cannes sur la table de son atelier.

Oui, Jacques est un pêcheur à la ligne. Non, il n’ira pas voter ce dimanche-là. Oui, il est heureux. Non, il n’éprouve aucune gène à taquiner la truite ou le brochet au lieu de glisser un bulletin dans l’urne.

Oui, Jacques est heureux et trouve la vie belle.

 

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 08:00

 Sortir-du-bois.jpg

 

Bien sûr, le café est pris dans cette affaire des 100 derniers jours, bien sûr, une telle entreprise demande du temps, de l'énergie, de l'envie, et puis bien sûr, il fait froid et un vent mauvais souffle sur la planète, mais fort heureusement au café, il y a des artistes qui ont le bon goût de résister, des auteurs qui s'engagent, se donnent et partagent des idées, des histoires, des émotions... et fort heureusement, l'association Calipso n'a pas oublié son concours annuel de nouvelles. Le onzième. A J -80, nous vous donnons rendez-vous autour du thème :

 

" Sortir du bois "

 

Le concours est ouvert à tous, sans distinction d'âge, de nationalité ou de résidence.

Les textes soumis pourront avoir fait l’objet d’une publication préalable sous quelque forme que ce soit à charge pour les auteurs de vérifier s’ils sont libres de droits.

Le format des nouvelles devra être compris entre 1500 et 2000 mots (plus ou moins 10%)

Deux mois après la clôture du concours, un jury de cinq membres procédera à une première sélection de 12 nouvelles dont les titres seront annoncés sur le site Calipso en septembre 2012.

Trois grands prix seront attribués pour un montant de 750€ dont 300 € pour le premier, 250 € pour le second et 200 € pour le troisième. Les douze nouvelles lauréates seront publiées en recueil au cours du mois d'octobre 2012. Elles seront également présentées au public et mises en voix et en musique par des comédiens et musiciens lors d’une journée "Nouvelles en fête" le samedi 13 octobre 2012. Slam, jazz, blues et cabaret poétique seront également au menu de la journée. Les lauréats seront prévenus par téléphone ou mail au moins 15 jours avant la journée Nouvelles en fête. La présence des auteurs primés est souhaitée à cette journée. Une contribution à leurs frais de déplacement d'un montant variable en fonction de leur résidence leur sera allouée, l'hébergement sera assuré par les membres de l'association Calipso.

Les auteurs primés s’engagent à ne pas réclamer de droits d’auteur autre que le prix reçu à l’occasion de ce concours. Les nouvelles, primées ou non, restent libres de droits.

Le jury et l’association Calipso se réservent la possibilité d’annuler le concours si la participation était jugée trop faible. En ce cas, les droits de participation et les manuscrits seraient renvoyés à leurs auteurs aux frais de l’association Calipso.

 

Pour participer

Les nouvelles présentées au concours sont limitées à deux par auteur. Chaque texte présenté avec un titre original sera rédigé en français, dactylographié, agrafé et expédié en cinq exemplaires. Ni le nom, ni l'adresse de l'auteur ne devront être portés sur le ou les textes. Par contre, sur chaque feuille du texte, en haut à droite, l'auteur portera un code de deux lettres et deux chiffres au choix (exemple : AB/10). Ces deux lettres et ces deux chiffres seront reproduits sur une enveloppe fermée à l’intérieur de laquelle figureront le nom, l'adresse, le téléphone et l’adresse mail de l'auteur ainsi que le titre du texte (ou les titres, un code par titre).

Les droits de participation sont fixés à 5 Euros par nouvelle. (le chèque sera libellé à l’ordre de Calipso et encaissé après la clôture du concours). Une ou deux enveloppes timbrées à l’adresse de l’auteur pourront également être jointes à l’envoi si l'auteur souhaite un accusé de réception de sa participation et/ou l’envoi du palmarès. (à préciser sur l'enveloppe).

La date limite d'envoi des œuvres est fixée au 30 juin 2012.

Calipso - 35 rue du Rocher 38120 Fontanil Cornillon, France - Mail assocalipso@free.fr 

Une rubrique "Concours de nouvelles 2012" est ouverte sur le site Calipso pour informer, commenter, questionner et suivre l’évolution du concours.

Le barman et toute l’équipe de Calipso vous souhaitent une agréable participation.

 

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 08:00

Jour---81.jpg 

Mauvaise fortune

  Sing Sing

 

 

Ça va mal

Il parait...

Non, ça va mal, c'est sûr

On le dit...

Plus rien ne tient debout

Avec tous ces voyous...

L'opacité nous menace

A trop rester sur place...

Il y a de quoi perdre la tête

Avec tous ces pique-assiettes...

Les gens ont peur

L'air est trompeur...

Surtout de la vie, les gens ont peur de la vie

Et d'être mal servis...

Leurs yeux sont usés, leurs lèvres cyanosées

A vouloir trop causer...

Ils sont mis au ban

Faut dire, ils s'y prennent drôlement...

Dispersés par la flicaille

Avec toute la canaille...

A l'écart des lois du monde

Et des odeurs nauséabondes...

Laissés-pour-compte

Pour solde de toute honte...

Ma gorge est nouée

Il faut se secouer...

J'ai le coeur gros

Comme tous les héros...

Il y a tellement de chagrins en moi

Pauvre petit bourgeois...

Et ça ne veut pas sortir

A quoi bon le repentir...

J'ai envie de boire, de me laisser choir 

Et de broyer du noir... 

 

De broyer du noir...

 

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 08:00

Jour -82

 

Petite histoire de Miss Moody (2)

Ysiad

 

 

Peu après que la séparation de Miss Moody et Mr Poor fut officialisée et que les journaux se furent jetés sur leurs disputes pour en faire leurs manchettes : « Moody dégrade l’andouillette de Poor », « L’andouillette de Poor roulée dans la farine », « Mais où est donc passée l’andouillette de Poor ? », les affaires de la finance traversèrent une période de très grande dégradation. On ne savait plus qui était avec qui. Ni qui faisait quoi. Ni combien faisaient 3 x 3, et pourquoi Standard opérait un retour fracassant sur les marchés en poussant des cris d’orang-outang en rut, et pour quelle raison Poor ne cessait de dire que les performances de Standard, c’était de la daube par rapport aux siennes. Bref, il y avait du grabuge dans l’air, mais le plus ennuyeux, c’est qu’on ne savait toujours pas d’où venait le vent, et ça, c’était un vrai problème.

 

Il faut toujours, toujours savoir d’où vient le vent, surtout en période de crise.

 

Pour savoir d’où pouvait venir ce putain de vent de crise, les financiers tendaient leur doigt en l’air mais comme les récents événements leur avaient fait perdre la boussole, au lieu de l’index, c’était le majeur qu’ils pointaient vers le ciel, ce qui prêtait à confusion.

 

Et sans doute était-ce pour cette raison que le ciel, furieux de cette forêt de doigts d’honneur dressés vers lui et qui semblaient le désigner comme le seul coupable de la crise, le ciel en avait pris ombrage, et se refusait catégoriquement à afficher un temps clairement lisible.

 

Il y avait des perturbations de plus en plus nombreuses, des vents de plus en plus contraires et une multitude de nuages qui arrivaient tout fringants et galopants au milieu de l’été pour crever sans prévenir au-dessus de la mer Egée, comme s’il avait fallu absolument désigner un coupable dans le grand bordel général de la dégradation ambiante, et comme si ce coupable devait supporter sur ses épaules toutes les dérives profondes du monde que dirigeaient ces types qui prenaient leur majeur pour leur index, et suivaient avec grand intérêt dans les journaux les sautes d’humeur de Miss Moody, laquelle venait de larguer Standard.

 

Car Miss Moody en avait marre de ce gros Standard, beaucoup trop dans la norme à son goût, beaucoup trop porté sur la cuisine ranplanplan, et qui levait un petit majeur timoré vers les nuages en faisant des risettes pour implorer la clémence du ciel, afin que la crise, elle s’arrête un jour, et que Moody, elle lui revienne vite, oui, vite, sexy, canaille, toute habillée de cuir, avec des seins comme des bonus et la bouche pleine de ce fameux AAA qui sauve la situation de la débandade.

 

Du jour au lendemain, crac ! Plus de Standard.

 

Ce qu’il lui fallait, c’était Fitch, rien moins.

 

Fitch, le grand type ténébreux ressemblant à Georges Clounie des Zéta Zuni, dont la saucisse gros calibre n’avait encore jamais perdu son triple A. Fitch ne prenait pas son majeur pour savoir d’où venait le vent, il brandissait directement son poing vers le ciel, et cela lui avait valu de la part des journaux une réputation de dur, qui était revenue aux oreilles de Miss Moody, toujours en mal de mâle.

 

Ce fut elle qui provoqua la rencontre. Elle prit son téléphone et appela Fitch qui lui donna rendez-vous le soir même à son domicile. Fichtre ! fit Fitch, Miss Moody à dîner, j’ai intérêt à bien performer ! et il passa l’après-midi aux fourneaux afin que sa visiteuse garde de son art d’accommoder la saucisse un souvenir long en bouche.

 

A peine Miss Moody avait-elle mis le pied chez Fitch qu’elle attaqua en lui demandant de lui montrer comment il s’y prenait pour savoir d’où venait le vent.

 

Flatté par cette entrée en matière, Fitch ouvrit la fenêtre, brandit son poing au ciel et lança des injures, ce qui n’eut pas l’air d’impressionner le moins du monde Miss Moody. Arrête ton Fitch-fucking, lui fit-elle cavalièrement, comme elle aurait dit à Ben-Hur d’arrêter son char ;  t’as intérêt à te donner du mal pour garder ton triple A, Fitch ! claqua-t-elle, en manière de défi.

 

Fitch garda son sang-froid tout le long du repas. Il se montra particulièrement attentif à redresser la situation chaque fois que celle-ci avait tendance à s’infléchir, agrémentant ses propos de quelque saillie opportune pour relancer le mouvement, veillant à ne point bâiller entre la poire et le fromage à l’instar du gros Standard, à ne point s’endormir au moment du dessert comme l’avait fait Mister Poor, éreinté par le rythme que Miss Moody lui imposait afin qu’il maintînt sa barre au plus haut, à se montrer toujours attentif à prévenir les désirs de sa partenaire, en la resservant autant qu’elle le voulait, dès qu’elle le souhaitait.

 

Miss Moody se déclara satisfaite et le prouva en lâchant un AAA. Aussitôt, le naturel revint au galop, comme il se doit, et Fitch, qui s’était longtemps maîtrisé durant tout le temps de leur tête à tête, ne put se retenir de sortir une énormité.

 

Satisfaite ? fit-il, en macho de base gavé de séries télévisées, lorsqu’elle reposa sa fourchette.

 

Miss Moody se vengea de l’affront qu’il venait de lui faire en supprimant deux A, dès le lendemain, à son gros calibre.

 

Comme ses prédécesseurs, Fitch jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

 

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 08:00

Zorbas.jpg 

Mikis Theodorakis : « Je veux les regarder dans les yeux avant qu’ils votent »

 

 

 

Yeux en larmes

Yeux en larmes jardins ensommeillés
morceaux de rêve j'aimerais vivre
dans les grandes artères sous les affiches
aux mille couleurs j'aimerais me trouver

J'aimerais que mon coeur soit une étoile brillante
mon regard un couteau tranchant
épée étincelante à l'heure de midi
épée étincelante à l'heure de midi

 

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 08:00

Jour--84.jpg

Les Anciens Arrogants Anonymes

Corinne Jeanson

 

 

- Bonjour, je m'appelle Eliane.

- Bonjour Eliane. Je te rappelle les règles de notre contrat : tu as cent jours pour prendre des résolutions qui vont changer ton comportement dans la vie. Qu'as-tu décidé cette semaine ?

- J'ai acheté une île en Grèce pour y installer un camp de Roms.

- Oui, très bien Eliane, c'est un beau début.

- Et toi, Lucas ? Quelle a été ta nouvelle résolution ?

- J'ai renoncé à passer ma retraite à Marrakech. J'ai décidé de louer une maison dans le Limousin. La vie n'y est pas chère, et je reste dans mon pays.

- Bravo, je vois que nos conseils portent leurs fruits.

- Et toi Martha ? Tu nous avais dit ne plus vouloir être considérée comme une cougar.

- Je suis tombée amoureuse d'un petit garçon de trois ans... j'ai enfin découvert l'amour désintéressé. Désormais, je le garde après l'école, pour aider sa maman qui l'élève seule.

- Marlène ?

- J'ai accepté que le papa de mon fils le voit un week end sur deux. J'ai arrêté de penser qu'il était un mauvais père.

- Et toi Dom ?

- J'ai opté pour le bois. J’ai été rattrapé par trois inconnus qui m’ont...

- Hum... je rappelle à tous que Dom était un mâle dominant, plutôt harceleur. C'est un peu radical ta résolution, mais bon. Et toi Nikos ?

- Je veux d'abord remercier Marlène, elle m'a redonné ma dignité de père.

- C'est bien Nikos.

- Attends, je n'ai pas fini. Cette semaine, j'ai vendu mon île en Grèce. Y a pas d'eau, difficile d'y vivre à l'année. J'ai aussi réussi à trouver un locataire pour mon neveu qui habite dans le Limousin. Sa bicoque ne trouvait pas preneur. Enfin, j'ai embauché ma voisine pour tenir mon hôtel du 18e, ça complique ses horaires de travail, mais je lui ai trouvé une retraitée pour garder son fils. Ah oui Dom, je voulais te dire, le troisième inconnu, c'était moi.
- Oui, hum, Nikos, là, tu as fait du zèle.

- Ben, cent jours, c'est court pour être accepté par le club des AAA.

- Nikos, je ne suis pas certain que tu ais bien compris les règles de notre contrat.

 

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 08:00

Jour--85.jpg

 

100 choses à faire ou à défaire pendant une campagne électorale

Mes résolutions et autres fantaisies du dimanche

par Franck Garot 

 

15.       comparer la couleur de la droite brune avec celle de l'étron qui flotte dans la cuvette des toilettes

16.       constater, incrédule, le résultat : même odeur !

17.       travailler plus pendant un mois pour gagner plus

18.       se rendre compte qu'au final on dort juste moins

19.       réaliser qu'on est payé au forfait jour

20.       emprunter La Conquête à la médiathèque

21.       se demander si faire un gosse ça rapporte plus de voix que de retarder un divorce

 

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 08:00

Demain-Quebec.jpg

 

Demain, Québec

Jean Gualbert

 

 

Demain ! C’est décidé, demain, je pars. Définitivement, j’abandonne tout, je quitte cette ville, ce pays, et je vais m’installer au Québec. Je ne supporte plus la grisaille permanente, la morosité ambiante, ni surtout ces vaines querelles politiciennes qui ne vont aller qu’en s’accentuant. J’ai besoin d’un ailleurs, de changement, de perspectives plus brillantes, plus enthousiasmantes. Je veux respirer, vivre ! Tout cela, c’est outre-Atlantique que je le trouverai.

Ah, le Québec, qu’est-ce que j’ai pu en rêver !

De ses espaces, infinis, libres, sauvages ; de sa lumière et de ses couleurs, en automne, bien sûr, mais aussi au printemps, quand le gris, le froid, la neige laissent la place à la douceur du renouveau ; de la musique des feuilles, de ses milliards de feuilles, bercées par un vent tiède de soir d’été ; de son odeur, de sève d’érable et de saumon fraîchement fumé ; de son dynamisme, des possibilités qu’il offre à qui ose entreprendre, à qui accepte de prendre des risques pour avancer ; de sa liberté, surtout, sans frontières, sans limites, absolue.

 

Sitôt sur place, je pars en vacances. Trois ou quatre semaines, je ne sais pas encore. Je les veux longues, il y a si longtemps que je n’en ai plus prises !

J’ai repéré sur Internet une petite pourvoirie, au cœur de la Vérendrye. Quel bon temps je vais m’y payer : des excursions interminables, à pied, le long de vagues sentes à peine tracées par les ours ou les wapitis ;  de longues balades en canoë, sur ces lacs aux contours sans cesse renouvelés ; et puis des séances de pêche exaltantes, où truites et brochets se précipiteront sur mes leurres avant que je ne les déguste, tout juste sortis de l’eau. Peut-être bien que pour couronner le tout, je m’offrirai aussi une partie de chasse, à l’orignal.

Déjà, je les vis, ces longues sorties, sans but, sans horaires. Je respire la puissance des couleurs, elles seront à leur apogée en cette fin septembre. Je me nourris de la force des arbres, de la majesté de la nature, de cette vie qui va me remplir jusqu’à en éclater. Je m’imbibe de paix, de calme, de la douceur du feu de bois, dans ma cabane, à l’heure où les loups se mettent en route pour leurs traques. Me retrouver seul, enfin, ne plus croiser personne pendant des jours et des jours, sauf peut-être quelque trappeur sur la piste des castors et des pékans, ou un Indien, plus épris encore de solitude que moi, quel bonheur, quel luxe inespéré ce sera !

 

Plus tard, quand je me serai retrouvé, quand cette appréhension face à mes semblables m’aura enfin quitté, je reviendrai en ville, à Montréal ou à Québec, je ne sais pas encore. Ou alors, probablement, dans une bourgade plus petite, Trois-Rivières ou Tadoussac. Je suis dur à l’ouvrage, je trouverai bien quelque chose, peu importe quoi. Je peux être maçon, cuisinier, secrétaire… J’ai des projets plein la tête : il ne sera pas dit que je ne réussirai pas à lancer ma petite entreprise, après toutes ces années passées sans que rien ne puisse progresser, jamais.

Je m’imagine aussi flânant sans but particulier, un dimanche d’avril ou de mai. L’air sera doux, presque tiède, mais pas trop lourd. Les berges du Saint-Laurent résonneront de rires d’enfants, du tintement des sonnettes de vélos, de chants d’oiseaux. Dans les parcs, les gens seront détendus, aimables, prompts à la conversation. Je pourrai partager tantôt un mot, tantôt un sourire, sans arrière-pensée, sans calcul.

Il y aura les senteurs, le parfum de la terre, presque métallique, celui du vent, chargé d’effluves marins, celui du fleuve, lourd et minéral. Et puis toutes ces bonnes odeurs, et les saveurs qui les accompagnent et que j’ai presque oubliées : les saucisses, sur le braisier ; la bière qui mousse en remplissant le verre ; le chocolat versé à profusion sur une gaufre chaude. Ma préférée, c’est la poutine, grasse à souhait, dégoulinante de sauce et de fromage fondu.

 

Et puis, forcément, il y aura les Québécoises.

Toutes sortes de Québécoises, toutes plus jolies les unes que les autres. Des grandes, des minces, des petites grosses aussi. Des brunes, des blondes, avec des seins ronds ou pointus, des fesses charnues, des ventres accueillants. Des rieuses et des boudeuses, des mutines, et d’autres, plus difficiles à conquérir. Seront-elles différentes des filles de chez nous ? Je n’en ai pas la moindre idée… D’ailleurs, pour ce que j’en ai connu, des femmes de par ici, je serais bien en peine de faire la comparaison.

Un jour, j’en ai la certitude, je trouverai la femme, ma Québécoise, ma Blonde. Sans nul doute, elle sera différente des autres, elle brillera d’un éclat particulier qui n’appartiendra qu’à elle, et qu’elle n’offrira qu’à moi. Comment je la rencontrerai, pourquoi elle me remarquera, quelle sera cette lumière unique qui illuminera son âme, je ne le sais pas encore, et cela n’a aucune importance.

Mais elle sera mienne, comme je serai à elle, elle sera moi et je serai elle. Ensemble nous avancerons, pour ce qui nous restera de jours, de plaisirs, de peines.

Alors seulement je saurai que j’ai atteint mon but, que je suis arrivé au terme de ma quête, que je me suis réalisé.

 

***

Tout est calme, ce n’est pas ce soir que j’aurai des problèmes.

Les détenus sont allongés sur leur paillasse, ou assis près de la table minuscule, résignés. Je les plains, à quatre, dans une cellule prévue pour deux. Que peut-il leur rester d’espoir, de rêves, usés par tant d’années passées derrière ces barreaux ?

Comme d’habitude, Rémy regarde le vide. Drôle de bonhomme ! « Tintin » l’appellent les autres ! À cause de ses cheveux blonds, de son aspect chétif, sans doute. Il faut dire qu’avec ses cinquante kilos, il n’en reste plus grand chose…

Cela fait juste deux semaines que je l’ai retrouvé, presque mort, après sa dernière crise. Depuis, les antidouleurs lui permettent à peine de tenir. « Trois mois » a dit le Docteur, « quatre ou cinq au maximum, s’il suit bien son traitement. Mais peut-être moins que cela… ». Saloperie de maladie, qui vous ronge un bonhomme de l’intérieur, jusqu’à ce qu’il n’en reste rien !

 

***

La lumière s’est éteinte, le maton continue sa tournée. Un brave type, un des seuls qui nous montrent un peu d’humanité !

Enfin, le silence, le vide…

Demain, je pars, au Québec. Et puis, après-demain, en Inde, la semaine prochaine, au Cameroun, plus tard, au Brésil… Ah, le Brésil, son carnaval, son soleil, sa joie de vivre. Sa liberté, surtout !

 

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 08:00

Jour -87

 

Un chanteur sans vergogne… et sans voix a plagié le célèbre succès de Marie-Paule Belle : Je ne suis pas Parisienne

 

Candidat. Pas candidat ?

Danielle Akakpo

 

 

 

Lorsque je suis arrivé en l’an 2007

J’avais farci de promesses toutes vos  têtes

Non je ne buvais pas, je ne me droguais pas

Et je n’avais aucun scrupule

À vous monter l’bourrichon, bande de nuls !

 

Je ne suis qu’un grand menteur

J’ai pas peur j’ai pas peur

J’pratiqu’ l’art du boniment

J’suis content, j’suis content

J’ai tout foiré, tout loupé

J’en suis pas désolé

J’avais promis du travail

Les entreprises se taillent

Je ne suis qu’un grand hâbleur

En tout lieu et à toute heure

Liberté égalité

C’est pas ma tasse de thé

J’ai fait payer les petits

Ménagé les nantis

Je ne suis pas solidaire

La misère ça m’indiffère.

Ça m’indiffère ça m’indiffère

 

Cela va faire plusieurs mois que j’vous bourre le mou

Que je fais mon tour de France, que je file doux

Je ne bois toujours pas, je ne me drogue pas

Et ne me sens pas honteux

De vous ressortir tous mes plans foireux.

 

Je ne suis pas candidat

Candidat, candidat

Non, non pas pour le moment

On verra en son temps !

Je vous ressers mes bobards

Je me marre je me marre

Pour réussir mes desseins

Je m’en vais serrer des mains

J’fais mon show à la télé

La télé, la télé

Les étrangers, j’les aim’pas

Et même pas les Hongrois

N’empêche que l’Elysée

Ça m’ fait toujours rêver

Et ma chère épouse itou

Elle aussi y a pris goût

Y a pris goût y a pris goût

 

Ben oui, j’y pens’ le matin tout en me rasant

J’me dis qu’ces premiers cinq ans sont encourageants

Puisque j’ai tenu le coup et vous ai grugés

Et ai le goût du pouvoir

Sur le trône je ferais tout pour m’rasseoir.

 

Oui je serai candidat

Candidat, candidat

J’ai l’obsession de l’argent

C’est super motivant !

Je recommence mes promesses

Ma grand-messe, ma grand-messe

L’Europ’j’feins de gouverner

Sur mes talonnettes’perché

Je courtis’la grosse Angie

Stratégie stratégie

J’encens’ le modèle teuton

Il est bon, superbon

J e réfrène mes colères

Faut le faire, faut le faire

Je suis devenu posé

C’est pour mieux vous entuber.

Oui je serai candidat

Candidat candidat

Je vous sors de ma sacoche

Des mesures nouvelle fantoches

Ma chanteuse m’aiguillonne

Me sermonne me sermonne

Si ces élections je rate

Elle se ca se carapate !

Si ces élections je rate

Elle se ca se carapate !

Alors j’vais me démener

Pour battre le Hollandais

Hollandais, Hollandais Hollandais!

 

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