Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
29 août 2007 3 29 /08 /août /2007 16:32

alavue.jpg

Depuis plusieurs décennies les histoires de serial killer et de profiler font le ravissement d’un public friand de délires morbides et la bonne fortune des auteurs du genre. Pour son premier roman dans l’antre de la série noire, Françoise Guérin s’est donc attelée à brosser un récit où il est question de meurtres ritualisés, de mise en scène de l’effroi et de l’organisation de la chasse au désaxé. La police étant sur le pied de guerre, on se doute bien que malgré les folles certitudes des uns et les fabuleux égarements des autres, il se trouvera bien des circonstances singulières et un petit malin pour établir les corrélations qui feront qu’au bout du compte le nuisible sera ferré. Bref, on l’aura compris, l’intérêt de l’exercice ne peut venir que d’un ailleurs, d’un espace où tout ne coule pas de source, d’une sorte de zone obscure où les indices ne sont pas aisément identifiables et les dépositions forcément entendables. Contrairement aux apparences, Françoise Guérin, qui a repéré un certain nombre de choses à propos de l’esprit humain, ne navigue pas à vue. Elle sait bien qu’il ne suffit pas de faire " l’âne et se taire " pour que les choses s’arrangent. Son héros circule à l’aveuglette, soit ! Mais à n’y voir qu’un effet de style en trompe-l’œil on risquerait d’oublier que ce qui intéresse avant tout l’auteure, c’est la face cachée du profiler, toutes ces choses invisibles à l’œil nu qui l’ont conduit à s’intéresser à la psychologie du déviant, ce qui " déjà-vu " dans l’ombre lui fait courir un péril autrement plus inquiétant que les visions de l’épouvante soutenues au cours de ses enquêtes. Et sur ces évocations-là le lecteur ne peut être qu’interpellé, à défaut d’être confondu, par l’intervention dans le récit de l'expérience psychanalytique et de ce qu’elle suppose comme mise à jour de ce qui se cache, de cette somme inassimilable à l’état brut d’images infiltrées de sadisme et de paroles diffuses. Disons-le, on tient à ses secrets comme à la prunelle de ses yeux et se défaire du voile qui les protège c’est d’une certaine manière commencer à entamer la carapace et risquer d’être confronté à un retour dévastateur du refoulé.

Que Caïn, se dresse en caïd du surmoi et qu’il suscite la peur serait somme toute dans l’ordre des choses s’il était seulement question d’être pris sous le regard réprobateur et d’avoir à faire avec la culpabilité et le châtiment mais à partir du moment où il n’apparaît que comme un œil énuclée, produit d’une puissance invisible, il devient un œil maléfique, un mauvais œil surgissant du royaume des morts. Dès lors, en venant seulement figurer l’effroi il prive le vivant de sa capacité à penser, à opérer un retour sur lui-même et à repérer par-delà le mal, quelque chose de ses fantasmes.

Céder à la tentation de réfléchir comme le propose avec circonspection Françoise Guérin, c’est opérer un fléchissement, une révision, un acte qui autorise à voir ce qui a été enfoui dans sa mémoire, à approcher le côté ténébreux de ses affaires et à interroger les monstres qui somnolent en soi, ça et là.

En accompagnant son inspecteur sur une voie dégagée des œillères comportementalistes, elle lui fait entendre la dimension de l’inconscient et éprouver autant la malignité du mal que la force du désir.

On ne fait pas de la bonne littérature avec de bons sentiments, disait André Gide. Dans son roman noir, Françoise Guérin nous donne à ressentir le monde des choses qui se voient et celui de la folie et du chaos. En nous invitant à prendre appui sur la parole, elle nous fait voir autre chose que ce qui saute aux yeux et nous rappelle simplement que le monde doit s’entendre bien au-delà de sa seule visibilité.

A la vue, à la mort de Françoise Guérin aux Editions Le Masque, 350 pages, 6,5 €

Repost 0
Published by Patrick L'ECOLIER - dans chroniques littéraires
commenter cet article
26 août 2007 7 26 /08 /août /2007 17:49

 

--t--carte9.jpg





Elle pense à un livre. Un livre qu’elle va prochainement lire, peut-être écrire même, ou bien à cette nouvelle apportée par la roue du destin et qu’elle s’apprête à habiller de sa voix. Elle a toujours un mot à l’esprit, une phrase qui harmonise les musiques venues de l’intérieur, une de ces tournures secrètes connue de tous les amoureux, un de ces verbes qui fait trembler les lèvres et emporte la douleur, une de ces paroles innocemment prononcées qui absorbe les larmes et les fait croître aussi. Elle dit et nous l’écoutons : moments de grâce ou de trouble, avec elle nous entrons dans un autre temps de la langue.

A Nicole Amann, animatrice du site Bonnes Nouvelles

Repost 0
Published by Patrick L'ECOLIER - dans calipso expression
commenter cet article
25 août 2007 6 25 /08 /août /2007 18:31

vrai-dire-image.jpg









Ce matin, en lisant le Libé d’hier, je nous ai imaginés, nous coutumiers des journaux et des livres, pris dans une sorte de boîte noire, réduits à l’état de lilliputiens cherchant indéfiniment à nous souvenir de ce que nous avions été, à nous demander si nous avions eu un jour la capacité à percevoir ce qui nous différenciait les uns et les autres, s’il nous était arrivé de nous parler chacun à notre façon, de dire et d’écrire des mots dont nous en comprenions le sens, ou si définitivement diminués nous n’étions plus qu’une communauté d’êtres uniformes sans histoire et sans raison.

Et puis tout bien pesé il m’a semblé qu’il n’y avait là rien de conséquent, rien de mystérieux non plus, tout juste un soupçon de conscience qui nous effleure au décours d’une lecture…de Libé par exemple... 

 

" Ce pourrait être un acte d’héroïsme minuscule, invisible, inutile sans doute. Passer devant un kiosque à journaux empli, débordant de lui. Sa photo souriante ou songeuse, son système, ses amis, ses enfants, l’insondable mystère de son épouse, ses secrets, ses bassesses, sa vulgarité, ses élans, ses bonbons, ses bourrelets retouchés au Photoshop, ses états d’âme, sa recueilleuse d’états d’âme, les états d’âme de sa recueilleuse d’états d’âme. Se planter là, devant le kiosque à journaux. Tendre la main. Et décider, simplement, pour soi tout seul, au nom du peuple souverain dont on est une parcelle indivisible, d’exercer son droit de rétractation. Pouce ! Chercher dans l’océan de la tentation unique, le seul journal, le seul hebdo, la seule feuille garantis sans Sarkozy. Se diriger vers la caisse, le front haut. Et, ayant décidé qu’il ne passerait pas par soi, ne lire, toute l’année, contre vents et marées, que ce journal-là. Ce serait un combat insensé et sublime. Et totalement inutile. Car c’est ainsi. … "

Daniel Schneidermann dans les Rebonds de Libération du 24 août 2007.

Repost 0
Published by Patrick L'ECOLIER - dans calipso expression
commenter cet article
24 août 2007 5 24 /08 /août /2007 18:32

La première série de cartes se termine avec la numéro 1 et des messages postés par Macada et Ernest J. Brooms

--t--carte-C-copie-1.jpg


Hervé,
Peux-tu mettre tes ingénieurs sur les mines en PDX-28-3NF ? Il semble que cette nouvelle céramique double presque la fragmentation (rayon d'action annoncé : 125 cm).
Merci et à lundi,
Nicolas
PS : Plutôt mou le Salon cette année !


Exit
je suis en fuite
la cause : séjour illicite
dans un loft troglodyte
avec deux filles tacites
une histoire sans suite
violence en kit
violence au hit
en cette terre maudite
de ferraille décrépite
caméra super huit
images à la va-vite
suis déjà dans le cockpit
ma vie est en transit
exit
Ernest J. Brooms
Repost 0
Published by Patrick L'ECOLIER - dans calipso expression
commenter cet article
23 août 2007 4 23 /08 /août /2007 16:17

C'est au tour de Françoise Guérin de rejoindre la première page avec quelques mots qui lui ont été inspirés par la carte numéro  2...
La carte numéro 1, dernière de la série, sera publiée demain avec les derniers messages... 

--t--carte-A-copie-1.jpg


... On est restés sur le toit, à contempler la ville, ou du moins ce qu'il en restait. Si tu voyais la maison des voisins ! Tout autour, ce n'était que fournaise et pourtant, j'avais froid. J'ai resserré mon foulard sur mes cheveux. Je ne voulais pas que nos enfants me voient pleurer.
Le ciel était dense, terreux, et comme nos existences : sens dessus dessous. J'avais pas rêvé de cette vie-là. 
Depuis, Akim répète qu'il a la haine et son désespoir me fait peur. Il n'a pas ta force pour résister à ce qui pousse en lui. Le petit se tait. Je crois que c'est pire. 
Tu me manques, prends soin de toi !
Ta Leïla
 
Repost 0
Published by Patrick L'ECOLIER - dans calipso expression
commenter cet article
21 août 2007 2 21 /08 /août /2007 18:39

 

Danielle et Possety reviennent en première page avec la carte numéro 4 qui est maintenant retirée du jeu. L'été continue avec les deux autres cartes (ici) en attendant la prochaine série...

--t--carte-E.jpg









Un bis pour Danielle.
Un grand bonjour de St Pierre les Bretelles où je suis tombée, par hasard sur un rassemblement des fans de Verchuren. Je m'en vais maintenant piano, piano à Graceland chez Elvis. Bises.


A belles dents, elle croque la musique.
Les notes erraillées rebondissent ,
s'en vont de pierre en pierre
et montent à l'assaut du ciel.
La petite musique résonne dans ma tête
Les dents laissent passer un rire écorché
Le village est à ses pieds
et tourne, tourne enivré par le son du bandonéon 
Possety

Repost 0
Published by Patrick L'ECOLIER - dans calipso expression
commenter cet article
19 août 2007 7 19 /08 /août /2007 13:39


La carte numéro 3 est retirée du jeu et revient en première page avec des messages signés Danielle et Possety. L'été continue avec les trois autres cartes ... (c'est ici)

--t--carte-B-copie-1.jpg







Un grand bonjour de St Pierre les Bretelles où je suis tombée, par hasard sur un rassemblement des fans de Verchuren. Je m'en vais maintenant piano, piano à Graceland chez Elvis. Bises. Danielle.


Pierre...
Pierres... 
Ces pierres sont les jalons de Pierre qui les a posées là pour rappeler à Paul le chemin vers demain.
Paul...
Pierres...
Pourquoi ces pierres sur mon chemin ?
Dur le chemin, hautes les pierres.
Rugueux les rochers qui m'arrachent les mains.
Je n'ai pas trouvé le message...
Pour aller à demain
Possety

Repost 0
Published by Patrick L'ECOLIER - dans calipso expression
commenter cet article
16 août 2007 4 16 /08 /août /2007 16:29


Voilà un premier jeu de cartes 
maintenant vous avez la main ...
rappel
  

24 août 2007 : c'est terminé pour la première série. 
Les cartes 1, 2, 3 et 4 sont à présent signées et remontées en première page...
 
A bientôt pour une nouvelle séquence...

 

Repost 0
Published by Patrick L'ECOLIER - dans calipso expression
commenter cet article
15 août 2007 3 15 /08 /août /2007 14:42


--t--carte-3.jpg
Il y a toutes sortes d’empêchements : la fermeture du magasin, le stylo qui fuit, le carnet d’adresses oublié, le timbre qui fait défaut, la boîte aux lettres introuvable, la carte décidément trop moche, la pénurie de monnaie, l’avion qui n’attend pas, le côté ringard de l’affaire, la tête dans la lune, le manque d’inspiration, le petit qui pleure, les grands qui chahutent, le marchand de glace qui passe, le facteur en retard, la grand-mère qui déraille, le lait qui déborde, la pluie qui n’en finit pas, le baiser trop engageant, les téléphones tous azimuts, les amis qui s’installent, bref mille et une choses à gérer, modérer, débrouiller, démêler, accommoder, diligenter et autant à entreprendre…

Alors voilà ce que je vous propose : je mets à disposition quelques cartes en petit format au cours des prochains jours et comme vous serez déjà à l’écran il ne vous restera plus qu’à azertyuioper quelques lignes à votre convenance sous forme de mel ou de commentaire et hop en retour je publierai vos petits mots en première page…

Simple, pratique et efficace n’est-ce pas ?

Repost 0
Published by Patrick L'ECOLIER - dans calipso expression
commenter cet article
13 août 2007 1 13 /08 /août /2007 12:21


visiteurs.jpg

C’est un curieux retour de vacances. En ouvrant la fenêtre de la virtualité j’aurais aimé pouvoir attraper pêle-mêle toutes sortes de mots, de consonances, de coloriages, de messages d’adieu ou d’au revoir, de bruits du jour et de chuchotements de la nuit, de reflets qui seraient venus de loin et auraient raconté la durée des choses et l’écoulement de la vie. Mais rien de tout cela dans la boîte à courrier. Les temps changent, comme chaque année finalement. Pourtant, avant de refermer le rideau, je suis tout de même passé par l’administration du site, histoire de jeter un œil sur les mots-clés employés par d’anonymes visiteurs. Bien m’en a pris car rassemblés, ils contribuent à l’écriture d’une aimable carte postale.

 

Bien sûr je me suis coloré les cheveux avant de partir en vacances et j’ai fait le nécessaire pour éliminer l’odeur de naphtaline qui habitait mes apparats d’été. Des vacances méritées après cette longue plongée dans le sommeil artificiel survenue après avoir bu une décoction de plumes de bison et de foie jaune censée venir à bout des douleurs existentielles. Cette année, je me suis fait construire une petite cabane en bois au Royaume des larmes. A ce que l’on dit c’est une zone propice aux rencontres : femmes mûres en socquette, vierges au martinet ou demoiselles belle époque y ont une réputation de libertines et, toujours à ce que l’on dit, des dispositions particulières pour vous flatter le perlimpimpin. Sitôt arrivé, je me suis empressé d’écrire à Madame la Comtesse, la maîtresse absolue des lieux. Rendre hommage aux Dames est la première des politesses, n’est-ce pas ?

Nous vous saurons infiniment gré de nous rendre visite avec un panier de chanterelle violette, m’a-t-elle fait savoir en retour par l’intermédiaire d’un cantonnier américain. A la lecture du post-scriptum j’ai immédiatement ressenti un fourmillement dans la nuque et comme une brûlure aux terminaisons.

PS : Aimez-vous voir une femme en jupe qui se penche ? Quelle partie des oursins mange-t-on ? Les pâtes Lustucru ont-elles quelque chose de plus ? Préférez-vous dormir sur le ventre ?

Repost 0
Published by Patrick L'ECOLIER - dans calipso expression
commenter cet article