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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 08:00

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Jusqu'à présent Liliane ne se manifestait que dans les commentaires. Quand elle a découvert la série des 100 derniers jours, elle n'a pas résisté à l'envie d'apporter son grain de sel à chaque billet posté. Et puis, elle s'est dit que peut-être on ne sait jamais, éventuellement ou à l'occasion, le barman pourrait le cas échéant envisager de ... 

Bienvenue au café Liliane ! 

 

La jeune vendeuse

    Liliane Ludwig.

 

 

Hier, dans une vitrine, une paire d'escarpins m'a tapé dans l'œil : 45 euros au lieu de 60, pas l'affaire du siècle, c'est vrai.... mais grever mon micro budget pour ce petit plaisir futile mettra du piment dans la mornitude de ma vie de quadra !

J'hésite, d'ordinaire, je préfère avoir l'avis d'une amie. La peur du mauvais goût sans doute; quoiqu'il en soit, si je ne suis pas assez fashion pour choisir seule, cette fois, la crainte de passer à côté de mon coup de foudre me pousse à ne pas remettre à demain mon achat compulsif. J'entre, sous l'œil agacé d'un clone de sa génération : une jeune femme qui ne comprendra pas de si tôt que les clientes assurent son salaire et qu'elles ne sont pas là pour interrompre ses interminables coups de fil personnels. J’attends qu’elle veuille bien raccrocher et lui montre la paire qui me plaît. Je lui demande ma pointure en noir. La vendeuse (22-23 ans maxi) revient de l’arrière-boutique avec le modèle en bleu nuit.

Je lui fais gentiment remarquer que j'ai demandé du noir et elle me rétorque : "ouais (très élégant, me dis-je) ben… c'est pareil, franchement, on voit pas la différence !?" !!

Elle ne voit pas la différence ou bien elle veut expédier la vente pour finir de raconter sa vie trépidante à Kévina, dans son français approximatif et pauvre ?

Je suis abasourdie ! Elle rumine bruyamment son chewing-gumgum et me parle comme si j'étais sa copine... L’esprit petit-bourgeois de mon éducation me retient généralement d’ouvrir les hostilités, mais là… l’invitation se fait pressante!

Un vieux souvenir d’instruction civique me revient en mémoire.

Je lui dis que je la veux en noir. Mon ton est cordial et un peu ferme. Elle se résigne, en faisant la moue et en traînant les pieds. Elle revient, comme au ralenti, avec la paire en noir et en 39. « Je vous avais dit que je chaussais du trente sept et demi ».Sans l’ombre d’un flottement, elle me répond "vous pouviez pas me l'dire plus tôt !?" Je ne sais pas ce qui me stupéfie le plus! L’aplomb, la vulgarité, l’incompétence ou le savant mélange des trois ?

Mon éducation vient brutalement de céder du terrain :« après avoir apporté la mauvaise couleur, vous revenez avec la mauvaise pointure, vous lambinez,vous mâchez vulgairement votre chewinggum...! Vous le faites exprès ? Je veux voir la responsable du magasin. »

Elle me toise d'un air narquois : "ouais… pas de problème la vieille" ! C'est le pompon !!! Je n’ai aucun doute, elle a bien dit « la vieille ». Mon regard balaye le magasin, à la recherche d’une caméra cachée. Je ne trouve aucune autre explication plausible et recevable.

Et là, elle appelle (ou devrais-je dire elle "beugle") : « Brigiiiiiiiiitte !! Brigiiiiiiiiitte ! Y a une cliente ké pas contente ! »

Incrustée, invisible, la caméra est probablement de la plus haute technologie. La blague, pour autant que je la trouve de bien mauvais goût, est parfaitement réussie.

Brigiiiiittese pointe (50-55 ans, perchée sur plus de 10cms de talons, trop bronzée pour la saison, presque parcheminée, le crâne recouvert d’une paille jaune clair bien brushée, et maquillée comme une mère maquerelle). « Ce n'est pas gagné ! » Je le pensais si fort qu’elle aurait pu l’entendre. Je suis convaincue que l’habit fait plus souvent le moine que le contraire, mais je tente quand même un dialogue (le respect, c’était la leçon d’instruction civique de la minute d’avant).

- Ce n'est pas la peine de faire tant d'histoires, elle est jeune, vous voyez bien ! Elle a commencé il y a 15 jours. Si vous êtes pleine de préjugés, c'est votre problème... (??????). Vous pouvez trouver d'autres chaussures ailleurs !

Loin d’une suggestion, la dernière phrase sonne comme un ordre.

Je me dirige vers la sortie. A la dernière seconde, je l'entends qui ajoute "fais chier celle-là, elle se prend pour la femme du Président ou quoi ?"

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Published by Patrick L'ECOLIER - dans calipso expression
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commentaires

Lza 30/06/2012 17:19


Apparemment, ce n'est pas son pied que l'on prend en venant se chausser là!

Jean 30/06/2012 02:04


Je connais ce magasin, il a pour enseigne "On a chaussure à votre pied".

Yvonne Oter 29/06/2012 18:54


C'est du vécu, ça ! Trop souvent à mon goût, d'ailleurs... !

Lastrega 29/06/2012 10:27


"Aux jeunes filles en fleur".

Marlène 29/06/2012 09:49


Je n'ai pas pu m'empêcher d'éclater de rire !!! Ce détail aurait pu être ajouté dans mon texte... en effet !