Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 09:27

MLF

MLF.jpg 

Sylvie Dubin vient de recevoir le prix de la Nouvelle d'Angers pour son premier recueil publié aux éditions Siloë. Au café, on la connaît un petit peu Sylvie, pour avoir été primée deux années de suite au concours Calipso ; du coup, elle a traversé deux fois le pays pour simplement venir parler de deux ou trois choses qui lui tiennent à cœur et profiter de l'événement pour se retrouver, le temps d'une soirée, dans un petit coin de lumière au pied de la belle Chartreuse.

C'est qu'elle est prête à tout Sylvie (enfin presque) pour sortir des sentiers battus, se laisser dérouter, attraper ça et là un mot, une expression, éprouver l'inclinaison d'un regard, prêter l'oreille à un chuchotis, effleurer une anguille sous roche… bref, entretenir une poignante affection pour les multiples bruits qui font la vie…

En écrivant, il est possible de rectifier les destins, dit-elle, et c'est bien parce qu'avant tout elle écoute qu'elle peut voir au-delà des apparences. Les mots parfois, c'est quand ils manquent qu'ils font mal, dit-elle encore, et c'est sans doute pour cela qu'elle offre à ses personnages - des femmes apparemment sans histoires - autant de mots difficiles à convoquer. L'absence, la violence, le rejet sont tapis derrière la lourde toile où sont brodées les armes de la famille. alors bien sûr on comprend qu'elle se familiarise avec les questions de filiation, les affaires de couples, les douleurs rentrées, ces froissements surpris à la tombée du jour et qui reviennent inopinément dans la blanche intimité de la nuit.

Les histoires reconstruites par Sylvie Dubin sont marquées par la rupture. Elle ne dissout pas ses héroïnes dans les sombres évènements de la vie, elle leur prête une voix qui réveille des désirs, met en mouvement les corps, brise le miroir de la résignation. La nouvelle intitulée "Marie-Louise F." en est certainement le plus beau témoignage. 

Selon elles,  de Sylvie Dubin aux édtions Silooë, 78 pages, 10€ 

Partager cet article

Repost 0
Published by Patrick L'ECOLIER - dans chroniques littéraires
commenter cet article

commentaires

jean 15/12/2010 14:46



Sylvie a vraiment une plume merveilleuse. Son texte "Eurydice sur le quai", troisième dans "entre chien et loup" est d'une poésie envoûtante. et quelle chute. à rendre jaloux tous les nouvelliste
: effet pervers d'Alzheimer, Eurydice se retourne vers Orphée !


Continue à nous envoûter, Sylvie, comme dans ton texte Kafkaïen "L'empouse" dans "Si proche, si lointain".



Martine 15/12/2010 14:26



Un recueil sublime!!!



ysiad 15/12/2010 10:03



J'ai eu la chance de rencontrer Sylvie Dubin au Fontanil, lors de la remise des prix du concours de Calipso, au mois d'octobre dernier. Sylvie ? Elle est aussi modeste que douée. En toute
objectivité, son recueil est un vrai bonheur de lecture. C'est poétique, troublant, mystérieux à chaque fois, subtil à chaque fois. Et remarquablement écrit. Sylvie nous fait découvrir l'insolite
derrière ses personnages féminins, je ne sais pas comment elle fait mais il suffit d'un léger lever de rideau et soudain tout un monde se donne à voir à travers le travail de
l'écriture.L'ensemble devient cohérent, l'image surgit du tableau.


J'en profite ici pour l'applaudir et la féliciter très sincèrement.