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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 18:45

Metamorphose.jpg

 

J’ai fini par trouver une place près de toi. Il a fallu que je m’affuble du masque de l’enfance et que je franchisse une petite porte couverte d’une végétation duveteuse. Depuis que j’ai achevé ma métamorphose, je ne ressens plus les privilèges de la chair et un profond silence s’est installé. Je n’entends rien, aucun murmure, aucun souffle, aucune pulsation, tout juste perçois-je une légère oscillation quand arrive la rosée du matin. Je ne me souviens plus des couleurs du jour et de la nuit. Seuls me reviennent en mémoire les reflets de cuivre qui t’enveloppaient quand tu regardais la mer au couchant.  Des mains caressantes ont laissé quelques pointes de nacre sur ton corps et je me demande parfois si tu n’es pas le rêve d’un autre. Mais je ne veux pas me plaindre. Après tout, je ne suis pas si effacé que ça. Il me semble même que mon esprit ne se soit pas vraiment dissous dans la pierre et qu’il ait gardé suffisamment de vigueur pour venir t’effeuiller au fond du bois. Au fond, j’aime assez l’idée de ne plus jamais avoir sommeil.

 

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Published by Patrick L'ECOLIER - dans Image In
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commentaires

Joël H 24/11/2013 19:38


 Bien beau et sensible texte.

Jean 22/11/2013 09:22


Fascinante photo où l'on découvre sur les planches de la palissade, un corps d'homme dans une position "impudique", et duquel se détourne la tête du petit Pierrot avec une grimace à la fois
d'étonnement et de dégoût.

Yvonne Oter 21/11/2013 22:36


Vrai Lza ! Tellement vrai...

Lza 21/11/2013 09:48


Le "masque de l'enfance?" Mais il est en nous, c'est la vieillesse qui le recouvre. Et c'est peut-être celui de la vieillesse qui recouvre notre vrai visage.

BlancChantal 21/11/2013 01:17


l'imperceptible qui plane... fragile émotion