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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 14:46
Les o d'Yvonne image











Non, ce n’est pas le Captain Alvarez qui est à la manœuvre aujourd’hui, ni Pauline Réage (disparue en 1988) et pourtant il n’est question que d’histoires d’O dans ce billet…


 

Qu’est-ce que ça m’énerve…

par Yvonne Oter

A chaque fois que je regarde un journal télévisé sur une quelconque chaîne nationale, je constate que le son " au ", ou " eau ", ou " ô " a disparu de la langue française. Il s’est tout bêtement transformé en " o ".

Ainsi, lors des prévisions météorologiques, on entend " … un été bo, chod et sec ". Aux informations économiques, " les hots-fournox de la sidérurgie à chod ". Lors des faits divers, " Le bedo de Bone a été blanchi de toute accusation d’avoir pillé le tronc de Saint Jérome ". Pendant la retransmission de la course du quinté, " les chevox entrent dans la dernière ligne droite ". A la page people, " le chapo de la reine Elisabeth II était digne de sa réputation ".

Passe-t-on pour un sombre plouc si l’on prononce le son " au ", ou " eau ", ou " ô " ? Cette disparition a eu lieu vraisemblablement depuis quelques années, peu à peu, lentement, insidieusement, mais je ne m’en suis rendu compte qu’il y a quelques mois. Depuis que je l’ai remarquée, ça m’énerve. Et ça m’énerve même prodigieusement ! Pas tellement parce que je me refuse à prononcer " o " comme le voudrait la nouvelle mode et que donc je dois passer pour une rétrograde, mais plutôt pour les conséquences imprévues de cette mutation.

 

Ainsi, à l’heure où l’on prône la simplification de la langue française pour que nos chères têtes blondes éprouvent moins de difficultés scolaires, imaginons la perplexité des écoliers devant la dictée suivante, énoncée par un jeune enseignant à la mode :

" Ox abords du châto, le jardinier muni de son râto nettoyait nonchalamment les plates bandes. Les boulox et les soles pleureurs bruissaient sous la brise caressante. Plutot que de perdre votre temps à baguenoder ainsi, vous feriez mieux d’aller vous occuper des poirox au potager, mon bo ". Madame la Baronne n’était jamais contente. Un peu chamo sur les bords, elle aimait adresser des remarques désobligeantes o petit personnel. O fond, le jardinier, qui ne lui faisait pas de cadox et profitait de chaque occasion pour proner la révolte domestique, savait que, s’il s’était occupé du potager, elle l’aurait envoyé dans les plates bandes. Hossant les épaules, il se dirigea vers les rangées de poirox qui, il est vrai, manquaient d’o. "

Je n’ose imaginer les copies que les chers bambins rentreraient !

 

J’habite dans le sud, en pays d’oc. Ici, c’est de naissance, avec la première tétée, que l’on prononce le son " o " pour " au ", ou " eau ", ou " ô ". Ainsi, mon ancien voisin s’appelait René Judeau, ce qu’il prononçait René Judo. Mais ça allait bien avec le reste de son discours " Ah, ma povre, putaing, cong, si vous saviez… ". Depuis quatre ans que j’y suis installée, la prononciation du sud-ouest ne me dérange plus. Mais que l’on ne vienne pas me dire que tous les présentateurs d’émissions de télévision proviennent du pays de Henry IV !

 

J’ai de la chance ! Mon nom comporte deux " o " bien francs, bien purs, garantis d’origine. Si par hasard, la mode s’inversait, attention ! Je n’aimerais pas que l’on m’appelle Yvaunne Auter…

 

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Published by Patrick L'ECOLIER - dans calipso expression
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commentaires

Yvonne Oter 04/02/2010 09:25


Jean-Pierre, que dire encore après un tel cadeau? "Merci" me semble bien fade. Pourtant, c'est le seul mot qui me vient à l'esprit! Alors, je vais le répéter plusieurs fois pour lui donner plus
d'impact : merci, merci, merci, merci, merci.


Jean-Pierre 03/02/2010 21:01


Suzanne dit tellement bien de vous deux, Yvonne, que je me suis senti obligé de t'écrire un petit texte sans prétention et sans rimes.
J'ai eu la prudence de mettre les adjectifs possessifs à la troisième personne du singulier et non à la deuxième pour ne pas voir arriver ton mari en trombe dans mon appartement...
VieillirVieillir heureux
Dans les petits matins bleus,
En respirant son nom,
Lorsque s'ouvre la rose
Aux baisers du soleil.
Vieillir heureux
Aux reflets de ses yeux,
Pour ressentir encore,
Ce sentiment d'ivresse
Qu'est la force d'aimer.
Vieillir heureux
Au clapotis des jours
Pour goûter, paisible
Les heures parfumées
De l'infinie tendresse.



Lastrega 01/02/2010 08:16


Tu peux même, Jean-Pierre, lui en faire une grosse de bise à Vovonne dAmurrrrrrrr de Namur. Roro-Boubou n'est point trop jaloux. Il passe même ses journées à transporter du lit à son
ordinateur notre petite amie, lui concocte des petits plats et tout plein de douceurs. Profites-en ma Vovonne, c'est pas tous les jours qu'on se casse les O de
trO chanter.
Et en passant, plein de bisous à Boubou (Robert, son petit mari) et Gnagna (Ma Vovonne dAmurrrrrrrrrr).
Voilà que mes délires me reprennent. J'attaque fort dès le matin. C'est parce que mon horoscope m'annonce : Taureau : il vous faudra foncer de bon matin...


Jean-Pierre 31/01/2010 22:37


J'allais encore t'oublier, Yvonne. J'espère que tu te rétablis doucement.Une petite bise en passant pour t'aider à surmonter l'épreuve.


Jean-Pierre 31/01/2010 22:31


Quand on lit les SMS de nos rejetons, qui seront ...l'élite de demain. N'avons-nous pas l'impression de parler dans le vide entre gens de bonne compagnie.