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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 08:00

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Un monde : cent fins

Jordy Grosborne

 

 

Un long silence parcourut l'assemblée alors que des bourrasques de vent s'immisçaient jusque sous la porte, faisant frémir le lourd rideau de velours rouge protégeant l'entrée. Je levai la tête, imperceptiblement, comme si chaque mouvement risquait de me faire exclure de cet endroit. La discrétion était plutôt dans mes habitudes, je n'avais dès lors pas à forcer ma nature. Surtout, j'étais trop heureux de me trouver enfin ici, lieu quasi mystique tant visité par l'esprit et jamais encore foulé du pied, voire des deux. Tout amateur ou joueur de jazz rêverait de se retrouver au New Morning, au Duc des Lombards ou au Blue Note. De la même façon, tout nouvelliste aspire à passer un moment là ou la critique littéraire, la libre pensée artistique, l’image et les mots se retrouvent : Le café Calipso.

Un nouveau satellite passait au-dessus de nos têtes depuis 2006. Sa mission : Étudier l'atmosphère en captant la lumière et en observant les nuages. Savoir vers quoi va le climat, la vie quoi. Son nom : Calipso. Ce ne peut-être un hasard. Ici aussi on essaie de capter les variations de lumière du monde par les mots, on la transfigure par les idées et on la transmet vers les autres par l'écrit, pour se faire entendre, telle une silhouette de Munch, se tenant l'âme à deux mains, pour réfléchir, ou se rendre sourd aux maux qui nous entourent. Ici aussi, on se demande où va le monde, où va la vie. Et justement, ce qui nous réunissait ce soir, c'était la fin du monde.

Comme dans la chanson de Patrick, on s’était dit rendez-vous dans 100 jours, histoire de faire un état des lieux après la fin du monde. Comme dans tous les bars, on voyait tout de suite les habitués, content de se retrouver, qui se donnaient des nouvelles de leurs nouvelles, qui parlaient de la chronicité de leurs chroniques et qui critiquaient leurs critiques. «L’important dans les concours, c’est qu’on court après l'épris», avais-je lancé à la cantonade pour me donner du courage et me faire une place au forceps de l’humour. J’ai bien senti que ma remarque tombait à plat. Patrick avait le dos tourné et remettait en place quelques photos au-dessus du zinc et le lourd silence gêné qui ponctua ma remarque me fit reprendre précipitamment ma place au fond sur le tabouret gainé de cuir, petitement recroquevillé sur mon outrecuidance. Un petit remue-ménage, pourtant, attira mon attention. C’était Castor T. qui, dans un coin, n'arrêtait pas de tâtonner par terre en pestant : "Bon dieu, où il est passé ? Je l'avais encore y a pas cinq minutes ? Ça, c'est sûr, ça va être moins pratique après " On mit du temps à comprendre qu'en éclatant de rire, il avait perdu un zygomatique qu’il cherchait désespérément sous la table. Ses onomatopées tranchaient le calme au scalpel et quelques sourires s'affichèrent de-ci de-là.

« Fait pas attention, lança Patrick sans que je le voie arriver, y a des bourrus, y a des lunaires, y a des militants, y a des solitaires, y a des belles et y a des bêtes, y a des désespérés, y a pas mal de bizarres, y a beaucoup d'humanistes, mais y a surtout un paquet de sympas ! »

Il avait dit ça sans se retourner et je me demandais même si la voix venait de lui ou du bar tout entier tant il faisait corps avec son antre. Il semblait évoluer comme dans son appartement et je me demandais même s’il n’avait pas aménagé un studio/kitchenette/salle de bains dans la partie basse du vieux meuble-bar en acajou qui lovait toute une partie de la pièce. Des dizaines de liquides alcoolisés répondaient aux jus de fruit, joyeusement ordonnés comme arbres, bosquets et graminées, faisaient miroiter leurs éclats au travers de bouteilles aux formes multiples. Quelques spiritueux ne manquaient pas de faire l'esprit du haut de leur étagère. On se serait cru dans un jardin cultivé à la Voltaire, mais nul Candide n'habitait ici.

Sur un bout de canapé dans un coin de la salle, Ysiad était en pleine discussion métaphysique avec son chat, vautré on ne peut plus confortablement sur le dos sur une peau de mouton et pour qui, "Non, décidément non, la fin du monde n'a pas à concerner les vieux matous de mon espèce". Il avait ponctué sa totale désapprobation par un miaulement rauque en soufflant quelques volutes bleutées d'un cigare d'une contrebandière siamoise en lissant ses moustaches de la pointe de la griffe.

Les conversations allaient bon train de groupe en groupe et les lettres coulaient à flots sur des phrases au long cours. Décidé à avoir mon mot à dire, je m'approchai d'un groupe où Benoit C. essayait d'extorquer quelques signatures pour faire grossir sa pétition en vue de "l'inscription des Duchemin sur la liste des espèces protégées". Bien campé sur ma ponctuation, les mains sur les hanches et le verbe haut je dis à qui voulait l'entendre, et même aux autres, "Moi, j'écris sans thème, mais que des nouvelles noires et juste à la Toussaint". C'est que Bibi y voulait pas jouer les seconds drôles pendant toute la soirée ! Quelques conversations suspendirent leur vol et on entendait le cuir des Chesterfields craquer sous les séants interloqués. Au début, j'ai cru que c'était la fin, puis Patrick est apparu en demandant si quelqu'un reprenait quelque chose. Un Vieufou demanda quelques vers d'acide carbonique avec des glaçons à neutrons radioactifs, Ryko sollicita juste un quatrain de vers de Prévert. "Et toi ?" me demanda Patrick. "Une petite bière est de mise" je dis faussement nonchalant, pas peu fier d'avoir ainsi été adoubé par le seigneur des lieux.

J'allais trinquer à la fin du monde quand Dominique G. rappela avoir été la première à l'évoquer jusqu'à en préciser l'heure ce à quoi Patrick L. rétorqua qu'on ne joue pas avec le ciel et sur ces mots obscurs se servit un "verre d'eau grand comme un déluge".

Claude B., qui menaçait d'en appeler au Conseil Supérieur de la Littérature fut interpellé par Claude R. qui estimait que la discorde était plutôt du ressort du Comité d'Intervention Originel. Heureusement, la sono choisit cette poussée de formalisme kafkaïenne pour lâcher un énorme larsen avant que Dominique C. mette tout le monde d'accord en hurlant sur la scène nimbée d'une lumière sépulcrale "Quand est-ce qu'on mord", ce qui réveilla un court instant Corinne J. qui avait manifestement choisi la gueule de bois à la fin du monde.

À la fin de la chanson, on tambourina à la porte. C'est Jacqueline D. qui alla voir. On l'entendit juste dire " Ah non, monsieur, vous vous trompez, CEPALA" avant de rabattre le rideau. Il a dû perdre le nord ajouta-t-elle. "Ah ben justement, s'écria Emmanuel C.T. en levant les bras au ciel comme pour le prendre à témoin, j'ai là des montagnes de boussoles à prix sacrifiés dont j'aimerais bien qu'on me débarrasse avant que je ne perde la boule !". "Si t'arroses les vents, peut-être te porteront-ils sous d'autres cieux", lui dis-je malicieusement. Elle allait me répondre que j'étais trop débile quand elle fut interrompue par Danielle A. qui essaya de lui expliquer que ce n'était pas avec sa retraite de 650 € qu'elle allait malheureusement pouvoir s'offrir de quoi s'aimanter à un point cardinal.

Moi, je me régalais de ces échanges impromptus à bâtons rompus. C’est vrai que le virtuel, c'est bien, mais pour descendre une bonne bière et se taper sur l’épaule, y a mieux. Et là le mieux, j'y étais. J'étais tout feu, tout paille pour ce baptême et j'en oubliais presque que le sujet était grave. Franck G. se chargea juste à ce instant de nous le rappeler par un "OYEZ, OYEZ" sonore, mais non belliqueux avant de vite noter sur son carnet dont il ne se séparait jamais les 100 choses qu'il avait à faire.

Subitement j'entendis des "oh" et des "ah" admiratifs qui venaient du fond de la salle. C'était Dominique C. qui après avoir terminé sa chanson montrait à qui voulait les voir les photos de quelques-unes de ses groupies qui le suivaient dans ses tournées. Sur une des photos, on pouvait voir une ravissante dame, plus souriante qu'une gagnante à l'euromillions, et qui semblait faire signe à Dominique C. de le rejoindre dans des contrées lointaines et ensoleillées. "C'est qui ?", demandais-je curieux.  "Ah, elle… C'est Belinda…." susurra-t-il avant de sombrer dans ses pensées.

"Ah, l'amour… " Soupira Castor T. Je lui parlerais bien d'une amie qui s'est fait avoir par un bellâtre nommé Govind, mais ça jetterait un froid. En attendant, la pauvre, elle a changé de monde direct !"

Je les laissai à leur réflexion métaphysique et parti à la recherche de Joël H. C'était le seul que j'avais eu la chance de rencontrer par une soirée pluvieuse de pas mal d'années, et il ne semblait pas là. C'était étonnant et j'étais attristé de ne pouvoir converser avec lui. Je demandai à Patrick s'il avait une idée d'où il était. " Oh, Joël, à cette heure-ci il est enchaîné, sans doute pour une façon durable, à une voie ferrée sur laquelle doivent passer des trains de déchets radioactifs. La dernière fois que j'en ai entendu parler, c'était sur un reportage de France 3 Dijon. Il faisait tinter ses chaines en chantant – J'ai d'lamour à r'vendre, Brûlant sous les cendres-"

Je fus fort désappointé de n'avoir la chance de le revoir, mais admiratif de voir qu'il allait au-delà des mots, sur le terrain, se battre pour ses idées, fidèle à lui-même, acceptant de porter sur ses épaules le poids du monde. Benoit C. intervint pour dire que lui aussi il s'inquiétait des poils du monde, surtout depuis qu'il s'était destiné à en repeindre l'origine. Yvonne O. entendant parler de poils rappela que la fin du monde avait eu lieu pour les poux. On lui suggéra de mettre en place, après la journée de la femme, la journée de l'époux, ce à quoi elle ne put répondre que "Putaing".

Je me resservais une bière quand Patrick L. vint vers moi, l'air pas t'hibulaire, mais presque, pour me proposer de venir manger dans son nouveau restaurant "A la fourchette Buissonnière", rue de l'école. Certes, ce n'était pas la saison des champignons, mais bon… Méfiance me dis-je. Entendant que nous parlions cuisine Jacqueline D. vint nous dire, solennelle, que nous avions besoin de l'art comme du pain de l'esprit. Patrick L. renchérit en disant qu'il mettait aussi du lard avec ses champignons.

Le temps passait et quelques convives, ayant sans doute peur du lendemain, prétextèrent l'heure avancée pour s'en rentrer chez eux. Claudine C. n'arrêtait pas de parler de temps, de montre, de courir après sa trotteuse, et cherchait à s'en aller comme une furie poursuivit par un leurre. Alain E. prétextait, lui, qu'il devait encore nettoyer son grenier de 86 cadavres et qu'il lui fallait alors rentrer urgemment. Sophie E. s'empressa de lui dire que chez Fourrecar le liquide vaisselle "un monde plus propre" était cinq centimes moins cher que chez Delil. Quant à Frédéric G., il devait partir replanter des cailloux à Bugarach. En attendant, il sifflotait La java des bombes atomiques en boucle.

Jean-Luc L. se moqua gentiment d'eux en leur rappelant que la domotique existait et que lui, grâce à sa télécommande, il faisait tout fonctionner chez lui à distance. "Domus, Domine, Domotique", conclut-il fièrement. Claude B. se dit choqué qu'on parlât ainsi latin et qu'il était particulièrement déçu et inquiet que la crise de religiosité vienne jusque dans ces murs nous narguer.

L'ambiance du bar retombait peu à peu et j'allai m'assoir à côté de Jean C. "Et toi, tu pars quand ? ", je lui demandai. Il prit un air inspiré et asséna avec aplomb "Je ne partirai que le 13/13/2013 à 13h13". Je ne me risquai pas à lui demander pourquoi.

Patrick D. regarda tout ce beau monde avec une certaine tendresse et dit simplement que nous avions une araignée au plafond, mais que c'était normal, car nos plus beaux jardins sont désormais dans nos têtes, là où fleurit l'inspiration.

"Et si la fin du monde avait bien eu lieu ?" Demandais-je soudain pris d'angoisse. "Après tout Jean Rochefort a peut-être fait son dernier film, Stéphane Hessel est mort, le pape aussi, La reine Elisabeth two a eu une gastro et on annonce déjà le retour du président qui ne voulait pas partir, sans compter qu'en Syrie, naitre n'est pas un avoir sur la vie."

Les deux Patrick me regardèrent amusé. "Tu es mieux ici en tous cas, quoiqu'il se passe à l'extérieur"

C'est à cet instant que Joël H. rentra avec fracas, couvert de cendres, les chairs brûlées, plus radioactif qu'un réacteur de Fukushima, mais toujours souriant. " J'ai entendu vos voix… J'ai voulu revenir. Même les vents se déchaînent de leurs liens !". Par la porte entrebâillée, je vis ce que je ne pensais jamais voir. Au dehors du Calipso des tornades gigantesques arrachaient des monceaux de terre brûlée. Le ciel était rouge et des larmes de cendres en coulaient sans discontinuer. En place des lumières de la ville que j'aurais dû voir au loin, il n'y avait que de l'obscurité impénétrable. Mais le plus effrayant était ces silhouettes hurlantes, se tenant la tête qu'elles avaient nues et dénuées de sourcils au creux des mains, poursuivies par des arabesques aux couleurs d'apocalypse. Elles erraient telles des âmes mortes dont seul le cri éternel semblait encore les porter. L'horizon en était recouvert comme autant de scories d'un volcan explosé en deux temps, trois mouvements.

Jean Luc L. regarda aussi dehors et, étonné, demanda à la cantonade ; "C'est à qui le bourrin qui attend sagement devant la porte ? Il ne sait pas que c'est l'enfer ?" "Ce n'est pas un bourrin" grogna une forme fantomatique dans le recoin le plus sombre du bar, dont seul un chapeau à large bord et une capeline aux allures de montagne s'offraient au regard, comme dans le meilleur des Léone.  Jean-Luc L. poursuivit, "J'ai pas voulu vexer… Le canasson quoi !". "Ce n'est pas un canasson" poursuivit la voix rauque. 'Bon", continua Jean-Luc L, passablement irrité, "j'ai pas bien vu peut-être, désolé. C'est quoi alors, un bœuf bourguignon !" Il partit dans un grand éclat de rire, mais les autres hésitaient comme s'il connaissait le propriétaire du cheval. "Faut te mettre les points… sur les "i" à toi. C'est un Percheron, il vient d'Auvergne et il est à moi". "C'est pour labourer ?" termina Jean-Luc L. "Parce que moi je n'ai pas le permis pour ça". "Pourquoi, tu veux danser ? Il s'appelle Jori et là d'où on vient, tu ne serais qu'une petite chose dans la cour de ma ferme".

Heureusement, les hostilités furent interrompues par Jean C. qui vint nous dire à sa manière et en quelques vers "qui manie rondel ne fait pas le printemps" et Jean-Claude T. refit sourire tout le monde quand on vit qu'il avait un nez de Cyrano bien mal placé suite à un pari un peu osé sur ses bijoux de famille! 

Je me tournai vers Patrick, mais il devina tout de suite ma question. "L'ombre Auvergnate là-bas, c'est Lunatik. Parle peu, observe beaucoup, et a commis un magnifique roman qui s'appelait "Des chevaux et des hommes".

Je me disais que ce cheval à la force brute, au-dehors, pouvait tout autant, eu égard aux décombres et au chaos qui l'entouraient, être un des chevaux de l'apocalypse. Aux côtés des silhouettes erratiques hurlantes, il achevait de donner à cette fin du monde un air définitivement pictural. J'en étais là de mes réflexions, quand Castor T. vint glisser à mon oreille avec un air pénétré de prédicateur : "Dehors, toutes les blattes sont mortes…", "Et feue l'humanité achève de se consumer" terminais-je alors que Joël H. s'installait un peu plus loin pour fumer en paix et vider quelques verres éphémères de bière à l'amertume, non sans avoir apostrophé en passant son reflet dans la glace en lui demandant s'il voulait sa photo.

Et c'est à cet instant précis que mon regard s'est posé sur elles. Bien sûr, elles avaient déjà croisé mon champ visuel, mais jamais encore je ne les avais comprises ainsi. Toutes les photos qui tapissaient les murs, les coins, les recoins, chaque espace libre du bar. Autant de preuves de ce monde qui se meurt, de témoignages pour ceux qui nous trouveraient, les reliefs d'un autre temps.

"L'homme a régné", me dit Patrick D., "laissons maintenant refleurir le jardin."

"Quand est-ce qu'on mort ?" demanda Dominique C.

"Je ne peux pas mourir, j'ai encore cent choses à faire avant", dit Franck G.

"J'ai de l'amour à r'vendre, Brûlant sous les cendres", continuait de chanter notre Joël atomique.

"En tous cas, pour l'instant, la fin du monde CEPALA", dit avec conviction Jacqueline D., comme pour s'en convaincre elle-même.

Après les cent jours… l'an 01 risque bien d'être celui d'un règne obscur, je pensai.

C'est alors que Patrick s'est approché de nous et a dit. "Allez les auteurs, rapprochez-vous, on va faire une photo souvenir. On l'accrochera au-dessus de la porte. Et après, on va écrire pour les tourbillons"

 

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commentaires

Castor tillon 16/07/2013 16:14


J'apprécie particulièrement Jordy pour son humour, son mode d'emploi des volcans, et -entre autres- ce très beau texte : "Feu l'humanité".


Alors, un hommage collectif où on se retrouve avec tous les potes, c'est la brise sur le cadô.


Merci au barman instigateur de cette épopée. C'était parfait, comme d'hab.

SophiE 09/04/2013 13:37


Difficile d'en rajouter, vous avez tout dit, mais c'était vraiment sympa de participer à  cette aventure...

Lunatik 03/04/2013 19:58


(...et je plussoie le commentaire n°16 de Joël H.)

jacqueline 03/04/2013 12:15


Quelle virtuosité! Chapeau, bravo. C'en est émouvant une telle attention à chaque texte. Même Nono il est su'l'cul! Je partage ton envie de rencontrer tout le monde autour d'un verre. Alors,
rendez-vous au plus tard en octobre à la fête de Calipso. Et merci à Patrick pour les superbes illustrations.

Joël H 03/04/2013 09:45


Merci, Jordy. Continue à être inspiré. Beau portrait de groupe.