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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 08:00

Chappey6.jpg

 

Ce poème de Dominique Chappey paraîtra exceptionnellemnt sur deux jours, avec demain une surprise à la clé... 

 

Quand est-ce qu'on mord ?

Dominique Chappey 

 

 

 

Attendre chacun dans la peur son tour de mordre le facteur

A force de se tromper d'ennemis, on en oublie tous nos soucis

 

La multitude accouche d'un rien, métamorphose du quotidien

Trépasse l'aube des indignations au couchant des résignations

 

Au comptoir de la panade siroter la même limonade

Prendre de bonnes résolutions pour la prochaine révolution

 

Quand est-ce qu'on mord ?

Quand est-ce qu'on sort de la torpeur ?

Qu’on tord le cou de toutes nos peurs ?

Quand est-ce qu'on mord ?

 

Oser redresser la tête, refuser de battre en retraite

Finir de payer la maison, espérer toucher sa pension

 

Toujours choisir entre deux maux celui qui nous tiendra au chaud

De peur d'attraper la crève, oublier qu'on avait des rêves

 

Chaque jour se voiler la face, aux illusions faire la chasse

Cesser de dire qu'on aurait pu, admettre qu'on y a jamais cru

 

Quand est-ce qu'on mord ?

Quand est-ce qu'on sort de la torpeur ?

Qu’on tord le cou de toutes nos peurs ?

Quand est-ce qu'on mord ?

 

Pourtant demain on promettra un coup de canif au contrat

Une fulgurance de la conscience pour prendre notre mal en patience

 

C'est la bataille du quotidien se dire que si ça sert à rien

De jouer le rôle du bon apôtre, c'est toujours la faute des autres

 

Quand est-ce qu'on mord ?

Quand est-ce qu'on sort de la torpeur ?

Qu’on tord le cou de toutes nos peurs ?

Quand est-ce qu'on mord ?

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commentaires

Domicha 25/02/2013 18:32


Ou bien, Joël,
dit autrement
et également
de belle manière
:


… il y a trente ans, quand
j’étais petit garçon, si l’on m’avait dit que j’allais vivre dans un monde où l’on risque sa peau en mangeant, en se baignant, en faisant l’amour, un monde où il faut accepter de porter des
masques certains jours, où la fête est devenue une obligation, un monde où l’on bombarde ses propres banlieues, où l’eau manque, où l’on ne peut plus jamais être seul sans avoir l’air suspect de
maladie mentale, où vouloir faire un enfant à une femme en entrant en elle est devenu obscène, alors, tu vois, j’aurais dit à ce type que j’aimais bien la science-fiction, mais que, là, il y
allait tout de même un peu fort. Qu’il n’était pas crédible… On supporte tout ça parce que ce n’est pas arrivé d’un seul coup, mais à doses homéopathiques, mois après mois, année après année. En
fait, la catastrophe est lente, …, terriblement lente. C’est une fin du monde au ralenti...



Extrait de Comme un fauteuil Voltaire dans
une bibliothèque en ruine. Jérome Leroy. Ed. 1001 nuits.

Joël H 25/02/2013 09:25


Oui, quand ?


   Accepter le verdict du miroir ou bien maquiller son image et vivre d’illusions. Si elle a
trop de reprises, changer de vie. Changer de profil, de face, de fil à son aiguille. S’échapper, tel une anguille, des mailles du filet. Une à l’endroit, une à l’envers. Filer droit et de
travers. Changer de vis-à-vis. Changer de pays, de ville, de maison, d’arbre, de gazon, de sensation. Partir ailleurs. Vérifier si, là bas, Je est un
Autre. 


  


   Vendre sa vieille vie d’occasion ou la retaper au fond de son garage à mots. Briquer les
chromes, huiler la mécanique, refaire les joints pour que ne coule plus le rimmel, les larmes inutiles, la salive des paroles usées. Nettoyer le pare brise et aller à la rencontre de ce qui
vient.


 


   Quoi que ce soit.