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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 08:00

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Dix mots pour la France : l'occasion perdue

Jean-Claude Touray

 

 

 C’est avec l’allongement des jours, les montées de sève anticipées et les giboulées de Mars, le retour de la «semaine de la langue française et de la Francophonie (17-25 mars 2012). » de son opération vedette : le « jeu des dix mots ».

Ce divertissement culturel fait un tabac dans les écoles comme dans les maisons de retraite, les cliniques psychiatriques et partout où nichent des plumitifs avec démangeaisons d’écriture en commun.

T’as un thème général, dix mots qui s’y rapportent et une à deux heures pour tortiller ta rédac.

 

« Dis-moi dix mots qui te racontent », c’est le sujet cette année, une prudente manière d’écrire : « fais nous ton autoportrait ». Comme indiqué dans le cuistre commentaire que je suis en train de piller, ce thème illustre  la capacité de la langue française à dire l’intime, la singularité, l’identité propre à un individu ou à un groupe. Les dix mots choisis pour te raconter aux autres, les voici :

 

âme, autrement, caractère, chez, confier
histoire, naturel, penchant, songe, transports.

 

 

Et c’est parti mon Kiki.

C'est à ce moment que quelqu'un au ministère de la Culture aurait dû, par exemple, en relisant les épreuves du livret de dix mots, avoir le bon réflexe. En effet, ce n’était un secret pour personne qu’en plus d’être bissextile, 2012 était une année électorale avec remise en cause du bail de l’occupant actuel de l’Elysée.

 

Si les autorités qui nous gouvernent avaient eu plus de présence d’esprit, une option « Dix mots pour la France » aurait été ouverte pendant la semaine de la langue française, donnant l’occasion aux candidats à la Présidence de la république de mettre à nu sans histoires leur cœur et ses intimes transports devant les électeurs.

Leurs textes auraient été joints aux professions de foi du premier tour.

A Titre d’exemple, voici l’autoportrait qu’aurait pu écrire un candidat que vous reconnaitrez peut-être.

J’ai un penchant naturel pour la gauche, mais mon âme au fond est à droite. Ou bien l’inverse, je n’ai jamais su.

Chez moi, la force de caractère n’a d’égale que la certitude d’avoir raison.  Je suis assis entre deux chaises sur le fil du rasoir et j’y reste. Qui m’aime me suive. Voila ce que j’appelle faire de la politique autrement.

En périodes électorales sur les marchés je croque de l’ail en buvant du Jurançon. Pas fier et bien dans ses sabots, c’est, du moins le crois-je, mon image dans les scrutins locaux.

Pour la présidence de la République, je cherche encore. Pour être complet, je vais vous confier ma plus secrète ambition : devenir  maire de PAU, Et mon songe le mieux caché : Y être arrivé.

 

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Published by Patrick L'ECOLIER - dans Les 100 derniers jours
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commentaires

ysiad 14/03/2012 10:33


Super ! Ca tombe à merveille, je cherche du boulot, le Belge, une fois !

le Belge 14/03/2012 10:29


Pas à dire, Ysiad, notre joute est source d'inspiration: ta petite dernière est parfaite. Félicitations! Tu es embauchée!

ysiad 14/03/2012 09:52


Alors maintenant un sur deux, dans le sens de la marche en commençant par âme.


 


Ton âme ? Ton caractère ? Rien n'est à confier ! Sois naturel et songe autrement. Chez les recruteurs de la RATP, ton histoire doit se résumer à ton penchant pour les transports en commun.

le Belge 14/03/2012 08:46


Nous disions donc, à l'envers (non mais, une fois!) :


Les transports, quand on y songe, ont un penchant naturel à nous raconter des histoires: se confier, chez l'homme, c'est perdre en caractère sans autrement gagner en âme.

le Belge 14/03/2012 08:02


Ce que j'aime, chez Ysiad, c'est la chute: "je retourne chez Josette". Inquiétante, cette menace! Quant à Jean, trahir ainsi mon anonymat, tellement chèrement conquis, quelle outrecuidance! Mais
bon, avec quelques fleurs, ça passe. A l'envers, tu suggères, attends voir! Je vais y plancher (des vaches).