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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 09:17
fable-touray.jpg

Entre délices de chair et plaisirs des sens Jean-Claude Touray, toujours d’humeur enjouée, nous conte une fable habitée par quelques personnages mythiques….

 

Le prince, la poule et le poulpe.

par Jean-Claude Touray


Un prince consort,

L’un de ces Grands que l’on promène

Accroché au bras d’une reine

Et qui sont là pour le décor,

Un prince donc, avait une poule.

Elle faisait l’admiration des foules :

C’était une bête aux yeux d’or

Semés de vives étincelles

Comme celles

Jaillissant d’un diamant aux feux multicolores.

De plus voluptueux auraient choisi la chatte

Au déhanché d’aristocrate

Ou la pouliche

A l’œil de biche,

Le prince aimait mieux les gélines

Et le matin, après matines

Avant de la combler de baisers, de caresses,

Il promenait sa poule, en laisse.

Ils vécurent un bonheur fou

Jusqu’au jour où

Pour être au tip top de la mode,

Elle fauta avec un octopode

Un beau colosse aux bras musclés d’acier trempé.

Oublieux de l’antique adage :

" Pour être heureux vivons cachés "

Nos deux aimables personnages

Se bécotant

A tous les vents,

Furent pincés en flag par monseigneur

Le prince qui cria : " Je vais faire un malheur ".

Le consort très fâché de leur libertinage

Les fit embastiller dans une grande cage.

La reine profita de cette sombre affaire

Pour exiger, sans même un jugement sommaire,

L’exécution de la fichue volaille,

La Poule insolente et canaille

Qui lui faisait porter des bois de cerf au front,

Triste ornement pour une tête.

Maintenant que la bête

Avait perdu la protection

Du prince qu’on

Sort dans les grandes occasions,

Le bourreau pouvait l’embrocher

Au plaisir de sa Majesté.

Au tribunal correctionnel,

Plus heureux qu’elle

Son ami poulpe eut sans soucis

Indulgence quasi plénière.

Verdict : simple privation de dessert

Avec sursis.

Le prince, on ne le savait pas,

Avait du goût

Pour les gros bras.

L’octopode le fascina,

L’hypnotisant de ses yeux fous.

Désormais le poulpe promène

Le prince en liesse, ils vont de bar en bouge

Et de claque en taverne

En buvant un noir ou un rouge

Avant de regagner, chaque jour que Dieu fait

Les marches du Palais

Pour cultiver à deux le jardin de la reine.


Moralité :

Deux " tiens " valent mieux qu’un " tu ne l’avais pas ".

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Published by Calipso - dans calipso nouvelles
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commentaires

claude 01/03/2010 16:52


Et c'est depuis ce jour béni
Que le poule au pot fut mise.


M agali 01/03/2010 11:45


Bravo, Jean-Claude!
Tiens pour la coda:

Et la poule fut donc le dindon de la farce?
Ce destin convient bien à l'une de sa race.

Gageons qu'un héritier bientôt au Roi naquit
Qui du trône soutint la gloire qu'il acquit
De ses six bras excédentaires.
A moins qu'une belle héritière
Ne lui donna une dauphine
A la taille fort fine
Mais pour le reste bien p(o)ulpeuse?




Lastrega 01/03/2010 09:37


Joliment ficelé. Ah ! si Monsieur de la Fontaine voyait ça...