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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 20:00

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A propos de "Tous crocs dehors" recueil de nouvelles de Lunatik, publié aux éditions Quadrature

Le livre commence par une série de clichés littéraires en trompe l'œil. L'auteur use de cette formidable ouverture pour activer notre rapport au mal. C'est à une question, toujours sous-jacente aux vingt nouvelles du recueil, qu'il nous propose de prendre notre plaisir : comment ça nous fait mal ? Les possibilités sont infinies bien sûr, c'est pourquoi il nous offre quelque chose d'essentiel quand on fait acte d'écriture : l'ambiguïté. Ecrire sur le mal en pensant à bien est une intention tout à fait honorable mais risquée. Le mal nous est si coutumier que bon nombre d'auteurs et de lecteurs ne font que sombrer dans un ridicule puit d'excitation fantasmatique. Ici, les pulsions sont mises à mal sans artifices. On échappe à l'habituelle mortification comme ferment du plaisir et à l'amour impossible comme force d'expansion du mal. Le pseudonyme choisi par l'auteur, Lunatik, nous éclaire quelque peu sur le côté imprévisible de ses personnages, à la fois fantaisiste et inquiétant.

On sent bien que cet homme-là a eu affaire à la cruauté et qu'il y a eu un temps péril en la demeure, celle qui constitue le moi. Seulement, le mal semble avoir été absorbé et il le recrache en toute intelligence sans chercher à séduire le lecteur avec des scènes macabres. Le récit n'est pas enflammé par la haine et si la plume se fait parfois vengeresse ce n'est que pour rappeler des choses anciennes, des événements funestes qui sont peut-être toujours à l'œuvre. On le sait, la place du mal ne saurait demeurer vide éternellement. On ne dompte pas si facilement l'animalité humaine. Aussi, comme les souffrances endurées ne sont jamais pleinement reconnues, la rancœur finit par défigurer et corrompre la raison. Pour faire taire la plainte, on attend d'un blessé qu'il s'en remette à la justice, à la psychologie ou à la religion. L'écrivain est celui qui ne répond pas à cette attente, ses mots suffisent à porter la peur qui est en lui, à éprouver son ressentiment et à soutenir sa demande d'amour. De la même manière, une histoire qui tient la route doit être un moment de vertige pour le lecteur, une occasion de se laisser prendre sans se faire happer par le comprendre et une opportunité de faire émerger d'autres lieux, de rendre lisibles quelques traces de sa propre mauvaise graine.

Avec ce premier livre, Lunatik semble bien parti pour embrasser à pleines dents la littérature.

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Published by Patrick L'ECOLIER - dans chroniques littéraires
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commentaires

Patrick 10/05/2011 11:04



Grand Maître Clown : il vous faudra dorénavant dispenser vos leçons ailleurs...



Samson G. 09/05/2011 09:02



Ce clown n'a pas l'air très marrant. J'espère qu'il n'écrit pas, parce qu'avec sa palette lexicale et syngtamatique, ça doit être pénible comme du Céline.

Céline, je l'ai lu il y a longtemps, ça nous faisait marrer avec les potes parce que c'était plein de phrases ordurières et de gros mots. Passé cet accès de déconnade potache, on a fini par virer
les  bouquins de cet admirateur d'Hitler. Pas besoin d'aller bien loin pour découvrir les chefs-d'oeuvre de ce styliste virtuose :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis-Ferdinand_C%C3%A9line#L.27.C3.89cole_des_cadavres

Bon, j'ai fini de râler, Monsieur Le clown. Maintenant, je vais aller voir ce que fait ce Monsieur Lunatik, c'est peut-être plus intéressant que Céline, allez savoir.



dominique guérin 08/05/2011 20:18



Eh Grock, t'as pas fini de faire l'Auguste ? ça nous reposerait un peu.



Le clown 08/05/2011 13:54



LUNATIK…. ze crois que t‘as bien compris ! Le phrasé irréprochable y me nerve et ton Lal B….x,  y me semble
 aussi sec que vous autres….. en style ! Y glose dans le déjà écrit banal et chiant pour mézigue quant au  signifiant…. comme une dissert du bac qui aurait eu une bonne note ! Allez-vous enfin comprendre, en 2011,  qu’il y
a le fond et la forme et.... ça se sait ça, non ?…. et depuis des générations! Depuis Rabelais, Queneau et d’autres… et le meilleur…..le maître…. Céline. Et quand je lis ça sur le
blog  à Lal B…..l’auteur hors normes que tu dis et bin…  je 
me semble lire un mauvais roman de gare. Je cite  : « Savinienne est décédée aujourd’hui. Elle gît toujours sur son lit, tiède
encore, ou à peine. Elle semble apaisée – c’est ce que tous voudraient croire – elle semble morte surtout !Je frôle
ses cheveux, j’effleure ses lèvres, je regretterais presque la salive qui s’en échappait. Je saisis sa main et, soudain, le corps de Savinienne bouge, avec vivacité. Et moi de reculer en sursaut.
Savinienne n’est pas revenue de l’au-delà ; simplement, le matelas électrique anti-escarre n’a pas été débranché et la secoue mécaniquement.Savinienne
avait de l’humour, en aurait-elle toujours par-delà la tombe ? »


Du Grand Guignol..... mais mal dit !!! C’est ça le style ? MDR . Ecoute, parce que je te veux du
bien, je te conseille cette lecture pour avancer un peu dans cette affaire du style.... car manifestement vous ignorez ce que c’est . http://www.lexpress.fr/culture/livre/entretiens-avec-le-professeur-y_804298.html


Là, t’y verras du style !! Mais bon….  on fait pas boire un
âne qui n’a pas soif….mais vous ne choperez personne avec du plat dit.  Alors de grâce ne parlez plus de style !



Lunatik 08/05/2011 12:00



Castor, Yunette : je vous embauche pour ma pub. Je compte sur vous pour placarder des affiches de Tous crocs dehors (3m par 6) sur tous les murs du pays.


 


Le Clown : si tu aimes les phrasés irréprochables, les feux d'artifices lexicaux et les constructions ciselées, je te conseille de suivre le blog de Lal Behi , un auteur hors normes.


Syntagmatiquement.
Lunatik.