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9 janvier 2010 6 09 /01 /janvier /2010 16:01

Nous terminons aujourd’hui la présentation des nouvelles qui avaient été présélectionnées à la huitième édition du concours Calipso. C’est l’occasion de remercier une fois encore les nombreux participants ainsi que les membres du jury, les comédiennes et musiciens pour leur chaleureuse contribution.

Rendez-vous maintenant en fin de semaine prochaine pour l’annonce du thème de l’édition 2010


Fidele-poste-image.jpgFidèle au poste

par Françoise Bouchet

   

Le jeune homme osa quelques pas. Son regard déconcerté balaya la vieille classe aux murs écaillés. La peinture s’effritait, tombant par plaques. Dans l’angle de droite, un bureau en bois massif recouvert seulement d’une fine couche de poussière : deux mois de vacances sans ménage ; plus loin, sa chaise assortie, digne trophée de brocanteur. Issus des photos de Doisneau, les pupitres attendaient assurément un essaim d’écoliers en blouses grises. Au-dessus d’une étagère garnie de quelques "bibliothèques roses, vertes, rouge et or ", une carte jaunie de la France emmêlait villes, fleuves et régions obsolètes. Dans un autre coin, un squelette aux os bien blancs veillait à la bonne tenue de toutes ces antiquités. Les yeux du jeune maître glissèrent sur le tableau noir, seul objet un peu récent nettoyé à la perfection, pour s’accrocher à un autre tableau dont on sentait qu’il avait dû participer à l’érudition de plusieurs générations. Sans doute celui du groupe des "petits ". Il n’aurait pas été étonné de découvrir un bonnet d’âne posé dans un recoin. Une pile de cahiers vierges attendait sagement le jeudi 3 septembre 2009… Le jeune maître ouvrit la vieille armoire rafistolée: stylos, crayons de couleur, gommes, plumes rouillées et porte-plume, pots de colle blanche et rouleaux de scotch y étaient méticuleusement alignés.

Olivier portait sur son visage la fraîcheur de la jeunesse. Tout juste sorti de l’IUFM, l’institut universitaire de formation des maîtres, il intégrait son premier poste de professeur des écoles. Il avait été nommé d’office dans ce village au milieu des collines et des champs verdoyants, égaré dans le bocage normand à soixante-dix kilomètres au sud de Caen. Lui qui avait toujours vécu en ville. Ce 31 août 2009, il découvrait donc la classe,  sa première classe ! Dans trois jours, ce sera la rentrée : sa première rentrée ! Bien sur, il avait fait des stages, mais essentiellement dans des écoles de ville. Les classes y étaient le plus souvent neuves et le matériel récent. Ici, il eut l’impression d’être entré par effraction dans un livre d’histoire.

Olivier avait eu vent de vagues rumeurs selon lesquelles son prédécesseur, nommé une cinquantaine d’années auparavant refusait avec obstination son départ en retraite. Sa feuille de nomination, Olivier l’avait reçu le matin même : affecté à titre provisoire. Il s’y attendait un peu, célibataire, sans enfant, vingt-trois ans à peine, il n’était pas prioritaire pour un poste en ville. Il resterait ici un an probablement, puis essayerait d’obtenir une autre classe plus près de ses amis.

Tout ici semblait dater de 1960 : l’ambiance sombre, le mobilier suranné, l’odeur rance, mélange de moisi et de renfermé, peut-être même la poussière…comme si la vieille horloge s’était arrêtée à l’entrée en fonction de l’ancien maître. Absorbé, happé par cet étrange retour dans le passé…Il sursauta au son de la voix sèche : "Bonjour". Le bonjour de mademoiselle Hortense le ramena en 2009…Il découvrait sa collègue, célibataire, la soixantaine affirmée. Elle enseignait aux tout-petits. Cheveux gris-blanc, rides et chignon, il ne manquait que les lunettes… "Monsieur Paul…Ah!… Monsieur Paul" soupira t-elle, énigmatique. Elle tourna brusquement les talons, pénétra dans sa classe, tout aussi vétuste que celle d’Olivier. Elle y disparut aussitôt, fusionnant avec les murs. Le jeune homme se sentit l’âme d’un extra-terrestre. Que dire à cette collègue ? Qu’avaient-ils donc en commun, lui l’adepte du jean-baskets, ouvert à l’avenir, amateur de musique métal et internaute assidu et elle, vieille institutrice au teint anémique sortie de la photo de classe de ses grands-parents. Le prétexte fut futile, mais il en fallait bien un… " Heu! Sauriez-vous (on avait beau se tutoyer rapidement entre collègues de l’éducation nationale, il n’y songea même pas…) Sauriez-vous où Monsieur… enfin l’instituteur précédent a rangé le registre d’appel ? " - "Monsieur Paul", elle appuya sur ces deux mots comme si le jeune collègue avait proféré une hérésie, puis articula toutes les syllabes… " Monsieur Paul connaissait tous ses élèves ainsi que leurs parents et n’avait nullement besoin d’un registre jeune homme…" Mais c’est obligatoire, objecta en pensée seulement le jeune maître.

Olivier se dit alors qu’il pourrait peut-être trouver le fameux registre d’inscription des élèves à la mairie. Pour l’instant, il ne savait rien… ni combien il aurait d’enfants, ni leurs différents niveaux de classe … Aucun indice, aucune liste, aucun cahier nominatif pour le renseigner. Il avait beau être d’un caractère habituellement paisible, la rentrée avait quand même lieu jeudi. Il ressentit une vague inquiétude. Il fonça vers la mairie également décidé à récupérer les clés du logement de fonction. On lui en avait promis un. Il parcourut à pied les quelques centaines de mètres qui séparaient les deux bâtiments et en profita pour aspirer profondément l’air pur de la campagne normande. Le village surplombait le bocage Virois. Au loin, on apercevait les collines boisées, on soupçonnait les vallées légèrement encaissées, nids des ruisseaux qui donnaient une vie chantante aux près verdoyants. Le panorama était magnifique en cette saison. Sur la ligne d’horizon, des éoliennes modernes redonnaient sa validité au temps présent. Olivier gagnerait au moins cela. Exit le béton et les immeubles, à lui les joggings le long des petits sentiers qui sillonnent les alentours.

A la mairie, la secrétaire, une femme entre deux âges, sans signes distinctifs, commença à parler d’une voix basse et rauque : " Vous savez, Monsieur Paul, y serait bien resté dans sa classe, c’était sa vie, c’était sa passion son métier, mais "on" lui a dit de partir,

"on" lui a dit de prendre sa retraite. Il était bien trop…" Elle s’interrompit. Un homme entrait. Elle remit le nez dans ses papiers et plus un mot ne sortit de sa bouche. Le visage redevint terne, presque lugubre. Visiblement, elle n’appréciait pas l’homme. Celui ci parut pourtant sympathique à Olivier. Il tendit une main franche –"Je suis le maire de cette petite commune de 300 habitants. Je sais, je sais, vous êtes le nouvel instituteur…ainsi vous remplacer Paul Barbé. Vous savez, c’était un de mes anciens amis, nous étions à la communale ensemble ". Il partit d’un grand éclat de rire.  "Nous avons usé nos fonds de culottes dans la classe ou vous enseignerez, jeune homme…ah ! Quel entêté Paul !Enfin " Monsieur Paul " comme disent les gens du bourg. Un têtu, toujours le nez dans ses cahiers, toujours en train de chercher quelque chose pour intéresser ses élèves. Levé dès cinq heures tous les matins, même le dimanche. C’est sûr, c’était toute sa vie son école et sa classe. Des générations de villageois pourraient vous en parler. Ah ! Monsieur Paul !"… Le nom resta en suspens dans la pièce exiguë de la mairie. Un ange passa, et quel ange ! …Le jeune homme, saoulé par les paroles du maire, oublia ce qu’il était venu demander…le registre d’inscription et les clés. Il se retrouva dehors sans avoir pu émettre un son avec pour tous biens les remerciements de Monsieur le Maire et un " un peu de jeunesse fera sans doute du bien à l’école". Sur le trottoir, il se demanda bien ce qu’avait donc ce " Monsieur Paul " pour électriser ainsi les atmosphères. Le jeune maître n’osa pas retourner immédiatement à la mairie. Une pause l’aiderait à réfléchir. Un peu dépité, il poussa la porte de l’unique café-épicerie- dépôt de pain du village, choisit une des trois tables en formica et commanda un café. La femme agée qui le servit le regarda avec méfiance. Ici, loin de la ville, les étrangers au village ne s’arrêtaient pas. "Ah ! Euh ! Je suis le nouveau maître à l’école, la-bas…Je remplace Monsieur Paul, enfin Paul Barbé…" balbutia le jeune homme, conscient de la muette interrogation de l’épicière. " Ah! " fit-elle simplement. Alors, un vieux bonhomme, aussi jaune que les murs défraîchis du bar, l’interpella. Olivier se demanda d’où il sortait. Il aurait juré que l’endroit était désert lorsqu’il en avait poussé la porte.

- "Monsieur Paul, Monsieur Paul, on l’a pas revu, c’est bizarre, vous ne trouvez pas vous que c’est bizarre, parce qu’il a disparu quant là-haut ils lui ont dit qu’il fallait qu’il parte, qu’il était trop vieux pour faire encore la classe. Moi je me demande bien où il est Monsieur Paul, vu qu’avant, on le voyait tous les jours, depuis les vacances, on ne l’a plus vu…hein ! Jeannette que c’est bizarre.

- "Mmm ", maugréa Jeannette, "  Ne dis donc pas de bêtises, il est parti en retraite, c’est tout, il était pas obligé de te dire, ni à toi ni aux autres, où il allait".

- "Comme ça, sans rien dire à personne…Alors qu’il a toujours vécu au village … J’y crois pas moi… s’est passé quelque chose"… La voix mourante du vieux se perdit dans son verre de vin. Le silence pesait.

 

 

2 juillet 2009 : "Maître c’est vrai que vous partez en retraite ?" demanda Adrien avec tout le respect d’un enfant de dix ans de sa génération.  " Alors, qui est ce qui va venir à votre place ?" "Mon papa m’a dit qu’il ne valait mieux pas qu’on fête ton départ", ajouta Mathieu qui, contrairement à son aîné, ne pratiquait pas encore le vouvoiement. Monsieur Paul ne répondit pas à ses jeunes élèves. Ceux-là avaient trois ans quand ils étaient entrés dans la classe de Mademoiselle Hortense. Il les connaissait bien, il avait également enseigné la lecture, l’écriture et le calcul à leurs parents. L’instituteur savait qu’il était aussi le seul à pouvoir leur apprendre la règle de trois. Ah oui, ça la règle de trois, Monsieur Paul y tenait, c’était la clé de la réussite, de la compréhension de la vie. Celui qui avait compris la règle de trois avait tout compris de la vie et du monde. Il en était convaincu. Monsieur Paul était malheureux, maintenant, dans les nouveaux programmes, plus de règle de trois au primaire, mais non. L’inspecteur lui avait encore dit les deux dernières fois qu’il était venu… Plus de règle de trois, Monsieur Barbé… Il pouvait parler de proportionnalité, de pourcentages mais en parler seulement, ne pas insister auprès des jeunes cerveaux, et surtout, plus de règle de trois. Trop compliqué ! Mais cela, Monsieur Paul ne l’a pas entendu. Ah non, la règle de trois, même s’il restait le seul à l’enseigner, c’était intouchable, c’était… comme... le drapeau pour la France, comme… la croix pour Monsieur le curé, … comme… le monument aux morts de la place du village pour les descendants de poilus … C’était sacré ! … Puis l’inspecteur était revenu au mois de mai : " Cette fois, Monsieur Barbé, vous devez prendre votre retraite, vous avez donné de nombreuses années à l’éducation nationale… vous méritez bien le repos… et patati et patata…Tenez, vous partirez les palmes académiques…C’est un grand honneur vous savez ! " Mais, Monsieur Paul n’écoute plus l’inspecteur, il a passé ses meilleures années dans sa classe, dans ces murs. Il est né dans une ferme à deux kilomètres de là. Il y a appris enfant, il y a enseigné adulte, il n’a vécu que pour elle, que pour eux ... Monsieur Paul y a tellement vécu qu’il n’a jamais eu le temps de penser autrement. Il n’a même pas eu le temps de regarder mademoiselle Hortense vieillir avec l’école. Il n’a jamais senti son regard admiratif sur lui, il n’a pas eu le temps de penser qu’il y avait un dehors à son école… Un autre possible à l’existence. Non, Monsieur Paul ne veut pas quitter sa classe.

 

Il n’y a pas eu de fête pour son départ en retraite. Il a regardé partir ses élèves, un à un. Il n’a rien dit. Personne n’a rien dit. Certains parents ont tenté, mais il à affirmé : "Je ne quitterai pas ma classe". Mademoiselle Hortense a essayé… Mais Monsieur Paul est rentré dans son logement de fonction, le deux-pièces aménagés dans la vieille maison, de l’autre coté de la cour, face à la classe. Et c’est vrai que, depuis ce jour, personne ne peut dire qu’il a revu le maitre. Mademoiselle Hortense a affirmé qu’il avait fini par accepter l’idée et qu’il était parti chez un vague cousin retraité lui aussi dans la campagne normande, mais un peu plus bas, dans le Perche… Personne ne l’a vu, personne ne l’a aidé… Personne ne s’en est peut-être vraiment soucié…

 

 

Ce 31 août 2009, Olivier devait donc s’installer dans le logement de fonction, celui là même qu’occupait Monsieur Paul. Après son café, Il retourna à la mairie où la secrétaire lui dénicha difficilement un vieux trousseau de clés rouillées dont elle n’était d’ailleurs pas bien sur que ce soient les bonnes. Monsieur Barbé n’avait pas rendu les siennes. Elles furent bien inutiles au jeune homme. Tout était ouvert. Il poussa la porte de la vieille maison, qui, au début du siècle, avait été une partie de l’école. L’odeur d’humidité et de moisi le saisit un peu. Il fallait passer par des pièces inhabitées dans lesquelles s’entassaient de part et d’autres des vieilleries d’école, des cartons bourrés d’objets de récupération, des boîtes en tout genre, des décors de fêtes oubliés, d’anciens tableaux noirs, des vieilles tables gravées et encrées par des générations de têtes blondes et brunes, des bancs de tailles divers, des chaises parfois sans pattes…. Personne ne rangeait manifestement plus rien ici depuis longtemps. Impossible de voir dehors par les carreaux…tant de poussière en guise de rideaux…. de toiles d’araignées pour décoration. Olivier monta l’escalier qui menait au deux-pièces. La porte de l’appartement n’était pas fermée à clé non plus. Dès qu’il entra, Olivier comprit que Monsieur Paul n’avait pas déménagé. Toutes ses affaires étaient là. Le deux-pièces était ordonné, un peu poussiéreux, mais rangé…. Pas une revue ou un livre traînant, pas un verre ou une cuillère dans l’évier. Deux pantoufles dormaient près du lit, la brosse à dents attendait sagement dans son gobelet…Le tube de dentifrice paraissait presque neuf. Olivier referma doucement la porte sur cette intimité, perplexe face au mystère. Il monta l'escalier vers le grenier, escalier qui se transforma en échelle de meunier… Les sous-pentes se meublaient également de quelques vieilleries scolaires, de costumes de fêtes délavés et sales, entassés dans des cartons déchirés, à demi dévorés par les souris… Rien de tout cela ne parlait du mystère du disparu. Plusieurs morceaux de corde pendaient à une grosse poutre face à une petite fenêtre entrouverte. Olivier s'y pencha. Un léger vertige le saisit. Quatre étages ! Dans le fond, un espace entouré de hauts murs était emprisonné entre l’imposante bâtisse et la route principale du bourg: un ancien jardin sans doute, avec au milieu comme un gros tas de terre. Avec la hauteur, Olivier ne distinguait pas bien. Il redescendit les étages, ouvrit avec moins de difficultés qu'il ne pensait l’unique porte donnant sur le petit morceau de terrain. Il vit alors que le tas de terre, au milieu des ronces n'était qu'une impressionnante fourmilière probablement installée là depuis quelques années. Il eut un léger haut-le-cœur mais nota mentalement qu'il pourrait emmener ses élèves observer le va et vient laborieux, mais pédagogique des animaux.

Une enquête s'ouvrit alors sur la disparition de Monsieur Paul. Rien ne plaidait en faveur de son départ du village. Il n'avait jamais eu de voiture. S'il avait pris le car, on l'aurait immanquablement vu et puis… partir sans sa brosse à dents et ses pantoufles, voilà qui ne lui ressemblait absolument pas. On interrogea tout le village, mais personne n'avait pris en charge Monsieur Paul, personne ne se rappelait même l'avoir vu depuis la sortie des classes. " Vous savez avec les vacances, on n’a pas fait attention ! " On fouilla la vieille maison, l'école… On pensa à la Vire, on dragua, on battit les fourrés dans les bois environnants, aucune trace.

 

28 septembre 2009:

"Quand j'ai lu les dernières volontés de Monsieur Paul sur le tableau noir, j'ai compris, Monsieur le commissaire, j'ai compris qu'il ne quitterait jamais sa classe, que je devais l'aider, même mort. J'ai bien lavé son tableau pour que personne ne sache. Il s'était pendu Monsieur le commissaire, comme il l'avait écrit, juste au-dessus de la fenêtre du grenier de la vieille maison. Il avait tout prévu, tout pensé, tout calculé, Monsieur le commissaire, c’était tout lui, j'avais juste à faire passer ses jambes de l'autre coté de la fenêtre, à couper la corde, et son corps est tombé, en bas, juste dans la fourmilière. Puis, à la mi-août, j'ai ramassé ses os blancs, bien blancs, ah! ... Les fourmis avaient bien fait leur travail. Puis, un par un, j'ai remplacé les os du vieux squelette de sa classe, comme on fait de la dentelle ou un puzzle. Vous comprenez, Ils étaient si blancs, si beaux"…

Mademoiselle Hortense en parlait amoureusement.

 

 

Le nouveau maître rit ": Mais Adrien, la règle de trois, on ne l'utilise plus." Adrien blêmit: " -Monsieur, le squelette, il a bougé"."-Voyons Adrien, un squelette ne bouge pas et pour ce qui est de la règle de trois…Oublie". Le cri de la petite Marie interrompit Olivier "C'est vrai ! Maître !". Tous les yeux se tournèrent vers le squelette. Une souris sortit d'un trou d'étagère et fit bouger la main blanche, si blanche, trop blanche du squelette qui veillait sur eux… Olivier comprit alors… le grenier, la corde coupée, la fourmilière, les yeux amoureux de mademoiselle Hortense … Olivier regarda, hypnotisé, le squelette. Il comprit que Monsieur Paul était là, les regardant. Il sut que Monsieur Paul n'avait jamais quitté sa classe…

 

Françoise Bouchet est professeur des écoles ; elle apprend à lire a quelques générations d'enfants.

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Published by Patrick L'ECOLIER - dans Concours de nouvelles 2009
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commentaires

jacqueline 30/01/2010 10:24


Un très joli texte, vrai et combien éloquant sur les réalités dévorantes du métier d'enseignant, les relations entre les générations , les conceptions et les engagements pédagogiques de la mouvance
institutionnelle . Ce squelette ( tout un symbole) revêt avec humour et élégance le caractère immuable de la transmission du savoir ! Bravo!


jean 11/01/2010 15:48


Un beau texte poignant, oui, sur le sentiment d'être mis au rancard lorsque la retraite sonne. J'ai connu une intitutrice qui avait "tiré sur la ficelle" pour rester en fonction. Elle fut mise à la
retraite à soixante ans (elle avait gagné 4 ans et demi). Lors de son pot de retraite, elle n'était pas venue. On l'a retrouvée le lendemain, baignant dans son sang. Elle s'était ouvert les
veines. 


paniss 10/01/2010 10:32


superbe texte, belle écriture... 
bravo.