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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 08:00

caddies-ledent-image.jpg 

Nous avons eu le plaisir de d'accueillir Patrick Ledent à plusieurs reprises au cours de l'épopée des 100 derniers jours, Magali Duru nous présente aujourd'hui le nouvelliste chevronné et son dernier recueil publié en mars dernier.  

 

 

Deux lignes de force dans ce recueil : d’abord -et c’est l’aspect que j’en préfère-, des nouvelles de fiction, savoureuses, sensibles, fantaisistes souvent ("Touquet final "), tragiques parfois ("Table rase"), quand elles ne sont pas aussi drôles que le coquin "Cinéma de quartier". "Chemin faisant "ou "Piékouagami" proposent d'intéressants duos, couples trop ou pas assez assortis. Il y a de vraies pépites comme "Martingale" qui réunit efficacité, sobriété, suspens, bonne chute. Ledent est aussi à l’aise pour installer que pour décaler une ambiance polar (« Et s'il subsistait un doute") que dans l’écriture subtile d’un fantastique « à la Jean Ray » : merveilleuse et belgissime « Frontière », impressionnants, les deux "chapitres" de « Lettre » puis de « Retour à Nice », en forme paradoxales d’odes à la lumière et à la vie, où l'action progresse avec le portrait psychologique, tout en proposant une subversion personnelle, originale des "codes" du genre. Ecrire une histoire de vampires qui se démarque de la production stéréotypée du jour est un sacré défi, le relever aussi brillamment, en y introduisant ce qui y est en général le plus étranger au genre, l'émotion, la compassion, la poésie, était une gageure et elle est réussie.

Mais l’auteur est généreux, prolixe, tribun dans l’âme, l’éditeur peu crispé sur la doxa d’un choix cohérent de textes (ou trop oulipien pour penser marketing ?). Ce recueil touffu, foutraque, véritable caverne d’Ali-Baba, propose donc aussi le trésor de textes véhéments, où la fiction, simple fil conducteur, laisse place à une indignation de bon aloi. On ne cherchera donc pas ici une logique, une progression, une série bien rangée de produits en rayon clairement signalés par les têtes de gondoles. On piochera simplement à l’envi dans cette multitude de petits et grands bonheurs, suivant ses goûts, ses humeurs et ses besoins du moment, comme dans ces minuscules boutiques de souk oriental où tout se côtoie, se chevauche, s’empile, pour que tout désir soit satisfait. C’est qu’au propre comme au figuré, « A vos caddies » ne fait pas exactement la promotion des supermarchés….

M.D. 

A vos caddies ! de Patrick Ledent, aux Editions Calliopées, 247 pages, 17,20 €.

 

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Published by Patrick L'ECOLIER - dans chroniques littéraires
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commentaires

Annick 17/05/2012 16:05


Vous pouvez croire Magali, si elle vous le dit... Des tas de bonnes choses dans le caddie de Patrick.

Lza 13/05/2012 09:30


Je m'amusais bien, dans un supermarché que je fréquentais le moins possible, d' ailleurs, à voir le gérant, qui par ailleurs, houspillait ses employées, jeter des regards sournois vers le contenu
des caddies, et proportionner son salut èventuel au remplissage dudit véhicule! 

André Fanet 13/05/2012 08:12


C'est toujours un plaisir de retrouver Patrick.