Mercredi 9 novembre 2011 3 09 /11 /Nov /2011 08:58

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Il n'existe pas d'image juste, pas d'image qui représenterait la surface exactement parfaite des choses.

Photo réalisée sans trucage ni torture à l'encontre de son auteur...

 

 

Aujourd'hui, tout le monde est photographe. L'humanité toute entière est rendue visible sous le coup de millions de regards. L'homme moderne est tourmenté par la question de sa présence au monde et de sa représentation imagée. Il veut être à la fois acteur et spectateur, un sujet se laissant aller dans la position d'objet. La photo consiste moins à éclairer une scène singulière qu'à fournir une collection d'objets ou d'évènements attestant cette présence. La voracité avec laquelle on répète les séquences "photo" montre à quel point on cherche à s'ancrer dans la réalité, à se fixer comme témoin privilégié de l'histoire. On croit à l'unicité pour s'assurer de sa singularité mais l'impression de "déjà vu" est la chose la plus communément partagée et la plupart des photos ne provoquent qu'un intérêt poli. La volonté de "faire vivant", si chère aux amateurs, ne fait généralement que raviver la peur de ne pas l'être. Au quotidien, le déferlement d'images entretient l'idée qu'une photo n'existe que dans la continuité du discours qui la soutient, qu'elle ne fait que montrer ce qui est pris dans un cadre, sans jamais pouvoir l'affrofondir, le transformer ni même l'animer. On observe à la dérobée, le regard n'insiste pas, une image chasse l'autre rendant toute attention désespérément futile. On peut regarder sans voir.

 

Par Patrick L'ECOLIER - Publié dans : calipso expression
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Commentaires

J'aime cette photo, qui fusionne et foisonne, mais s'éclaire cependant de bleu et d'espoir. J'ame cette réponse en différé à l'un de mes précédents commentaires. Merci Patron.

J'aime plus encore ce merveilleux mot-valise de lapsus: "affrofondir". Oui, l'affeux grouille au fond, oui, pour nos terreurs intimes, enfantines, voir ce qui est enfoui dans les profondeurs serait le mal suprême. Alors que le regarder ferait accéder, justement, à la juste sapience et à l'apaisement!

Commentaire n°1 posté par M le 09/11/2011 à 10h45

Bien vu M ! Et merci pour ta lecture si attentive...

Commentaire n°2 posté par Patrick le 09/11/2011 à 19h57

Mais peut-on voir sans regarder ? Là est la question

Commentaire n°3 posté par dominique guérin le 11/11/2011 à 12h57

On peut regarder sans voir: hélas!

Commentaire n°4 posté par Annick Demouzon le 11/11/2011 à 15h23

Regarder est l'intention de voir. Toujours.

Commentaire n°5 posté par Lambdum le 12/11/2011 à 00h00

Quoique l'intention de voir ne regarde que celle ou celui qui veut voir  et qui hélas ne peut regarder que ce qu'elle ou il ne peut pas voir. Vu ?

Commentaire n°6 posté par jean le 12/11/2011 à 03h30

Plus la vision est moins regardable, et moins le regardage est plus visionnaire.

Qu'est-ce qu'elle est belle, cette photo.

Commentaire n°7 posté par Castor tillon le 30/11/2011 à 02h32

Fascinante, surtout !

Commentaire n°8 posté par Jean le 30/11/2011 à 02h58

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