Partager l'article ! A perte de vue: Il n'existe pas d'image juste, pas d'image qui représenterait la surface exactement parfaite des choses. ...
Il n'existe pas d'image juste, pas d'image qui représenterait la surface exactement parfaite des choses.
Photo réalisée sans trucage ni torture à l'encontre de son auteur...
Aujourd'hui, tout le monde est photographe. L'humanité toute entière est rendue visible sous le coup de millions de regards. L'homme moderne est tourmenté par la question de sa présence au monde et de sa représentation imagée. Il veut être à la fois acteur et spectateur, un sujet se laissant aller dans la position d'objet. La photo consiste moins à éclairer une scène singulière qu'à fournir une collection d'objets ou d'évènements attestant cette présence. La voracité avec laquelle on répète les séquences "photo" montre à quel point on cherche à s'ancrer dans la réalité, à se fixer comme témoin privilégié de l'histoire. On croit à l'unicité pour s'assurer de sa singularité mais l'impression de "déjà vu" est la chose la plus communément partagée et la plupart des photos ne provoquent qu'un intérêt poli. La volonté de "faire vivant", si chère aux amateurs, ne fait généralement que raviver la peur de ne pas l'être. Au quotidien, le déferlement d'images entretient l'idée qu'une photo n'existe que dans la continuité du discours qui la soutient, qu'elle ne fait que montrer ce qui est pris dans un cadre, sans jamais pouvoir l'affrofondir, le transformer ni même l'animer. On observe à la dérobée, le regard n'insiste pas, une image chasse l'autre rendant toute attention désespérément futile. On peut regarder sans voir.
J'aime cette photo, qui fusionne et foisonne, mais s'éclaire cependant de bleu et d'espoir. J'ame cette réponse en différé à l'un de mes précédents commentaires. Merci Patron.
J'aime plus encore ce merveilleux mot-valise de lapsus: "affrofondir". Oui, l'affeux grouille au fond, oui, pour nos terreurs intimes, enfantines, voir ce qui est enfoui dans les profondeurs serait le mal suprême. Alors que le regarder ferait accéder, justement, à la juste sapience et à l'apaisement!
Bien vu M ! Et merci pour ta lecture si attentive...
Mais peut-on voir sans regarder ? Là est la question
On peut regarder sans voir: hélas!
Regarder est l'intention de voir. Toujours.
Quoique l'intention de voir ne regarde que celle ou celui qui veut voir et qui hélas ne peut regarder que ce qu'elle ou il ne peut pas voir. Vu ?
Plus la vision est moins regardable, et moins le regardage est plus visionnaire.
Qu'est-ce qu'elle est belle, cette photo.
Fascinante, surtout !