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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 18:16

A propos de poésie et d’engagement, Corinne Jeanson nous propose ce soir ces quelques mots… de douleur et de rage…

 

 

J'étais jeune, j'avais envie de vivre
Qu'as-tu fait de moi, Pablo ?

 

Chaque jour, tes mules m'apportent
leur lot de consolation
Les dames blanches aspirent
L'un après l'autre
Mes souffles de vie.
Dans la discothèque allumée
Je veine de dynamite
Mes dernières gouttes de sang.

 

Tu m'as tout pris
Et j'en redemande.
Mes voyages ne sont pas
Inscrits dans les guides
Je les sniffe avec délice.

Qu'as-tu fait Pablo
Des enfants de Medellin ?
Des Sicarios aux abonnés absents
Des Zombies défoncés
Qui errent dans les forêts
Amazones abattues.
La colombe enfarquée
Tient dans son bec
Le rameau sacré.

 

J'étais jeune, j'avais envie de vivre
Qu'as-tu fait de moi, Pablo ?

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Published by Patrick L'ECOLIER - dans calipso expression
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commentaires

LAMY Jacques 22/01/2009 09:43

Compte tenu des effets dévastateurs de l'action des narcos-trafiquants on peut parler de "génocide à l'échelle de l'humanité" !

Lastraga 29/11/2008 19:15

Il est vraiment beau ce sonnet.. un de mes préférés...triste aussi.

LAMY Jacques 29/11/2008 18:42

Ah ! Cette Amérique du Sud !
.
.
.

L'exilée...
. Sonnet
.
.
Brune Éva, capeline, étole en chinchilla,
Dans un reflet vibrant s'exposait, souveraine,
En mirages de glace aux confins de sa peine,
Loin des micoucouliers du pays d'Âguila.
.
Élégante, elle vint dans le choeur d'Àvila
Prier Sainte-Thérèse en sa robe de laine :
Ah ! Revoir les llanos, immense et verte plaine
Aux péons endormis brûlants de tequila.
.
Éva, de son exil, doux feux de la Castille,
Songeait à l'Argentine en prise de bastille
Par des Femmes scandant, pieds nus, leur liberté.
.
Place de Mai depuis : filles, épouses, mères
Pleurent leurs disparus en silence et fierté
Quand sanglotte l'amie aux guitares amères...

LAMY Jacques

Lastrega 28/11/2008 16:50

Pablo Escobar ou la mort d'un pourri... Une très belle poésie du désespoir. Un grand BRAVO !

CORINNE 28/11/2008 15:08

Merci Jacques, votre message ne saurait me toucher davantage, oui à la lucidité, en tout, même si elle doit être cruelle, mais loin des cynismes