Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 19:46

Jacques Lamy a bien apprécié la Une du journal télévisé rapportée par Dominique Guérin et du coup il a eu envie de reprendre, lui aussi à sa façon, une de ces Unes récurrentes à l’entrée de l’hiver…

 

 

 

Quand nos pannes de cœur le privent de raison,

le sans-logis s’égare en cette nuit glaciale :

du froid de nos regards son Être est envahi…

Il patauge en l’errance et la désespérance,

sous les astres noirs et figés.

 

Et s’il a souvenance d’une vie antérieure,

de la tiédeur des mains et du pain quotidien,

c’est la douceur des soirs d’un bel été de liesse

où sonnait alentour son plus beau chant d’amour

qui surgit de mémoire en quête.

 

Il pleure ses "hiers" en rêvant des "demains",

lorsqu’il avait un nom. Dès lors, les gens l’évitent :

il n’est plus qu’oripeaux qu’on enjambe parfois

sur la marche de glace. Et son regard se lasse,

scrutant la longue nuit du temps…

 

Il gêne, et il le sait, par sa seule présence,

Il est un muet reproche aux consciences d’airain

des faux nantis prudents, des nantis égoïstes

de notre Société de contre vérités

qu’il rejette et culpabilise.

 

Parfois il se console, oubliant d’exister,

en noyant son esprit, océan de chimères,

sous l’acre goût râpeux de fruits couleur de sang :

la chute de l'obole alors en parabole

                                    tinte au fer sans l'écho du coeur.

 

 D’abord il espérait au grand Soleil renaître,

mais comme il n’avait plus ni parents, ni amis,

il se réfugiait vite aux confins de son âme,

rêvant aux mois de mai, s’endormant à jamais

par une nuit d’hiver, en ville…

Jacques LAMY

Partager cet article

Repost 0
Published by Patrick L'ECOLIER - dans calipso expression
commenter cet article

commentaires

LAMY Jacques 13/12/2008 11:39

C'était "Spécial 400 (06)" qu'il fallait lire (et qu'il aurait fallu que j'écrive, bien sûr !)

LAMY Jacques 12/12/2008 18:37

Pour répondre au message d''Annie dans Spécial 400 (08), c'est le dessin qui m'a inspiré ce texte. Cette image ne constitue donc pas une simple illustration d'un écrit..Mais parfois, c'est l'inverse un texte me donne envie de l'illustrer...

LAMY Jacques 28/11/2008 14:00

Merci à tous d'apprécier ainsi mes alexandrins blancs avec lesquels je tente de stigmatiser la triste misère de notre époque...

Lastrega 28/11/2008 12:28

Dans ce trivial jeu de société, les regards des sans-logis sont comme des miroirs à affronter. Un très beau poème qui m'étreint, tout particulièrement en ce moment. BRAVO LamyJacques.

dominique guérin 27/11/2008 20:24

J'ai beaucoup apprécié ce poème qui donne la "parole" aux mots justes pour en évoquer d'autres eux-mêmes dévitalisés par cette descente aux enfers... Et j'ai aussi beaucoup apprécié la dédicace !